25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 17:29

 

   Avant l'inauguration des sculptures de Dewar et Gicquel, leurs oeuvres étaient déjà exposées dans le jardin du musée Rodin mais sans cartel les identifiant, à la grande perplexité des touristes pas forcément fins connaisseurs de Rodin. Si les sièges de toilette ou le pull-over ne prêtaient pas à confusion, les fragments de corps étaient autant photographiés que les sculptures de Rodin.


 

 

Dewar et Gicquel sculptures La mode Musée RodinLa mode, Dewar et Gicquel, Musée Rodin

Fragment de corps masculin avec chaussures

 

 

 

   En béton gris, lourdes et peu modelées, les oeuvres de Dewar et Gicquel étaient pourtant bien différentes de celles de Rodin. A partir de modelage, les plasticiens ont fabriqué un moule qui n'a servi qu'une fois pour couler le béton. Les corps lisses se dégagent d'une gangue de matière brute, le non finito.


 

 

 

Dewar et Gicquel sculptures La mode le penseur Musée RodiLa mode, Dewar et Gicquel, au fond le penseur de Rodin, Musée Rodin

 

 

   Le titre de l'exposition, « la Jeune Sculpture », fait référence au Salon du même nom organisé au musée Rodin de 1949 à la fin des années 1960.

 

"Ce titre fait référence à l’histoire du musée, mais il décrit également l’idée d’une figure anachronique qui traverse l’exposition. Comment une sculpture peut-elle être jeune, la sculpture change-t-elle vraiment ? Où est-ce son contexte d’apparition qui change ?D’où le titre de votre exposition, « la Jeune Sculpture », qui fait référence au Salon du même nom organisé au musée Rodin de 1949 à la fin des années 1960 ? → Ce titre fait référence à l’histoire du musée, mais il décrit également l’idée d’une figure anachronique qui traverse l’exposition. Comment une sculpture peut-elle être jeune, la sculpture change-t-elle vraiment ? Où est-ce son contexte d’apparition qui change ?"


 

 

Dewar et Gicquel sculptures Pied Musée RodinLe pied, Dewar et Gicquel, au fond la porte de l'enfer, Musée Rodin

 


Dossier de presse:

   Poursuivant son dialogue avec l’art contemporain, le musée Rodin ouvre les jardins de l’hôtel Biron au duo d’artistes, Daniel Dewar et Grégory Gicquel, lauréats en 2012 du Prix Marcel Duchamp, attribué pour la première fois à un modèle de production à deux. Collaborant depuis leur rencontre en 1997 à l’Ecole des Beaux-Arts de Rennes, les deux artistes explorent une voie très expérimentale entre érudition et amateurisme, relecture de l’histoire de l’art et pratiques artisanales. L’hybridation des techniques, des motifs et des matériaux leur permettent d’interroger les canons de la sculpture.


 

 

Dewar et Gicquel sculptures Musée Rodin courDewar et Gicquel, Cour du Musée Rodin

 

 

 

   Un nouveau corpus d’œuvres a été conçu et produit spécialement pour l’exposition. Il s’agit de neuf sculptures en béton de grandes dimensions. Modelées, coulées et assemblées par les artistes eux-mêmes selon les techniques traditionnelles de la sculpture, ces sculptures représentent des fragments de corps nus, certains en ronde bosse et d’autres plus architecturaux. Corps d’athlètes dont la monumentalité n’exclut ni le port de quelques vêtements familiers – gilet en laine torsadée ou chaussures de marque – ni la présence plus incongrue d’éléments de salle de bain.


 

 

Dewar et Gicquel sculptures Architecture Musée RodinArchitecture, Dewar et Gicquel, Musée Rodin

 

 

 

   « L’œuvre de Rodin a été un point de départ pour nous permettre de travailler sur une technique particulière de sculpture que nous n’avions jamais eu l’occasion d’explorer auparavant, tout en ayant à l’esprit que la pratique de Rodin s’est aussi affirmée au moment de l’apparition de la photographie et de la reproductibilité. » disent-ils dans un entretien réalisé à l’occasion de l’exposition.

 

 

Dewar et Gicquel sculptures Allégorie Musée RodinAllégorie, Dewar et Gicquel, Musée Rodin

 

 

 

 

   Mu par le désir constitutif du sculpteur de se colleter la matière, le duo partage par exemple avec Rodin le goût affirmé des matériaux. Mais, là où Rodin déléguait l’exécution de ses œuvres en vue de leur reproduction, Daniel Dewar et Grégory Gicquel assurent eux-mêmes en tant que praticiens chaque étape de la fabrication, et détruisent les moules après usage afin de limiter leur production à un seul et donc unique tirage.


 

 

Dewar et Gicquel sculptures La figure Musée RodinLa figure, Dewar et Gicquel, Musée Rodin

 

 

 

 Un « anachronisme subversif », qui permet de « réactualiser les débats esthétiques sur la question des rapports entre art et artisanat autour de la sculpture, question qui revient à grands pas sur le devant de la scène... Preuve que l’art a de nouveau à faire avec le réel ».


 

 

Dewar et Gicquel sculptures Les fantômes Musée RodinLes fantômes, Dewar et Gicquel, Musée Rodin

 

 

 

 

  L’expression hautement paradoxale de Dewar & Gicquel n’aurait pu trouver meilleure scène et décor plus propice que ce haut lieu patrimonial, pour creuser la question de la place singulière qu’occupe la sculpture entre réalité et représentation.

 

 

Dewar et Gicquel sculptures L'idée Musée Rodin lapinL'idée, Dewar et Gicquel, Musée Rodin

 

 

 

 

La jeune sculpture, Daniel Dewar et Grégory Gicquel

Jardin du musée Rodin

Du 27 mai au 26 octobre 2014 

Tous les jours sauf le lundi, de 10h à 17h45.

 


 

 

Palagret

sculpture et patrimoine

mai 2014


 

Sources:

Dossier de presse

Itw de Dewar et Gicquel

 


 

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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Art contemporain
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