3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 21:22

 

    Chevaux, éléphants, vaches de terres cuites, tout un bestiaire naïf peint de couleurs vives s'aligne des deux côtés d'une allée sablonneuse. Nous sommes à Namana Samudram, le sanctuaire d'Ayyanar. Le sanctuaire du dieu protecteur des communautés rurales est toujours à la lisière du village, souvent dans un bois sacré. 


sanctuaire d'Ayyanar à Namana Samudram au Tamil Nadu
vache décorée de fleurs



    Beaucoup d'animaux votifs sont décapités ou ont la tête fracassée. On voit que les statues d'argile sont creuses. Ces détériorations ne sont pas dû au vandalisme. Les singes, sacrés eux-aussi, bondissent et se chamaillent au milieu des terres cuites. Ils les cassent et les font tomber.


sanctuaire d'Ayyanar à Namana Samudram au Tamil Nadu
Tête de cheval cassé



 La sécheresse craquèle la terre cuite et la mousson délave les couleurs; l'argile gris apparaît quand la peinture s'écaille. Les statues trop détériorées sont mises à l'écart où elles se désintègrent lentement. Elles sont éphémères. Leur détérioration fait partie du cycle de la vie.

 

Allée du sanctuaire d'Ayyanar à Namana Samudram au Tamil Nadu


     Encadrés d'animaux plus ou moins entiers, l'allée de sable conduit à un cheval plus grand que nature et à des éléphants peints  tenant un lotus dans leur trompe. De petits personnages colorés, Ayyanar et ses 21 déités secondaires, sont modelés  autour du pachyderme. Il n'y a pas ici de grande statue d'Ayyanar mais seulement la représentation des animaux qui lui sont associés.



sanctuaire d'Ayyanar à Namana Samudram au Tamil Nadu
Eléphant et dieux secondaires


    L'entretien du bois sacré est confié à une famille ou à la collectivité. C'est un droit héréditaire. Un prêtre et quelques mendiants gardent le sanctuaire. Un festival y a lieu chaque année avec chants rituels, danses et statuettes votives. On remplace alors les animaux trop abimés.
 
    Dans le bois sacré il est interdit d'abattre un arbre ou de ramasser du bois. Cela provoquerait la colère du dieu local qui, par représailles, anéantirait les récoltes dont la vie du village dépend.


sanctuaire d'Ayyanar à Namana Samudram au Tamil Nadu
alignement de terre cuites et éléphant


    Avec la modernisation et l'urbanisation de l'Inde d'aujourd'hui, les bois sacrés sont menacés. L'observation des rites déclinent alors que les croyances coutumières sont considérées comme de simples superstitions. Les bois sont parfois encerclés de maisons et l'enceinte est de moins en moins respectée.


sanctuaire d'Ayyanar à Namana Samudram au Tamil Nadu
cheval et vache en terre cuite


  
  Le culte d'Ayyanar, par contre, est de plus en plus populaire. Ce dieu local, qui n'appartient pas au grand panthéon hindouiste, se confond parfois avec Aiyappan au Kérala. On le retrouve au Sri Lanka, à la Réunion et partout dans le monde où il y a des communautés tamouls.


sanctuaire d'Ayyanar à Namana Samudram au Tamil Nadu
offrandes


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Texte et photos:
Catherine-Alice Palagret
septembre 2008

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Sources:
1-
Ayyanar and Aiyappan in Tamil Nadu :
Change and Continuity in South Indian Hinduism


2- L’ethnographie contre l’idéologie
Le cas de l’hindouisme, Robert Deliège

Mots clés: Ayyanar, Aiyanar, Namana Samudram, Tamil Nadu, terra cotta, velar, potier, sanctuaire, culte, hindou, poterie votive


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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Inde - Cuba
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