Plantureuses et légères, joyeuses, les Nana de Niki de Saint-Phalle dansent sur un piédestal. Plus grandes que nature, "plus grandes que les hommes pour pouvoir leur tenir tête", ce sont des femmes libérées et des déesses-mères. Saisies dans le mouvement, bras levés, en équilibre sur une jambe, elles dansent pour célébrer la vie. Comme les danseuses de Matisse.

Nana, Niki de Saint-Phalle, Grand Palais, Paris
Faites de résine de polyester, peintes de couleurs vives avec des motifs circulaires soulignant leurs seins opulents, couvertes de miroir en mosaïque, elles réfléchissent la lumière. Leurs formes évoquent les Vénus callipyges du Paléolithique (de Willendorf, de Lespugues) avec de petites têtes sans visage et des corps imposants.
Niki de Saint-Phalle, la danse des Nanas par Palagret
Après les inquiétantes mariées faites de treillis métalliques et d'objets accumulés, après les accouchées tout aussi flippantes des années 1963-1964, Niki de Saint-Phalle s'oriente vers des formes lisses et pleines, solaires qui n'ont plus rien de menaçant sauf peut-être pour les critiques d'art. Pierre Descargues écrit dans le catalogue de l'exposition de 1965 à Paris: « Les nanas font la fête, c'est à nos dépens. Messieurs, que ça se passe. Elles nous piétinent le ventre, l'armée, la morale, elles nous sautent sur la philosophie, elles nous font le grand écart sur la patrie [...] Niki de Saint Phalle sait se servir des armes féminines » 1.

Nana, Niki de Saint-Phalle, Grand Palais, Paris
Née Catherine Marie-Agnès Fal de Saint-Phalle à Neuilly sur Seine, dans un milieu très bourgeois, Niki a rompu avec sa famille avec des oeuvres iconoclastes comme les tirs.

Silver Nana, Niki de Saint-Phalle, Grand Palais, Paris

Nana, Niki de Saint-Phalle, Grand Palais, Paris
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1- Cité par Amelia Jones, South California University, Los Angeles