22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 20:09


    Jouant toujours avec la transparence et les reflets du verre de Murano, les lassos et les noeuds de Jean-Michel Othoniel tissent un réseau complexe ou le regard se perd. Ici point de colliers mais des cordes pour capturer. Les noeuds de Janus, dieu aux deux visages, ont une double signification. Fragiles et durs à la fois,  ils séduisent par leur beauté formelle aux douces couleurs trompeuses et ils attrapent et retiennent.


expo Othoniel Lacets bleus 0867Lacets bleus, 2008, Jean -Michel Othoniel
verre de Murano, métal, 160 x230 x35, oeuvre unique
Les noeuds de Janus, Galerie Emmanuel Perrotin


    La sculpture suspendue intitulée Les Noeuds de Lacan, 2009 "matérialise la théorie psychanalytique du noeud borroméen qui structure le sujet par cet équilibre fragile entre le Réel, le Symbolique et l’Imaginaire." On se reflète dans ces perles sombres.


expo Othoniel Blue Lacan Pink 0839Pink lasso, 2008, au fond Noeud de Lacan, 2009, Blue lasso, 2008
Jean -Michel Othoniel
oeuvres uniques, verre de Murano, métal
Les noeuds de Janus, Galerie Emmanuel Perrotin


    "Les Lassos bicolores,  empruntent à la fois à l’art minimal et au concetto spaziale, en particulier à l’oeuvre Spatial Light (1951) de Fontana par leurs circonvolutions complexes" 1. Les lassos de perles sont accrochés au mur comme les précieux outils de cow-boy de fantaisie se préparant pour le carnaval de Venise.


expo Othoniel noeud de Lacan 0842"Le noeud de Lacan" Jean -Michel Othoniel
verre miroité, inox poli miroir, métal, 150 x 135 x 50, oeuvre unique


    "Les Lacets bleus sont posés sur un socle et non plus suspendue comme l’étaient les colliers (Rivière blanche 2004, Peggy’s necklace, 2006) 1". Loin de la souplesse d'un collier, la sculpture est rigide, figée dans un équilibre improbable.


expo Othoniel Lacets bleus 0869"Lacets bleus", 2008, Jean -Michel Othoniel
verre de Murano, métal, 160 x230 x35, oeuvre unique


    Dans une petite salle des livres pop-up donnent du volume aux aquarelles. Les fragiles perles de papier se déclinent en couleurs douces.


expo Othoniel livre pop-up 0852Livre pop-up, Jean -Michel Othoniel


  Le terme "baroque" vient du portugais « barroco » qui signifie de forme irrégulière, à propos d'une perle ou d'une pierre. Les perles de verre soufflées sont la signature de Jean-Michel Othoniel dont on peut voir le Kiosque des Noctambules devant le Théâtre Français à Paris. Autant l'entrée de métro Palais-Royal est exubérante et joyeuse, autant les nouvelles oeuvres de Jean-Michel Othoniel présentées à la galerie Perrotin sont sobres.



Jean-Michel Othoniel
Les Noeuds de Janus
Sculptures, oeuvres sur papier
Galerie Emmanuel Perrotin
10 Impasse Saint-Claude : 22 octobre - 23 décembre 2009


Farhad Moshiri, «Silly you, Silly me»

Du 22 octobre 2009 au 01 janvier 2010

Galerie Emmanuel Perrotin

76, rue de Turenne, 75003 Paris

 


Liens sur ce blog:

Jean-Michel Othoniel à Beaubourg, de soufre, de cire et de perles

Le Kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel

Farhad Moshiri: Silly you, silly me, préciosité et ironie




  
Catherine-Alice Palagret
Texte et photos



1- Dossier de presse:
    Après avoir exploré les possibilités de transformation du soufre, Jean-Michel Othoniel découvre l’art ancestral du verre et ses métamorphoses à Murano en 1993. Dès lors, il met en scène un monde féerique et baroque aux couleurs et aux matières chatoyantes où colliers, couronnes, mandorles, baldaquins surdimensionnés … signifient, à l’image des vanités, ou des parures de sépultures antiques, une présence/absence des êtres.

    Mais au-delà de ses qualités formelles et séduisantes, son art révèle une beauté fragile aux blessures tangibles (le Collier Cicatrice en 1997 - collection du FNAC, en 2003 des colliers suspendus aux arbres témoignent des pendaisons des noirs pendant la ségrégation : L’Arbre aux Colliers au New Orleans Museum of Modern Art, Le Bateau de Larmes surmonté d’une couronne rend hommage aux réfugiés cubains à Bâle en 2005).

    L’ambigüité des oeuvres de l’artiste réside aussi dans le caractère équivoque du verre, sacré, réfractant une lumière divine tel les vitraux d’une Eglise ou profane, symbolisant la transparence du désir (sentiment culminant dans les installations Crystal Palace à la Fondation Cartier, au MOCA de Miami en 2003-04 ou L’herbier merveilleux à la Chapelle du Méjean en 2008).

    Jean-Michel Othoniel cherche désormais à échapper à l’aspect hiératique de ses oeuvres et à figurer ou figer le mouvement tout en approchant d’une certaine abstraction. Il développe « la question du corps absent. Il s’agit de créer des volumes d’absences, des constructions à dimensions variables où des corps pourraient se lover ».

Partager cet article

Published by Catherine-Alice Palagret - dans Art contemporain
commenter cet article

commentaires