20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 13:16

Une résille argentée
enveloppe le ministère de la culture

    A quelques pas du Louvre, rue Saint-Honoré, l'immeuble enveloppé d'une résille d'acier se voit de loin. Sa couleur argentée tranche sur les façades classiques en pierre de taille ocres ou beiges qui l'entourent. Les entrelacs de métal découpés au laser s'harmonisent avec les toits de zinc et les nuages du ciel de Paris. C'est une touche baroque, presque art nouveau, opposée à la sévérité classique de la rue de Rivoli.


La résille d'acier inoxydable de Francis Soler
Au coin de la rue Saint-Honoré et
de la rue Croix des Petits Champs



    Après la pyramide du Louvre de Peï, les colonnes de Buren au Palais-Royal et le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel place Colette, Francis Soler apporte la modernité au coeur d'un quartier historique. L'immeuble regroupe les services du Ministère de la Culture et de la Communication jusqu'ici dispersés sur plusieurs sites différents à Paris.

La résille d'acier inoxydable de Francis Soler
rue Saint-Honoré

    Comme pour les sept lots du Fouquet's unifiés par Edouard François, les deux lots des Bons Enfants posaient un problème de cohérence. Le premier immeuble conçu par Georges Vaudoyer, en 1919, abritait les réserves du grand magasin du Louvre, le deuxième, une extension conçue par Olivier Lahalle en 1960, était occupé par le Ministère des finances qui, après son déménagement à Bercy, souhaitait vendre le bâtiment à un promoteur qui en aurait fait un hôtel.

La résille d'acier inoxydable de Francis Soler
enveloppe l'îlot des Bons Enfants
rue
Croix des Petits Champs

    Sur 5 000 mètres carrés, la mantille de ferronnerie unifie les différents lots. Son motif abstrait, d'après Francis Soler, vient  d'un tableau de la Renaissance italienne, de Giulio Romano du palais du Té à Mantoue. L'architecte a déformé les personnages par ordinateur jusqu'à obtenir des arabesques où ils se dissolvent. La fine dentelle d'acier voile et dévoile la façade dans un même mouvement. Légère et puissante, elle enserre le batîment du premier étage aux combles et l'ancre ainsi dans le sol parisien. De l'intérieur, la résille argentée ne gêne pas la vue mais crée des jeux de lumière suivant le ciel changeant de Paris. Elle permet de voir sans être vu, selon le principe des moucharabiehs arabes.

Détail de la résille d'acier inoxydable de Francis Soler

Francis Soler déclarait en février 2005:
    "Sur le territoire de l’ancienne section révolutionnaire du Palais Royal (mai 1790), à deux pas de la Comédie Française et du Palais du Louvre, s’élèvent les Bons Enfants, Ministère de la Culture et de la Communication. Tous les grands mouvements de révolution ont traversé ce quartier, y semant une odeur de poudre, mais aussi tous les mouvements de capitaux (la Bourse, la Banque de France, la Place Vendôme, la rue de la Paix). C’est un quartier riche et révolutionnaire, conservateur et moderne, idéal pour marquer la pierre par une intervention contemporaine. ...

La résille d'acier inoxydable de Francis Soler
enveloppe l'îlot des Bons-Enfants
vue de la rue du Pélican

    La tentation d’aller vers une simple restauration ou vers la protection des traces laissées sur site était grande. Au contraire, je choisissais de maintenir la coexistence des différentes strates existantes ... .
    La rue des Bons Enfants était étroite et sombre. Elle alignait cependant, de l’autre côté du trottoir, de beaux immeubles du dix septième siècle en pierres décrépies par le temps. J’y créai une brèche en abattant un bâtiment sans intérêt et le soleil entra de nouveau sur un jardin inventé de toutes pièces. ... La cour s’ouvre désormais sur la rue ... .

Ouverture du jardin rue des Bons Enfants

    Sur la périphérie, au droit des rues Saint Honoré, Montesquieu et Croix des Petits Champs qui constituent, à elles trois, la carapace poreuse et complète de l’îlot des Bons Enfants, la résille, toute en plaques d’acier inoxydable découpées au laser, enveloppe toutes les façades urbaines et péri métriques de l’opération. Elle est légère et envahissante, jamais encombrante. Et la lecture qu’on en a, se déplace sur des valeurs visibles, souvent contraires. Celles de la brillance et de la matité, celles de la finesse et de la profondeur, celles du ciselé et du contour flou, celles de la figuration et de l’abstraction. Elle est garde corps et œuvre confidentielle. Elle est cuirasse, armure ou cote de maille, s’attachant à protéger le ministère contre toute intrusion intempestive et contribuant, par sa proximité, à fabriquer ces espaces indescriptibles qui donnent le sentiment que lorsqu’on est dedans, on est, là, comme on est pas ailleurs. ...

La résille d'acier inoxydable de Francis Soler
enveloppe l'îlot des Bons-Enfants

au coin de la rue Saint-Honoré et de la rue des Bons Enfants

    Toute la lumière qui pénètre dans les bâtiments est découpée et dessinée par la résille de façade. Elle percute des sols en résine, dont la couleur noisette s’apparente à celle d’un sol sablonneux. La résine de superficie, transparente et uniforme, favorise les reflets et conduit la lumière très loin dans des couloirs recouverts, sur toute leur longueur, par un tapis bordé, couleur framboise."

Les Bons Enfants
Ministère de la Culture et de la Communication
Francis SOLER, avec Frédéric DRUOT (interior design) et Michel DESVIGNE (jardin)

Photos Palagret

Source:
Dossier de presse
http://www.soler.fr/SO_w-fr.html


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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Architecture
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