10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 03:27

 

   Dans la peinture classique, les memento mori, ou vanités, se développent au XVIIe siècle au Pays Bas. Les natures mortes illustrent symboliquement l’inéluctabilité de la mort, la futilité des plaisirs et des biens terrestres. Dans le répertoire iconographique, le crâne est le premier symbole.


Crâne déformé inspiré du film Scream, street-art, papier collé



   On retrouve l'écho affadi de ces memento mori sur les murs et les trottoirs de la ville. Le crâne est représenté de face ou de profil. Les orbites vides, le trou du nez et les dents découvertes constituent la tête de mort classique. Elle est souvent accompagnée de tibias croisés, comme sur le pavillon du pirate  Edward England (skull and bones).

Crâne et tibias croisés, Jace
Street-art, Grand Palais
   Le symbole des pirates signifie le refus de l'ordre établi et des valeurs compassionnelles, la transgression totale. Les pirates sont des brigands qui volent et tuent sans remords. En voyant ce pavillon de mort les voyageurs étaient frappés de terreur, sachant qu'ils ne seraient pas épargnés.


Tête de mort aux tibias croisés, stickart
    Les crânes et les squelettes des artistes urbains sont des actes de piraterie bien policés et les passants sourient au lieu de claquer des dents. L'imagerie macabre n'est pas là non plus pour nous rappeler que nous sommes mortels et que nous allons mourir.

Tête de mort, street-art aux Frigo, Paris



    Les têtes de mort appartiennent à l'imagerie gothique appréciée des adolescents pour qui la mort est bien lointaine. Ces images mortifères sont très présentes dans les groupes musicaux de Death Metal et se retrouvent dans les maquillages, les costumes de scènes et les couvertures de CD. Elles représentent plus une posture qu'une profonde méditation sur la mort et la vanité de toutes choses.



Crâne en feu
street-art, sticker à Paris


   L'amour et la mort, Eros et Thanatos, sont très souvent associés dans le street-art comme dans la peinture classique. Au Grand Palais, lors de l'exposition Gallizia, on voyait presque autant de coeurs que d'images macabres.



Crâne, Street-art, Grand Palais



Crânes agglutinés sur un coeur géant fait de petits coeurs
Street-art, Belleville


 
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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Art urbain: tag - pochoirs etc
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commentaires

Gertrude 13/11/2009 14:54


Oh! Des crânes..
Ce n'est pas pour me déplaire...
Vaniteusement votre.