30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 19:09

 

   Une grande affiche de L'antiquité rêvée, l'exposition du Louvre, est taguée dans le métro. Ainsi se rencontrent à la station Pigalle, sur une même image, trois époques de l'art occidental. L'antiquité, l'antiquité revue par les artistes du XVIIIe siècle et l'art de la rue, street-art du XXe et du XXIe siècle.


 

Antiquité rêvée affiche métro tags 2Affiche de "L'antiquité rêvée" couverte de tags

 

 

   A côté du visage délicat de la jeune femme, le tag bleu semble bien grossier. La peinture classique est tout en finesse et nuance, la signature est une grossière calligraphie. L'art populaire recouvre l'art élitiste, haute culture contre expression spontanée.



Antiquité rêvée affiche métro tags 1Affiche de "L'antiquité rêvée" couverte de tags

Affiche Mir Vaisselle couverte de tags

station Pigalle à Paris


   A côté, l'affiche publicitaire Mir Vaisselle vante un liquide mauve (secrets de fleurs - orchidée royale - brillance et fragrance) dans un flacon plastique transparent. L'affiche est aussi taguée. Pour le graffeur, une réclame pour un produit vaisselle et pour une exposition, c'est pareil. Juste une belle surface bien visible pour s'éclater.



Antiquité rêvée affiche métroAffiche de "L'antiquité rêvée", exposition au Louvre


Palagret
archéologie du quotidien
novembre 2010

 

 

Dossier de presse:

L’Antiquité rêvée - Innovations et résistances au XVIIIe siècle

Du 02 décembre 2010 au 14 février 2011

Louvre, Hall Napoléon, sous la pyramide


Alors que l’art du XVIIIe siècle est souvent perçu comme une marche progressive du petit goût rocaille vers un grand goût classique, cette exposition met en lumière les différentes expériences qui en ont renouvelé les formes et les thèmes artistiques.

Cent cinquante œuvres – peintures, sculptures, dessins, gravures, arts décoratifs – réunies au sein de l’exposition illustrent les processus d’innovation, d’émulation, voire de résistance à l’antique dans l’Europe du XVIIIe siècle.

Dès les années 1720-1730, les vestiges archéologiques nouvellement exhumés provoquent des débats dans les académies et les cercles intellectuels européens. Tous les domaines artistiques sont gagnés par ce rêve d’une régénération par l’antique. En témoignent les tableaux de Mengs, de Batoni et de Greuze, les sculptures de Bouchardon, de Falconet et de Pajou, les gravures de Piranèse, les projets d’architecture de Robert Adam et de Soufflot, ou encore les meubles dessinés par Petitot ou Chambers.

À partir des années 1750-1760, des courants contraires tempèrent cet engouement. Sous l’influence des œuvres du Bernin et de Pierre de Cortone, de Tiepolo et de Solimena se dessine une tendance « néobaroque ». Gandolfi, Fragonard, mais aussi Goya ou l’architecte de Wailly l’illustrent à travers l’Europe. Les modèles du XVIe siècle, comme Michel-Ange, Corrège, Jules Romain ou Jean Goujon, alimentent une orientation « néomaniériste ». 
Plus tard, des artistes comme Füssli, Sergel ou Desprez nourrissent le courant dit « gothique » ou « sublime ».

Enfin, le dernier quart du siècle voit s’affirmer un langage plus universel qui se radicalise sous l’égide de valeurs héroïques. De sculptures en projets d’architectures, de toiles monumentales en grands marbres, la société européenne, à la veille de l’embrasement révolutionnaire, manifeste ainsi ses aspirations nouvelles.


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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Arts
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Patrice-Hans Perrier 03/12/2010 02:29



Intéressante proposition. Mais, en toute honnêteté, je préfère l'affiche portant sur


«L'antiquité rêvée» que les TAGS par-dessus. Les TAGS sont des agressions, au même titre que les néons, les affiches et les slogans publicitaires. Et, je ne suis pas un riche héritier, encore
moins un béni-oui-oui du bon goût et de l'art bourgeois. Simplement un être sensible et meurtri par la violence urbaine entretenue de toute pièce.


Quand les taggeurs ont la possibilité de peindre d'immenses fresques sur des murs aveugles, ou d'autres surfaces publiques, ils peuvent quelques fois nous étonner et produire un réelle forme
d'ART NOUVEAU. Peu importe que le style soit réaliste ou non, calligraphique et autre... mais, dans le cas présent il s'agit d'une agression de l'affiche, qui fonctionne comme un mécanisme de
censure (au sens propre et figuré). Le TAG semble empêcher le personnage de l'affiche de parler et il interfère avec le message globale de l'affiche. C'est ça le FACHISME ORDINAIRE.


 


Les taggeurs n'aiment pas plus que l'on viennent BARBOUILLER leurs murales, surtout quand ils y ont mis le meilleur d'eux-mêmes.


Mais, il y a les taggeurs qui BARBOUILLENT l'expression des autres et ceux qui s'expriment sur des murs aveugles et à l'intérieur de zones de «NON-DROIT».


C'est un peu comme pour la politique ou le ... terrorisme. IL y a ceci et il y a cela.


Le propre de la destruction des espaces publics c'est d'anéantir les points de repère, les lignes de force, les zones de visibilité.


Le pouvoir technocratique, bureaucratique et mercantile utilise la violence ordinaire, pas seulement celle des zones, pour rogner le peu de poésie qui restait dans le domaine publique.


Les affiches, les vespasiennes, les colonnes Morris, les bancs publics, bref, tout ce qui humanisait un peu le domaine public est tailladé, taggé, mis en pièce au profit d'une esthétique de la
déconstruction et de la négation.


N'oublions JAMAIS que le chaos organisé préfigure INVARIABLEMENT des interventions musclées des pouvoirs publics au profit d'un ORDRE MARCHAND et ... MERCENAIRE.


Après, les écrans plasma font leur entrée en scène et là, les caméras de surveillance veillent au grain. Et, de toutes façon, qui oserait s'en prendre à un écran géant qui diffuse NON STOP les
insanités de Lady Gaga ? 


À bon entendeur salut, chère animatrice de ce site qui me plait beaucoup.


Un homme un peu philosophe qui aime la ville, les gens, la vie simple et bonne.


Et, le dialogue urbain.