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Où est le Professeur Pierre-Epaminondas Boncam ?


     Le 13 du mois de septembre 2007 à 15h 45, Mme Apollonie Boncam a signalé à la gendarmerie de son village la disparition de son cousin le Professeur Pierre-Epaminondas Boncam, le si controversé archéologue. L'ayant attendu toute la journée du huit pour signer des papiers relatifs à une donation chez le notaire, elle a depuis cherché à le joindre sans succès. S'étant rendu chez lui, elle a constaté que sa maison était ouverte mais vide.

    Le quinze elle a reçu un courrier de son cousin. Mme Apollonie Boncam, directrice de poste à la retraite, a remarqué que le cachet de la poste était trafiqué et que le nom du bureau « La Souque » n'existait pas. Dans une lettre dactylographiée, son cousin lui annonçait son départ pour Pallas 21 sans aucune excuse pour le rendez-vous manqué. Selon elle, bien qu'ils soient en mauvais termes, son cousin, très respectueux des bonnes manières, ne saurait être aussi désinvolte envers elle. Mme Apollonie Boncam se moquait ouvertement de la prétention du Professeur à avoir exploré une planète et celui-ci reprochait à sa cousine son étroitesse d'esprit et son absence totale de culture scientifique. La plaignante paraît plus en colère qu'inquiète: le Professeur devait lui remettre une propriété qu'ils se disputaient depuis des lustres. Elle insiste pour qu'on retrouve son cousin qui selon elle a été enlevé.


Boncam-errance-coin.jpgLe Professeur Pierre-Epaminondas Boncam vu de dos

    Mme
Apollonie Boncam ne croit absolument pas à son départ pour une nouvelle campagne de fouille sur Pallas 21, une planète inventée par son délirant cousin. Elle ne précise pas qui aurait pu l'enlever.

Une enquête a été ouverte.

     Le 14 septembre, un habitant de Caussiniojouls a signalé la présence inhabituelle d'une Derby Bentley blanche de 1933 sous l'auvent d'une maison à demi en ruines. L'immatriculation attribue ce véhicule au Pr Boncam. Après inspection, il s'est avéré que la voiture, en très bon état, était entièrement vide et soigneusement nettoyée. Pas un papier, pas une carte, pas une empreinte! Et bien sûr aucune trace de sang! Le Pr Boncam a-t-il été enlevé ou a-t-il organisé sa propre disparition?
    Le 17 septembre, un citoyen hollandais très énervé, M. Pim van Leyden a porté plainte pour vandalisme: la Bentley qu'il venait d'acheter au Pr Boncam a été fracturée ainsi que les volets de sa maison. Après des excuses, la gendarmerie a conseillé à M. van Leyden de ne pas laisser une telle voiture de collection sans surveillance et d'en changer les plaques d'immatriculation s'il ne voulait pas payer une amende.
    Les amis et voisins du Professeur ont été interrogés:
    Aristide Sauveterre, le collectionneur, ne voit pas pourquoi Apollonie fait tant d'histoire pour un rendez-vous manqué. La querelle des cousins à propos de l'héritage de leur grand-oncle est bien connue. Il confirme cependant que les découvertes du Pr Boncam sont bien réelles. Sauveterre a lui-même travaillé à la préparation de la première campagne de fouilles sur Pallas 21. Une carte dessinée par un disciple d'AI-Idrisi de Cordoue se trouvait dans son cabinet de curiosités. Un soir qu'ils admiraient la délicatesse du dessin, ils ont remarqué des nombres bizarres qui semblaient indiquer la position d'une planète inconnue. L'archéologue décida alors de partir à la recherche de ce monde exo-tellurique.

Cosmonaute sculpté sur le portail de la cathédrale
Salamanque, Espagne

Photo: fredone

    Claude-Henri Bartoli et Camille Octonel ont confirmé le voyage de leur ami pour Pallas 21 bien qu'Ils n'aient pas assisté personnellement à son envol. Le Professeur Boncam devait prendre un vol pour Moscou puis pour lrkoutsk près du lac Baïkal et rejoindre son équipe au spatioport. Son nom n'est sur aucune liste de passagers. Il a pu prendre un jet privé ou utiliser un pseudonyme comme il l'a fait à plusieurs reprises.
    La direction russe des passeports ne communique aucune information.
    L'ethnologue Alix de la Liquière-Engueyrade, une amie proche du Professeur est en expédition quelque part en Océanie et ne peut être jointe.
    Le psychanalyste qui suit le Professeur, suite à une grave dépression, refuse de parler et ne veut pas que son nom soit cité.

Pièces à verser au dossier:
Interviews du Professeur Pierre-Epaminondas Boncam:
1°- à propos des pièces archéologiques rapportées de Pallas 21
2°- à propos des fourmis géantes


fourmi-geante---bedarieux-_3_.jpgFourmi géante

3°- à propos de la nécropole royale de Pallas 21
4°- article relatant les projets du Professeur


Une demande d'information est envoyée à la police du district du lac Baïkal, au sud de la Sibérie, en Russie orientale.

L'enquête suit son cours (dossier n° DNI 376390
RIF: recherche dans l'intérêt des familles.)
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    D'après une source interne, les gendarmes ne croient pas à un enlèvement même si la maison du Professeur est resté ouverte. Ils aiment à penser que tous les savants sont des "Professeur Tournesol". Pour eux Boncam est simplement parti en voyage. Quant à l'exploration de Pallas 21, ils ne se prononcent pas, habitués qu'ils sont à recevoir des témoignages sur les ovnis et autres facéties.
Deux choses les tracassent:
    1°- le cachet de la poste, sur l'enveloppe adressée à
Apollonie, a été falsifié.
     2°-  L'agenda du Professeur était ouvert sur son bureau
avec cette phrase énigmatique en date du 29 août:

"Jamais, Jamais, non JAMAIS,
vous aurez beau faire,
jamais ne saurez quelle misérable banlieue c'était que la Terre."

    Après, Boncam n'a plus rien écrit. Etait-il suicidaire?

    Apollonie Boncam envisage d'engager un détective privé. Quant aux investisseurs du "Club des Argonautes du Futur", ils ne souhaitent pas faire de déclaration.


voir le témoignage d'Aristide Sauveterre

Voir le témoignage du documentariste


Catherine-Alice Palagret

Réalisme imaginaire:
le canard géant et la Maison dans la Loire.
Anneaux de Buren in situ


    Le malheureux canard géant de Florentijn Hofman qui devait être la vedette d'Estuaire 2007, biennale d'art contemporain de Nantes, n'a connu que des déboires. La maison dans la Loire de Jean-Luc Courcoult n'a pas eu une vie plus longue.

maison-Estuaire--1-.jpgaffiche de la biennale "Estuaire 2007, Nantes - Saint-Nazaire

    Reproduction en béton d'une auberge de village de Lavau-sur-Loire, "la maison du port" était à demi-immergée dans le fleuve et devait y rester ainsi en équilibre, engloutie jusqu'au toît à marée haute, deux étages visibles à marée basse.

maison-du-port-restaurant.jpgauberge "la maison du port" installation de Jean-Luc Courcoult

“Une maison dont les fondations capturées par la vase penchent légèrement, volets fermés, comme une épave inhabitée bien que la cheminée fume encore. ... Image réaliste et poétique, concrète, secrète, silencieuse, cette maison endormie sur la Loire pourrait être un tableau, une peinture en trois dimensions déposée dans le temps. Immobile."
"C’est ça que j’appelle le réalisme imaginaire. ‘Réalisme’ parce qu’il s’agit d’une réalité concrète, tangible, palpable, absolue. Et ‘imaginaire’ parce que le but, c’est d’introduire le rêve dans la vie des gens.” disait l'artiste, céateur du Royal De Luxe.

    La réalité a été plus forte que l'imaginaire et la maison a sombré comme tant de bateaux de pêche partis de l'estuaire.
    Deux oeuvres majeures. Deux échecs. Tout est tombé à l'eau! D'un côté, un palmipède de 25 métres de haut qui se dégonfle, de l'autre une maison en béton coulée par des problèmes de ballastage. L'hybris des auteurs y est peut-être pour quelque chose.

    Jean Blaise, directeur de la Biennale 2007, croit plutôt à des faiblesses techniques. Lors de la conférence de presse du 11 septembre, il a annoncé qu'il allait demander réparation:
«C'était les deux emblèmes de la manifestation. Quand ils ont coulé, les gens ont eu l'impression que la manifestation coulait».
«Il y a eu des défaillances au niveau des bureaux d'étude. On a attaqué juridiquement les fabricants de la maison et du canard pour qu'ils prennent en charge les coût de réparation».
«Nous demandons aussi des dommages et intérêts pour l'impact négatif que cela a pu avoir sur l'image d'Estuaire», mais «pour le canard, ça va être plus compliqué, parce que certains des constructeurs sont des Pays-Bas et de Chine».


Canard-jaune--X-1044.jpg


Le canard géant et la maison qui penche participeront peut-être à la prochaine Biennale. Rendez-vous en 2009.


    Plusieurs oeuvres de la biennale sont toujours en place. Parmi elles, les anneaux de Daniel Buren installés sur le quai des Antilles à la pointe de l'île de Nantes. Les dix-huit cercles de quatre mètres de diamètre encadrent le paysage. En marchant les anneaux délimitent des vues différentes, isolant telle ou telle partie des rives de la Loire et leur donnant, au rythme des pas des promeneurs, la grâce d'un tondo éphémère. Vu en enfilade les anneaux forment une spirale. Gris et noir le jour, les anneaux s'illuminent à la nuit d'un halo bleu, rouge ou vert et se reflètent dans la Loire. L'oeuvre in situ n'existe qu'en fonction de la place du promeneur sur le quai et de la lumière changeante de l'estuaire.


    undefined    Buren-anneaux-St-fan.jpg
         Anneaux de Buren la nuit, à Nantes
 
     Photo des anneaux: 1-Abelard, 2- Stéfan

    Les anneaux de Buren, eux aussi, sont souvent en panne déplore Jean-Blaise. « Tous les deux jours, les anneaux s'éteignent, c'est un combat permanent. Le problème des oeuvres dans l'espace public, c'est leur entretien.»

    C'est le problème des oeuvres contemporaines. Souvent complexes, elles allient plusieurs média. En plein air, soumis aux intempéries et sans doute à l'irresponsabilité ou la malveillance des badauds, les cercles lumineux de Daniel Buren sont fragiles.

    La richesse de la ville de Nantes s'est construite sur la traite négrière. L'association "les anneaux de la mémoire" cherche à mieux faire connaître ce passé embarrassant lié à l'esclavage. Les anneaux de Buren symbolisent-ils les fers que portaient les esclaves ou les anneaux auxquels s'amarraient les bateaux du commerce triangulaire? Sans doute pas mais il est difficile de ne pas y penser.

Catherine-Alice Palagret





Vers de nouvelles découvertes



Carte-ancienne.jpgNavigateurs en route vers l'inconnu
détail d'un portulan


    Le Professeur Pierre-Epaminondas Boncam est enfin reparti sur Pallas 21. La deuxième campagne de fouilles sur cette planète exo-tellurique devrait durer un peu plus de six mois.

En 2005, l'exposition des piéces archéologiques collectées sur Pallas 21 avait déclenché une longue polémique dans le monde universitaire. Epaminondas, humilié et amer est resté dans sa retraite languedocienne pendant deux longues années. Même sa cousine Apollonie le traitait d'affabulateur. Seuls ses amis le soutenaient.
Au début du printemps en essayant de ranger sa bibliothèque, le Professeur a fait tomber une pile de livres et de dossiers. En les ramassant il a trouvé un échange de courrier qu'il avait oublié:

Correspondance* échangée entre le Professeur Herbert-August von Hallerstein de l'université de Leipzig et Catherine-Alice Palagret, curator de la donation Epaminondas.

1°- Du Professeur Herbert-August von Hallerstein à Catherine-Alice Palagret, le 12 juillet 2005.
"Nous avons été visiter la collection de pièces rares du Professeur Epaminondas. Voilà qui incite à réfléchir sur la manière dont les artéfacts de notre civilisation matérielle seront compris dans quelques millénaires. Mon jeune collègue, le Professeur Rafaello Scipione, était quelque peu étonné que des piéces du XXXIIé siècle aient été découvertes en 1964. J'ai bien essayé de lui faire comprendre qu'il s'agissait de deux espaces-temps distincts (c'est évident) mais il est demeuré troublé. On aimerait que la collection soit plus riche cependant, ces trois pièces rares donnent envie d'en découvrir plus. Il faudrait reprendre les fouilles au plus tôt."

2°- De Catherine-Alice Palagret au Professeur Herbert-August von Hallerstein, le 15 août 2005.
"La perplexité du Professeur Rafaello Scipione est compréhensible. J'ai moi-même eu du mal à accepter ce paradoxe temporel. Il s'agit bien évidemment d'une courbure du temps mais de nombreux scientifiques réfutent cette hypothèse angoissante et pourtant stimulante. Ceux qui soutiennent le Professeur Boncam sont le plus souvent des amateurs de science-fiction prêts à gober n'importe quoi. C'est pourquoi le soutien de deux universitaires reconnus a fait grand plaisir à mon ami Epaminondas. Cet homme ne recherche ni la gloire ni la richesse, seulement la reconnaissance de ses pairs."

    Emu par la confiance que lui témoignaient ces deux collègues, le Professeur Pierre-Epaminondas Boncam a décidé de repartir en campagne. Il a reçu des fonds du "Club des Argonautes du Futur", un cercle très discret qui comprend de nombreux hommes d'affaires et savants. Aristide Sauveterre, collectionneur, et Camille Octonel, ethnologue, en sont membres. La bourse octroyée par le club a permis d'acquérir des robots japonais très sophistiqués dont les spécifications n'ont pas été communiquées. Il semblerait que ces prototypes conçus à Osaka soient communiquants mais non humanoïdes. A leur côté, une centaine de micro-robots fourmis travaillant en essaim sont destinés à l'étude des insectes. Moins complexes que les robots japonais, la défaillance d'un seul micro-robot n'est pas une catastrophe, les autres continuent leur travail sans lui. Pallas 21 et son environnement extrème est une excellente opportunité pour tester la résistance physique et logicielle de ces machines très évoluées.
    Depuis le printemps, Epaminondas constitue une équipe pluridisciplinaire: une ingénieure informaticienne de Pondichery (Inde), un roboticien japonais, un géologue-climatologue français, un chimiste anglais, un médecin-biologiste américain, un étudiant-cinéaste de la FEMIS, une dessinatrice multimédia de l'école des Gobelins et plusieurs techniciens (communications, logistique, mécanique, loisirs etc). Un cuisinier-herboriste rompu aux expéditions lointaines assurera les repas. Il a l'intention d'expérimenter quelques recettes nouvelles à base d'herbes aromatiques de la planète, s'il en trouve! Le jeune Professeur Rafaello Scipione n'était pas vraiment convaincu de l'existence de Pallas 21 jusqu'à ce que le Professeur lui montre des pièces archéologiques non exposées en 2005. Ces nouveaux témoignages l'ont convaincu et il s'est joint à cette aventure périlleuse.
Les membres de l'équipe qui devront affronter le climat polaire de Pallas 21 dans leur travail quotidien ont suivi un entraînement spécial sur Stolbovoï, unes des îles de Nouvelle-Sibérie, en Yakoutie.
    La navette privée a décollé, en toute discrétion, d'une base militaire près du lac Baïkal. Le spatioport est complètement enterré et ne peut être repéré que lors d'un lancement quand le dôme s'ouvre. Les satellites font état d'une telle activité dans la nuit du premier au deux septembre dans la région d'lrkoutsk.
    L'équipe du Professeur Boncam devrait arriver sur Pallas dans six mois. Espérons que tout se passera bien sur cette planète désolée; on se rappelle le sort funeste des astronautes précédents!



  vue-satellite-Pallas-3.jpgvue satellite des terres émergées de Pallas 21



* publié avec l'autorisation des auteurs.



Catherine-Alice Palagret
Septembre 2007

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L'art du faux II


    Non loin du trompe-l'oeil dégoulinant du 39 avenue Georges V, un autre trompe-l'oeil, permanent celui-là, se joue des codes haussmanniens. Il s'agit du nouvel hôtel Fouquet's Barrière, au coin de la rue Quentin Bauchard et de la rue Vernet, à deux pas des Champs Elysées.

  trompe-l-oeil-moul---trou---3.jpg  Façade de béton en moulé-troué d'Edouard François

    Pour relever le défi d'unifier sept immeubles hétérogènes (haussmanniens, Louis-Philippe et année 70), l'architecte Edouard François a inventé le «moulé-troué». A partir d'un relevé en 3D d'une façade haussmannienne, l’entreprise Novidis a moulé des panneaux en béton qui ont été ajustés sur les sept lots liant ainsi un ensemble disparate.  L'architecte a crée une cohérence visuelle en recréant le rythme du dix-neuviéme siècle: «Un bâtiment haussmannien, c'est quoi? s'amuse-t-il. Des têtes de lion, des anges, des corniches et une certaine hauteur d'étage. On n'a qu'à mouler le tout ! On moule, on coule, on coupe et on crée un décor de pierre sur les deux façades à combler, comme un nouvel épiderme, une anamorphose, avec un décalage d'échelles pour les moulures .... La façade se déroule comme un papier peint en trois dimensions” et les nouvelles fenêtres sont comme des tableaux accrochés au mur".


    trompe-l-oeil-moul---trou----moulures.jpg

  trompe-l-oeil-moul---trou----lion.jpg 

tête de lion, ornement haussmanien en béton moulé-troué


    Les étages des différents lots ne correspondant pas à l'apparence du nouveau bâtiment, les fenêtres haussmaniennes sont murées et Edouard François perce des baies nouvelles qui de l'extérieur ont l'air d'être posées un peu au hasard. On voit donc des fenêtres classiques “à la française” aveugles et des fenêtres modernes côte à côte ou superposées. Comme le disait Le Corbusier: “L'extérieur est le résultat de l'intérieur”. Le moulé-troué standardise les façades tout en proclamant leur hétérogénéité d'origine.


trompe-l-oeil-moul---trou----fenetre.jpgFenêtres traditionnelles murées et baies vitrées décalées sur la façade n moulé-troué du Fouquet's


    Le vocabulaire ornemental du dix-neuvième siècle (sculptures, moulures, linteaux en pierre, balustrades en fer forgé et portail en bois) est ironiquement reproduit en un seul matériau. Le béton, par sa brutalité, souligne la joliesse traditionnelle des éléments décoratifs et les interstices entre les plaques de béton ne font qu'accentuer le jeu entre la tradition et l'invention. Juxtaposer une porte d'aluminium et un portail en béton, copie d'une porte cochère en bois, crée un effet comique. L'ornement qui devrait cacher le matériau brut le révèle. C'est un pied de nez à l'architecture rationnaliste.


   trompe-l-oeil-moul---trou----beffroi.jpg

  trompe-l-oeil-moul---trou----portail.jpg   
Le beffroi post-moderne de Edouard François avec sa fausse porte cochère en béton


    La façade étroite de de la rue Vernet, sorte de beffroi post-moderne, se remarque peu le jour. La nuit une lumière mauve la met en valeur.
«La couleur grise, celle des toits parisiens, a été un choix difficile à faire passer, je voulais que la réplique haussmannienne tranche», dit l'architecte Edouard François. Pas de problème, elle tranche.
    La sévérité de l'ensemble est atténuée par le ciel changeant de Paris qui se reflète dans les vitres.


trompe-l-oeil-moul---trou----2.jpgDétail des ornements de la porte cochère en béton et métal


    On peut voir cette architecture ludique, permanente au contraire du trompe-l'oeil éphémère de l'avenue George V, au coin des rues Quentin Bauchard et Vernet. Dans un Paris que certains veulent muséifier, il est encore possible d'innover, même dans le triangle d'or des Champs Elysées.

A l'opposé de cette architecture ludique, voir l'architecture "sérieuse" de Paris Rive Gauche


voir: le trompe-l'oeil dégoulinant de l'avenue George V
       
le trompe-l'oeil du Printemps, boulevard Haussmann
       
le trompe-l'oeil chocolat de LCL, boulevard des Italiens
       
Ceci n'est pas un trompe-l'oeil: le nouveau musée Magritte à Bruxelles
       
Les trompe-l'oeil de la place Vendôme



    Catherine-Alice Palagret     Août 2007

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