Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
Anneaux martelés et verre de couleur
En descendant l'escalier vers le métro, on découvre la deuxième partie de l'installation. Répondant au kiosque aérien, deux reliquaires sont
creusés dans le mur du souterrain, face à face. Comme des vitrines de
bijoutier, encadrées d'une bordure de métal très art nouveau, ils présentent un amas de perles colorées. Le
couloir est sombre et les bijoux de pacotille luisent doucement, loin de l'exhubérance de la surface. En bas le mystère, en haut l'éclat du jour.
Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
Perles colorées dans une vitrine encastrée dans le mur
Le voyageur sortant des entrailles de la terre lève la tête vers un ruissellement de pierreries. Les
lègères couronnes donnent un air de fête à une simple bouche de métro. Le kiosque des noctambules est un bijou géant posé sur le pavé. Il
illumine les sévères façades qui entourent la place Colette.
Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
C'est une touche baroque défiant le classisisme des immeubles parisiens du XIXè siècle. La rue de Rivoli n'est pas loin avec ses arcades parfaitement alignées, toutes de
retenue et de sobriété. Baroque et kitsch, refusant le bon goût, le Kiosque des Noctambules
ré-enchante un monde de grisaille.
Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
détail des verreries
La nouvelle sortie de métro "Palais-Royal" est un écho aux arabesques art nouveau d'Hector
Guimard. Au début du vingtième siècle, Guimard dessina les bouches d'entrée du nouveau métropolitain. Au début du
vingt-et-unième siécle, pour le centenaire du métro, Jean-Michel Othoniel remporte le concours de la RATP. Délaissant les matériaux de prédilection de son prédécesseur, la fonte et la
pierre, il opte pour le verre et le métal. Le verre, né du feu, est un matériau fragile qu'on rencontre assez peu dans l'art contemporain, surtout dans l'espace public.
Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
Anneaux martelés et verre de couleur
A partir d'une maquette, Othoniel a travaillé en collaboration avec des verriers de Venise pour obtenir ces perles translucides
de verre soufflé.
Jean-Michel Othoniel, né en 1964, a exposé nombre de colliers géants et de délicates constructions aux noms poétiques: paysage amoureux (1997),
le collier infini (1998), La Fontaine du plaisir et des larmes (2001), Necklace of paradise (2002), Pluie d'or (2002), le bateau de larmes (2004) , la Couronne des coeurs renversés, la mât des
Utopistes (2004) etc ... Le kiosque des noctambules s'est d'abord appelé « L’Impertinente ».
Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
vers le théâtre de la Comédie Française
Avant d'être piétonne, la place Colette abritait la statue d'Alfred de Musset, juste devant le théâtre de la Comédie Française. Gênant
le passage, elle a été déplacée au parc Monceau. Réclamons le retour de “La muse et le poète“ sculptée par Antonin Mercié en 1906. Quoi de mieux que de contempler la
démonstrative souffrance du poète, en proie aux affres de la création, pour nous aider à apprécier les oeuvres des plasticiens contemporains!
Non loin de là, dans la cour du Palais Royal, le sévère
quadrillage des colonnes de Daniel Buren semble vouloir quadriller le monde, le contrôler.
Les deux plateaux, installation in situ
Daniel Buren, Palais Royal, Paris
Un peu plus loin, le ministère de la Culture est enveloppé d'une résille métallique
dessinée par Francis Soler.
Catherine-Alice Palagret