Art contemporain

Mercredi 14 janvier 2015 3 14 /01 /Jan /2015 19:01


   Un arbre de vie-
fontaine aux joyeuses couleurs est exposé à l'entrée de l'exposition de Niki de Saint-Phalle au Grand Palais. Cette hydre est composée de sept serpents qui forment les sept branches de l'arbre. La sculpture crache de fin jets d'eau qui éclaboussent le revêtement de miroir et de céramiques colorées et le font briller. Les serpents avec leur gueule ouverte n'ont rien d'inquiétants, ils ont l'air tout à fait amical.



Niki de Saint-Phalle arbre de vie fontaine 6Arbre de vie-fontaine, Niki se Saint-Phalle, 1987
résine synthétique recouverte de miroirs, pâtes de verre, céramique et feuilles d'or



«Pour moi, ils représentaient la vie même, une
force primitive indomptable. En fabriquant moi-même des serpents, j’ai pu transformer en joie la peur qu’il m’inspiraient. Par mon art, j’ai appris à dompter et à apprivoiser ces créatures qui me terrorisaient»


     Dans son histoire personnelle (Niki est violée par son père à l'âge de douze ans), le serpent est d'abord maléfique mais elle réussit à se reconstruire et le serpent devient un animal joyeux.
Le symbole du serpent existe dans de nombreux mythes. Tantôt il est maléfique et craint, incarnant le péché dans la bible et la Vierge le foule aux pieds. Tantôt il est bénéfique et révéré comme un dieu au Mexique.




Niki de Saint-Phalle arbre de vie fontaine 4Arbre de vie-fontaine, Niki se Saint-Phalle, 1987, devant le Grand Palais
 
  
 
   Niki de Saint-Phalle a souvent représenté des reptiles.  Le serpent noir et blanc du Jardin des  Tarots en Toscane est sinistre. Avec l'eau et l'arbre, les serpents deviennent des symboles de vie et d'énergie. Il y a un reptile qui tourne sur lui-même dans la fontaine Stravinski à Beaubourg. Les sculptures colorées aux formes arrondies voisinent avec les sculptures noires de Jean Tinguely.


 
Niki de Saint-Phalle arbre de vie fontaine 2Arbre de vie-fontaine, Niki se Saint-Phalle, 1987, devant le Grand Palais



   L'arbre de vie-fontaine du Grand Palais est placé au centre du bassin de Raoul Larche (1912). Les tortues, les nymphes et les angelots (ou les enfants et les adolescentes représentant la Seine et ses affluents), assis sur la margelle, se penchent gracieusement vers le miroir d'eau. De facture art nouveau, les personnages de marbre blanc entourent l'arbre aux serpents multicolores de Niki de Saint-Phalle. Les deux styles s'allient dans une même innocence exubérante.



Niki de Saint-Phalle arbre de vie fontaine 5Arbre de vie-fontaine, Niki se Saint-Phalle, 1987, devant le Grand Palais
 
 


      Avec cette sculpture mosaïque,
Niki de Saint-Phalle est proche de Gaudi qu'elle admirait.  
    "En 1955 je suis allée à Barcelone. Là j'ai vu le magnifique parc Guëll de Gaudi. J'ai rencontré à la fois mon maître et ma destinée. Je tremblai. J'ai su qu'un jour je devrai construire mon propre Jardin de la Joie. Un petit coin de Paradis. Une rencontre entre l'homme et la nature. 24 ans plus tard j'allai m'embarquer pour la plus grande aventure de ma vie, le Jardin des Tarots."



Niki de Saint-Phalle arbre de vie fontaine 8Arbre de vie-fontaine, Niki se Saint-Phalle, 1987, devant le Grand Palais
 




  De nombreuse sculptures de
Niki de Saint-Phalle sont en plein air et accessibles librement: 

- la
Fontaine Stravinsky à Paris.
- Sun God à San Diego.
-
Le Monstre du Loch Ness à Nice.
- La
Fontaine de Château-Chinon.
- L’Ange protecteur de la Gare de Zurich.
- A Bâle
- A Stockholm etc ...
- A Jérusalem




Niki de Saint-Phalle arbre de vie fontaine 1Arbre de vie-fontaine, Niki se Saint-Phalle, 1987, devant le Grand Palais


 

 


" J’aime le rond.
J’aime le rond, les courbes, l’ondulation,
le monde est rond, le monde est un sein.
Je n’aime pas l’angle droit, il me fait peur.
L’angle droit veut me tuer, l’angle droit est un assassin.
L’angle droit est un couteau,
l’angle droit c’est l’enfer.
Je n’aime pas la symétrie.
J’aime l’imperfection.
Mes cercles ne sont jamais tout à fait ronds.
C’est un choix, la perfection est froide.
L’imperfection donne la vie, j’aime la vie.
J’aime l’imaginaire comme un moine peut aimer Dieu.
L’imaginaire c’est mon refuge, mon palais
l’imaginaire est une promenade à l’intérieur du carré et du rond.
Je suis une aveugle, mes sculptures sont mes yeux.
L’imaginaire est l’arc-en-ciel,
le bonheur est l’imaginaire, l’imaginaire existe. " 1





Niki de Saint-Phalle arbre de vie fontaine 7Arbre de vie-fontaine, Niki se Saint-Phalle, 1987, devant le Grand Palais





Niki de Saint-Phalle
Du 17 septembre 2014 au 2 février 2015
Galeries nationales du Grand Palais





Niki de Saint-Phalle arbre de vie fontaine 9Arbre de vie-fontaine, Niki se Saint-Phalle, 1987, devant le Grand Palais





Liens sur ce blog:



Palagret
sculpture-fontaine
janvier 2015






.
Source:
1- Dossier de Presse




Par Catherine-Alice Palagret - Publié dans : Art contemporain - Communauté : l'art pour tous
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Mardi 23 décembre 2014 2 23 /12 /Déc /2014 18:21

 

  Une histoire de cochon

    Comme Marcel Duchamp qui exposait un urinoir, un porte-bouteille ou une roue de vélo, Jeff Koons utilise des objets ou des images préexistantes. A la différence des ready-made de Duchamp, les sculptures de Jeff Koons reproduisent les objets et images choisis en une taille et un médium différent. Le bibelot de plâtre bon marché de Michael Jackson devient une grande porcelaine dorée, le lapin de Pâques gonflable devient un lapin en acier inoxydable etc ... 


 

 

Koons Beaubourg Fait d'hiver 7Fait d'Hiver, sculpture de Jeff Koons, 1988

Porcelaine, 49,5 x 160 x 80. Edition de 3

 

 

 

    Pour cause de "contre-façon", une sculpture de Jeff Koons vient d'être retirée de l'exposition à Beaubourg. "Fait d'Hiver" présente un cochon et deux pingouins venant au secours d'une femme allongée dans la neige. C'est clairement la reproduction d'une photo de Franck Davidovici, publié dans un magazine pour une campagne Naf-Naf dans les années 1980. Dans la photo, le buste de la femme est coupée, ce qui correspond au cadrage. Dans la sculpture en porcelaine le buste est aussi coupé ce qui est très étrange et ne correspond à aucune représentation classique. D'habitude, on voit soit le buste entier soit seulement la tête et le cou; un morceau de corps ainsi délimité, et allongé sur le sol, est bizarre et même malsain faisant penser à un corps massacré par un sérial-killer. La partie du corps tranché est blanche pour bien souligner l'absence. Koons nous fait réfléchir à l'arbitraire d'un cadrage photo et à la bizarrerie morbide teintée de sexualité de la publicité Naf-Naf. Le plasticien américain prétend ne mettre aucune ironie dans ses oeuvres.

 


 

 

Koons-fait-d-Hiver-Naf-naf-2.jpg Fait d'Hiver, photo de Franck Davidovici, publicité Naf-Naf

 

 

 

 

     Chez Koons, la femme brune allongée porte des lunettes de soleil et des bracelets de fleurs aux poignets, sa blouse en résille mets en valeur ses seins. Dans la photo de Franck Davidovici, le cochon rose porte un tonnelet comme les Saint-Bernards qui secourent les blessés dans la neige et son museau effleure la chevelure de la femme. Chez Koons le cochon a en plus un collier de fleurs autour du cou et il est encadré de deux manchots pour sursignifier le froid. Les deux oeuvres s'intitulent "Fait d'Hiver". En français, il y a un jeu de mot avec fait divers, une allusion à l'accident ou au meurtre. Koons perçoit-il le double sens en gardant le titre d'origine?


 


    La photo en noir et blanc et la sculpture polychrome "Fait d'Hiver" sont toutes deux étranges et ambigues mais plus drôle chez Koons.


 

 

 

 

Koons Beaubourg Fait d'hiver 2Fait d'Hiver, sculpture de Jeff Koons, 1988

Porcelaine, 49,5 x 160 x 80. Edition de 3

`


 

 

  La sculpture de Jeff Koons "Fait d'Hiver" est ainsi décrite dans un catalogue de vente américain: "En juxtaposant un fort élément sexuel à la douceur sucrée de bibelots décoratifs, Koons produit une version style Walt Disney d'un fantasme érotique. ... Cette combinaison dérangeante identifie une faim primale au coeur du consumerisme américain, et suggère que toute la culture de masse, que ses produits soient sordides ou propres, fonctionne comme une séduction commerciale. En promouvant ces bibelots domestiques au statut de chef-d'oeuvres de musée, Koons rend floue la frontière entre l'art et la décoration, la vraie sculpture et le kitsch de tous les jours". 1
 

 

   Une description qui s'applique à beaucoup de sculptures de Jeff Koons comme "Pink Panther" ou "Bear and the policeman". D'horribles bibelots vendus dans les boutiques de souvenirs décorent les maisons des classes moyennes américaines. Manufacturés par milliers, ils tiennent lieu d'oeuvres d'art pour beaucoup et Koons interroge ainsi la notion de mauvais goût et d'art digne d'être exposé dans un musée.

 


       Koons aime beaucoup les cochons. En 1988, une sculpture montre Saint-Jean Baptiste portant un cochon au groin doré et un oiseau sur son bras gauche. Sa main droite pointe vers le ciel comme dans le tableau de Leonard de Vinci. Un mélange de sacré et de profane.

 

   En 1988, Jeff Koons se fait photographier avec deux vrais cochons pour une publicité annonçant une exposition. Il déclare que  c'est " pour me représenter moi-même comme un cochon. Je préférais le dire moi-même avant que quelqu'un d'autre le fasse. C'est une forme d'exercice du pouvoir." 2.


 

 

 

Koons Beaubourg Fait d'hiver 4Fait d'Hiver, sculpture de Jeff Koons, 1988

Porcelaine, 49,5 x 160 x 80. Edition de 3

 

 


 

     Parlant de "ushering in banality", une autre sculpture avec un cochon rose, Jeff Koons disait: "Je me suis toujours vu comme le jeune garçon à l'arrière, poussant le cochon, poussant en croyant à la possibilité d'essayer de faire un travail qui dirait aux gens que leur histoire culturelle et personnelle est absolument parfaite jusqu'à maintenant."

 

 

 


Koons-Ushering-in-banality-Beaubourg-7.jpgUshering in banality, Jeff Koons 1988
Bois polychrome

 

 

 

 

 

 

 Koons Beaubourg Fait d'hiver 6Fait d'Hiver, sculpture de Jeff Koons exposée au Centre Pompidou avant son retrait

Derrière on voit Balloon Dog (magenta), Cat on a clothline (yellow) et le tableau Play-Doh

 

 

 

 

 

       Jeff Koons est un plasticien de l'appropriation; il a été poursuivi plusieurs fois en justice aux Etats-Unis pour non-respect des droits de Copyright par les propriétaires d'oeuvres contrefaites y compris pour Ushering in banality, une copie d'une photo de Barbara Campbell intitulée "Boys with Pig". Encore un fois Jeff Koons le roi du neo-pop kitsch ne s'est pas inquiété du copyright. Un procès s'en est suivi. 

  
    Les sculptures de Jeff Koons ne sont pas d'ailleurs de vraies contrefaçons comme on l'entend pour des montres ou des vêtements. Qui pourrait confondre un bibelot de quelques centimètres et une sculpture de plus d'un mètre ou une photo en noir et blanc et une sculpture polychrome? 


 

 

Koons-Ushering-in-banality-Beaubourg-2.jpgUshering in banality, Jeff Koons 1988
Bois polychrome, deux angelots et un garçonnet

                                                                                                                          

 

 


     Alain Seban, président du Centre Pompidou, déclare dans un communiqué que "Une large part de la création moderne et contemporaine repose sur le concept de citation, voire d’appropriation. Il est essentiel que les musées puissent continuer à rendre compte de ces démarches artistiques."

 

    Beaucoup de pop-artists utilisent des images ou objets existants: Andy Warhol, Richard Hamilton, Rauschenberg, Roy Lichtenstein, Oldenburg, Arman, Jan Fabre, Erró, Barbara Kruger, Wim Delvoye, Douglas Gordon, Christian Marclay etc ....


 

 

 

Koons Beaubourg Rabbit 6Rabbit de Jeff Koons,1986, acier inoxydable, série statuary

104,1 x 48,3 x 30,5 cm
 

 

 

 


     Les lois américaines sur le copyright et le fair use sont différentes des lois françaises du droit d'auteur. On verra ce que décident les tribunaux pour "Fait d'Hiver" et "Naked", les "contrefaçons" de Jeff Koons sélectionnées pour sa rétrospective à Beaubourg.

 

 

 

 

 

Liens sur ce blog:


Jeff Koons: gazing balls, sculptures antiques et boules réfléchissantes à Beaubourg

Ushering in banality, un cochon à Versailles

Michael Jackson, éternellement jeune, immortalisé par Jeff Koons

Bear and the policeman de Jeff Koons

Rabbit de Jeff Koons

La ménagerie de Jeff Koons dans les salons royaux de Versailles

Erró, Femmes Fatales, appropriation et recontextualisation

William Klein contre John Galliano, plagiat ou citation?



 

 

 

 

 

Palagret

art contemporain et appropriation

décembre 2014


 

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Sources:


1- in Wikipedia. The City Review. Retrieved November 11, 2011.


2- Le Monde du 30.08 05. Propos recueillis par Harry Bellet

 

Copyright et fair use aux Etats-Unis


Koons et la justice 

 


 



Par Catherine-Alice Palagret - Publié dans : Art contemporain - Communauté : l'art pour tous
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Dimanche 21 décembre 2014 7 21 /12 /Déc /2014 17:08

   

 

    Une boîte à lettres et une statue antique d'Hercule Farnèse, un bain pour oiseaux et une Ariane endormie sont traités de la même façon par Jeff Koons. Réalisées en plâtre blanc, légèrement plus grandes que les originaux, ces sculptures iconiques sont surmontées d'une boule réfléchissante (gazing ball) d'un bleu profond. Koons mets sur le même plan des objets quotidiens de la banlieue et des oeuvres d'art gréco-romaines en pierre ou en marbre. Les copies servent de socle à une boule miroir telle qu'on en trouve aux Etats-Unis dans les jardins et sur les pelouses des maisons américaines. Ces boules reflètent et déforment tout leur environnement ainsi que celui qui les regarde et s'y mire. 

 

 



Koons-Gazing-ball-Ariane-Beaubourg-4.jpgAriane endormie et boule réfléchissante, Jeff Koons 2013

Plâtre et verre, 112,7 x 238,4 x 93 cm. Edition de 3



 


     "Je pense aux gazing balls depuis longtemps. J'ai voulu montrer l'affirmation, la générosité, le sens de l'espace et la joie des sens que gazing balls symbolisent. La série est basée sur l'idée de transcendence. La réalisation de notre mortalité reste abstraite et de là nous sommes capables de concevoir le monde extérieur, la famille, la communauté et un plus vaste dialogue avec l'humanité au-delà du présent. La série des Gazing Balls est basé sur le regard du philosophe, commençant avec la  transcendence à travers les sens mais dirigeant notre vision vers l'éternel à travers la forme pure et les idées." 1


 

 

 

Koons-Gazing-ball-Hercule-Farnese-danseuse-Beaubourg.jpgHercule Farnèse et boule réfléchissante, Jeff Koons, 2013

Plâtre et verre, 326,4 x 170 x 123,5. Edition de 3

devant Ballerine, acier inoxydable au poli miroir, vernis transparent, 2000 - 2014

 


 

 

  Jeff Koons joue du contraste entre la simple perfection de la sphère brillante et la matité du plâtre révélant l'anatomie humaine et les effets de drapé. Il ne mentionne cependant pas que la rencontre de sculptures classiques et d'ornement de jardin est évidement comique. Comique comme Balloon Dog, la baudruche géante.

 

 

 


gazing-balls-de-jardin.jpg Gazing Balls en acier pour décorer son jardin, en vente sur internet

 

 

 



    Comme toujours, Jeff Koons s'approprie des oeuvres populaires existantes et les recontextualise. Cette fois-ci il ne risque pas de procès de la part de Lysippe (4è siècle avant JC) et d'autres sculpteurs gréco-romains.


 

 

 

Koons-Gazing-ball-Hercule-Farnese-Beaubourg.jpg


 

 

    Délaissant le métal et la pierre, Koons choisit le plâtre, un matériau très souvent utilisé pour faire des copies de l'antique et aussi par les artiste modernes dont Picasso. Avec la boule bleue réfléchissante et déformante Koons instaure un dialogue avec ses propres oeuvres brillantes.



 

 

 

Koons-Gazing-ball-boite-a-lettres-Beaubourg.jpgGazing Ball (mailbox) 2013, Jeff Koons

Plâtre et verre, 188,6 x 61,9 x 105,4. Edition de 3

 

 

 



 

  Depuis les années 80, Jeff Koons utilise très souvent des surfaces réfléchissantes dans les séries "Luxury and degradation" ou "Celebration". Les Balloon dog, Balloon flower, Rabbit, Moon ou Hanging Heart renvoient notre image ou celle du plasticien narcissique.



 

 

 

Koons-Gazing-ball-Ariane-Beaubourg-9.jpgGazing Ball posée sur copie en plâtre d'Ariane endormie

 

 

 


 

the gravity of Duchamp, or that of the notion of appropriation, which permits everything to become a readymade via its re-presentation, re-contextualization, or re-purposing, the mainstay aesthetics of the early ‘80s. - See more at: http://www.artcritical.com/2014/09/10/saul-ostrow-on-jeff-koons/#sthash.eAguUh31.dpuf

 

 

      Les copies de sculptures antiques sont les premières de Jeff Koons représentant l'homme et la femme depuis la fameuse série avec la Cicciolina. A Beaubourg, le plasticien américain n'expose que trois Gazing Balls mais il en existe une vingtaine qui étaient exposées à New-York dans la galerie David Zwirner en juin 2013 mêlant l'histoire de l'art et la pop culture. Des sculptures iconiques de l'Antiquité: Vénus sortant du bain, Apollon Lykeios, Diane, Dionysos, Silène et Dionysos, le faune Barberini, le Torso du Belvèdère, un centaure. A côté partageant l'espace, un petit garçon banal, un bonhomme de neige gonflable, un bain pour oiseau et une bôite à lettres. Toutes oeuvres en plâtre surmontées d'une parfaite boule bleue réfléchissante que nous ne pouvons voir sans nous voir nous-mêmes.


 

 

 

Koons-Gazing-ball-Hercule-Farnese-boite-a-lettres-Beaubo.jpgHercule Farnèse et boule réfléchissante, boîte à lettres et boule réfléchissante, Beaubourg

 

 

 

    Les déesses, les dieux et les héros renvoient aux demi-dieux contemporains portraiturés par Jeff Koons: Louis XIV, aux icones pop comme Michael Jackson, Bob Hope, Buster Keaton et surtout Popeye aux muscles hypertrophiés, nouvel Hercule nourri aux épinards.


 

 

 

Koons-Beaubourg-Popeye.jpgPopeye, Jeff Koons, 2009 -2011, acier inoxydable au poli miroir, vernis transparent

198,1 X 131,4 x 71,1 cm. Edition de 3. Centre Pompidou


 

 


 

 

    Jeff Koons, roi du néo-pop, kitsch et controversé, rencontre un grand succès à Beaubourg. Il vaut mieux acheter son billet à l'avance.


 

 

 

Jeff Koons, la rétrospective

Exposition au centre Pompidou

Du 26 novembre 2014 au 27 avril 2015

De 11h à 21h


Nocturnes jusqu’à 23h (dernière entrée à 22h) les jeudis, vendredis et samedis soirs.
Ouverture anticipée à 10h les samedis et dimanches pour les adhérents et les visiteurs munis de billets


Mirrors and polished surfaces, his most recurrent motif, are in essence narcissistic, a product of someone who in all ways is watching himself. - See more at: http://www.artcritical.com/2014/09/10/saul-ostrow-on-jeff-koons/#sthash.eAguUh31.dpuf

 

 

 

 

Liens sur ce blog:


Balloon dog, sculpture iconique de Jeff Koons, bientôt à Beaubourg

Ushering in banality, un cochon à Versailles

Michael Jackson, éternellement jeune, immortalisé par Jeff Koons

Bear and the policeman de Jeff Koons

Rabbit de Jeff Koons

Split-rocker de Jeff Koons

Chainlink, la tortue et l'hippopotame de Jeff Koons

La locomotive suspendue de Jeff Koons bientôt à Los Angeles

La locomotive de Jeff Koons déraillera-t-elle avant d'être lancée?

La visite de l'atelier de Jeff Koons mise aux enchères
 
Rabbit, le lapin de Jeff Koons, à la parade de Macy's

L'art contemporain et Jeff Koons à Versailles

 
Seize sculptures de Jeff Koons bientôt à Versailles


 

 

 

 

 

 

 

 

Palagret

art contemporain et appropriation

art rigolo

décembre 2014

 


 

 

 

 

Sources:

http://www.davidzwirner.com/exhibition/gazing-ball/


http://newyorkcity.eventful.com/events/jeff-koons-gazing-ball-/E0-001-057511345-8


 


 


Par Catherine-Alice Palagret - Publié dans : Art contemporain - Communauté : l'art pour tous
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Samedi 13 décembre 2014 6 13 /12 /Déc /2014 19:03

 

 

   Comme des nuages noirs tombés du ciel, des décors en contreplaqué occupent l'espace 315 du Centre Pompidou. "L'air du temps" de Latifa Echakhch est constitué de dizaines de sculptures. A côté de chaque nuage noir, un objet dérisoire ou obsolète à moitié badigeonné d'encre, témoin du passé: valise pleine de vieilles photos, transistor, vase de fleurs artificielles, flacon de parfum Nina Ricci, fil à broder rouge ou roses des sables venus du Maroc, pays de l'enfance de la plasticienne, etc ...


 

 

LATIFA ECHAKHCH AIR DU TEMPS 1L'air du temps, encrage (la lampe coquillage), installation de Latifa Echakhch, centre Pompidou, espace 315

Lauréate du prix Marcel Ducham^2013 

 

 

 

 

   Ces formes noires sont comme Janus, doubles, noires d'un côté, bleu ciel et blanc de l'autre. En entrant le visiteur voit l'envers du décor, une installation assez sinistre avec des objets qui semblent brûlés, sauvés d'un désastre. En se retournant il voit de joyeuses nuées posées sur le sol (la terre) et suspendues par des fils accrochés au plafond (le ciel).

 


 

LATIFA ECHAKHCH AIR DU TEMPS 2L'air du temps,côté clair, installation de Latifa Echakhch, centre Pompidou


 

 

 


Latifa Echakhch: "J'ai appréhendé l'Espace 315 en m'intéressant principalement à sa forme. C'est un rectangle allongé, une sorte de boîte qui m'évoquait un peu l'idée d'une « camera obscura » où l'image est inversée. Dans l'exposition, les nuages flottent ainsi légèrement au-dessus du sol, et le parquet très brillant redouble encore cette impression de basculement. J'ai en quelque sorte cherché à étirer/condenser un paysage dans le lieu, afin de jouer avec différents plans ou strates de lecture, et différentes échelles." 1


 

 

LATIFA ECHAKHCH AIR DU TEMPS 3L'air du temps, installation de Latifa Echakhch, centre Pompidou 



 

 

 "Ces nuages n'ont pas une signification arrêtée, précise. Ils permettent une forme de condensation. Il s'agit d'offrir une seule et même vue d'un ensemble, comme un paysage de bord de lac où l’on peut voir le ciel, l'eau et les berges se refléter les uns sur les autres, les uns dans les autres. Il y a ici un jeu avec le haut et le bas, le recto et le verso. Un jeu de basculement qui permet une forme de synthèse, et concourt à créer une sensation onirique tout en attirant l'attention du visiteur sur les sculptures."


 

 

 

LATIFA ECHAKHCH AIR DU TEMPS 7L'air du temps, encrage (vase et fleurs), installation de Latifa Echakhch, centre Pompidou 

 

 

 

 

   Chaque nuage est un encrage (ou ancrage?). Il se distingue des autres par l'objet qui lui est accolé: Encrage (la lampe coquillage, encrage ( le puzzle de paysage de montagne) etc ...


 

 

 

LATIFA ECHAKHCH AIR DU TEMPS 5L'air du temps, encrage (lecteur de cassette), installation de Latifa Echakhch, centre Pompidou


 

 

LATIFA ECHAKHCH AIR DU TEMPS 9L'air du temps, encrage (boules de pétanque), installation de Latifa Echakhch, centre Pompidou 

 

 

 

 

" Le noir renvoie à la fois à l'idée d'un temps d'action passé et arrêté, ainsi qu’à un ensemble en puissance de gestes à venir."



 

 

LATIFA ECHAKHCH AIR DU TEMPS 8L'air du temps, côté clair, installation de Latifa Echakhch, centre Pompidou 

 

 

 

 

    Avec des matériaux modestes et des objets à peine modifiés, presque des ready-made, Latifa Echakhch crée une installation onirique, un trompe-l'oeil de théâtre naïf où différents plans de décor simulent la profondeur, un trompe-l'oeil abandonné au sol comme après une représentation. En février 2014, chez Kamel Mennour, la plasticienne faisait aussi tomber le ciel (the sky is falling) avec une toile peinte affalée, à moitié suspendue.

 

   L'air du temps, titre de l'installation de Latifa Echakhch, est aussi le nom du parfum Nina Ricci crée en 1948. Petite fille, Latifa Echakhchen en possédait un échantillon.


 


 

 


 

Latifa-Echakhch--sky-falling.jpgThe sky is falling, Latifa Echakhch, galerie Kamel Mennour


 


 


 

Latifa Echakhch est née en 1974 à El Khnansa, Maroc. Elle vit et travaille à Martigny, Suisse.

 

 


 

Dossier de presse:


Depuis plus de dix ans, le Centre Pompidou accueille chaque année les lauréats des Prix Marcel Duchamp pour une exposition personnelle et inédite dans l'Espace 315, durant trois mois.

Après Daniel Dewar et Grégory Gicquel, lauréats 2012, Latifa Echakhch a reçu le Prix Marcel Duchamp 2013, décerné chaque année à un artiste novateur de la scène française, et répondra à l'invitation du Centre Pompidou, en partenariat avec l'Adiaf.

« Le jury a été sensible à la manière dont Latifa Echakhch sait activer le potentiel de l'espace qu'elle investit en faisant appel à des éléments aisément reconnaissables, a précisé Alfred Pacquement, alors président du jury.

Son oeuvre entre surréalisme et conceptualisme questionne avec économie et précision l'importance des symboles et traduit la fragilité du modernisme.



 

 

LATIFA ECHAKHCH AIR DU TEMPS 4L'air du temps, encrage, installation de Latifa Echakhch, centre Pompidou

 

 




Latifa Echakhch, L'air du temps

du 8/10/2014 au 26/01/2015

Espace 315, Centre Pompidou


 


 


 


 

Palagret

art contemporain. Prix Marcel Duchamp

décembre 2014


 


 


Par Catherine-Alice Palagret - Publié dans : Art contemporain - Communauté : l'art pour tous
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Mercredi 1 octobre 2014 3 01 /10 /Oct /2014 20:20
 
    Dans le salon carré du Louvre, Monique Frydman expose son polyptyque Sassetta au milieu des oeuvres des artistes florentins de la Renaissance. Une oeuvre monumentale de 330 x 400 x 150 cm.


     Louvre Frydman polyptique Sassetta 70520Le polyptyque Sassetta, Monique Frydman, salon carré du Louvre
 
 
 
    Cette oeuvre lisible des deux côtés s’inspire du Polyptyque de Borgo San Sepolcro (1437-1444) du peintre siennois Stefano di Giovanni dit Sassetta (1400-1450). De ce retable démembré dès la fin du XVIe siècle, le musée du Louvre conserve trois panneaux du registre principal de la face antérieure (dont deux montrés actuellement) et deux panneaux de la prédelle postérieure.



Louvre Frydman polyptique Sassetta 70542Polyptyque de Borgo San Sepolcro, élément de la prédelle postérieure
Stefano di Giovanni dit Sassetta
Le bienheureux Ranieri délivre les pauvres d'une prison de Florence
 
 

    Quatre de ces panneaux sont actuellement exposés non loin de l'oeuvre abstraite de Monique Frydman. Le cinquième panneau, Saint Antoine de Padoue, est en cours de restauration.



Louvre Frydman polyptique Sassetta 70544Polyptyque de Borgo San Sepolcro
Le bienheureux Ranieri délivre les pauvres d'une prison de Florence, détail

 


   " Le polyptyque de Monique Frydman reprend la bilatéralité, les dimensions de l’œuvre originale et s’allège de son ornementation. Au recto, la sacralité est rendue par le traitement d’un jaune lumineux frotté au pastel à même la toile de lin brune. Cette couleur, à laquelle l’artiste consacrait une importante série à la fin des années 80, fait écho à l’emploi d’or et d’argent dans le précieux polyptyque de Sassetta.


Louvre Frydman polyptique Sassetta 70517Le polyptyque Sassetta, Monique Frydman, salon carré du Louvre
 
 
 


  A cette première symbolique s’ajoute celle des tons choisis pour souligner la présence de chacun des sujets:
- le bleu roi de la Maestà
- le rose tendre et le vert anis des saints qui l’encadrent
- au dos, le rouge profond du Saint François en extase.
- L’esquisse d’une ombre brune suggère la lacune de l’un des panneaux encore
disparu.




Louvre Frydman polyptique Sassetta 70508Le polyptyque Sassetta, Monique Frydman, salon carré du Louvre
 
 


   Au revers, la composition diffère radicalement et c’est le traitement du paysage et des architectures qui domine dans une division plus forte, augmentant le nombre des panneaux. La palette s’organise à la fois en symétrie autour de la figure centrale de Saint François, et dans une lecture verticale où l’incroyable gamme de verts, de bruns et de bleus crée l’illusion de glisser d’un châssis à l’autre.




Louvre Frydman polyptique Sassetta 70511Le polyptyque Sassetta, Monique Frydman, salon carré du Louvre
au fond La vierge et l'enfant en majesté entourée de six anges (Maesta) de Cimabue, vers 1280
 
 
 


    Cette construction, rappelle le processus naturel de sédimentation. Il n’est par conséquent pas surprenant de retrouver dans la prédelle, ce même principe de stratification, du plus sombre au plus clair."
 
« La trouée du temps est là ... Ce qui est perdu, démembré, relance le temps et dans cet effacement ne subsiste que le manque dont notre mémoire et notre regard restituent la présence. »






Louvre Frydman polyptique Sassetta 70512Le polyptyque Sassetta, Monique Frydman, salon carré du Louvre
 
 
 
 

  Peintre abstraite, Monique Frydman utilise un vocabulaire dégagé de toute référence figurative et s’affirme dans l’exaltation de la couleur. Le travail de Monique Frydman montre un grand attachement à la peinture et à des matières auxquelles elle est fidèle depuis le début, notamment les pigments, pastels et liants. Sa technique d’imprégnation progressive de la couleur sur de multiples supports (toile de lin, de coton, papier Japon, tarlatanes) se retrouve ainsi dans ses séries Les Jaunes, Les Dames de nage, Les Lignées, Les Eclats, De la Couleur et Des Saisons avec Bonnard.




Louvre Frydman polyptique Sassetta 70540Polyptyque de Borgo San Sepolcro

Monique Frydman,  Polyptyque Sassetta
Du 26 septembre 2013 au 6 janvier 2014
Louvre, Aile Denon, 1er étage Salon Carré

Commissaire de l’exposition : Pauline Guélaud, assistée de Valentine Busquet
Source: dossier de presse

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Palagret
octobre 2014
art contemporain au Louvre


Par Catherine-Alice Palagret - Publié dans : Art contemporain - Communauté : Arts
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