Le pop artiste américain Roy Lichtenstein qui puisait son
inspiration dans les bandes-dessinées et la publicité a toujours inspiré la publicité. Juste retour des choses. Dans ce magasin, deux images à la manière de Roy Lichtenstein vendent des
montures de lunettes. Les images reprennent les codes graphiques du pop art de Lichtenstein: cadrages
cinématographiques des cases des comics, simplification des traits du visage et de la chevelure soulignés de traits noirs (hard edge), expressions mélodramatiques stéréotypées, couleurs
primaires, exagération des pastilles imitant la trame de l'impression.
Dans le style de Roy Lichtenstein
publicité dans la vitrine d'un opticien
Chez Lichtenstein, la bulle sortant de la bouche des personnages contient des phrases sentimentales, ironiques citations de romans
graphiques. Essuyant une larme, des blondes désespérées gémissent:
Ca m'est égal, je préfère me noyer qu'appelez Brad à l'aide! (Drowning girl, 1963)
Il est peut-être malade et n'a pas pu quitter son studio
(M-Maybe 1965)
C'est sans espoir (Hopeless)
Jouant avec les stéréotypes, Lichtenstein prête aux hommes des propos plus brutaux comme:
Oublie tout, oublie moi, j'en ai assez des filles de ton genre
(Forget it! Forget me, 1962))
A la manière de Roy Lichtenstein
publicité pour des lunettes
Sur la publicité pour les montures de lunettes la banalité sentimentale est remplacée par la banalité commerciale: Nous nous faisons un plaisir de vous remettre gratuitement
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Dans le style de Roy Lichtenstein
publicité dans la vitrine d'un opticien
Les personnages de Roy Lichtenstein ne portent jamais de lunettes.
Le pop art est une source d'inspiration pour la publicité. Lors de l'exposition d'Andy Warhol à Paris, de nombreuses affiches
publicitaires se sont inspirées de ses images. Ray-Ban un fabriquant de montures de lunettes, encore, s'y réfère.
Publicité Ray-Ban pour des montures de lunettes
dans la style warholien
Affiches
publicitaires dans le style Warhol
Le style Warhol partout
Art et publicité: Get 27 et Arcimboldo, encore
Art et publicité: Martini joue avec les lettres
Oeuvres de Roy Lichtenstein et images de bande-dessinées.
Palagret
du sang et des armes
Il serait inacceptable de montrer un vrai meurtre sur une affiche publicitaire. Canal + tourne la difficulté en affichant un personnage-bouée poignardé par
un couteau en plastique et maculé de faux sang. La bouée dans la piscine est une métonymie des vacances et le sang renvoie à une vraie violence que le BVP interdit de montrer. L'image du meurtre de l'homme gonflable est amusante et se présente comme inoffensive, contournant la recommandation n°1.
1- Ne pas présenter de violence, qu’elle soit morale ou
physique
Cet été sur Canal +, pas de détente pour les méchants"
Meurtre d'une bouée innocente
Affiche publicitaire de la campagne estivale de Canal +
Il ne convient pas non plus de montrer de vraies armes. Les pistolets à eau autour de la piscine sont le symbole de la violence. Dans les
affiches de la bouée et des jouets, le meurtre, la violence, la mort, sujets interdits de publicité, sont présentés comme d'aimables divertissement estivaux équivalents à des jeux de ballon dans
l'eau.
Cet été sur Canal +, pas de trêve pour les gangsters"
pistolets à eau de couleur fluo
Affiche publicitaire de la campagne estivale de Canal +
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2- ne pas présenter ou induire de stéréotypes dénigrant
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Dans cette troisième affiche de la campagne publicitaire de la chaîne de télévision payante Canal +, on est en plein stéréotype
dénigrant. Le texte associé à l'image des chaussures fait de la femme une garce.
Cet été sur Canal +, pas de répits pour les garces"
Chaussure palmées sur le tremplin de la piscine
Affiche publicitaire de la campagne estivale de Canal +
3- ne pas induire une idée de soumission (et de domination, a contrario) ou de dépendance (et d’exploitation a contrario)
dévalorisant la personne
Ici la femme symbolisée par les chaussures est une dominatrice qu'il faut mater. Les chaussures palmées apportent une touche d'humour. Un clin d'oeil
pour dire que tout ça n'est pas sérieux. Les affiches annoncent les films à venir, ce n'est que de la fiction.
Le cinéma est le royaume du trompe-l'oeil, du factice et du faux-semblant. Les garces sont de charmantes actrices et les acteurs incarnant les tueurs en série de bons pères de
famille. Les armes crachent des éclairs, les horribles blessures sanglantes ne sont que de la pâte colorée et les morts se relèvent à la fin de la prise.
Ces trois affiches estivales ne font que souligner l'artificialité du cinéma. Cependant, elles se jouent avec humour des interdictions de L'ARPP. Le téléspectateur, quant à lui, est
du côté de la loi et de l'ordre. Au bord de sa piscine, pas l'endroit idéal pour regarder un écran de télévision, il est prêt à savourer la raclée que vont recevoir les méchants, les gangsters et
les garces de comédie.
Rappel des recommandations "Image de la personne humaine" par l'ARPP (ex BVP):
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- ne pas porter atteinte à la dignité de la personne
-
- ne pas porter atteinte à la décence
-
- ne pas réduire la personne humaine à la fonction d’objet
-
- ne pas présenter ou induire de stéréotypes dénigrant
-
- ne pas induire une idée de soumission (et de domination, a contrario) ou de dépendance (et d’exploitation a contrario) dévalorisant la personne
-
- ne pas présenter de violence, qu’elle soit morale ou physique
-
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Cet été sur Canal +, pas de détente pour les méchants"
Meurtre d'une bouée innocente
Affiche publicitaire de la campagne estivale de Canal + sur un abri-bus
Palagret
Pauvre Dark Vador, le voilà réduit à aller manger au MacDo. Au temps de sa splendeur, il rêvait de régner sur la Galaxie mais la Force du
Mal l'a abandonnée et maintenant, il est comme nous, il va au fast-food.
Dark Vador va au MacDo
affiche publicitaire pour le fast-food Mac Donald's
"Venez comme vous êtes" dit le slogan publicitaire de Mac Donald's. Rassuré, Dark Vador y va avec sa belle cape noire et son heaume, il
n'a probablement plus que ça à se mettre. Le pauvre Seigneur Noir des Sith a même perdu son sabre laser en route. Espérons pour les autres consommateurs qu'il ne va pas enlever son masque
sinon les âmes sensibles vont recracher leur Big Mac triple-cheese bacon sauce espace et tourner de l'oeil, s'affalant au milieu des frites au ketchup et du milk-shake inter-sidéral.
Il reste quand même à Dark Vador des pouvoirs spéciaux car son Menu Spécial arrive en lévitation sur un plateau juste devant lui, grâce à sa force psychique. Ou alors les employés de Mac Donald's sont eux aussi des super-héros. A vérifier!
Depuis 1977, l'univers de Stars Wars (La Guerre des Etoiles) fait partie de notre imaginaire. Plus de trente ans plus tard, les personnages sont
toujours connus de tous et aptes au service publicitaire.
Camion décoré de tags avec Dark Vador, le méchant Jedi de Stars Wars
On retrouve les héros de la saga de George Lukas un peu partout, en tag sur les camions ou les vieux murs, sur les T-shirts ou peints sur le rideau de fer d'un magasin.
Luke Skywalker, la princesse Leia et Yoda
sur un rideau de fer peint
Peints un peu maladroitement sur le rideau ondulé, trois personnages de la Guerre des Etoiles nous conseillent de veiller sur notre planète:
Luke Skywalker: un conseil, lutte contre l'empire de la pollution
Yoda: avec vous est notre force
Princesse Leia: pour que notre planète ne devienne pas une autre
Etoile Noire
à suivre King Kong au MacDo
Palagret
Lien:
Campagne publicitaire à Dineyworld en Floride
Curieuse vitrine! "I hate life" proclame le sticker collé sur la vitre. Le squelette qui n'aime pas la vie a un tournevis planté dans l'oeil.
Meurtre ou suicide? Il est affalé par terre, le dos appuyé au mur, les jambes reposant sur un sac Eastpack. S'adressant principalement aux adolescents qui ont adopté les sacs à dos en
Cordura, la marque s'inspire de l'univers gore des morts-vivants et des cadavres. Il ne s'agit ici que d'un cadavre en plastique dont on peut soulever le crâne.
Squelette Eastpack, un tournevis planté dans l'oeil
En 2006, la campagne Eastpack mettait déjà en scène des zombies sanguinolents tout juste sortis de leur tombe. Yeux révulsés, chairs putréfiées mais
sac en très bon état: build to resist (fait pour résister) tel est le slogan d'Eastpack. Des sacs assez solides pour transporter des restes humains.
Ogre zombie obèse et cannibale,
Affiche publicitaire Eastpack, les
zombies
Les ado ont adoré la publicité, les adultes moins. Certains n'ont pas apprécié
l'humour macabre et dénoncé la mise en scène de la violence, du meurtre et du cannibalisme. Pourquoi ne pas interdire Thriller, le clip de Michael Jackson et les films de
mort-vivants!
Squelette Eastpack en vitrine
Après le "I love life" des zombies", le "I hate life" du squelette. Et après? Des urnes funéraires? Les publicitaires sont
dans l'impasse. Il faudra trouver un autre thème transgressif pour vendre les sacs à dos déclinés en multiples couleurs et maintenant à fleurs ou à motif. Peut-être une rupture complète avec
l'imagerie morbide, une campagne bucolique avec des jeunes gens batifolant dans une prairie fleurie? Une imagerie niaise un peu décalée?
Affiche publicitaire Eastpack, les zombies
➙ Canal +, campagne d'affichage: le meurtre d'une bouée contourne les recommandations
de l'ARPP (ex BVP)
➙ Attention zombies, fuyez! Piratage d'un panneau électronique à Austin, Texas
➙La marche des zombies, nouveau rite urbain
Palagret
Rappel des recommandations "Image de la personne humaine", mise à jour en 2001 par l'ARPP (ex BVP):
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- ne pas porter atteinte à la dignité de la personne
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- ne pas porter atteinte à la décence
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- ne pas réduire la personne humaine à la fonction d’objet
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- ne pas présenter ou induire de stéréotypes dénigrant
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- ne pas induire une idée de soumission (et de domination, a contrario) ou de dépendance (et d’exploitation a contrario) dévalorisant la personne
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- ne pas présenter de violence, qu’elle soit morale ou physique
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