A noiva, un grand lustre blanc est suspendu sous la verrière du Cent-quatre, près des danseurs de hip-hop. Les adolescents ne lui prêtent aucune attention. S'ils s'approchaient et examinaient l'objet, ils se rendraient compte que le lustre, oeuvre de Joana Vasconcelos, est fait de tampons hygiéniques enveloppés de cellophane qui brillent dans la lumière comme des pendeloques de cristal. 


 

Vasconcelos Noiva 104 457A Noiva (The Bride ou La Mariée), 2001-2005, Joana Vasconcelos au Cent-quatre 

 

 

 

         Sur le luminaire blanc, des fils bleus du plus charmant effet pendent, remplaçant les  pampilles qui ornent habituellement les lustres des hôtels et des palais grand siècle. L'idée de luxe et de grandeur est ainsi pervertit par l'utilisation de tampons d'hygiène féminine, objet dont on ne parle pas et qu'on n'exhibe jamais. La blancheur immaculée du lustre parle de sang.


 

 

 


La Noiva de Joana Vasconcelos au Cent-quatre par Palagret

 

 

 

 

     En 2001, Joana Vasconcelos avait assemblé Carmen, un premier lustre noir et agrémenté de dizaines de boucles d'oreilles vivement colorées. Pour l'exposition de Joana Vasconcelos à Versailles, " La première question que nous nous étions posée, Jean-Jacques Aillagon et moi, quand nous avons commencé à réfléchir à l'exposition, c'était: où va-t-on mettre La Fiancée? J'avais un rêve: obtenir que deux lustres de la Galerie des Glaces soient détachés et suspendre à leur place La Fiancée à une extrémité, Carmen à l'autre, la blanche et la noire, la pure et la pute. Mais non, il paraît que ce sont des oeuvres sexuelles, et que ce n'est pas convenables à Versailles. Comme s'il n'y avait pas eu tant de femmes à Versailles et tant d'histoires de sexe!" 1 

 

 

    La Mariée (la noiva, the bride), le lustre contesté de Joana Vasconcelos n'a donc pas convenu aux prudes conservateurs de Versailles. La sculpture de tampons trône aujourd'hui au 104, nouveau Salon des Refusés. Ce lustre scandaleux semble n'émouvoir personne ici. La sculpture s'harmonise avec les poutrelles grises de la verrière et les élastiques tendus d'Anne-Flore Cabanis. Seules les chaises longues ajoutent une touche de couleur sous la verrière.


 

 

Vasconcelos Noiva 104 338A Noiva (The Bride ou La Mariée), 2001-2005, Joana Vasconcelos au Cent-quatre 

 

 

 

 

      A Versailles, le lustre aurait eu plus de force au milieu des dorures et des stucs. Le château du Roi-Soleil, écrin dédié à la force virile, était aussi le royaumes des courtisanes, un lieu où le pouvoir des femmes s'exerçait dans l'ombre. La Noiva, oeuvre provocante y avait toute sa place.

 


 

Vasconcelos Noiva 104 399

A Noiva (The Bride ou La Mariée), 2001-2005, Joana Vasconcelos au Cent-quatre 


 

 

 

Dossier de presse

"La nature du processus créatif de Joana Vasconcelos repose sur l’appropriation, la décontextualisation et la subversion d’objets préexistants et de réalités du quotidien. En partant d’ingénieuses opérations de déplacement, réminiscence du ready-made et des grammaires du Nouveau Réalisme et du Pop Art, l’artiste nous offre une vision complice, mais en même temps critique, de la société contemporaine et des divers aspects qui servent les énoncés de l’identité collective. En particulier ceux qui renvoient au statut de la femme, aux différences de classe ou encore à la question de l’identité nationale."


 

 

 Vasconcelos Noiva 104 406

A Noiva (The Bride ou La Mariée), 2001-2005, Joana Vasconcelos au Cent-quatre 

 

 

 

"De cette stratégie naît un discours attentif aux idiosyncrasies contemporaines. A travers celles-ci les dichotomies habituelles artisanal/industriel, privé/public, tradition/modernité et culture populaire / culture érudite apparaissent investies d’affinités aptes à rénover les habituels flux de signification caractéristiques de la contemporanéité. "

 

 

 

Vasconcelos Noiva 104 458A Noiva (The Bride ou La Mariée), 2001-2005, Joana Vasconcelos au Cent-quatre 

 

 

 

Vasconcelos Noiva 104 407

A Noiva (The Bride ou La Mariée), 2001-2005, Joana Vasconcelos au Cent-quatre 

 

 

 

Liens sur ce blog:

Mary Poppins à Versailles, sculpture molle hallucinatoire de Joana Vasconcelos

Joana Vasconcelos, contamination textile à Versailles en juin 2012

Patrimoine et art contemporain à Versailles: esprit de sérieux et dérision avec Koons, Murakami, Vasconcelos, etc

Connexions d'Anne-Flore Cabanis au 104, élastiques vibrants

Video: Bâtiment de Leandro Erlich au 104, trompe-l'oeil, illusion et vertige

 

 

 

 

Palagret

art contemporain

Photos Palagret en CC

juillet 2012

 

 

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Source: Dossier de presse

1- in Le Monde

 

 

 

 

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