17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 01:01

 

   Comme dans une profane assomption interrompue, figée, Johan Lorbeer lévite entre ciel et terre, seulement appuyé d'une main à un mur. Comment fait-il? Quand il redescend au crépuscule, on comprend le tour mais inutile de casser la poésie de Still Life, cette étrange performance.


 

104 Johan Lorbeer perché 2Johan Lorbeer appuyé au mur du 104, The still life performance

au fond, le "Mur Ouvert" de Pascale Marthine Tayou

enseignes au néon et diodes électroluminescentes


 

      Au contraire des statues vivantes qu'on voit dans les lieux touristiques comme Beaubourg, Notre-Dame ou le Sacré-Coeur,  Johan Lorbeer ne s'impose pas l'immobilité, il bouge un peu. Ce Tarzan de la jungle urbaine en costume gris est bien peu athlétique et il ne parle ni aux animaux ni aux humains. Un sourire aux lèvres, il se livre au regard de tous mais ignore les questions ou les plaisanteries des incrédules à ses pieds. Stoïque comme un "horse guard" devant le palais de la Reine, il ne garde rien sinon le nouveau palais de l'art contemporain, le 104.


 

104 Johan Lorbeer perché 3Johan Lorbeer appuyé au mur du 104, The still life performance

 

 

   Dans la rue Curial, les voitures ralentissent et les conducteurs tendent le cou pour essayer de comprendre ce qu'ils voient. Un bouchon se forme tandis que les piétons amusés mitraillent de photos l'artiste suspendu à près de deux mètres du sol.



104 Johan Lorbeer perché 1Johan Lorbeer appuyé au mur du 104, The still life performance

 

 

   Oeuvre d'art vivante ou simple attraction, artiste ou saltimbanque, Johan Lorbeer captive le public qui attend son élévation ou sa chute comme il attendait que les miroirs de Pistoletto volent en éclats.

 


 

104 Johan Lorbeer perché 4
Johan Lorbeer appuyé au mur du 104, rue Curial

The still life performance

 

 

   Si épuisé, Lorbeer enlevait sa main du mur, tomberait-il lourdement sur le bitume? Il rejoindrait alors l'Ange tombé (the fallen angel) des Kabarov qui git un peu plus loin dans la Halle Curial. 

 


 

104 Johan Lorbeer perché 5Johan Lorbeer appuyé au mur du 104, rue Curial

The still life performance

 

 

   Still life, le titre de la performance de Lorbeer, veut dire vie tranquille c'est-à-dire nature morte, ce qui désigne des objets représentés dans un tableau ou une photo mais jamais un être humain! Dans le tableau de James Whistler, la dame en noire assise tranquillement sur une chaise (arrangement in black and grey, 1871) est classé comme un portrait et non comme une nature morte bien que l'immobilité du sujet soit tangible. 

   Appuyé au mur dans une position périlleuse, impossible, Johan Lorbeer se réifie. De sujet, l'homme suspendu devient objet, un nouveau mobilier urbain, un panneau de signalisation pour le 104, ou une décoration facétieuse comme les Pères Noël suspendus aux balcons à l'approche des fêtes.


 

The Still Life Performance - Tarzan / Standing Leg

10, 11, 12 décembre 2010

Façade Curial

 

Attraction!

"On sait quand ça commence mais on ne sait pas où ça s'arrête"

Partie 1 de décembre 2010 à janvier 2011

Le 104, établissement artistique de la ville de Paris

104 rue d'Aubervilliers, 5 rue Curial     75019 Paris

01 53 35 51 11

 

 

Liens sur ce blog:

 Les sculptures vivantes d'Antony Gormley à Trafalgar square

Street-art: pour Ella et Pitr, faites le malin et encadrez votre portrait


Pistoletto, 20 miroirs brisés au 104 à Paris

Bâtiment de Leandro Erlich au 104, trompe-l'oeil, illusion et vertige

Joana Vasconcelos: la noiva (la mariée), un lustre d'une blancheur virginale au 104

Connexions d'Anne-Flore Cabanis au 104, élastiques vibrants

 

 


 

 

Palagret

décembre 2010

art et illusion

photos en Creative Commons

 

 


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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Art contemporain
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