20 juin 2012 3 20 /06 /juin /2012 17:45

 

Big brother is watching you


   A l'approche des Jeux Olympiques, Londres nettoie la ville. Comme partout ailleurs, les décharges sauvages sont interdites mais à Londres les caméras de surveillance sont très nombreuses. Dans l'East End en rénovation, les CCTV surveillent aussi les bâtiments abandonnés aux vitres brisées et les recoins propices aux incivilités: dépôts d'ordures, tags et deals de drogues. De grandes pancartes jaunes préviennent les contrevenants:

 


 

video surveillance Londres street-art 6No fly tipping et dépôt d'ordures sauvage dans l'East End



   "No fly tipping, if you are reading this notice you are allready being filmed and watched. ... All images will be passed onto the police ...

"Pas de dépôt d'ordures sauvage. Si vous lisez cette pancarte, vous êtes déjà filmés et observés. Les images seront transmises à la police."


 

 

Londres street-art Bricklane défense video surveillance 8 "No fly tipping. It is a criminal offense and we will press charges!!!  If you are reading this notice you are allready being filmed and watched by 7 motion sensing CCTV cameras. ... All images including number plates will be passed onto the police ...

 

 

   "Le criminel" risque une forte amende et la confiscation de son véhicule si les caméras sensibles au mouvement ont repéré sa plaque d'immatriculation. La municipalité londonienne ne plaisante pas et tient à rentabiliser son lourd investissement video.


 

 

video surveillance Londres street-art 2Avertissement "No fly tipping" et street-art dans une ruelle près de Bricklane

 

 

 

    Toutes ces caméras de surveillance n'empêchent pas les indélicats de déposer de vieux matelas, des canapés et autres cochonneries hors d'usage sur le trottoir. Les street-artists ne sont pas impressionnés non plus par Big Brother.

 

 

 

video surveillance Londres street-art 5Avertissement "No fly tipping", dépôt sauvage et street-art dans une ruelle près de Bricklane

 

 

 Après les attentats de 2005 et les émeutes de 2011 à Londres, les CCTV cameras (close circuit tv) ont permis d'identifier les terroristes et les vandales. Depuis les caméras de surveillance se sont multipliées, surveillant les zones de parking en centre-ville, les bus et métro et les rues. Un londonien ne peut se déplacer sans être repéré au moins une fois. "Souriez, vous êtes filmé". 


 

 

video surveillance Londres street-art 8Pochoirs dans une ruelle près de Bricklane à Hackney

 


 

    Tout ce déploiement de surveillance high-tech n'empêche pas 80% des crimes et délits de rester impunis. Les experts mettent en doute l'efficacité de la video-surveillance par rapport à son coût. Le vandales détruisent les caméras, les observateurs devant les écrans ne sont pas assez nombreux et leur vigilance baisse rapidement. Les défenseurs des libertés civiles eux s'opposent à cet espionnage constant. 

 

 

Bansky-CCTV.jpgOne nation under CCTV, street-art de Bansky, 2008

 

 

    Le célèbre street-artist Bansky a parfaitement synthétisé le danger des caméras de surveillance avec sa fresque sur un mur londonien, près d'Oxford Circus. Un policier surveille un enfant qui tague sur un mur "One nation under CCTV" "une nation sous l'emprise de CCTV (video-surveillance)". La phrase est une parodie de "One nation under God" une nation sous l'emprise de Dieu, une phrase du serment d'allégeance au drapeau américain. L'oeil de Big Brother remplace le regard de Dieu.

 

    Bansky a réalisé son mural sous l'oeil d'une caméra de surveillance. Personne n'a réagi avant le lendemain, ce qui relativise l'utilité d'un tel réseau d'espionnage technologique. La fresque de Bansky a depuis été masquée.

 

 

 

 

Lien sur ce blog:

Street-art: les murs ont des oreilles mais qui nous surveille?

 

 

 

 

Palagret

video-surveillance

juin 2012

 

 

 

 

 

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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Archéologie du quotidien
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