16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 12:56

Les mannequins ont-ils une âme?

   Figures convenues des films d'horreur, les mannequins au regard fixe bougent soudain une main! Frisson garanti. Détournant les codes du cinéma, la publicité Carte noire met en scène un homme et une femme en vitrine. La femme commence à respirez en buvant du café. De l'autre côté de la rue, un homme s'anime lui aussi. Leurs regards se croisent et, irrésistiblement attirés l'un vers l'autre, ils s'élancent en brisant la vitrine pour se rejoindre et s'enlacer. Ce n'est qu'un rêve, hélas, né des vapeurs d'un café nommé désir. Ici les mannequins rêvent de prendre vie. L'atmosphère de la vidéo publicitaire est romantique, sans rien d'inquiétant.



 
Attraction, spot publicitaire pour Carte Noire


    Les mannequins ne s'animent-ils pas la nuit? C'est ce fantasme qu'illustre Royal Deluxe avec "La révolte des mannequins". A Nantes, à Charleville-Mézières et à Berlin, la compagnie a installé 70 mannequins dans des vitrines commerciales en 2007 et 2008. Hyper-réalistes, leurs visages sont copiés sur ceux des membres de la troupe. La présentation des mannequins au milieu des vêtements à vendre était d'abord assez traditionnelles. Les mannequins illustraient des scénettes: mange ta soupe, liquidation totale, les amoureux, la chasse etc ... Inertes le jour, ils se déplaçaient chaque nuit. Peu à peu les vitrines sont devenues complètement loufoques. Finalement les mannequins de Royal de Luxe se sont révoltés pour s'échapper des vitrines qui les retenaient prisonniers.


Bras coupé

La révolte des mannequins de Royal de Luxe

à Berlin  source

 

 

    David Lynch lui présentait aux Galeries Lafayette des mannequins plus morbides. Une géante nue immobile mais en mouvement suspendu survolait une prairie de plastique et une chanteuse au masque animé sussurait interminablement un blues lancinant. Voir article et photos



Géante volante
vitrine de David Lynch aux Galeries Lafayette
    Les mannequins rêveurs de Carte Noire appartiennent au monde de la publicité. Dans une création théâtrale, Royal de Luxe mélangeait vêtements étiquetés et mannequins fantaisie en vitrine. David Lynch lui investissait les vitrines du grand magasin du boulevard Haussmann avec ses installations artistiques plastiques et sonores. Il ne vendait rien sinon lui-même.

Palagret
archéologie du quotidien
mars 2010


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commentaires

A
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