3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 00:28
 
     On se rappelle Invasion Los Angeles (They live), de John Carpenter. Dans ce film de 1989, John Nada, un ouvrier au chômage, trouve des lunettes noires qui lui permettent de voir le monde tel qu'il est.


They Live ObeyObey proclame l'affiche
They live (Invasion Los Angeles) de John Carpenter, 1989

    John Nada s'aperçoit alors que les panneaux de publicité géants ne sont que des leurres masquant un message autrement plus dérangeant que les gentilles réclames. Une affiche pour des ordinateurs dit en fait « Obéissez », une autre vantant un séjour sur une plage paradisiaque des Caraïbes proclame « Mariez vous et procréez ». Toutes les publicité, toutes les pancartes, tous les magazines délivrent un message subliminal dont le but est la soumission des consommateurs: consommez, conformez vous, pas de pensée indépendante, ne mettez pas en question l'autorité, restez endormi.


They live PiperJohn Nada met ses lunettes
They live Invasion Los Angeles) de John Carpenter, 1989

    Masqué par une apparence banale et inoffensive, le monde réel se révèle à John Nada. Grâce à ses lunettes magiques, il s'éveille, il se libère de la fascination de la publicité; il devient voyant et l'imposture éclate: l'ennemi est déjà là et il contrôle tout. Sous le masque de la normalité, les extra-terrestres ont un visage de morts-vivants. Avec une fausse bonhommie, ils exploitent l'avidité consommatrice des terriens, et plus précisément des américains, pour les asservir. Dans ce film, au contraire de beaucoup de films de cette époque, le danger ne vient pas des communistes, le danger est au coeur de l'Amérique.


    “Le mal est en chacun de nous et l'envahisseur n'est pas forcément celui qu'on croit” conclut John Nada.



La révélation, They live Invasion Los Angeles) de John Carpenter, 1989


 

 

     They live (Invasion Los Angeles) critique radicalement la société de consommation qui transforme les citoyens en esclaves consentants. Assez inventif au début, le film de science-fiction ne dépasse pas l'idée de départ des messages subliminaux. L'acteur principal, Roddy Piper, n'a que trois nuances dans son jeu: mettre ses lunettes noires, les enlever et se battre.



 

They live Conform FTWConform, affiche détournée à Berlin


 

     A Berlin en novembre 2008 sont apparues des affiches géantes en hommage au film de John Carpenter. En lettres noires sur fond blanc, elles reprenaient les messages comminatoires de Invasion Los Angeles: Obey, consume, no thougt, stay asleep etc... Les affiches blanches, qui masquaient de vraies publicités, ne sont pas restées longtemps sur les murs de la ville; elles ont vite été recouvertes par de nouvelles publicités.




They live consume FTwConsume, affiche détournée à Berlin


 

    Ce détournement publicitaire, orchestré par le collectif FTW-crew, met à nu la mécanique du marketing, sa crudité. Pas besoin d'extra-terrestres pour marteler des messages simples et asservir le consommateur.

 

     L'idée de notre incapacité à voir la réalité d'un autre monde plus vrai vient de Platon (le mythe de la caverne). Tous les films de vampires et de zombies se réfèrent à l'idée que nous ne savons pas voir.

 

    De nombreuses séries télévisées traitent ce thème. En 1967, Les Envahisseurs (The invaders, ABC) à la célèbre introduction (Ces êtres étranges venus d'une autre planète. Leur destination : la Terre. Leur but : en faire leur univers. David Vincent les a vus. ) ont un grand succés.

 

   Dans V, une série télévisée de science-fiction (NBC 1983) des visiteurs reptiliens se cachent sous une apparence humaine. Une nouvelle version a été diffusée en 2009 sur ABC, reprenant l'idée des envahisseurs dissimulés parmi nous. Autre écho cinématographique, Matrix des frères Wachowski en 1999. Néo y cherche la Matrice, le vrai monde qui contrôle les pauvres humains assez naïfs pour se croire libres!

 

 

 

Brandalism: vandalisme contre la publicité, des affiches détournées

Street-art, citations du film "Invasion Los Angeles": Obey, watch Tv  

Le trailer de V, le remake

Le générique des Envahisseurs



Palagret

street-art

janvier 2010


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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Consommation
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