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Le néon et l'art contemporain


    Les néons utilisés dans l'affichage publicitaire ont très tôt attiré les artistes contemporains. Ils y ont vu un nouveau média et ont détourné ces tubes colorés à la lumière vibrante qui se travaillent facilement. Au lieu de reproduire la lumière avec leur pinceau, au lieu de l'imiter, ils l'intègrent directement au centre de leur oeuvre. La pulsation de la lumière  devient sculpture. Les installations au néon, comme les oeuvres cinétiques ou les vidéo ont besoin d'électricité pour fonctionner. Les oeuvres sont liées à la technique et elles l'intègrent.

    Stricto sensu, les néons n'émettent qu'une seule couleur: le rouge orangé. Dans le langage commun cependant, tous les tubes fluorescents sont appelés néons, même s'ils fonctionnent avec d'autres gaz inertes comme l'argon ou l'hélium.
   


Détail de néon publicitaire

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               
      
joueurs de jazz




   



Modestes néons publicitaires:
dauphin vert





    Citons quelques plasticiens français travaillant le néon: Alberola, Martial Raysse, François Morellet, Claude Lévêque, Daniel Buren. Quelques anglo-saxons: Dan Flavin, Bruce Nauman, Cerith Wyn Evans, Joseph Kosuth, Jeff Koons. L'italien Mario Merz, l'allemand Carston Höller etc ...


Neon electrical light english glass letters green eight
installation au néon de Joseph Kosuth



   Certains plasticiens jouent avec des chiffres et des nombres, d'autres composent des mots et des phrases avec les lettres lumineuses de la publicité mais le message est perverti: l'injonction, philosophique, absurde, obscure ou politique, n'incite plus à consommer mais à réfléchir ou à sourire.



"Igloo de Giap". 1968 Mario Merz



" Si l'ennemi concentre ses forces, il perd du terrain.
S'il les éparpille il perd de la force"
   


    L'italien Mario Merz construisait des igloos sur lesquels il apposait des citations littéraires ou politiques. ici, il cite le Général Vo Nguyen Giap: "Si l'ennemi concentre ses forces, il perd du terrain. S'il les éparpille il perd de la force."  Le dilemne insoluble  du stratège nord-vietnamien renvoie à la contradiction de l'igloo, habitat  provisoire toujours reconstruit.


    Dans une approche plus joyeuse, Bruce Nauman écrit "RUN FROM FEAR - FUN FOR REAR" en inversant les lettres comme dans une contrepétrie. Ou il oppose les mots NEED-DESIRE, HUMAN-DREAM, HOPE-HUMAN en diverses couleurs.


"run from fear
fun from rear"

néon de Bruce Nauman



Human desire
néon de Bruce Nauman
Photo: Bright_Star


 


    L'artiste conceptuel Joseph Kosuth aligne les expressions: "modus operandi", "self described and self defined". Il écrit, non sans humour: "No one could see it" (Personne peut le voir) ou "I'am only explaining language, I'm not explaining anything" (J'explique le language, je n'explique rien). Il répète les mêmes phrases en différentes couleurs. A la biennale de Venise 2007, il a couvert les murs de l'église de l'Isola di San Lazzaro degli Armeni de néons jaunes formant des phrases en lettres cursives.



Texte sur les murs de l'église à la biennale de Venise 2007
Installation au néon de Joseph Kosuth



    En 2006, Cerith Wyn Evans expose une couronne de néon épelant en lettres blanches "In Girum Imus Nocte et Consumimur Igni". La citation latine est un bel exemple de palindrome: la phrase peut se lire de gauche à droite ou de droite à gauche. Cerith Wyn Evans dispose ses lettres en cercle suspendu au plafond comme un lustre, au-dessus de nos têtes. Peu importe le sens de lecture, il n'y a plus de direction, tout fait sens et rien ne fait sens. Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu!



Installation de Cerith Wyn Evans en 2007 au Kunsthaus Graz

Lettres de néon blanches sur fond noir

Photo: Lisa Ruyter



    Plus le message est long, moins on le lit. Seul reste l'impact visuel des lettres en cursive ou en majuscules. Fatigué de devoir lire des textes hermétiques ou ennuyeux, notre regard ne percoit plus que des formes et des couleurs souvent poétiques et picore un mot par ci, un mot par là.



   
En 2005, Carston Höller dans son installation "amusement park" s'inspire des néons sautillants et multicolores des manèges forains.


Neon circle de Carston Höller



    Loin des jeux de mots et des slogans politiques, Dan Flavin crée une oeuvre plus minimaliste. Il dispose de simples traits de lumière colorée contre un mur ou dans un angle, espace inhabituel d'exposition. Les néons se reflètent sur toutes les surfaces de la pièce créant un espace poétique proche du rêve. Les contours sont flous, les limites se dissolvent troublant notre perception du réel. Flavin n'y voit aucune spiritualité. Il ne s'agit que du jeu de la lumière et de l'espace. L'art de Dan Flavin est "situationnel", chaque exposition est différente, unique en fonction du lieu  et de l'espace.


          Installations de Dan Flavin
untitled (to the innovator of Wheeling Peachblow) 1966-68
pink out of a corner (to Jasper Johns) 1963

   

tubes flurescents orange et jaune de Dan Flavin



    Dan Flavin n'utilise que des tubes fluorescents achetés dans le commerce, de tailles et de couleurs standards destinés aux enseignes publicitaires. Avec de simples tubes colorés qu'il combine, il crée une oeuvre émouvante et belle.




tubes fluorescents vert et orange de Dan Flavin








Catherine-Alice Palagret




Des chaussettes rayées partout!


    Des chaussettes rayées accrochées à tous les poteaux! Qui se croit autorisé à saturer ainsi l'espace public avec des chaussettes, même en carton! A quoi rime ce teasing? Tout ça pour nous attirer sur: www.maisouvatelle.fr


Trois chaussettes perdues séchant sur un poteau.


    De retour du quartier Caumartin à Paris, nous nous connectons et arrivons sur le site d'Electrolux Arthur Martin. Il s'agit d'un concours pour promouvoir une nouvelle ligne d'appareils ménagers. Pas très intéressant.


Chaussette rayée dans la rue


    Dans les jours qui suivent, les cartons vont se déchirer sous la bousculade des passants pressés, s'amollir sous la pluie, être arrachés par
les collectionneurs ou les anti-pub et finir dans le caniveau. Cette publicité évènementielle qui recourt à l'affichage sauvage est une pollution visuelle. Electrolux Arthur Martin ont-ils prévu de nettoyer les trottoirs ou les chaussettes vont-elles traîner là pendant des semaines?




Catherine-Alice Palagret


Veaux, vaches, cochons:
le monde rural de Thierry des Ouches, photographe




    Croiser des vaches sur la prestigieuse place Vendôme à Paris n'est pas banal. Heureusement ces vaches ne broutent pas le sol stérile de la place, elles ne sont que des photographies géantes de Thierry des Ouches.


exposition de photographies de Thierry des Ouches, place Vendôme à Paris.
en 2004.


    En choisissant d'exposer place Vendôme, une place aussi symbolique de l'urbanisme classique à la française, le photographe joue avec les notions de nature et d'artificialité. La confrontation du monde rural et d'un espace urbain strictement ordonné étonne et séduit.


exposition de photographies de Thierry des Ouches,
place Vendôme à Paris.
Une poule


une vache dans un enclos de bronze



    La sévérité minérale de la place Vendôme où pas un brin d'herbe ne pousse et la nonchalance des animaux dans leur habitat naturel se répondent. Les portraits de ces animaux de ferme, que Thierry des Ouches avoue ne pas trop approcher, sont pris au téléobjectif, en cadrage serré; la longue focale écrase la perspective. Les lumières douces de fin d'après-midi donnent une atmosphère paisible à ces scènes champêtres. Sous le soleil, les nuages ou la pluie, l'herbe des prairies et le pelage des bêtes photographiées changent subtilement de couleurs.
Les tirages de 5 mètres sur trois, montés sur des triptyques éclairés par des spots, arrivent à s'imposer dans l'espace intimidant de la place Vendôme.                                        

    Attention passage de vaches.
exposition de photographies de Thierry des Ouches,
place Vendôme à Paris.


       robe fleurie et robe brune
   

    Les ruminants et les visiteurs se contemplent les uns les autres avec curiosité et la banalité de la campagne française en devient exotique.
Envahie par ce troupeau immobile, la place elle aussi en devient exotique. Un exotisme qui ne doit pas être du goût de la riche clientèle, venue en limousine, qui se hâtent doucement vers Boucheron, Bulgari, Cartier, Chaumet ou Van Cleef & Arpels, les prestigieux joailliers, ou vers l'hôtel Ritz. Heureusement, après cet accès de populisme,  la place Vendôme retrouve son calme patricien.



Touristes sur la place Vendôme.



Affiche de l'exposition "Vaches"
photographies de Thierry des Ouches,
place Vendôme
du17 juin au 3 septembre 2004.


vue aérienne de la place Vendôme.
sans les vaches.


    En 2006, Thierry des Ouches conduit son troupeau sur l'esplanade des Invalides: L'exposition « Les animaux de la ferme » rencontre le même succès public . Du 15 février au 15 avril 2007 il expose 52 grandes photographies sur les grilles de l'hôtel du Département à Rouen. Du 18/09/2007 au  06/01/2008, il expose à Lyon au parc de la Tête d'Or. La plupart de ses expositions sont en plein air et gratuite.

    Thierry des Ouches se dit photographe autodidacte. Il a publié plusieurs livres dont « Vaches » et « Les animaux de la ferme ».


Exposition de Thierry des Ouches
sur l'esplanade des Invalides, à Paris.

Photo de vincent.m



Texte et photos non attribuées: Catherine-Alice Palagret.



Les  trompe-l'oeil de la place Vendôme
L'art du faux III


    De plus en plus de bâtiments en réfection arborent une bâche de travaux en trompe-l'oeil pour dissimuler des échafaudages disgracieux. Au printemps 2007, l'avenue George V et son trompe-l'oeil déformé
ont attiré beaucoup de promeneurs. Ce printemps, deux immeubles sont en travaux derrière un bâche sur la prestigieuse place Vendôme à Paris.


    Bâche de travaux couvrant l'Hôtel d'Evreux.


    Le premier immeuble, jouxtant l'hôtel Ritz, fait partie d'un chantier
très complexe 1 de 60 000 m2 qui englobe un îlot délimité par les rues Cambon, des Capucines et la place Vendôme.


       Trompe-l'oeil aquarelle.
Reflet de la statue de Napoléon Ier
dans la fenêtre  factice.
                                                                                                                       

    L'ancien hôtel d'Evreux appartient désormais à SNC Galaxie Vendôme. La façade classée du dix-huitième siècle, est caché par une grande bâche en trompe-l'oeil copiant la façade elle-même. Les fenêtres, les colonnes, les balcons et leurs dorures sont reproduits comme un dessin à l'aquarelle. On distingue même les lignes du faux papier. La statue de Napoléon I, qui surmonte la colonne Vendôme, se reflète dans une fenêtre factice.
 


statue de Napoléon Ier, représenté en Caesar Imperator
    en haut de la colonne Vendôme


                   Trompe-l'oeil d'une façade à colonnade, place Vendôme

,        

    Un peu plus loin au numéro 14 de la place
Vendôme, une autre immeuble appartenant à JP Morgan Chase Bank est aussi en travaux. La bâche de chantier reproduit la façade qu'elle soustrait à la vue. De style photographique, elle montre les colonnes, les fenêtres, les mascarons en forme de faunes, avec des effets de perspective. Détail amusant, les lampadaires noirs qui éclairent la place sont eux-aussi simulés. La fausse façade crée l'illusion mais elle dénonce aussitôt cette illusion puisque le trompe-l'oeil est légèrement rosé alors que la pierre de taille des immeubles attenants est jaune pâle.

   
    Façade en trompe-l'oeil. Vrai et faux réverbères.

      Façade en trompe-l'oeil rosée et vrais pierres de taille jaune pâle.


    Moins inventif que le trompe-l'oeil daliesque de la société Athem, ces bâches jouent aussi avec l'illusion de la perception. L'art du faux nous trompent quelques secondes pour mieux dévoiler son imposture. Le réel s'impose alors à nos yeux.


Façade en trompe-l'oeil: réverbère et mascaron au faune factices


   La place Vendôme est classée monument historique;
dessinée par Jules Hardouin-Mansart, sur l'ordre de Louis XIV, elle est seulement achevée en 1810. La colonne de bronze de 44 mètres posée en son centre est un giganteque piédestal pour la statue de l'Empereur Napoléon Ier. Dans son délire de grandeur assumé, il se fait représenter en Caesar Imperator.  Avec ses immeubles strictement alignés, avec ses mansardes et ses colonnes harmonieuses mais répétitives, ses boutiques de joaillerie et ses hôtels de luxe, la place Vendôme incarne la sobriété et l'élégance. Un trompe-l'oeil trop flamboyant aurait détonné dans ce symbole du bon goût français!


    La place Vendôme à Paris et la colonne de bronze.



    Il est étonnant que la place Vendôme ait pu accueillir en 2004 une exposition de vaches! Des photographies de vaches par
Thierry des Ouches.


1- chantier

voir: le trompe-l'oeil dégoulinant de l'avenue George V
       
le trompe-l'oeil du Printemps, boulevard Haussmann
       
le trompe-l'oeil en moulé-troué d'Edouard François
             le trompe-l'oeil chocolat de LCL
       
le trompe-l'oeil du futur musée Magritte à Bruxelles



La place Vendôme à Paris




Catherine-Alice Palagret



VOICI VENUE LA SAISON DES VIDE-GRENIERS


    C'est la saison des vide-greniers et chaque quartier, chaque village organise le sien. Les évènements sont annoncés dans les journaux locaux et les affiches, manuscrites ou imprimées, sont placardées partout. Pour ne pas blesser les arbres, les affiches sont parfois entourées de plusieurs couches de film adhésifs transparents! Pour une journée, un quartier se transforme en Puces; les vêtements sont accrochés aux grilles et aux façades, on marche dans les bibelots. A la campagne, les petits villages attirent les amateurs à cent kilomètres à la ronde.


annonce d'un vide-grenier villageois

    Soigneusement présentés sur des tables ou en vrac sur le trottoir, toutes sortes de trésors se disputent les clients. Dans le dédale du vide-grenier, le client potentiel avance à pas lent, l'attention flottante, le regard errant, jusqu'à ce qu'un trésor attire son attention: jouets, vêtements, livres reliés ou de poche, magazines, vaisselle ébréchée.


bric-à-brac: araignées noires en plastique, bouts de tissus, tasses, tresses de scoubidou, papillon épinglé  etc



    Un bibelot biscornu invraisemblable dont on se demande comment un être doué de raison a pû le désirer trouve preneur sans qu'on sache si l'acheteur le trouve vraiment beau ou s'il le trouve décadent et drôle. Un truc non identifié retient l'attention grave d'un curieux; aussitôt, le vendeur invente une anecdote. De stand en stand, les prix vont de 10 cents à quelques euros pour une même figurine moulée ou le même livre de poche. Il y des pièces rares dont le vendeur ignore la valeur et des objets manufacturés par millions, encore en vente dans les magasins, dont le propriétaire exige un prix exorbitant.


Un cheval gris pour huit euros


    On peut dénicher l'objet qu'on cherchait depuis longtemps, la pièce qui manquait à la collection de bouchons publicitaires ou de figurines jadis vendues dans les paquets de café. Les objets sont de toutes les époques et de tous les styles possibles, le kitsch étant le plus représenté.


un euro le livre d'occasion au vide-grenier


    La plupart des participants sont là pour s'amuser et sont ravis de laisser partir trois mugs pour un euro. Les jeunes enfants vendent leur play-mobils ou leurs illustrés et se trompent en rendant la monnaie. Les gamins plus âgés vantent leur jeux vidéo déjà dépassés avec entrain. Ces manifestations créent de l'animation et du lien social dans les quartiers, permettent aux visiteurs de faire des affaires et aux vendeurs de gagner un peu d'argent.


jouets et vêtements au vide-grenier


    Quand une averse survient, tous se précipitent pour déplier de grandes bâches en plastique. Les imprévoyants n'ont que leurs yeux pour pleurer.



   
  Vide-grenier sous la pluie: tout à un euro                                                               choix difficile de vaisselle



     Affiche pour un vide-grenier au foyer rural de Nébian


    Il y a tellement de  vide-greniers, bric-à-brac, foires à tout et brocantes qu'il est question de limiter à deux les manifestations par commune ou quartier. Seul les résidents pourraient y participer. Les  vide-greniers sont en effet infiltrés par des brocanteurs professionnels. On les reconnaît à la qualité de leur marchandise mais aussi à leur agressivité: ils ne sont pas là pour s'amuser mais pour gagner leur vie .     

Robes africaines accrochées à l'arret de bus


    Ces grands déballages de printemps parlent de notre rapport à l'objet, de notre amour et de notre désamour. Combien de temps faut-il pour qu'une robe, de démodée devienne vintage? Combien de temps faut-il pour qu'un horrible souvenir de vacances soit recherché par un collectionneur.


Trophée de chasse:  bois de cervidés ?

    Les bibelots banéaires faits de vrais coquillages soigneusement collés autour d'une baigneuse ou d'un marin sont aujourd'hui en plastique. Les jouets tout en fer qu'on remonte avec une clef ne se trouvent plus que chez les antiquaires ou dans les foires spécialisées. Les clowns, les otaries dansantes et les acrobates chinois ou slovaques ont des roues en plastique. Les fast-food éditent des jouets à remonter tout plastique, avec leur logo dessus, et les gamins les plus malins les présentent comme des pièces rares. Les pin's se font rares. Les étals hétéroclites des vide-greniers témoignent du temps qui passe.
 



   
















Mannequin sans tête                              robe rouge accrochée aux grilles


    Chaque étal est une nature morte, un memento mori. Les strates du temps révèlent l'évolution du goût, de la mode et de la décoration populaire, loin des luxueux magazines. On remarque les changements de technique de fabrication, l'émergence de nouveaux matériaux. Les vide-greniers vont de pair avec la société de consommation. En ville, il n'y a plus de grenier et les caves sont pleines. Les gens accumulent de plus en plus de choses inutiles puis ils s'en débarassent mais ils ne les jettent pas; les objets sont remis dans le circuit commercial de l'occasion. Les vides-grenier sont un vaste champ d'étude pour les archéologues du quotidien et les sociologues. Il est d'ailleurs amusant d'utiliser le mot grenier qui renvoie à un passé révolu. La majorité des habitants vivent en ville ou dans des lotissements sans grenier. Le grenier de nos arrière-grands mères appartient à une civilisation en voie de disparition.
         

vide-grenier à Paris                  
                                                                                                 

    La mode des vide-greniers vient des garage sales aux États-Unis où les particuliers mettent en vente devant leur garage les biens dont ils n'ont plus besoin ou qu'ils n'aiment plus. Les "spring cleaning" (nettoyage de printemps), variante saisonnière, permettent de faire le vide avant de faire le plein. A la diiférence de la France, un vide-greniers peut être organisé par un seul foyer pour cause de déménagement, de séparation ou de décès.


      

                         
Garage sale aux Etats-Unis


    Certains vendent parce qu'ils sont expulsés. La crise des sub-primes aux Etats-Unis jettent à la rue des milliers de propriétaires incapables de payer les mensualités de leur maison. Leur pavillon repris par les banques, sommés de déguerpir, ils essayent de vendre leurs meubles, leur appareils ménagers et leurs bibelots: l'histoire d'une vie offerte à tous les regards. Certains en font une fête, une fête au goût amer, entre voisins pour se dire au revoir  avant de partir vers un avenir incertain.


vêtements d'occasion au vide-grenier


Catherine-Alice Palagret



MONUMENTA 2008:
PROMENADE de Richard Serra




    Après Anselm Kiefer en 2007, Richard Serra occupe la nef du Grand Palais. Dès l'entrée, on ne voit de Promenade que la tranche de la stèle centrale et l'immense verrière du Grand Palais. Puis on découvre l'oeuvre en totalité, cinq  stèles monumentales conçues spécialement par Richard Serra pour Monumenta 2008. Disposées asymétriquement le long de l'axe central de la nef, hautes de dix-sept mètres, large de quatre, et pesant soixante-quinze tonnes chacune, les plaques semblent pourtant légères dans cet espace immense de 13.500 m².


Promenade, oeuvre de Richard Serra dans la nef du Grand Palais



«Quand j'ai découvert cet espace, j'ai d'abord été frappé par son immensité. Puis par la lumière qui s'y déverse. J'étais bouleversé. J'ai pensé qu'il me fallait mettre à profit cette lumière. Alors j'ai imaginé de dresser ces plaques d'acier vers la voûte de la verrière, en dépassant la hauteur des mezzanines. L'échelle est très importante. Il s'agissait de ne pas remettre en cause l'architecture du lieu, d'en respecter les proportions.» 1


Promenade, oeuvre de Richard Serra dans la nef du Grand Palais


    Promenade, le titre choisi pour cette installation, indique bien qu'il faut déambuler au milieu des plaques pour l'apprécier et la comprendre. Comme Clara Clara aux Tuileries, c'est le promeneur qui crée l'oeuvre par son déplacement, une oeuvre unique, personnelle, différente de celle d'un autre promeneur.

« Vous n’avez pas besoin de connaître quoi que ce soit à l’histoire de la sculpture ou à l’histoire de l’art pour comprendre, voir et percevoir ce travail conçu en relation avec l’espace. Le contenu réside dans le visiteur. Il ne s’agit pas juste de grandes plaques en l’air, mais le contenu c’est votre propre expérience alors que vous marchez  dans, à travers, et autour de l’ensemble du champ sculptural.  (…) La manière dont l’espace est habité et l’aspect temporel de ce travail en constituent le contenu selon la façon dont le visiteur comprend cette sculpture. Il n’a pas besoin de la comprendre de façon explicite car il va l’expérimenter. (…)
Il n’existe pas d’exposition à l’heure actuelle où on vous demande de parcourir toute la longueur du hall en imaginant que la salle d’exposition est un récipient, un récipient architectural qui est converti en une sculpture. Habituellement, si vous venez visiter un salon, il y a plein de petites boites et chacun présente des petites choses dans ces petites boîtes. Ici, il y a une différence de genre, je ne dis pas une différence de qualité, mais par son aspiration la sculpture est vraiment concernée par le visiteur qui marche selon son propre mouvement corporel et choisit où il veut aller. Il ne marchera peut être pas le long de l’axe sur toute sa longueur, mais s’il veut comprendre la complexité de ce travail, il le fera, et je pense que la majorité des gens seront suffisamment curieux pour le faire, en tous cas, c’est mon espoir. » 2

    Les visiteurs, en effet, parcourent la nef et tournent autour des stèles. A chaque pas l'oeuvre change, il est très difficile de voir les cinq plaques en même temps sinon aux deux extrémités de l'axe central et de l'entrée. Partout ailleurs, on ne voit que quatre pièces, la cinquième étant toujours masquée. Le mouvement des nuages parisiens projettent l'ombre de la serre sur les plaques et le sol, dessinant d'arachnéennes lignes qui brouillent le regard. Selon l'heure et le ciel, Promenade change d'aspect.



Promenade, oeuvre de Richard Serra dans la nef du Grand Palais
Ombres sur les stèles


    Les plaques d'acier sont légèrement inclinées (un degré soixante-neuf), d'un coté et de l'autre, et bien qu'elles soient solidement ancrées dans le sol bétonné, on éprouve une petite inquiétude. Une médiatrice, portant un T-shirt noir avec l'inscription « Monumenta 2008 » nous rassure: il faudrait une force de soixante-seize tonnes pour faire tomber une plaque. Ouf!  Inutile de craindre un effet domino.


Promenade, oeuvre de Richard Serra dans la nef du Grand Palais
Epaisseur de la stèle


    De plus, le sol a été consolidé. On a foré pour enfoncer des pieux à quinze mètres de profondeur. Des traces d'usinage ou de montage se lisent à la surface des plaques couleur rouille. La marque des ventouses qui ont aidé à mettre en place ces gigantesques sculptures se voit clairement, l'artiste a voulu les laisser. Il a aussi voulu que les balcons ne soient pas accessibles. Pour lui, Promenade doit se voir, se vivre du sol et non en surplomb.




Promenade, oeuvre de Richard Serra dans la nef du Grand Palais


    Les médiatrices de Monumenta 2008 encouragent les enfants à toucher les plaques légèrement rugueuses, à en faire le tour en levant la tête afin d'appréhender l'oeuvre avec leur corps. Ils s'amusent beaucoup même s'ils ont un peu le vertige. Ils laissent quelques empreintes de mains aussi. Un peu plus loin un atelier sensibilise les enfants à la création contemporaine. Il les fait réfléchir aux notions mises en jeu dans le travail du sculpteur, l'équilibre, la verticalité, le rythme, la pesanteur etc.


Promenade, oeuvre de Richard Serra dans la nef du Grand Palais
Travaux d'enfants


    Dans « 2001 Odyssée de l'espace », le film de Stanley Kubrick, on voit une énigmatique stèle noire, chue du ciel ou sortie des entrailles de la terre. Les singes qui la découvrent lèvent la tête vers elle sans comprendre. Le visiteur, lui, est mieux préparé car Richard Serra est un des sculpteurs américains les plus connus. Son oeuvre est exposée partout dans le monde.

     Il livre une oeuvre fragile et monumentale à la fois. Chaque plaque est d'une seule pièce, sans soudure, alors que le décor qui entoure cette sculpture minimaliste aux lignes très pures est lui morcelé, fait de nombreuses pièces soudées et boulonnées. Les rivets apparents, en plus d'assurer la stabilité et la solidité de la structure, créent un rythme décoratif, tout le contraire de Promenade.


Promenade, oeuvre de Richard Serra dans la nef du Grand Palais
une stèle encadrée par les piliers boulonnés


    Promenade, dans sa nudité minérale, se découpe sur les arabesques de la verrière et les motifs floraux de la dentelle de fer du Grand Palais, chef-d'oeuvre de l'architecture de fer 1900. L'ampleur du lieu et sa complexité visuelle dominent l'oeuvre. Il est probable que « Promenade », exposée à l'air libre, aura plus de force en se découpant sur le ciel.


Promenade, oeuvre de Richard Serra dans la nef du Grand Palais
Stèle se découpant sur la verrière



1- in dossier de presse
2-
in dossier de presse. Entretien avec  Alfred Pacquement, commissaire de l'exposition.


Catherine-Amice Palagret



Trafic d'âmes mortes
dans le sous-sol parisien

    Une fois de plus, les publicitaires convoquent les fantômes et les font parler. Loin de faire tourner les tables comme les spirites, ces spin doctors recourent à une méthode plus efficace: une campagne d'affichage dans le métropolitain parisien; des grands hommes y hantent les couloirs. Ils sont là pour vanter le rôle du Stif (Syndicat des Transport d'île de France). Laissons de côté les multiples évolutions de cette organisation pour ne retenir que la dernière; l'Etat s'en retire et délègue ses missions à la Région. Le Stif n'est pas vraiment un inconnu mais les voyageurs s'en souciaient fort peu. Vexé d'être ignoré, le Stif a décidé de mettre les points sur les i et de préciser son nouveau rôle en communiquant.


Archimède et Christophe Colomb, deux hommes célèbres dans les couloirs du métro parisien.
Et Indiana Jones.

Campagne de communication du Stif


    Comme un maître d'école, le Stif nous pose des questions et n'ayant que peu de confiance dans l'étendue des connaissances du voyageur lambda, il fait répondre des fantômes illustres, des "people" de l'ancien temps.

    Qui a inventé le ticket t+?                           Qui a imaginé Noctilien?
    Qui adapte les horaires?                            Qui multiplie le nombre de bus?
    Qui augmente le nombre de métros?        Qui ajoute des trains et des RER?
    Qui modernise les trains?                          Qui développe les transports?
    Qui orchestre les transports?                    Qui a crée Voguéo?

    A toutes  ces questions angoissantes qui taraudent le voyageur, une seule réponse:


"Le Stif bien sûr"
Campagne de communication du Stif dans le métro parisien.


    Cette révélation est inscrite dans une bulle sortant du cerveau des grands hommes, tous sélectionnés pour leur pensée rigoureuse. Ces hommes célèbres sont des icônes, connues de tous. Comme dit la publicité Apple "Think different": « Vous pouvez les glorifier ou les vilipender, ne pas être d'accord avec eux mais la seule chose que vous ne pouvez pas faire est les ignorer parce qu'ils ont changé le monde .»
    Archimède le mathématicien, Galilée l'astronome, Léonard de Vinci l'ingénieur, René Descartes le mathématicien et philosophe, Christophe Colomb le découvreur, Wolfgang Amadeus Mozart le musicien, Charles Darwin le théoricien de l'évolution, Albert Einstein le physicien, Gustave Eiffel l'ingénieur et le moins connu de cette glorieuse assemblée, Fulgence Bienvenüe, le créateur du métro,  tous, comme un choeur antique, nous disent la vérité sur le rôle du Stif. Nous ne saurions mettre en doute leur jugement.

   

   
      





Archimède et Eiffel








    Alors qu'Apple faisait défiler des visages d'icônes comtemporaines sans les nommer (Einstein, Bob Dylan, Maria Callas, Gandhi, Picasso etc), sachant que son public en reconnaîtrait la plupart, le Stif est plus pédagogue. Il est vrai qu'il n'est pas évident d'identifier Archimède  sur une gravure où rien ne renvoie à l'Antiquité. L'affiche, donc, donne le nom, les qualifications et les dates de naissance et de mort des grands hommes.


 



Qui augmente le nombre des métros?
Fulgence Bienvenüe, le créateur du métro, le sait mieux que quiconque.






Qui adapte les horaires?
Charles Darwin s'y connait en adaptation et évolution.
U
n homme illustre embauché par le Stif pour vanter les mérites des transports en commun.












Décidément, grâce à la publicité, les âmes mortes ne risquent pas le chômage.



                       
Chistophe Colomb et la navette fluviale,                        Léonard de Vinci                                                                      Mozart
un homme illustre qui sait naviguer.

 
    Au contraire de la
publicité Adecco qui associe Coluche et Gandhi au travail temporaire, valeur très éloignée des leurs, le Stif associe ses héros à l'imagination et à la rigueur. Par leurs inventions et leurs théories ces personnages ont changé leur époque, ils l'ont éclairée. Si les publicitaires sont à court d'idée et cherchent d'autres personnages illustres retournés à la poussière depuis longtemps, ils peuvent relire Baudelaire. Dans "les Fleurs du Mal", le poème "Les Phares" énumère quelque noms:  Michel-Ange et Léonard de Vinci ont trop servi mais il reste Rubens, Rembrandt, Watteau, Goya, Delacroix. Que des peintres, pas assez vendeurs pour des produits techniques, mais ils iraient bien pour la décoration ou les parfums! Si ce n'est déjà fait.






Qui multiplie le nombre de bus?                                               

René Descartes sait compter.
U
n homme illustre embauché par le Stif
pour vanter les mérites des transports en commun.







Qui a inventé le Ticket t+?
Tout est relatif pour Albert Einstein


   













   

  

    Sur les affiches du Stif, il n'y a pas de femmes pour nous apporter la bonne parole, ou alors elles sont bien cachées. Les femmes sont-elles encore associées à l'incompétence scientifique ou technique dans l'imaginaire des pubards? Marie Curie, entre autres, n'était pas dépourvue de talent! Il n'y a pas nom plus d'ingénieurs ou de savants vivants. Leur renommée est-elle moindre ou sont-ils plus difficiles à convaincre?




                                                                                       

Qui a crée Voguéo, qui modernise les trains?
Christophe Colomb et Leonard de Vinci répondent.                                                        

  


   























     
Maintenant seuls les cancres ignoreront qui est le patron des transports en commun de l'Ile de France:
Le Stif!

    Et quand les rames du métro seront saturées ou en retard, le milliard annuel d'usagers saura à qui s'adresser. Aux heures de pointe, les voyageurs qui s'engouffrent dans les couloirs au coude à coude aperçoivent à peine les affiches mais ceux qui s'entassent sur les quais ont tout leur temps pour les contempler, en attendant une rame immobilisée quelque part dans le vaste espace souterrain. Ils peuvent aussi étudier leur ticket dont l'identité visuelle a changé. Le troisième âge en est encore à regretter les tickets jaunes et bruns (ticket chic, ticket choc) que les tickets mauves pâlissent et s'orne du logo du Stif.
   
Comme les grands hommes, le Stif va-til changer notre vie? Voilà une belle ambition.
    Rappelons, pour être fairplay, que Paris possède le meilleur maillage de métro.





   
















                     Mozart, Léonard de Vinci et Gustave Eiffel orchestrent les mouvements de foule.
                              Couloirs du métro calmes entre deux charges de voyageurs


 

    Et la nuit, alors que le métro est désert, que les rails gémissent et que le sol se boursouffle, les âmes mortes emprisonnées s'échappent-t-elles de leur cadre? Et voit-on:
se lever tout droits
Des fantômes puissants qui dans les crépuscules
Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ; 1




1- Les Phares dans Les Fleurs du Mal. Charles Baudelaire.


voir: Coluche et Gandhi au service d'Adecco, entreprise de travail temporaire.
        La reine décapitée Marie-Antoinette vendeuse de café chez Lavazza




Mai 2008                                         Catherine-Alice Palagret



UNE OSCILLANTE LOCOMOTIVE A LOS ANGELES


    Toujours plus grand, toujours plus difficile, toujours plus amusant, tel est le nouveau projet de Jeff Koons. Après un chiot géant recouvert de fleurs fraîches et des diamants gros comme le Ritz, l'artiste contemporain, un des plus chers du monde, ne pouvait décevoir son public habitué à son extravagance. Il a donc sorti de son chapeau un drôle de lapin: une locomotive suspendue à une grue pour le Los Angeles County Museum of Art (LACMA)


Projet de Jeff Koons pour le LACMA: locomotive suspendue à une grue


    Reproduire une locomotive Baldwin de 1943 de vingt et un mètres de long est assez facile, la suspendre à une grue haute de 49 mètres est déjà plus délirant surtout si les roues doivent tourner à pleine vitesse et la cheminée siffler de la vapeur trois fois par jour!

    L'oeuvre est un véritable défi technique. Une étude de faisabilité est en cours chez Carlson & Compagny en Californie, un des plus important fabricant d'oeuvres monumentales. Peter Carlson déclare: « Le projet est sans précédent dans le monde de l'art. C'est à l'échelle des ouvrages d'art, comme la Tour Eiffel, comme les ponts. » Son associé Ed Suman ajoute: « ou comme un manège à Disney World."  (2)

    Carlson & Compagny ont déjà travaillé avec Jeff Koons sur l'effet miroir des chiens ballon bleu jaune ou magenta. L'aspect lisse et brillant comme une carrosserie de voiture est obtenu grâce à un procédé tenu secret qui intéresse d'autres artistes. “En travaillant à une telle échelle avec une telle perfection, Jeff a montré à tous ce qui était possible. » dit Mr. Carlson.


Chien ballon de Jeff Koons à New-York
Photo:
Peter Duhon


    Tous les problèmes techniques ne sont encore résolus. Qu'en sera-t-il du balancement de la locomotive par grand vent ou de la résistance aux secousses sismiques? Le coût prévisionnel de l'oeuvre n'a pas été dévoilé quant au coût final!

    Michael Govan, le directeur du musée, voit dans ce projet un monument, un repère aussi important que l'est la Tour Eiffel pour Paris! (1)
    La Tour Eiffel, construite pour l'exposition universelle de 1889, témoigne d'une époque optimiste qui croyait au progrès et au triomphe de la technique qui devaient aller de pair avec l'amélioration du genre humain. La tour de fer a été construite avant que deux guerres sanglantes et quelques génocides ne viennent ternir l'espoir d'un monde meilleur. Quel symbole voir dans une locomotive piquant du nez? Un train pris au piège se débattant désespérément pour échapper à l'emprise de son ravisseur, comme une jeune fille dans la main de King Kong? Un symbole de force impuissante! L'oeuvre fera parler d'elle et sera un monument pour L.A, qui en manque sérieusement, mais il est difficile d'y voir une affirmation d'optimisme.

    Selon Jeff Koons, "l'oeuvre sera assez authentique pour tromper un conducteur qui a travaillé sur un train toute sa vie". Roman Polanski disait dans un entretien, à l'époque de Tess, que si vous vouliez faire exploser un train à l'écran vous n'aviez qu'à demander au producteur, et hop, vous aviez un  train à exploser. Il y trouvait un plaisir de gosse, amplifié par sa toute puissance de cinéaste. Il est sûr que Jeff Koons adore proposer des idées loufoques et voir les mécènes le suivre avec enthousiasme.


Le LACMA sur Whilshire boulevard à Los Angeles

        L'inauguration de l'installation est prévue en 2011.

    La grue et la locomotive, hautes de quarante-neuf mètres, domineront l'entrée du musée, au 5905 Wilshire boulevard, et seront visibles de presque partout à Los Angeles.

   Ironiquement le train surplombera les autoroutes qui ont conduit au démantèlement du réseau ferré. Triomphants, les constructeurs de voitures et les pétroliers ne peuvent que se réjouir de voir le train réduit à un jouet monstrueux. Même si le pétrole est de plus en plus cher, il n'y a pas de réflexions sérieuses sur de nouvelles lignes ferroviaires aux États-Unis.

    Le nouveau jouet de Jeff Koons plaira aux passants, au risque qu'ils confondent le musée avec une attraction de Disneyland.



Sources: 1- in dossier de presse du LACMA
                 2- in New-York Times, mai 2008



voir:
La visite de l'atelier de Jeff Koons mise aux enchères
        
Rabbit, le lapin de Jeff Koons, à la parade de Macy's
         L'art contemporain et Jeff Koons à Versailles

         Seize sculptures de Jeff Koons bientôt à Versailles



Catherine-Alice Palagret


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