Samedi 31 janvier 2015 6 31 /01 /Jan /2015 14:54

 

     Les plasticiens qui travaillent le néon et surtout ceux qui se servent de lettres aiment bien nous asséner des sentences déprimantes. Loin des installations poétiques de Dan Flavin, Cerith Wyn Evans le Gallois nous dit: "In girum imus nocte et consimimur igni", (Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu!). Il s'amuse avec ce palindrome disposé en anneau sans fin mais la citation latine n'a rien de joyeux. Jouant avec des textes littéraires ou de simples mots, Il nous dit aussi "Nowhere", "In praise of shadow", "Once upon a time ... The End" ou "Eclipse".

 


 

 

neon-Cerith-Evans.jpg"In girum imus nocte et consimimur igni", néon de Cerith Wyn Evans

 

 

 

 

     En 1983, Bruce Nauman lui aussi dispose un néon en cercle. En lettres de couleur, il y égrène les temps forts de notre existence: “Life Death Love Hate Pleasure Pain” (Vie mort amour haine plaisir douleur). Nauman a réalisé plusieurs sculptures de néon sur le même thème.

 

 


 

Cerith Wyn Evans Eclipse 2005 néonEclipse, néon noir de Cerith Wyn Evans

 

 

 

     En 2011, l'écossais Douglas Gordon écrit: "Every time you switch me off, we die a little" (A chaque fois que vous m'éteignez nous mourrons un peu). En effet, allumer et éteindre un néon réduit sa durée de vie. Plus sérieusement, le temps est à l'oeuvre et nous mourrons peu à peu.


 

 

 

Douglas Gordon néon I die"Every time you switch me off, we die a little", néon de Douglas Gordon, 2011

 

 

 

 

   Autre joyeuse déclaration testamentaire, le néon du mexicain Stefan Brüggemann: "This work should be turn off when I die" (cette oeuvre devra être éteinte à ma mort).

 


 

 

 

Bruggemann-neon-when-I-die.jpg"This work should be turn off when I die", 2010, néon de Stefan Brüggemann

 

 

 

 

     En 1985, Alfredo Jaar s'inspirant du roman de Gabriel Garcia Marquez, écrit: "Cien anos de soledad (No realmente)". "Pas vraiment" en lettres rouges remet ironiquement en doute la notion de solitude.


 

 

 

Alfredo-Jaar-neon-soledad.jpg"Cien anos de soledad (no realmente)", néon blanc et rouge d'Alfredo Jaar

 

 

 

 

     L'écossais Nathan Coley écrit sur un grand panneau "There will be no miracle here" non en lettres de néon mais en ampoules blanches vouées à disparaître, remplacées par les ampoules basse consommation et les leds. Le néon lui aussi, trop gourmand en énergie, disparaîtra. Que deviendront les sculptures de néon si on ne trouve plus de lampes?

 

   

   Réponse avec une oeuvre du plasticien français Alberola: Rien. Un néon qui ressemble à un crâne. Vanité des vanités, tout est vanité. L'Ecclésiaste trouve un écho dans l'art contemporain.


 

 

 

Alberola-rien-neon.jpgRien, néon de Jean-Michel Alberola 2011


 

 

 

    Pour ne pas perdre tout espoir disons que l'espérance tient à un fil: "L'espérance à un fil" d'Alberola.


 

 

 

Alberola-esperance-fil-neon.jpg"L'espérance à un fil" d'Alberola, néon de 2007

 

En reflet, "tout sauf rouge" de Su-Mei Tse, 2009

 

 


   

   Un plasticien doit être pessimiste pour être pris au sérieux. Il n'ose écrire "j'aime les jolies fleurs" ou des mots d'amour. Trop niais. L'anglaise Tracey Emin a produit de nombreuses oeuvres trash; elle peut se permettre des néons outrageusement sentimentaux: "Just love me", "You forgot to kiss my soul", "Kiss me - kiss me - cover my body in love", "It was just a kiss", etc ... En même temps,Tracey Emin produit des néons moins poétiques: "People like you like to fuck people like me".


 

 

 

Tracey-Emin--Just-love-me--neon.jpg"Just love me", néon rose de Tracey Emin, 1998

 

 

 

   

 

 

Liens sur ce blog:

 

Tracey Emin illumine Times square de néons romantiques pour la Saint-Valentin

 

Tracey Emin, Love is what you want, un impudique journal intime à la Hayward Gallery

 

Dan Flavin et la lumière vibrante



1- Néon et art contemporain, lumière vibrante: écritures

 

Sound of Silence d'Alfredo Jaar aux Beaux-arts, le vautour et l'enfant

 

Nuit Blanche 09 sans miracles: Nathan Coley, "There will be no miracles here"

 

 

 

 

 

 

Palagret

néon et art contemporain

janvier 2014

 

 

 

 

Mots clés: néon, neon sculpture, mort, pessimisme 

 

 


 

 

 

 


Par Catherine-Alice Palagret - Publié dans : Art contemporain - Communauté : l'art pour tous
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Vendredi 30 janvier 2015 5 30 /01 /Jan /2015 17:49

 

 

    Les mères dévorantes de Niki de Saint-Phalle suivent les Mariées, les Accouchées et les Nanas. Exposées dans un écrin rouge, elles ont, à première vue, un air innocent. En y regardant de plus près, on s'aperçoit que les respectables dames prenant le thé chez Angelina dégustent non des gâteaux mais un bébé humain et un bébé crocodile.

 

 

 

Niki de Saint-Phalle méres dévorantes Thé Angelina 70817Le thé chez Angelina, polyester peint, 1971,

Niki de Saint-Phalle, Grand Palais

 

 

 

 

      Corps lourd de matrone et collier de perles, ces respectables dames sont des mères cannibales étouffant leurs propres enfants. Grotesques et terrifiantes à la fois, elles illustrent l'ambivalence des sentiments de Niki envers sa famille, une famille bourgeoise très stricte ... en apparence, avec un père incestueux et une mère colérique peut-être complice.

 

 

 

 

Niki de Saint-Phalle méres dévorantes Thé Angelina 70816Le thé chez Angelina, polyester peint, 1971,

Niki de Saint-Phalle, Grand Palais


 

 

 

    "Lorsque je fis la série de sculptures que j'appelai "Les mères dévorantes", Maman m'interrogea: "Chérie, j'espère que ce n'est pas moi?" Je lui répondis par un mensonge: "Oh non pas du tout." Puis je commençai à réfléchir: nous sommes toutes des mères dévorantes. Maman m'a dévorée et moi à mon tour je dévore mes enfants."


 

 

 

 

Niki de Saint-Phalle méres dévorantes La Toilette 70825La Toilette, papier collé peint et objets divers, Niki de Saint-Phalle, 1978

 

 

 



    La Toilette (1978) représente la mère haïe et à la fois chérie. " Je ne voulais pas totalement rejeter ma mère. J'ai gardé d'elle certaines choses précises qui m'ont procuré beaucoup de plaisir - mon amour des vêtements, de la mode, des chapeaux, des déguisement , des miroirs (...) Toutes ces choses, je les ai reçues en partage et elles m'ont aidé a rester en contact avec ma féminité. Ma mère, cette merveilleuse créature dont j'étais un peu amoureuse (quand je n'avais pas envie de la tuer) je la voyais comme prisonnière d'un rôle imposé. Un rôle qui se transmettait de génération en génération selon une tradition jamais remise en question."


 

 

 

 

   Le thème de la femme à sa toilette a donné lieu à beaucoup de tableaux sensuels célébrant la féminité. Dans la sculpture de Niki de Saint-Phalle, la femme aux bigoudis est caricaturale. Son visage blafard ressemble à une tête de mort: orbites rondes nez triangulaire, bouche rouge. Sur la table de toilette, au milieu des plumes, des fleurs et des bijoux, un crâne miniature et une poupée démembrée. La scène est une vanité; elle représente la vanité de la femme qui se maquille pour plaire. Mais c'est aussi une vanité au sens classique, un memento mori. La beauté et la jeunesse sont éphémères. La mort rôde.


 

 

 

Niki de Saint-Phalle méres dévorantes La Toilette 70826La Toilette, papier collé peint et objets divers, Niki de Saint-Phalle, 1978


 

 

 

    "Vous étiez très belle, ma mère. Votre beauté et votre charme (quand vous vouliez bien vous en servir) étaient magiques. Vous auriez pu être une grande actrice, ma mère. Comme vous étiez théâtrale!"

 

 

 


 

Niki de Saint-Phalle méres dévorantes La Toilette 70827La Toilette, papier collé peint et objets divers, Niki de Saint-Phalle, 1978

memento mori


 

 

 

     "Enfant je ne pouvais pas m'identifier à ma mère, à ma grand-mère, à mes tantes ou aux amies de ma mère. Un petit groupe plutôt malheureux. Notre maison était étouffante. Un espace renfermé avec peu de liberté, peu d'intimité. Je ne voulais pas devenir comme elles, les gardiennes du foyer, je voulais le monde et le monde alors appartenait aux HOMMES. Une femme pouvait être reine mais dans sa ruche et c'était tout. Les rôles attribués aux hommes et aux femmes étaient soumis à des règles très strictes de part et d'autre." 2


 

 

 

Niki de Saint-Phalle méres dévorantes Promenade -copie-1La promenade du dimanche, polyester peint, Niki de Saint-Phalle 1989

 

 

 

 

    La banale promenade du dimanche est la scène la plus grinçante. Maman et Papa, petits bourgeois mornes, ont l'air bien inoffensif. Pourtant le père tient en laisse l'enfant chérie, une grosse araignée noire, une enfant dangereuse mais dominée, prisonnière et aimée ... d'une certaine façon. Scène grotesque et terrifiante une fois encore.

 

  Louise Bourgeois voyait dans la famille un milieu mortifère où régnait un père haï. L'araignée représentait la mère soumise et industrieuse. Pour Niki de Saint-Phalle, l'araignée symbolise la souffrance de l'enfant abusée et pourtant fièrement exhibée. On pense à la nouvelle de Richard Matheson "Journal d'un monstre": un enfant mutant rejeté par ses parents y raconte sa haine et son désespoir d'être différent. Niki de Saint-Phalle s'est voulue différente, elle a refusé de se laisser écraser par un milieu bourgeois et des parents dévorants.


 

 

 

Niki de Saint-Phalle méres dévorantes Promenade du DimancLa promenade du dimanche, polyester peint, Niki de Saint-Phalle 1989

 

 

 

 

 

 

Niki de Saint-Phalle

Grand Palais de Paris

du 17 septembre 2014 au 2 février 2015

 

 

 

 

Liens sur ce blog:

 

Niki de Saint-Phalle, arbre de vie, fontaine au serpents au Grand Palais, Paris

 

Jef Aérosol, Tinguely et Niki de Saint Phalle à la fontaine Stravinski à Beaubourg

 

L'araignée géante de Louise Bourgeois aux Tuileries

 



 

 

 

Palagret

art contemporain et féminisme

janvier 2015

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources:

 

Dossier de presse


1- Lettre de Niki à sa mère


2 - lettre à Pontus Hulten, 1991

 

 

 

 


Par Catherine-Alice Palagret - Publié dans : Art contemporain - Communauté : l'art pour tous
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Jeudi 29 janvier 2015 4 29 /01 /Jan /2015 15:59

 

    

    Rêvez! nous dit Claude Lévêque. C'est une injontion, presque un ordre.  Les lettres tremblées et colorées du néon atténuent le commandement. L'exposition est finie mais une caisse de bois contenant la fragile sculpture attend les déménageurs dans la cour de la galerie Kamel Mennour.

 


 

 

Lévêque Rêvez! colis MennourRêvez! néon de Claude Lêveque dans une caisse en bois

 

 

 

Leveque-revez--neon-2.jpgRêvez! néon multicolore de Claude Lêveque (2008) exposé à la Maison Rouge

écriture de Gilberte Lévêque

 

 

 

 

Bonne année

 

 

 

 

 

Liens sur ce blog:

 

Claude Lévêque sous la pyramide du Louvre: un zig-zag de néon

 

Claude Lévêque, un hymne à la joie et à la sieste aux Galeries Lafayette

 

L'île au trésor de Claude Lévêque au musée Bourdelle, "en mai fais ce qu'il te plaît"

 


 


 


 

Palagret

art contemporain et néon

Janvier 2015

 

 


 

 

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Samedi 24 janvier 2015 6 24 /01 /Jan /2015 11:57

 

      Depuis leur découverte, les crânes de cristal fascinent par leur beauté. Ils sont si lisses, si propres, si imputrescibles. Ils parlent de la mort mais leur perfection visuelle fait oublier la pourriture qu'ils symbolisent.

 

 

 

 

Londres-crane-cristal-2.jpgCrâne de cristal exposé au British museum, Londres

 

 

 

 

    Un crâne de cristal, fut prétendument découvert entre 1926 et 1929  dans les ruines d'un temple maya à Lubaatum, Bélize, par Anna, la fille de Frederik A. Mitchell-Hedges. Cet aventurier archéologue surnomma ce trésor fabuleux «crâne de la malédiction» ou "crâne du destin funeste" (Skull of Doom). Il lui attribuait des pouvoirs maléfiques.

 

    "Le crâne de la malédiction était constitué de cristal de roche pur et il avait fallu, d'après les scientifiques, plus de 150 ans pour que, du travail de plusieurs générations successives travaillant chaque jour de leur vie, frottant patiemment avec du sable un immense bloc de cristal de roche, émerge le Crâne parfait. 

    Il est âgé d'au moins 3600 ans et, d'après la légende, était utilisé par le Grand Prêtre des Mayas lors de rites ésotériques. Il est dit que quand celui-ci souhaitait une mort, avec l'aide du crâne, celle-ci se produisait immanquablement. Il a été décrit comme l'incarnation du mal." (1)

 

 

 

 

Mitchell-Hedges en 1922 L'aventurier mystificateur Frederik A. Mitchell-Hedges en 1922

 

 

   

 

      Frederik Mitchell-Hedges déclarait qu'il avait des raisons pour ne pas révéler comment il découvrit le crâne à Lubaatum. Ca lui permettait de ne pas documenter sa découverte et de ne pas expliquer pourquoi son trésor n'était révélé que quelques années plus tard.  Mitchell-Hedges et sa fille Anna ont su créer et entretenir une légende occulte autour de leur fabuleuse découverte. L'aventurier-archéologue a probablement acheté le crâne de cristal dans une vente aux enchères chez Sotheby's en 1944. On a retrouvé le catalogue de vente.  

 



 
Londres-crane-cristal-Eugene-Boban-4.jpgCartel du British museum, photo d'Eugène Boban collectionneur de vraies et fausses antiquités

 

 

 

 

    Le bel objet translucide se prête à toutes les affabulations mais l'authenticité des crânes de cristal a été très vite mise en doute. Les représentations de crânes sont fréquentes dans l'iconographie pré-colombienne mais on n'a jamais découvert un autre objet similaire dans les fouilles archéologiques d'Amérique centrale. 

 

   Des analyses récentes ont prouvé que ces crânes de cristal de roche ne proviennent pas des cultures pré-colombiennes mayas ou aztèques. Les crânes sont de magnifiques faux fabriqués au dix-neuvième siècle, à l'époque victorienne passionnée de spiritisme. La reconstitution scientifique d'un visage à partir du crâne du destin funeste démontre qu'il s'agit d'une femme au traits européens. Les crânes mayas de l'aristocratie était aplatis et non ronds, un signe de beauté. Le microscope électronique met en évidence de fines rayures parallèles, traces d'un meulage mécanique à haute vitesse avec un outil qui n'existait pas bien sûr dans l'Amérique pré-colombienne. Une analyse cristallographique montre que le cristal ne vient pas des territoires mayas ou aztèques. (2)

 

 

 

crâne de cristal reconstitution femme européenne Reconstitution du visage sur le crâne "maya" du destin funeste: une femme européenne



 

       Il semblerait que les crânes de cristal aient été fabriqués en Allemagne au 19è siècle près du village d'Idar-Oberstein. Les artisans de ce village de Rhénanie étaient connus pour leur excellente technique de polissage et leur goût du secret. Des documents écrits attestent de l'importation de bloc de cristal venant du Brésil et de Madagascar. En 2010, Wilfried Rosendahl, commissaire de l'exposition "Le Culte des crânes" à Mannheim a demandé à un lapidaire d'Idar de reproduire le fameux crâne de cristal. Un an plus tard, Michael Peuster livrait un crâne parfait. (3)

 

 



 

culte des crânes afficheAffiche de l'exposition de Mannheim 

 

 

 

      Ces crânes de cristal très réalistes nécessitent une grande habilité technique mais ils sont tout à fait reproduisables, même en série, n'en déplaise à Frederik Mitchell-Hedges et à ses adeptes new-age. Tapez crystal skull dans un moteur de recherche et vous trouverez des crânes à acheter, de plus ou moins bonne facture. Une entreprise chinoise produit de nombreuses répliques de crânes de cristal de très grande qualité et bien sûr très chers, vendus dans le monde entier. 

 

 

       En dépit des preuves scientifique ( crâne européen, technologie du XIXè siècle, reproductibilité évidente), les amateurs de new-âge continuent à croire que les crânes de cristal sont magiques. Lors de séances de channeling, les crânes parlent aux humains assez téméraires pour les interroger.

 

"La vie terrestre de ce réceptacle est de 17000 ans… Il s’est transmis de génération en génération, il a été poli avec du sable et du crin… et nul mal ne viendra à lui. etc ... " (4)

 

   Les crânes de cristal auraient été transmis aux humains par des extra-terrestres, peut-être des Atlantes. Ils seraient un réceptacle de sagesse et de connaissances, du passé, du présent et de l'avenir, une sorte d'ordinateur holographique. Selon la légende il existerait treize crânes de cristal, douze féminins, comme les douze planètes, et un masculin. Lorsque les 13 crânes seront réunis, l'empire aztèque reviendra et la fin du monde, prévue le 21 décembre 2012, sera annulée grâce aux pouvoirs des crânes.


 

( Comme vous lisez cet article c'est que la fin du monde n'a pas eu lieu en 2012 comme annoncée par les illuminés)


   

 

 

beware 2012 street-art Beware 2012 is coming, papier collé annonçant la fin du monde

 

 

       

    Il existe des crânes de cristal au British museum à Londres, au Musée du quai Branly à Paris, au Smithsonian Institution de Washington et dans les collections privées. On a récemment découvert un crâne en Bavière qui aurait appartenu au criminel nazi Heinrich Himmler. Le Reichfurher, comme Hitler, s'intéressait à l'occultisme. Tous ces crânes sont aujourd'hui considérés comme des faux archéologiques. Des recherches ont montré que plusieurs crânes avaient été vendus par Eugène Boban, un marchand de vraies et fausses antiquités.


 

 

Londres crâne cristal 1Crâne de cristal exposé au British museum, Londres   

 

 

 

 

   Le film Indiana Jones et le Royaume du crâne de Cristal (Steven Spielberg 2008) exploite la légende des crânes de cristal. Celui qui découvrira le crâne s'assurera le contrôle absolu de l'univers. Comme avec l'Arche d'Alliance, autre artefact magique.



 

 

Affiche Indiana Jones crâne de cristal Affiche du film "Indiana Jones et le Royaume du crâne de Cristal" (Steven Spielberg 2008)


 

 


    Crânes de cristal et fin du monde font bon ménage dans les cervelles adeptes d'occultisme. Malheureusement le fameux calendrier maya qui s'arrête en 2012 n'est qu'un élément parmi d'autres. L'année 2012 est bien la fin d'un cycle pour les mayas mais aussi le début d'un nouveau. Le National Geographic relate la découverte en 2010 d'une fresque sur le site du temple de Xultun au Guatemala par l'archéologue William Saturno de Boston University. Les murs sont couverts de calculs astronomiques qui vont bien au-delà de 2012, près de 7000 ans après. (5)



 


 

glyphes-mayas.jpgGlyphes du calendrier maya découvert à Xultun, Guatemala

 

 

 

 

«Nous n'arrêtons pas de chercher une fin, alors que les Mayas cherchaient à s'assurer que rien n'allait changer, explique William Saturno dans le National Geographic. C'est un état d'esprit radicalement différent

 

 

     Pour contrer les dérives millénaristes et les marchands de fin du monde, la NASA réfute sur son site les théories apocalyptiques. Non, il n'y aura pas de collision entre la Terre et la planète Nibiru ou planète X. (6)

 

 

   Le délire des adorateurs des crânes n'empêche pas d'admirer la destruction de la terre dans les films eschatologiques qui exploite la peur de l'apocalypse.



 

 

Affiche-2012.jpgAffiche de 2012, film de Roland Emmerich en 2009

 

 

 

 

    Inutile de préparer un kit de survie pour 2012 ou de chercher à rassembler en cercle les crânes de cristal. La fin du monde n'aura pas lieu et même si un astéroïde frappait la terre, ce qui n'est pas improbable, les précautions ne serviraient strictement à rien.


 

 

Crane-et-tibias-Jan-Fabre-crane-sculpture.jpgCrâne et tibias en verre de Jan Fabre

 

 

 

    Peu soucieux de la Fin du Monde, le collectionneur Aristide Sauveterre aimerait bien un crâne de cristal pour son Cabinet de Curiosités où les faux artefacts archéologiques sont nombreux. A défaut d'une vraie relique maya ou aztèque, il prendrait bien un crâne du dix-neuvième siècle, illustration d'une belle escroquerie organisée par des aventuriers et des marchands d'antiquité peu scrupuleux aux dépens de musées et de collectionneurs trop crédules. En attendant, Aristide se contente de collectionner les bibelots en forme de crâne.

 

 

 

 

Liens sur ce blog:

Le cabinet de curiosités de M. Aristide Sauveterre

Crânes et tibias dans le street-art

 

 

 

Palagret

archéologie du quotidien

août 2012 - janvier 2015

 

 

 

 

Sources:


1- F. A Mitchell-Hedg­es, "Danger My Ally", autobiographie.


2- Video du National Geographic


3- article du Spiegel


4- Séances de channeling new-age


5- National Geographic, la découverte du calendrier maya de Xultun


6- La Nasa: la fin du monde n'aura pas lieu

 

 


 


Par Catherine-Alice Palagret - Publié dans : Cabinet de curiosités - Communauté : Sauvegarder notre planète
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Samedi 17 janvier 2015 6 17 /01 /Jan /2015 12:55

 

 

   Alexander Calder fut le premier plasticien à décorer une voiture de course BMW en 1975. Trait d'union entre la vitesse et l'art, la BMW 3.0 CSL participa aux 24 heures du Mans. Depuis, Frank Stella (1976), Roy Lichtenstein (1977), Andy Warhol (1979), Robert Rauschenberg (1986), A.R.Penck (1991) livrèrent leur version d'un bolide arty.


 

 

 

Jeff Koons BMW artcar 3Jeff Koons BMW artcar, M3 GT2, éclaboussures à l'arrière

 

 

 

 

   Jeff Koons est le 17è plasticien à relever le défi. Sa sculpture roulante est exposée actuellement chez le concessionnaire BMW de l'avenue George V. Le motif donne parfaitement l'idée de la vitesse et du mouvement avec des lignes horizontales ondulantes, comme les modèles de Ken Done (1989), Ernst Fuchs (1982) et Roy Lichtenstein (1977). Entourée de rubans de diodes électroluminescentes et d'un plafond lumineux aux couleurs changeantes, la voiture scintille et reflète la lumière.


 

 

 

Jeff Koons BMW artcar 2Jeff Koons BMW artcar, M3 GT2

 

 

 

 

      Jeff Koons a rajouté des explosions stylisées à l'arrière de la carrosserie pour encore augmenter l'idée de puissance. La voiture porte le numéro 79, comme celle d'Andy Warhol, ce qui réjouit fort Koons.


 

 

 

Jeff Koons BMW artcar 7Jeff Koons BMW artcar, M3 GT2

 

 

 

    

      Le dessin n'est pas peint directement sur la tôle. Des feuilles souples de vinyle imprimées sont assemblées sur la voiture puis recouvertes d'un glacis transparent. L'enveloppe est plus légère que la peinture et a pu être appliquée rapidement.

 


 

 

 

Koons-BMW-artcar-feuille-vinyl.jpgJeff Koons BMW artcar, application des feuilles de vinyle sur la voiture  

 

 

 

 

 

   La plus surprenante des BMW artcars est la 16è, celle d'Olafur Eliasson. Carburant à l'hydrogène, la carapace de la BMW H2R évoque le développement durable et l'énergie propre. La voiture ressemble à un dinosaure sans tête, à un ankylosaurien hérissé de pointes. Elle fait aussi penser à une case polynésienne. Mais, une fois ainsi personnalisée par le plasticien danois, la BMW H2R peut-elle rouler, participer à des courses?

 


 

 

Eliasson-BMW-art-car-2007.jpgOlafur Eliasson BMW artcar, H2R, 

 

 

 

 

“Notre mouvement dans l'espace génère de la friction: pas seulement à cause de la résistance du vent mais aussi à cause des résistances sociales, physiques et politiques. ... Ce que je trouve si intéressant dans la recherche sur le mouvement et l'énergie propre est que ça développe notre sens de la responsabilité en tant qu'individus dans un monde défini par la pluralité et la polyphonie." déclarait Olafur Eliasson lors de la présentation de son oeuvre.

 

 

 

 

Calder Stella Lichtenstein BMW artcarBMW artcars customisées par Alexander Calder, Frank Stella et Roy Lichtenstein


 

 

 

Hockney BMW artcarBMW artcars customisées par David Hockney et Jenny Holzer

 

 

 

 

 

   Jeff Koons a présenté sa voiture en juin 2010 au Centre Pompidou et, comme celle d'Andy Warhol, la sculture sur roues a participé aux 24h du Mans.


 

 

 

Jeff Koons BMW artcar 5Jeff Koons BMW artcar, M3 GT2

 

 

 

 

Exposition BMW artcars

Brand store

8 avenue George V

Du 1er décembre 2014 au 2 février 2015

 

 

 

 

 

Liens sur ce blog:

 

Jeff Koons: gazing balls, sculptures antiques et boules réfléchissantes à Beaubourg

 

 

 

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Photos et description des BMW artcars

 

 

 

 

Palagret

art et sponsoring

janvier 2015

 

 

 


 

 

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