26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 13:25

 

      Olaf Breuning semble penser qu'il ne lui reste qu'à réinterpréter l'histoire de la peinture car en art, tout a été fait: l'art pompier et le bad painting, le corps déconstruit, l'abstraction ou l'hyperréalisme, la peinture jetée sur la toile, la toile lacérée, le carré noir ou blanc, la reproduction de bandes-dessinées, la peinture automatique, le refus du cadre etc ... 


 

Tokyo Olaf Breuning freaks Koons KleinJeff Koons et Yves Klein, The art freaks,

Olaf Breuning, Palais de Tokyo

 

 

 

     Sur une quinzaine de bannières au kitsch assumé, Olaf Breuning représente les "monstres de l'art moderne et contemporain", tels qu'il les résume avec humour. Les corps nus, bras ballants, sont couverts de peinture, du visage aux doigts de pieds, "montrés" de face, comme des monstres de foire offerts à la fascination du public. Faut-il être un monstre pour être un artiste de grande notoriété?



 

Tokyo Olaf Breuning freaks 2

Tadeshi Murakami, Francis Bacon, Cindy Sherman, Alexander Calder, Louise Bourgeois

The art freaks,Olaf Breuning, Palais de Tokyo

 

 

 

    Il n'y a pas de liste des photos exposées et chacun, comme dans un quizz, essaye de reconnaître les bannières "à la manière de". Si certains modèles sont évidents (le visage de Vincent Van Gogh, le noir de Kasimir Malevitch, le bleu d'Yves Klein, l'araignée de Louise Bourgeois, le drapeau de Jasper Johns, les graffiti de Keith Haring, la date d'On Kawara) d'autres laissent perplexes. Breuning désigne ses photos par un simple prénom (Pablo, Kasimir, Jeff, Maurizio) comme pour désacraliser ces idoles de l'art et les réduire à des images de la culture pop.


 

Tokyo Olaf Breuning freaks HaringVincent van Gogh, Man Ray, Francis Bacon, Alexander Calder, 

 Richard Serra, Keith Haring,The art freaks,Olaf Breuning, Palais de Tokyo  

 

 

 

    Accrochés au plafond, dos à dos, les photos dominent le visiteur et tournent doucement avec les mouvements de l'air, offrant à chaque fois une vision différente. La lumière venu de la verrière fait briller les fonds noirs et parfois éclipse les contours des corps. Le plafond brut du Palais de Tokyo avec ses canalisations et ses poutres de béton, style après la bombe, se prête bien à la parade des monstres de l'art. Des monstres au corps parfois déformé comme en écho aux saltimbanques de Freaks, le film de Tod Browning.



 

 Tokyo Olaf Breuning freaks Mondrian BeuysPiet Mondrian, Joseph Beuys,The art freaks,Olaf Breuning, Palais de Tokyo  

 

 

 

   Le body-painting allié aux altérations des membres crée un univers ludique et dérangeant, bizarre. L'effigie d'Edvard Munch a un O sur la bouche symbolisant le cri mais pourquoi ces mains malades? 


 

 

 Tokyo Olaf Breuning freaks MunchEdward Munch,The art freaks,Olaf Breuning, Palais de Tokyo  

  

 

 

    Les bannières utilisées, proches des bannières commerciales rappellent que l'art aujourd'hui fait bon ménage avec le commerce. Les trois grandes superstars du marché (Jeff Koons, Damien Hirst et Tadeshi Murakami) tiennent dignement leur place à côté des défunts Andy Warhol, Keith Haring et Jean-Michel Basquiat, eux aussi célèbres as du marketing. 


 

   Tokyo Olaf Breuning freaks Kandinski Jasper Johns McCarthy

Kandinsky, Jasper Johns, Paul McCarthy,The art freaks,Olaf Breuning, Palais de Tokyo    

 

 

 

 

Les huit photos sont de Palagret, en Creative Commons


 

Dossier de presse

    L’œuvre hétéroclite d’Olaf Breuning puise dans les codes visuels de la culture de masse. Il mixe les origines, confronte les univers pour inventer une esthétique unique dans laquelle l’étrange se mêle à l’humour. Tout son art oscille ainsi entre le trouble et la distance. Ses effets ne sont pas vraiment spéciaux : les perruques, les déguisements, les postiches, le maquillage semblent affirmer leur échec à travestir avec exactitude la réalité.


 

 

Tokyo Olaf Breuning freaks Kahlo Sol LewittFrida Kahlo, Kasimir Malevitch, Sol Lewitt,

 The art freaks,Olaf Breuning, Palais de Tokyo  

 

 

    S’inscrivant dans le cadre des recherches récentes de l’artiste sur son rapport à l’histoire de l’art moderne et contemporain, The Art Freaks se déploie dans l’espace via une quinzaine de bannières suspendues au plafond. Sur chacun de ces étendards est imprimée une photographie nous montrant un personnage dont le corps est peint à la manière d’un artiste emblématique (Francis Bacon, Louise Bourgeois, Damien Hirst, On Kawara, Yves Klein, Jackson Pollock, Vincent Van Gogh, Andy Warhol…). Olaf Breuning reprend ainsi une pratique, celle du body-painting, souvent à la limite du mauvais goût, à laquelle il donne comme une plus value artistique.


 

Tokyo Olaf Breuning freaks WarhoL SerraAndy Warhol, Richard Serra,The art freaks,Olaf Breuning, Palais de Tokyo  

 

 

 

 

    Visant une sorte de paradoxale perfection du faux, ces pavillons questionnent notre rapport à ces images célèbres et l’esthétique engendrée par leur reproductibilité. Si l’on pense d’abord être en présence d’un cliché correspondant à ce que l’on connaît, une série de petits détails – comme bricolés – viennent miner cette impression : on se met alors à douter de notre propre faculté critique. 


Olaf Breuning

[1970] Né en Suisse, vit et travaille à New York

 

 

 

The Art Freaks, Olaf Breuning

Palais de Tokyo

13 Avenue du Président Wilson, Paris 16

Du 8 juillet 2011 au 18 septembre 2011.

Du mardi au dimanche de 12h à 21h.

01 47 23 54 01

 

 

 

Le site d'Olaf Breuning

 

 

 

 

Palagret

art contemporain

juillet 2011

 

 

 

 

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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Art contemporain
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