16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:27

 

   ARRRGH! est un cri de terreur, de surprise, devant l'incompréhensible, le différend, le monstrueux. Les 80 monstres de mode, mannequins bizarres, énigmatiques, surréalistes exposés à la Gaité Lyrique ne suscitent pas vraiment l'effroi, plutôt la surprise et l'amusement.


 

 

Arrrgh! Gaité lyrique Rozalb de MuraRozalb de Mura, collection The Remains, printemps-été 2012

arrrgh! Monstres de mode, exposition à la Gaité Lyrique

 

 

 

 

 

  Monstres de mode, parade organisée par le collectif Atopos CVC, montre l'influence de l'art tribal, des jeux video, du design et de l'art contemporain dans l'imagination des créateurs de mode. Une mode excessive et théâtrale qui habille corps humains et chimères, une mode pas vraiment destinée à être portée sinon dans des fêtes carnavalesques.



 

 

Arrrgh! Gaité lyrique Mareunrol's nightmareMareunrol's, collection Nightmare, 2006

arrrgh! Monstres de mode, exposition à la Gaité Lyrique

 

 

 

 

    Colorées, grotesques ou charmantes, ces créatures hybrides échappées des podiums appartiennent à la fois à la mode, à la scénographie et à la sculpture. Le corps humain y est déformé, camouflé ou réduit à une épure. Comme pour des avatars ou des costumes cosplay, toutes les fantaisies sont permises. De la très classique coiffe-cygne de Mads Dinesen aux silhouettes boursoufflées d'Edwin Wurm et à la boule de peluches à pattes de Piers Atkinson. 

 

 

 

Arrrgh! Monstres de mode Gaité lyrique 2Manon Kündig, Van Beirendonck et Erwin Wurm,

 arrrgh! Monstres de mode, exposition à la Gaité Lyrique

 

 

 

 

    Toutes sortes de tissu mais aussi de cheveux (Charlie Le Mindu), bois, plastique, mousse, habillent les étranges créatures aux déguisements dignes de ceux de Lady Gaga. Leur visage est souvent métamorphosé en coeur (Bas Kosters), mitraillette (Vettorello) ou cage (Vibskov). Il s'efface derrière des masques, couvert d'un sac à main (Andrea Crews) ou d'une cagoule (Rozalb de Mura). Le mannequin traditionnel au visage parfait et à la silhouette anorexique, starisé aujourd'hui dans les défilés, n'existe plus ici. Les monstres l'ont avalé.



 

 

Arrrgh! Gaité lyrique Kosters VettorelloBas Kosters, Coeur, collection Love, fuck, yeah, 2013

Pierre-Antoine Vettorello, collection Bonnie Magum vs Samantha Beretta, 2009

 

 

 

 

   En passant à travers des murs de carton-pâte éventrés, les visiteurs arrivent dans une grande salle où ils déambulent librement au milieu des Monstres de mode, mannequins de plastique descendus de leur podium. Une musique hypnotique rythme la présentation immobile tandis qu'un chaos de néons blancs éclaire crûment le spectacle. Des enfants jouent avec de gros ballons noirs en frôlant les fragiles parures, peu effrayés par ces monstres plutôt gentils. Au fond, une salle obscure présentent des fantômes (Bas Kosters), un homme lapin (Kim Traeger), un ours aux bottes rouges (Mizuno), des chrysalides, corps creux en mousse blanche (Digitaria), un corps masque très art primitif (JP Lespagnard), un monstre squelette à la bouche écarlate (Nanogigantisme) etc ... 

 

   

 

 

Arrrgh! Gaité lyrique Andrea Crews tronçonneuseAndrea Crews, autoportrait à la tronçonneuse, 2013, Van Beirendonck, costume d'opéra, 2012

arrrgh! Monstres de mode, exposition à la Gaité Lyrique

 

 

 

 

   La mode elle-même, la parure, est monstrueuse en infligeant au corps des contraintes extravagantes comme les pieds bandés des femmes en Chine, les cous démesurément allongés des femmes girafes en Afrique, les corsets asphyxiants en Europe des bourgeoises du XIXè siècle ou aujourd'hui les chaussures à talons improbables de Jimmy Choo. Pour être séduisants, les hommes et les femmes infligent à leur corps de vraies tortures. Les monstres de mode de la Gaité Lyrique n'en sont que l'expression exacerbée et ludique.


 

 


Arrrgh! Gaité lyrique Vibskov GreenCraig Green, sculpture en collaboration avec David Curtis-Ring (en noir)

Henrik Vibskov, collection The solar donkey experiment, 2010

au fond fantômes de Bas Kosters, collection freedom womenwear 2009


   

 

  « C’est une exposition sur la monstruosité de la figure humaine. Je déteste la mode dans son système de valeurs mais il existe des créateurs très inventifs qui s’interrogent sur le rapport entre le corps et le vêtement et défient les canons esthétiques traditionnels. A travers leur filtre, le laid devient beau, et ils posent la question fondamentale de la différence. L’accepte-t-on ? », déclare Vassilis Zidianakis, d'Atopos. Son livre « Not a Toy, fashioning radical characters » a inspiré une exposition à Athènes en 2011 et aujourd'hui à la Gaité Lyrique.


 

 

 

Arrrgh! Gaité lyrique Hideki SeoHideki Seo, be free, 2012

Chi He, Eat me, collection Oh my dog 2011

 

 

 

 

« Chez les Grecs anciens, un monstre désignait tout phénomène étrange, divin ou extraordinaire, comme l’arc-en-ciel par exemple. Mais qu’est-ce qu’un monstre aujourd’hui ? ». « Comment accepter quelque chose qui ne nous ressemble pas ? Qui nous fait peur ? C’est la question de la différence à laquelle il nous appartient de donner du sens ». Arrrgh !, « c’est un cri de surprise, de peur et d’angoisse ! Inquiétude refoulée vis-à-vis d’un autre différent, qui a l’air d’un monstre mais avec lequel nous aimerions bien communiquer».

 

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Arrrgh! Gaité lyrique Le Meridu PictoplasmaCharlie Le Mindu, Kiss freak 2011, femme cheveux à plusieurs bouches

au fond, trois petits bonshommes jaunes, Pictoplasma d'après les personnages d'Akinori Oishi

 

 

 

 

 

Dossier de presse:

arrrgh ! Monstres de mode

" De Alexander McQueen à Andrea Crews en passant par Craig Green ou Walter Van Beirendonck, Arrrgh! présente une sélection de 58 créateurs contemporains qui utilisent les figures et les expressions monstrueuses dans leurs costumes et leurs vêtements, inspirés par le design, l’animation ou encore le dessin.

Dans la lignée de l’exposition Pictoplasma, présentée en décembre 2011, les personnages contemporains issus du phénomène du character design sont devenus des créatures de mode.

Frottez-vous à ces monstres, qu’ils soient étranges, gênants, pop ou séduisants. Mêlez-vous à près de 80  créatures descendues de leurs podiums de défilés pour essayer de se fondre parmi nous. ARRRGH! questionne notre conception de la beauté et de l’identité. Libérés de toutes contraintes les créateurs nous présentent leurs réalisations les plus avant-gardistes qui  brouillent les frontières entre costume et vêtement."

 

 


 

Arrrgh! Gaité lyrique Leuton PostleLeutton Postle, 2012

arrrgh! Monstres de mode, exposition à la Gaité Lyrique

 

 

 

 

   "Le phénomène contemporain du character design est d’abord apparu aux États-Unis au début du XXe siècle et s’est largement développé au Japon dans les décennies qui suivent. Tout d’abord utilisé dans la publicité et la promotion de produits, c’est à partir des années 90 que ces créatures contemporaines ont inondé la production artistique et culturelle au niveau mondial. Elles apparaissent aujourd’hui sous de nombreuses formes artistiques, du street art aux jeux vidéo, en passant par le toys art, l’animation et le cinéma, le graphisme, le design d’objets ou de produits, envahissant les carnets de croquis des artistes et jusqu’à la haute couture, remettant en cause les normes esthétiques établies. Les créatures du character design sont abstraites, figurines au charme pictural puissant, audacieuses silhouettes aux traits singuliers. En quelques années, les représentations de créatures, parfois familières, souvent d’une inquiétante étrangeté, sont apparues au sein de nombreuses collections de designers. Elles ont envahi les podiums et les représentations esthétiques de la mode au sens large, brouillant les frontières entre costume et vêtement."

 

 

 

 

Arrrgh! Gaité lyrique HeyniekHeyniek, Foamboys x hyperbole, 2012

arrrgh! Monstres de mode, exposition à la Gaité Lyrique

 

 

 

 

 

"Après Pictoplasma, l’exposition dédiée au character design présentée en décembre 2011 à la Gaîté lyrique, les « post digital monsters » quittent les podiums et reviennent s’exposer.
Cette exposition présente une sélection de créateurs contemporains utilisant les figures et les expressions monstrueuses dans leur travail créatif, s’inspirant du design, de l’animation ou encore du dessin.
La représentation du corps humain, jamais nu, est questionnée à travers l’émergence d’un langage, créé par ces vêtements qui transforment les silhouettes et convoquent l’étrange. Au-delà d’une simple protection corporelle, le vêtement, révélateur d’une époque, affiche l’évolution des mœurs et des tendances."

 

 

 

Arrrgh! Gaité lyrique Pixel monsterPixel Monster, Gary Card, 2007,

Pierre-Antoine Vettorello, collection Bonnie Magum vs Samantha Beretta, 2009

 Maison Martin Margiela, printemps-été 2009 (visage couvert) 

 

 

 

 

 

"Dans le monde de la mode contemporaine, le corps humain est constamment transformé, métamorphosé en être méconnaissable et étrange. Les designers expérimentent, donnent aux textiles des formes atypiques et créent des volumes extrêmes. Ils recouvrent et masquent les visages, ils habillent le corps en donnant naissance à des formes hybrides et extravagantes aux couleurs éclatantes et d’une surprenante abstraction.

Certains créateurs avant-gardistes dissimulent le visage de leurs mannequins et ainsi mettent un terme à une tradition de mannequinat incarné, ainsi qu’à une certaine définition objective de la beauté. Comme l’indique le titre d’une des performances imaginées par Charlie le Mindu et Atopos Mr & Mrs Myth, la tendance de la mise en scène de soi, de la mythologisation de sa propre identité prend davantage d’importance, à l’encontre de l’uniformisation. La mode ne s’arrête plus à l’image projetée mais s’intéresse maintenant à l’effet sur le corps autant que sur l’esprit de celui qui la porte."


 

 

 

Arrrgh! Gaité lyrique NishiyamaTakashi Nishiyama, Gumdam couture, collection "we are all one - the hero of one" 2011

 

 

 

 

 

"Parallèlement à nos vies réelles, nous menons désormais des vies virtuelles et numériques sur internet. Nous créons et développons notre avatar personnel. De quoi se constitue l’identité dans une société mondialisée et séculière dans laquelle nous nous considérons autant citoyen du monde que membre d’une communauté locale ? Avec l’émergence de ces modes de vie connectés, les influences circulent et les références culturelles s’immiscent dans tous les domaines. La Gaîté lyrique, lieu d’investigation des questions de société à l’ère du numérique, s’empare de cette transversalité avec cette exposition au croisement de la mode et du character design."

 

 

 

Arrrgh! Gaité lyrique LespagnardJean-Paul Lespagnard, collection George the bush, Tree hat, 2010


 

 

Liste complète des designers et artistes invités : 

ALEXANDER MCQUEEN (UK), ALEX MATTSSON (SE), ALEXIS THEMISTOCLEOUS (CY), ANDREA AYALA CLOSA (ES), ANDREA CAMMAROSANO (IT), ANDREA CREWS (FR), BART HESS (NL), BAS KOSTERS (NL), BERNHARD WILLHELM (DE), BORIS HOPPEK (DE), BRONWEN MARSHALL (UK), CASSETTE PLAYA & GARY CARD (UK), CHARLIE LE MINDU (FR), CHI HE (CN), CLAIRE MICHEL (FR), CRAIG GREEN (UK), DAVID CURTIS-RING (UK), DIGITARIA (GR), DR NOKI'S NHS (UK), ERIKA MIZUNO (JP), FREEKA TET (FR), FILEP MOTWARY & MARIA MASTORI (CY & GR), GEORGE TOURLAS (GR), HELEN PRICE (UK), HENRIK VIBSKOV (DK), HEYNIEK (NL), HIDEKI SEO (JP), ISABEL MASTACHE MARTINEZ (ES), ISSEY MIYAKE & DAI FUJIWARA (JP), JEAN-PAUL LESPAGNARD (BE), JOSEFIN ARNELL (SE), KIM TRAEGER (DK), LEUTTON POSTLE (UK), LUIS LOPEZ SMITH (UK), MADS DINESEN (DK), MAISON MARTIN MARGIELA (FR), MANON KÜNDIG (CH), MARCUS TOMLINSON - GARETH PUGH (UK), MAREUNROL’S (LV), ON AURA TOUT VU (FR), PERNILLA WINBERG (SE), PAUL GRAVES (US), PICTOPLASMA (DE), PIERRE-ANTOINE VETTORELLO (FR), PIERS ATKINSON (UK), REJINA PYO (KR), RICK OWENS (US), ROZALB DE MURA (RO), SHIN MURAYAMA (JP), SOTIRIS BAKAGIANNIS - THEPERSONWHODIDTHIS (GR), TAKASHI NISHIYAMA (JP), THE BRAINSTORM DESIGN (GR), TRACY WIDDESS (CA), TOMA STENKO (RU), URBAN CAMOUFLAGE (DE), WALTER VAN BEIRENDONCK (BE).

 

 

 

 

Commissaire de l'exposition: Vassilis Zidianakis

Scénographie de Stamos Fafalios.


 


 

Arrrgh! Gaité lyrique Kundig mainManon Kündig, collection Bowerbird, 2012

 

 

 

 

 

Arrrgh ! Monstres de Mode

Gaîté Lyrique, 3 bis rue Papin, 75003

Mardi-samedi : 14h-20h. Dimanche : 14h-18h

 du 13 février au 7 avril 2013


 

 

 

Liens sur ce blog:

Arrrgh! Monstres de mode, sculptures ou costumes à la Gaité Lyrique?

Les maîtres du désordre: costumes des fêtes d'hiver, suspension de l'ordre cosmique


 

 

Palagret

mode monstrueuse

février 2013

 

 

 

 

Source: 

Dossier de presse

 


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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Art contemporain
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