17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 00:30

 

    Fragments irréguliers de parasol, tente, fauteuil, Claude Viallat récupère des tissus hétéroclites au hasard de ses collectes. Il les raboute et les peint de son motif obsessionnel. Cette forme abstraite mais organique est une sorte d'osselet. Elle est appliquée au pochoir ou au pinceau en couleurs éclatantes ou assourdies sur un tissu rugueux. Les motifs d'origine sont visibles, tantôt fanés, tantôt très présents.

Claude Viallat à la galerie Daniel Templon
Raboutages

    Dans la grande salle de la galerie Daniel Templon, les tableaux agrafés aux murs ont des formes peu habituelles dictées par les matériaux assemblés. Certains font penser à une cape de corrida.

Claude Viallat à la galerie Daniel Templon
Raboutages


   Au début des années 70, Claude Viallat, avec Jean-Pierre Pincemin et Louis Cane, est l’un des fondateurs du mouvement éphémère Supports/Surfaces. Les jeunes plasticiens remettent en question la peinture traditionnelle sur toile, le cadre et le châssis.

Claude Viallat à la galerie Daniel Templon
Raboutages

    En juin 1969, lors d'une exposition au musée du Havre intitulée « La peinture en question » les peintres déclaraient:
" L'objet de la peinture, c'est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu'à eux-mêmes. Ils ne font point appel à un « ailleurs » (la personnalité de l'artiste, sa biographie, l'histoire de l'art, par exemple). Ils n'offrent point d'échappatoire, car la surface, par les ruptures de formes et de couleurs qui y sont opérées, interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur."

Claude Viallat à la galerie Daniel Templon
Raboutages


    Près de quarante ans plus tard, le travail coloré de Claude Viallat invite pourtant à des divagations oniriques. La contestation du châssis et la déconstruction sont assez banales aujourd'hui. La répétition du motif est toujours là mais jamais monotone ni austère, conjuguée à la richesse des supports, des textures et des couleurs.

Claude Viallat à la galerie Daniel Templon
Raboutages

   Dans la deuxième salle, Claude Viallat revient à des formats rectangulaires. Il présente des hommages en forme de clin d'oeil.  Trois portraits de Claude Monet et les phrases « Monet Argenteuil 1990 » et « 150e Anniversaire de la Naissance de Claude Monet » à moitié effacées et à l'envers transparaissent sous les empreintes. Le mauve et le bleu dominent. Les trois chapeaux du peintre impressionniste font une tache orange.


Claude Viallat à la galerie Daniel Templon
Raboutages


   Pour l'hommage à Jean-Pierre Pincemin, Claude Viallat utilise les couleurs de son ami: rouge sombre, vert et bleu sur un tissu décoré d'éléphants.

     Une toile couverte de boîtes de soupe Campbell est l'hommage à ?  Warhol !



Claude Viallat est né en 1936 à Nîmes. il a fait ses études aux Beaux-Arts de Montpellier (1955-1959) puis de Paris (1962-1963).


En face de la galerie principale, Ben expose: "Ils se sont tous suicidés"


Claude Viallat - Raboutages
10 janvier - 21 février 2009
Galerie Daniel Templon - 30, rue de Beaubourg - 75003 Paris
Du lundi au samedi de 10h à 19h.


Palagret
art contemporain
février 2009
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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Art contemporain
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