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Art urbain: tag, pochoirs etc


    Voici quelques autres photos de l'homme à la bouée, baigneur perdu dans l'océan urbain, incarnation de l'intranquillité. 

 

L'homme à la bouée au visage coupé et empreintes de mains violettes
 papier collé et pochoirs à Paris

   Ici, le visage de l'homme à la bouée est coupé par l'arrête du mur comme s'il pénétrait dans une autre dimension. Le Gugusse devient un passe-muraille. L'image flirte avec le fantastique. Par-dessus le papier collé, des empreintes de mains ajoutées couvrent le personnage. 0n retrouve ces empreintes un peu partout, de différentes couleurs, souvent associées à d'autres exemples de street-art.



homme à la bouée au visage coupé et empreintes de mains
 papier collé et pochoirs à Paris

   Le fin papier kraft adhère parfaitement au mur et les images se déchirent si on essaye de les décoller.



homme à la bouée à la main déchirée
 papier collé à Paris


 
   Plus que les tags à la bombe acrylique, les collages de papier sont éphémères. Ils se délitent sous la pluie ou sont arrachés, laissant la place à d'autres créations de street-art, au grand désespoir des nettoyeurs municipaux qui n'arrêtent pas de nettoyer les murs encore et encore.




Deux hommes à la bouée à l'attitude identique mais de taille différente se font face
street-art à Paris



Visage inexpressif du Gugusse
dessin au crayon et papier collé à Paris



Homme à la bouée prêt à sortir de sa bouée
street-art à Paris



Homme à la bouée empêtré
street-art à Paris


Collages photographiés en Juillet et août 2009 à Paris

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Palagret
août 2009
street-art


 

   D'étranges papiers collés ornent les murs de Paris, montrant toujours le même homme, nu. Nu sous le regard des passants comme dans un cauchemar. Une bouée l'enserre, le protégeant ou le retenant prisonnier. Son visage est inexpressif mais ses différentes postures traduisent son embarras et son angoisse.



homme bouée, papier collé à Paris


  La bouée évoque les vacances, la plage, la mer, la liberté et le plaisir. Ce baigneur hors de l'eau ne trouve rien de tout ça ici. Il est écrasé contre des murs hostiles, la bouée ne lui sert à rien et il est évident qu'il ne s'amuse pas. La plupart du temps, ses bras sont entravés par la bouée, symbolisant son impuissance à fuir un monde qui lui est étranger. Les mains ouvertes écartées, il semble dire: "Qu'y puis-je, ce n'est pas de ma faute!" 




homme bouée cachant son visage dans le mur
 papier collé à Paris


    Tantôt l'homme nu essaye de dissimuler son visage dans le mur, comme une autruche qui enfonce sa tête dans le sol. Mais comme pour l'autruche, il reste très visible pour ses prédateurs. Tantôt l'homme nu se recroqueville, de froid ou de peur, dans sa bouée ou rampe sur le sol en de curieuses contorsions.




homme bouée cachant son visage dans le mur
 papier collé à Paris


   L'homme à la bouée est un solitaire, il aime les recoins.  Parfois cependant il retrouve quelques semblables perdus comme lui dans la ville. Ils se regroupent alors, deux face à face, trois dans la même bouée ou à cinq pour regarder un dessin sur le mur. Le même dessin existe en grande et petite taille, créant une conversation improbable entre les Gugusses, comme certains les appellent.



homme bouée
à coté du guerrier de Kouka et sous la fresque de Jean Le Gac
papiers collés Place Fréhel à Paris

 
   Une image, tout aussi anxiogène, montre l'homme bouée sans bouée. Est-ce la première image, celle de la naissance où le personnage est projeté dans notre monde, comme Terminator arrivant nu sur la terre, ou comme un nouveau-né monstrueusement adulte, résultat d'une démoniaque manipulation génétique?




Nouveau né monstueusement adulte ou homme bouée libéré de sa bouée?


   Est-ce la dernière image, quand l'homme à la bouée a réussi à s'extirper de sa baudruche et qu'il se retrouve encore plus fragile, sans rien à quoi s'agripper? Le début ou la fin du cauchemar?




homme bouée faisant ses courses
papier collé à Paris


   Une image intermédiaire montre l'homme bouée faisant ses courses. Une occupation tout à fait normale qui prouverait que l'homme de papier s'est intégré à la vie citadine. Le personnage est si  bizarre que  le comique voulu se mêle à une impression de malaise diffus, un peu comme l'humour  des dessins de Topor.




homme bouée papier collé à Paris


 
  Ces différentes images racontent une histoire de malaise, d'errance, de douleur dans un espace en deux dimensions. Au passant de trouver la signification et la chronologie de ces collages, s'il y en a. Et l'histoire n'est pas finie car l'auteur continue de coller ses papiers découpés sur les murs parisiens.


    Fait de papier kraft crayonné et coloré, le dessin est volontairement un peu flou, estompé, donnant au personnage un aspect incertain. Les papiers collés sont toujours placés en hauteur, en fonction du décor, afin de mieux souligner l'absurdité de la situation. Les arpenteurs des rues guettent les apparitions de l'homme à la bouée, street-art intrigant sans créateur connu.



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Palagret
août 2009
street-art



   Les zèbres s'ébattent dans la ville au milieu de tigres, girafes, rhinocéros et singes. Depuis près de vingt ans, Mosko et associés (Michel Allemand et Gérard Laux) égayent les murs aveugles de Paris avec leurs pochoirs animaliers.


Zèbre de Mosko et associés à Ménilmontant


    Ici à Ménilmontant, on trouve quelques zèbres solitaires. Ces animaux sont plutôt grégaires et seule l'étroitesse des murs détermine leur isolement.


Zèbre de Mosko et associés à Ménilmontant

   De tous les animaux africains représentés, seul le rhinocéros est un véritable solitaire. Dans la savane les zèbres, les girafes, les singes sont toujours en troupeau ou en bande. 


Zèbre de Mosko et associés avec le bonhomme blanc de Mesnager, à Paris


    A Paris, cette faune sauvage est souvent associée à l'homme blanc de Jérôme Mesnager et à l'homme noir au parapluie de Nemo. Speedy Graphito sert parfois de décor aux animaux de Mosko. Du côté de la rue Mouffetard, le quadrupède rayé noir et blanc batifole sur le paysage géométrique de Speedy Graphito. Rue des rosiers c'est un tigre, rayé lui aussi, qui se détache sur l'herbe semée de rochers carrés, manquant de piétiner un serpent.


Zèbre de Mosko et associés sur une fresque de Speedy Graphito
à Ménilmontant

   Mosko et associés, Jérôme Mesnager et Speedy Graphito se connaissent depuis longtemps. Ils ont tous les trois participé aux Lézarts de la Bièvres et leur fresques sont visibles, en plus de Ménilmontant, dans le treizième et le cinquième arrondissement de Paris.

    Sur le boulevard de Ménilmontant, un autre zèbre orne une façade. C'est l'enseigne d'un ancien cinéma, le Berry, qui a failli disparaître sous les coups des bulldozeurs. Grâce à la mobilisation des associations, le Zèbre de Belleville est maintenant un lieu de spectacle.


enseigne du Zèbre de Belleville



Zèbre près d'une porte cadenassée à Belleville

Exposition Art urbain

du 15 Mai 2009 au 29 Août 2009
Entrée libre - Du mardi au samedi de 11h à 18h
Pavillon Carré de Baudoin, 119-121 rue de Ménilmontant, 75020 Paris
01.58.53.55.42


Palagret
street-art
août 2009


   Autour du Carré Baudoin où se tient une exposition de Jérôme Mesnager, Nemo et Mosko et associés, on trouve de nombreux pochoirs récents.



Guépard à demi-caché par les cartons, pochoir de Mosko et associés

   Souvent réalisés dans les  recoins des murs ou des ruelles, les pochoirs cohabitent avec les encombrants et les ordures. Les animaux sauvages de Mosko et l'homme blanc de Mesnager sont presque aussi bien cachés par tout un bric-à-brac abandonné au pied des murs que par les hautes herbes de la savane.




singe au miroir et rhinocéros, pochoirs de Mosko et associés

    Ces rebuts accumulés pourrait-ils être des offrandes aux animaux d'une terre lointaine? Même pas, il ne s'agit ici que d'indifférence. Comme partout ailleurs à Paris, à quelques jours du ramassage mensuel des encombrants, les recoins deviennent des dépotoirs et, ici à Ménilmontant, les habitants déposent leurs ordures là où ils en ont l'habitude, sans se soucier des fresques peintes sur les murs.



Girafe, papillons et homme blanc entourés de rebuts
pochoirs de Mosko et associés et de Mesnager


        Les animaux peints représentent la vie libre et sauvage. Le dépôt d'ordures sur la voie publique est une manière de clamer sa liberté et le refus d'une vie trop encadrée.



Girafe, papillon et homme blanc entourés de rebuts
pochoirs de Mosko et associés et de Mesnager

    La poésie naïve des pochoirs est de peu de poids face à la nécessité de se débarasser des vieux matelas et des meubles cassés sans s'embêter à aller à la décharge.



rhinocéros, pochoir de Mosko et associés

   Dans les rues alentour du vingtième arrondissement, d'autres pochoirs sont préservés, perchés trop haut ou à des endroits peu propices à l'entassement des rebuts.

Palagret
Photos prises le 14 juillet 2009
rue du Retrait à Paris

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Dossier de presse de l'
exposition Art urbain:

Du 15 mai au 29 août 2009, la mairie du 20e consacre au pavillon Carré de Baudouin une exposition à trois artistes majeurs de l’art urbain : Mesnager, Mosko et associés, Nemo, ainsi qu’au photographe Gérard Faure, leur complice de toujours. L’entrée est gratuite.

Depuis presque trente ans, le corps blanc de Jérôme Mesnager, l’homme à l’imperméable noir de Nemo, le bestiaire des Mosko’s courent sur les murs du 20e arrondissement, leur terrain de prédilection. En investissant la rue de leurs peintures et pochoirs, ils ont transformé la ville en espace de rêverie et de surprise, étendant leur renommée au-delà de leur territoire de création parisien.



L’exposition Art urbain – Mesnager, Mosko et associés, Nemo et Gérard Faure, photographe rassemble :

  • trois œuvres de grande dimension spécialement réalisées pour l’exposition,
  • des œuvres récentes des artistes,
  • des photographies de Gérard Faure, leur complice de toujours,
  • des films présentant le travail des artistes, projetés dans l'auditorium du pavillon Carré de Baudouin:

 

La vie est belle de Tristan Duhamel, 2004 (4min)
Nemo de Belleville de Najib Dhoum et Allan Wisniewski, Marjane Production, 1998 (26min)
Peignez la girafe de Milena Donato, 2004 (7min)
Albedo de Bruno Fabresse, Hors Piste Production, 1998 (10min)
L'éléphant de l'Ermitage de Gérard Faure, 2002 (7min)
Au pied du mur de Clara Rosenfeld, 2009 (5min20)

 

 


Exposition Art urbain

du 15 Mai 2009 au 29 Août 2009
Entrée libre - Du mardi au samedi de 11h à 18h
Pavillon Carré de Baudoin, 119-121 rue de Ménilmontant, 75020 Paris
01.58.53.55.42


 

 

  Un magasin fermé, abandonné, et aussitôt il se couvre d'affiches sauvages. Ici, il est envahi par des stickers qui se masquent les uns les autres. Il y a de tout, des étiquettes des postes avec un graffiti manuel, des stickers imprimés, des rectangles de papier griffonnés, des tags élaborés et des images, des souris et des hommes.
 

Haut de forme et casquette, souris, pixel art
Vitrine couverte de stickers à Paris


   Les étiquettes des postes françaises, allemandes ou américaines sont très pratiques. Adhésives, elles laissent un espace libre pour écrire l'adresse du destinataire. Ici le destinataire est le passant.


Vitrine couverte de stickers à Paris

    L'étiquette "Hello my name is" est aussi très prisée pour inscrire son tag. Un tag difficile à déchiffrer, c'est la règle du jeu.
  

Vitrine couverte de stickers à Paris

    D'habitude, les stickers, petits et discrets, sont collés sur des tuyaux, des poteaux, des boîtes à lettres, à l'envers des panneaux de signalisation, tous supports sur lesquels les messages adhèrent bien. Les murs avec leur surface rugueuse due aux grains du crépi conviennent mieux aux collages plus grands.

    
Main verte
Vitrine couverte de stickers à Paris

    Les vitrines abandonnées sont un excellent support et, ici, les colleurs de stickers, emportés par leur enthousiasme, ont tout recouvert. La composition change tous les jours car, en voyant une si belle surface dédiée au stickart, des passants reviennent pour apporter leur contribution ou au contraire décoller les imagettes.


Writing, SOS Fantômes, Hello my name is, Stickers Soup, I love to destroy,
extra-terrestres
Vitrine couverte de stickers à Paris


     C'est une belle anthologie de tous les styles de tags. La calligraphie est inventive allant du plus orné au plus austère.

 
Vitrine couverte de stickers à Paris


   
Le collage géant sature l'espace jusqu'à l'indigestion. Une appropriation de l'espace ludique que certains peuvent trouver oppressante. Vandalisme ou street-art, destruction ou création? Un sticker proclame ironiquement : "I love to destroy" (J'aime détruire).



Notes et photos sur le street-art sur ce blog:
➙ Stickart: les stickers colonisent les tuyaux de descente de pluie

Palagret
Août 2009


    A Belleville, le jeu est fini. Une frise de Space Invaders collée au bas d'un mur sert de repose-bouteille à un groupe de joyeux bavards. Bière à la main, ils refont le monde, peu conscients de l'invasion des extra-terrestres à leurs pieds. 


Game over, fin de partie pour les Space Invaders
mosaïque à Belleville



Game over, fin de partie pour les Space Invaders
mosaïque à Belleville



    Depuis 1990, Invader, le pseudonyme de l'auteur des mosaïques, sème ses créatures multicolores de ville en ville et de pays en pays. Il s'est inspiré du jeu vidéo Space Invader. Les carrés représentent les pixels grossiers des images stylisées des premiers jeux.

   Les envahisseurs aux formes géométriques sont partout en haut des murs, souvent à un coin de rue comme pour mieux surveiller le territoire. Ils dominent les passants qui ne les remarquent pas mais, pourtant, ils sont parmi nous. Il y a peu d'Invaders au niveau du sol, comme ici près du métro de Belleville. 



Game over, fin de partie pour les Invaders
mosaïque à Belleville


   Street-art moins éphémère que les tags ou les papiers collés, les céramiques pariétales pourraient résister au temps. La terre cuite au feu et recouverte d'une glaçure brillante est presque indestructible. C'est compter sans les collectionneurs qui chassent les envahisseurs ou les passants qui, d'un geste compulsif, décollent les carrés de couleur et détruisent la frise.


Space Invader et monstre à la gueule ouverte
rue Oberkampf



   Un jour lointain, des archéologues du futur retrouveront des tesselles  brillantes. En les dégageant de leur gangue de cendres, ils verront peut-être apparaître un motif encore reconnaissable. Les archéologues se disputeront à propos de la signification du dessin et certains en déduiront qu'à l'aube du XXIè siècle les extra-terrestres ont atterri à Belleville. Pour se concilier leurs bonnes grâces, les terriens auraient édifié de petits autels aux carrefours. Les nombreux tessons de bouteilles cassées apportant la preuve de libations sacrées en l'honneur des visiteurs venus d'un autre monde. Un peu partout sur la terre, la découverte de mosaïques à leur image, concentrées dans les métropoles, confortera la théorie d'une rencontre du troisième type avec les envahisseurs de l'espace.

 

 

Liens sur ce blog:

Invader 999 et Invader 1000, l'invasion silencieuse continue

Les bains interdits au public, discothèque mythique, exposition éphémère de street-art

Palagret
street-art, objets collés
août 2009



   
    Si les statues dédiées aux grands hommes contemporains sont rares dans l'espace publique, le street-art prend le relais, avec plus ou moins de sérieux, en apposant des papiers collés et des pochoirs de personnages célèbres sur les murs aveugles de la ville.

La sagesse de Franz Kafka
Papier collé de "Rue Meurt d'art"


La sagesse de Franz Kafka
Papier collé de "Rue Meurt d'art"

   Ainsi au fil du temps on a pu voir sur les murs de Paris Buster Keaton, Franz Kafka, Hitchcock, Rita Hayworth (ou Ava Gardner), Louise Brooks, Jim Morrison, Gandhi et bien d'autres encore. Les statues de bronze ou de marbre ont honoré de nombreux généraux, ingénieurs ou hommes politiques. Les hommages de papier s'intéressent plus aux écrivains et aux artistes, aux créateurs et non aux décideurs.


Confidence de Rita Hayworth (Gilda) ou Ava Gardner
Papier collé de "Rue Meurt d'art"


   Les artistes de rues sont aussi moins misogynes que les sculpteurs appointés par les municipalités ou l'Etat. Les jardins sont pleins de groupes sculptés honorant un grand homme entouré d'égéries éblouies par sa fulgurance d'esprit! A travers les papiers collés et les pochoirs, les femmes ont droit à leur image en tant que personne et non en tant qu'allégorie de la République, de la Paix ou de la maternité etc ... .


Une Louise Brooks
Papier collé de "Rue Meurt d'art"


    Le travail des artistes de rue est gratuit, illicite le plus souvent, donc totalement libre. "Aux Grands Hommes, la Patrie Reconnaissante" ne fait pas partie de leur vocabulaire. Si les personnages perdent du volume en s'aplatissant sur les murs, ils gagnent en fantaisie.

   "Rue Meurt d'art" accompagne ses collages de bulles. Collé Passage des Récollets, Kafka proclame: " Un humain ne se construit pas du bas vers le haut mais de l'intérieur vers l'extérieur. "

    Dans un square en face de l'écrivain, deux Louise Brooks nous éclairent de leur sagesse: "on nous méprise tellement ... et pourtant on est si fragiles si précieux si unique" et "leur réalisme est un chaos, osons nos utopies, osons nos Rêvolutions." Accent circonflexe sur rêvolution comme dans rêve.


Une Louise Brooks
Papier collé de "Rue Meurt d'art"

     Place des Abbesses, au-dessus d'un mur couvert de "Je t'aime " en toutes les langues, Rita Hayworth (Gilda), ou Ava Gardner, la grande séductrice, nous confie: Aimer c'est du désordre ... Alors aimons. "


Deux Louise Brooks
Papier collé de "Rue Meurt d'art"


    Tracées d'une écriture d'écolier appliqué, les sentences sont attribuées aux morts illustres. Attributions fantaisistes.

   Si de nombreuses oeuvres de street-art sont difficiles à identifier car elles ne sont pas signées clairement, celles de "Rue Meurt d'art" ne pose aucun problème, le logo est très lisible.

   Les hommages de papier ne dureront pas aussi longtemps que ceux en marbre ou en bronze mais, pour quelques jours ou quelques saisons, ils rappellent au passant le nom de quelques disparus emblèmatiques, des disparus devenus stars de la pop culture dont on retrouve le portrait sur les posters ou les T-shirts.


à suivre: les morts illustres de Jef Aérosol et d'autres pochoiristes et colleurs



Liens sur ce blog:







Palagret
Texte et photos
août 2009

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      Dans certains quartiers de Paris, pas un tuyau ou poteau n'échappe à l'invasion des stickers ou autocollants.


Tuyau couvert de stickers



No Aswar
Tuyau couvert de stickers



    Plus discrets que les grands papiers collés ou les tags, les petits stickers se collent partout, sur les boîtes à lettres, les compteurs d'eau, les rambardes et même au bas des murs.


Fly tox, GLC, Minnie
Tuyau couvert de stickers


Colombe blanche, vélo, monstre, graffiti
Panneau de signalisation couvert de stickers

 

   Ludiques, protestataires ou seulement publicitaires, les stickers, de l'anglais stick coller, s'accrochent vigoureusement. Plus le support est lisse, plus ils adhèrent et plus ils sont difficiles à enlever au grand désespoir des collectionneurs. Oui, il y a des collectionneurs de stickers décollés. S'ils n'ont pas été collés dans la rue, ils ont moins de valeur.


Visage de femme, un sticker difficile à arracher



Tuyau couvert de stickers arrachés



     Les services municipaux nettoient régulièrement les supports mais il reste toujours des traces de papier mal décollé, des lambeaux indéchiffrables. Seuls certains motifs haut-perchés restent longtemps en place.


Insecte, Stickers Soup, Velo, writing
Tuyau couvert de stickers

Palagret

 

    De loin, on dirait des arbres à voeux recouverts de papier voletant au passage des voitures. Vu de près, il ne s'agit que de tuyaux de descente de pluie sur lesquels sont collés des petites annonces en chinois. Les affichettes demandent non une intercession divine mais proposent des services ou des objets à vendre.



Tuyau recouvert de petites annonces chinoises
à Belleville



    Les descentes de pluie des anciens immeubles ont toujours servi de tableaux d'affichage. On y annonce des cours de gymnastique, de piano ou de relaxation. Des peintres au noir proposent de refaire votre appartement pour trois fois rien et des étudiants se font forts de transformer votre cancre en brillant élève. En bas de l'annonce, le papier est découpé en bandelettes portant un numéro de téléphone à détacher si le service proposé vous intéresse.


Petite annonce pour des cours de piano



    A Belleville, dans le quartier chinois de Paris, les petites annonces prolifèrent,  plus que dans les autres quartiers parisiens, et créent des totems de papier. Les papiers se superposent, se mêlent, se cachent les uns les autres, et finissent en lambeaux.



Tuyau recouvert de petites annonces chinoises
à Belleville




Tuyau recouvert de petites annonces chinoises
à Belleville


    Le passant francophone ne peut déchiffrer les caractères chinois ce qui atténue l'aspect utilitaire, marchand des messages. La prosaïque installation en devient poétique, presqu'artistique.


Tuyau recouvert de petites annonces chinoises
à Belleville


   Les petites annonces en chinois accumulées sur les tuyaux et les murs autour sont, bien involontairement, une variante de street-art.


Tuyau recouvert de petites annonces chinoises
à Belleville

 

 

 

Liens sur ce blog:

Street-art ou publicité: moustache gratuite, servez vous

Everywhere, affichette absurde: teasing ou street-art?

 

 


Palagret
août 2009
archéologie du quotidien


   On trouve à Beauvoisin dans le Gard une très ancienne empègue (pochoir ou aubade) datant de 1894. Elle se trouve sur le volet du restaurant "Les Aubades". Une plaque de verre protège la silhouette d'un cheval dessiné d'un simple trait rouge. 1894 est inscrit à l'intérieur du corps et RF, pour République Française, est inscrit entre les sabots.

Empègue de 1894 à Beauvoisin


    A part l'empègue de 1894, la plus ancienne lisible semble être un trèfle vert daté de 1922. On remarque une rose blanche de 1968.


trèfle vert et rose blanche
empègues à Beauvoisin


     Au dix-neuvième siècle, les conscrits appelés par la République faisaient une grande fête avant de partir à l'armée.  Ils donnaient une aubade aux habitants pour récolter de l'argent. En remerciement ils apposaient un pochoir sur l'encadrement de la porte. Année après année, les nouveaux appelés faisaient le tour du village et décoraient les portes de motifs liés à la culture camargaise: taureau, cheval, trident, croix camargaise etc ... .

empègues au chien datée de 1966
à Beauvoisin


Mur couvert d'empègues à Beauvoisin


   Les habitants de la Petite Camargue appellent ces pochoirs empègues ou aubades et les jeunes qui participent à la collecte les Abats. Les empègues ne se trouvent que sur un petit territoire du Gard Oriental. Chaque village a ses motifs et ses bandes de jeunes qui choisissent un nouveau nom chaque année: les Callarens, les Tèfles. La Relève est un nom générique qu'on retrouve dans plusieurs villages de Camargue.


Mur couvert d'empègues à Beauvoisin

   Aujourd'hui le service militaire n'existe plus mais les jeunes continuent la tradition. Les aubades ont lieu quelques jours avant la fête votive du village. Bien que liées à une fête religieuse, cette tradition est très profane. Normalement les jeunes gens ne font l'aubade que l'année de leur dix-huit ans mais aujourd'hui certains participent plusieurs années de suite. Ce qui était un rite de passage codifié est devenu une simple occasion de faire la fête. Il y a parfois des débordements dûs à une trop grande consommation d'alcool. Mais l'alcool fait partie de la Tradition disent les jeunes gens, c'est la culture de la fête!


Nombreuses empègues près d'une belle porte
Beauvoisin

  
   Le pochoir se compose d'un dessin, du millésime, l'année de la classe, mais pas toujours et des lettres VLJ, « Viù Lo Joven » en occitan ou Vive la Jeunesse.


Mur couvert d'empègues à Beauvoisin

    Selon les villages, les empègues sont plus ou moins soignées. A Beauvoisin elles se chevauchent souvent et ne sont pas toujours près des portes.


Mur couvert d'empègues derrière la bouche à incendie
à Beauvoisin
Palagret
photos prises en été 2009
licence Creative Common

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