3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 23:46

      

     Sculptures ludiques, clin d'oeil aux jardiniers, les fontaines de Bertrand Lavier sont faites de bouquets de tuyaux couronnés de pommes d'arrosage. En plastique coloré, elles apportent une touche bizarre à Versailles. Elles ne sont pourtant pas plus étranges que les vases en bronze de Claude Ballin (1615-1678) qui entourent les bassins et les parterres. Les vases du XVIIéme déclinent tout un vocabulaire merveilleux fait de monstres, de chimères, de satyres, de faunes et d'amours inspirés de la mythologie grecque avec quelques touches de fantaisie contemporaine du Grand Siècle.

 

      Loin de cet univers fabuleux, le plasticien contemporain s'inspire de la vie réelle et détourne des objets du quotidien, comme Marcel Duchamp en son temps et les Nouveaux Réalistes plus près de nous.


    

 VERSAILLES fontaine Lavier 8433Fontaine de Bertrand Lavier à Versailles

 

 

 

  Au centre des bassins ronds, l'eau jaillit de manière désordonnée, à des hauteurs différentes, et retombent en gouttelettes.


 

VERSAILLES fontaine Lavier 8431
Fontaine de Bertrand Lavier à Versailles


 

    Pour la saison 2009 des Grandes Eaux musicales de Versailles, Bertrand Lavier a installé deux fontaines dans le parterre du Midi. C'est la première fois qu'un artiste contemporain créé une fontaine à Versailles, si on ne compte pas le Jet d'eau de Xavier Veilhan

 


 

VERSAILLES fontaine Lavier 8428Fontaine de Bertrand Lavier à Versailles


 

    Installées entre le château et l'Orangerie, les fontaines ne gênent pas la perspective royale, ce qui aurait pu offusquer les défenseurs énervés du patrimoine rétifs à toute intrusion d'art contemporain à Versailles.

 

    En 2000, Bertrand Lavier installait une fontaine à la Villa Médicis, en 2002 au Musée d'art moderne de la Ville de Paris et en 2008 dans le jardin des Tuileries lors de la Fiac 2008. Les fontaines de Bertrand Lavier à Versailles était éphémère. Elles ne sont plus là. Les photos datent de septembre 2009.


 

VERSAILLES fontaine Lavier 8432Fontaine de Bertrand Lavier, au fond le châteu de Versailles

 

 

 

    L'eau est omniprésente à Versailles; Louis XIV fit appel à des fontainiers italiens pour orner le parc. On compte aujourd'hui à Versailles une cinquantaine de fontaines, 34 bassins et 700 jets d'eau.



Versailles statue bronze angelot Ballin 8476Amour accoudéJean Lepautre d'après Claude Ballin

 

 

 

 

Liens sur ce blog: 

Versailles: Xavier Veilhan, la Lune et le Jet d'eau

Versailles, le bassin d'Encelade, violence et démesure baroque


Palagret

art contemporain et patrimoine


 

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 13:02

 

   Après Art Basel Miami en 2006 et l'Hôtel de la Monnaie à Paris en 2009, Daniel Buren installe une Pergola en Provence près de Mougins, dans un château du début du 16è siècle. La pergola commence dans le jardin, traverse l'enceinte par une porte et se termine dans la cour pavée. 

 

Pergola, oeuvre située de Daniel Buren en 2009
Cour de l'Hôtel de la Monnaie, Paris

   Différent du ciel nuageux parisien, le ciel de Provence anime la Pergola et ses jeux de couleurs vibrantes. A chaque site, l'oeuvre se renouvelle et la confrontation de l'art contemporain au patrimoine permet de voir le château autrement, lui donnant une nouvelle entrée poétique.


Photos de la Pergola au château

 

 

Liens sur ce blog:

Vidéo de la Pergola de Daniel Buren à Paris

Buren, la Pergola colore les pavés de l'Hôtel de la Monnaie

Buren: les deux plateaux, colonnes du Palais Royal
Buren: La coupure au musée Picasso
Buren: les fenêtres colorées à l'Hôtel Salé

 

 

Pergola, travail situé de Daniel Buren

du 28 juin au 14 décembre

Espace de l’Art Concret Château de Mouans-Sartoux

04 93 75 71 50

Du 1er septembre au 30 juin, du mercredi au dimanche, de 12h à 18h

Du 1er juillet au 31 août, tous les jours, de 11h à 19h

 

Espace de l'art concret

 

 

Palagret

juillet 2010

 


 

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 15:30

 

   Des chevaux, éléphants et vaches en terre cuite célèbrent le culte d'Ayyanar (ou Aiyanar), dieu protecteur des villages tamouls. La nuit, Ayyanar, suivi de Karuppan son lieutenant et de tout un cortège de divinités secondaires (MuniyanMaturaiviran), galope dans les villages pour en chasser les esprits malfaisants. A l'aube, il regagne son sanctuaire érigé à l'écart des maisons, souvent près d'un étang ou au milieu d'un bois sacré.

 

expo quai Branly Inde Ayyanar 8108Elephant de terre cuite pour le culte d'Ayyanar

 Autres maîtres de l'Inde, jardin du Musée du Quai Branly 

 

  Les potiers velars fabriquent ces monumentales terracotta; on leur attribue un pouvoir magique. Ils sont aussi les prêtres du culte. Ce ne sont pas des brahmanes, le culte d'Ayyanar est un culte pré-aryen très ancien, populaire et rural.

 

expo quai Branly Inde Ayyanar 8028Chevaux de terre cuite et garde, pour le culte d'Ayyanar

      Autres maîtres de l'Inde, Musée du Quai Branly 


   Les animaux dédiés à Ayyanar sont en six morceaux, les pattes, le buste, la tête, fabriqués dans le village ou dans l'enceinte du temple. Les statues creuses sont ensuite assemblées, cuites sur place et peintes. Les poteries sont fragiles et en Inde les singes bondissent dessus en jouant et les cassent; les couleurs vives s'altèrent avec le temps. De temps en temps, les villageois se cotisent pour commander de nouvelles statues. Les statues abîmées sont entassées à l'écart.

 

   expo quai Branly Inde Ayyanar 7997Chevaux, vache et garde de terre cuite pour le culte d'Ayyanar

      Autres maîtres de l'Inde, Musée du Quai Branly 


   Les terres cuites présentées dans l'exposition "Autres maîtres de l'Inde" ont été spécialement fabriquées pour le musée du Quai Branly. Elles n'ont aucun rôle rituel.

 

expo quai Branly Inde Ayyanar 8117Cheval de terre cuite pour le culte d'Ayyanar

      Autres maîtres de l'Inde, jardin du Musée du Quai Branly 

 

   Les chevaux, vaches et éléphants exposés au Musée du Quai Branly ne donnent qu'une petite idée des somptueux ensembles modelés dédiés à Ayyanar qu'on peut découvrir en Inde. Massives, naïves et kitsches, flamboyantes, les statues du dieu au visage terrible témoignent de la vivacité du culte populaire d'Ayyanar dans les villages du Tamil Nadu 

 

expo quai Branly Inde Ayyanar 8005Cheval de terre cuite pour le culte d'Ayyanar

      Autres maîtres de l'Inde, Musée du Quai Branly 


  Les statues dédiées au dieu sont aujourd'hui en béton et ciment avec des couleurs inaltérables. Désormais considérées comme des objets d'art, les poteries de chevaux ou d'éléphants, sont aussi vendues dans les galeries d'art. 

 

--Madurai-temple-Aiyanar--cheval.jpgCheval de terre cuite, Ayyanar et les 21 divinités secondaires

sanctuaire au Tamil Nadu


Voir l'histoire d'Ayyanar avec de nombreuses photos sur ce blog:

Ayyanar: sanctuaire et bois sacré de Namana Samudram au Tamil Nadu

 

Ayyanar: fabrication des terres cuites monumentales du dieu tamoul

 

Ayyanar, le dieu protecteur des villages tamouls en Inde du Sud


L'éléphant monolithe de Mahabalipuram dédié à Ayyanar?

 

 

 

"Autres maîtres de l'Inde"

30 mars 2010 - 18 juillet 2010

Musée du Quai BranlyParis

 


Mots clés: Ayyanar, Aiyanar, Namana Samudram, Tamil Nadu, terra cotta, potier, velar

 

 

Palagret

Texte et photos

juillet 2010

 


 

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 13:02


     Le jardin du Palais-Royal est bordé d'appartements de style néo-classique construits en 1780 par Victor Louis pour le Duc d'Orléans qui souhaitait les louer. Les trois galeries sont occupées par des boutiques de mode, de décoration, d'antiquaires, de libraires etc ...



Palais-Royal-galerie.jpgGalerie du Palais Royal



  Deux cafés-restaurants ont des terrasses donnant sur le jardin à la française orné de quelques statues. Un bassin rond avec jet d'eau est au centre. Les bureaux du Ministère de la Culture donnent sur la cour d'honneur occupée par les Deux Plateaux de Buren, dits les Colonnes. Colette habita au n°93 et y mourut en 1954.


Palais-Royal-facade-Victor-Louis.jpg

Jardin et façade de Victor Louis

Palais Royal à Paris

 


Palais-Royal-Wang-Du-journaux.jpgJournaux de Wang Du dans le jardin du Palais Royal

exposition collective "Le jardin emprunté"

juin 2010

 


    Depuis 1998, l'association "les Jardins du Palais Royal" propose des expositions de sculpture contemporaine.

 


Les loups d'Estoppey dans le jardin du Palais-Royal

décembre 2008



undefinedLe puits de Kallichoron
Cinq sculptures de bronze
octobre 2007



Liens sur ce blog:

Estoppey: une meute de loups rôde dans le jardin du Palais Royal 

Vana Xenou: la mythologie grecque au Palais Royal

Les colonnes rénovées de Buren à nouveau visibles au Palais Royal

Yan Pei-Ming, Pirates' flags, peinture flottante au Jardin emprunté du Palais Royal

Huang Yong Ping, le buffle dans la carriole, au Jardin emprunté du Palais Royal

 

Palagret

 


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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 12:01

 

    Takashi Murakami confrontera bientôt son imagerie mignonne (kawaï) aux dorures du château de Versailles. Fleurs souriantes aux couleurs acidulées, personnages de dessins animés et multiples champignons déclinés en peinture, papier peint, sculpture ou énorme ballon en plastique, la thématique de Murakami est à première vue joyeuse, puérile et colorée.


Murakami Flower Matango by wallig (1)Flower Matango de Takashi Murakami

photo wallyg

 


    En y regardant de plus près, on s'aperçoit que les jolies petites marguerites ont des dents acérées et que les champignons, dans un pays qui a subi la bombe atomique d'Hiroshima, ne sont pas si innocents. La saturation de l'espace de la toile, la répétition du même motif peint si méticuleusement par des assistants aux gants blancs, les yeux écarquillés des petits personnages, leur sourire vide, créent un effet presque hallucinatoire, ce rêve enfantin de gentillesse et de douceur n'est pas loin du cauchemar.



Murakami Dob by kumasawa (1)Dob de Takashi Murakami

photo kumusawa

 


  Sa technique dite « Superflat », super plat, compresse, aplatit, des éléments de la peinture traditionnelle japonaise et des motifs de la culture pop et de la sous-culture des mangas. Superflat, le terme choisit par Murakami lui-même, se réfère autant au dessin et à l'animation japonaise en deux dimensions qu'à la superficialité, à la futilité et au vide de la culture populaire du Japon.

 

 

Murakami auto-portrait by BFLV (1)auto-portrait de Takashi Murakami

  photo BFLV

 

 

     « Je n'ai ni femme ni enfant. Je me consacre totalement au travail et ça me suffit complètement. En fait, je ne peux même imaginer avoir une famille. Je veux continuer à créer mais j'ai peur: combien de temps pourrais-je continuer? J'ai survécu 10 ans mais je ne suis pas sûr de pouvoir continuer dix ans de plus.


   “Ma génération, c'est la génération des geek et beaucoup sont morts avant l'âge de cinquante ans à cause de l'alcool ou du surmenage. Je me sens vieux. Mon inspiration se rétrécit, ma concentration n'est pas bonne. Je suis fatigué.” déclarait Murakami lors de son exposition d'auto-portraits à la Galerie Perrotin en octobre 2009.1

 


Murakami Kiki by wallyg (1)Kiki de Takashi Murakami

photo wallyg



     Fatigué ou pas, Takashi Murakami présentera à Versailles quelques pièces inédites et d'autres déjà connues. On y verra des sculptures, des peintures, une vidéo et une moquette. "Mister Pointy" sera dans le Salon d'Hercule, Oval Budha en argent dans le Salon de l'Abondance, "Flower Matango" dans la galerie des Glaces. A l'extérieur, sur la terrasse, Oval Budha en bronze doré fera face au soleil couchant.



Murakami Oval Buddha byOval Boudha de Takashi Murakami

photo wallyg

 

    Comme Jeff Koons, Takashi Murakami est très honoré d'exposer à Versailles, un Versailles que les japonais connaissent bien grâce au manga célèbre « La Rose de Versailles ». Les défenseurs auto-proclamés du château de Versailles  et de la culture française s'agitent déjà pour faire interdire l'exposition des oeuvres de Murakami. Mr DOB face au Roi-Soleil? Pourquoi Pas. On est maintenant habitué à la présence de l'art contemporain dans un cadre classique.

 

    Roi de la néo-pop japonaise, Takashi Murakami créera-t-il à Versailles le même bruit que l'américain Jeff Koons? Le lonesome cow-boy au pénis démesuré ne remplacera-pas la Panthère rose enlaçant une sirène dans le salon de la Paix; le spectacle sera familial, pas de pornographie!


 

Murakami Mister Pointy by wallig (1)Mister Pointy de Takashi Murakami

photo wallyg

 


     Comme Warhol, Jeff Koons ou Damian Hirst, Takashi Murakami est une super-star du monde de l'art et des salles des ventes. Comme eux, il a un atelier, Kaikaï Kiki avec une équipe d'assistants, et maîtrise parfaitement le marketing. Il  produit de nombreux produits dérivés, jouets, gadgets et même sac Vuitton. Il n'a pas encore décoré une BMW comme Jeff Koons. Comme ces rois du pop et du néo-pop,  le plasticien japonais a toute sa place dans la catégorie Art Rigolo.



 

Louis Vuitton "Superflat Monogram" par Takashi Murakami

 

 

 

Murakami à Versailles

Du 14 septembre au 12 décembre 2010

Château de Versailles



Liens sur ce blog:

Murakami à Versailles: rutilants bouddhas d'or et d'argent

L'art contemporain et Jeff Koons à Versailles

Google doodle: Murakami célèbre le solstice d'été avec des fleurs kawaï

 

Jeff Koons et l'art rigolo

Xavier Veilhan, un carosse violet immobilisé en pleine course à Versailles

Versailles, le bassin d'Encelade, violence et démesure baroque

Murakami à l'étal des marchés, esthétique kawaï et superflat


Diaporama de l'exposition Murakami du Brooklyn Museum en avril 2008



Palagret

Art contemporain

juin 2010



Source: KYODO news

1- in Timesonline


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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 23:05


    Mettre la charrue avant les boeufs ou un buffle dans une carriole qu'il devrait tirer, voilà deux idées absurdes. La première vient d'un vieux proverbe signifiant qu'il y a un ordre à toute chose, une logique à respecter sous peine de catastrophe. La deuxième est une installation du chinois Huang Yong Ping. Il n'est pas certain que le plasticien connaisse le proverbe français mais son oeuvre parle d'un monde sens dessus dessous, un monde de désordre où les individus ne trouvent plus leur place. Le boeuf et la carriole s'intitulent « Immigrant Sans Papier » et évoquent selon l’artiste "l’idée de n’avoir aucune identité ni aucune voix à faire entendre. » 1



Huang Yong Ping immigrant Palais Royal 2"Immigrant Sans Papier" de  Huang Yong Ping dans le Jardin du Palais Royal à Paris


 

     Le buffle empaillé se tient à côté de grands sacs en plastique à rayures bleu blanc rouge. Des sacs d'immigrants achetés dans un magasin bon marché comme Tati. Les sac sont rempli de paille, pour la litière de l'animal. Dans la même image, Huang Yong Ping mêle le buffle, monture traditionnelle du sage chinois Lao-Tseu et symbole de force, et les pauvres bagages des émigrants.

     L'installation fait partie de l'exposition «Le Jardin emprunté» au Palais Royal qui présente six artistes chinois, en écho à la foire internationale de Shanghai.

 



Huang Yong Ping immigrant Palais Royal 3"Immigrant Sans Papier" de  Huang Yong Ping dans le Jardin du Palais Royal à Paris

 

 

    Le monde animal est très présent dans l'oeuvre de Huang Yong Ping. Des scorpions, cafards, tarentules, mille-pattes et lézards dans « Le théâtre du monde », un tigre attaquant un éléphant dans « le cauchemar de George V », des oiseaux dans « one man, nine animals », un éléphant blanc qui mue et presque tous les animaux recueillis par Noé dans Arche 2009.

 


 

Huang Yong Ping immigrant Palais Royal 1"Immigrant Sans Papier" de  Huang Yong Ping dans le Jardin du Palais Royal à Paris


 

"- Dans votre travail et dans vos idées, on peut reconnaître une forte influence du Livre des mutations (Yi jing), du bouddhisme Zen, de Wittgenstein et de Foucault. Un jour, vous avez affirmé que nous devrions “combattre l’Occident avec l’Orient et, vice-versa, l’Orient avec l’Occident”.Pourriez-vous nous donner plus de précisions à ce sujet ?

- A mon sens, les interactions et les influences réciproques entre des cultures différentes sont très importantes. "Occident" et "Orient", "Moi" et "Lui" ne sont pas des concepts fixes et définis une fois pour toutes. On peut les faire changer. Quand j’étais en Chine, j’étais très intéressé par l’Occident en le considérant comme une entité différente de moi et comme une source d’inspiration. A l’inverse, maintenant que je suis en Occident, je parle plus de la Chine. Cela est peut-être dû au contexte occidental. D’une part, "combattre l’Occident avec l’Orient" signifie combattre l’euro-centrisme, d’autre part, combattre l’Orient avec l’Occident signifie éviter de s’enfermer dans un nationalisme élémentaire. Evidemment, ces préoccupations changent constamment selon les différents contextes." 2

 

Huang Yong Ping est né en 1954 à Xiamen en Chine. Il vit et travaille à Paris depuis 1989. C'est l'un des artistes chinois les plus influents.



"Le jardin emprunté"

Jardin du Palais Royal, Paris

Tous les jours de  7 heures à 23 heures

Du 13 mai au 27 juin 2010

 

Artistes exposés:

Huang Yong Ping, « Immigrant Sans Papier »

Shen Yuan, « Ventre de pierre »

Wang Du, « Les modes »

Yang Jiechang, « Eurasia »

Yan Pei-Ming, « Pirate’s Flag »

Chen Zen, « Jardin Mémorable »

 



Liens sur ce blog:

Huang Yong Ping: la caverne, calme bloc ici-bas ici-bas chu d'un désastre obscur

Huang Yong Ping: l'arche de Noé échoué dans la chapelle des Beaux-arts

Yan Pei-Ming: les larmes de Monna Lisa au Louvre

Yan Pei-Ming, Pirates' flags, peinture flottante au Jardin emprunté du Palais Royal

Wang Du, monumentaux journaux pliés au Palais Royal


Bêtes off à la Conciergerie: dépouille fabuleuse, le tatou de Huang Yong Ping


 


Le théâtre du monde de Huang Yong Ping



Palagret

sculpture en plein air

juin 2010

 



1- in dossier de presse

2 -in Tecknikart

 



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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 23:14

 

L'ordre et le chaos


    Une structure végétale évolutive, à la fois sculpture et architecture, coiffe le Metropolitan museum of New-York. On a souvent vu des sculptures sur le toit : Jeff Koons, Ellsworth Kelly ou Roy Lichtenstein. Pour sa 13è installation, le Met présente une construction des jumeaux  Mike et Doug Starn. Durant tout l'été, les artistes et une équipe de grimpeurs vont entrelacer plus de 3200 tiges de bambous, avec des cordes de nylon coloré.


Big bambu by wka (1)«Big Bambu, You Can't, You Don't and You Won't Stop» de Mike et Doug Starn

installation sur le toit du Metropolitan museum of art, New-York

photo wka


     Un escalier à l'intérieur du foisonnement de bambous permet de monter au somment et d'admirer la  skyline de Manhattan. Accompagnés d'un guide, si le temps le permet, après avoir signé une décharge, les visiteurs téméraires pourront grimper dans ce labyrinthe mouvant mais cependant solide. En Orient les bambous sont utilisés dans les échafaudages, même pour les gratte-ciels. Le bambou est vivant, avec le vent et la pluie, il change de couleurs, il plie mais ne rompt pas. 


Big bambu by xbettyx (1) «Big Bambu, You Can't, You Don't and You Won't Stop» de Mike et Doug Starn

installation sur le toit du Metropolitan museum of art, New-York

 photo xbettyx


    La construction faite de cinquante milles tiges s'élèvera à plus de quinze mètres, sur  30 mètres de long et 20 de large. Tout a été soigneusement préparé avec un architecte pour obtenir les autorisations des services de sécurité de la ville et des pompiers. Chaotique à première vue, l'installation complexe est très organisée. 

 

Big-bambu-escalier-by-andyhuey--1-.jpg Escalier intérieur

«Big Bambu, You Can't, You Don't and You Won't Stop» de Mike et Doug Starn

installation sur le toit du Metropolitan museum of art, New-York

  photo andyhuey

 

big bambu noeud by crol373 (1)«Big Bambu, You Can't, You Don't and You Won't Stop» de Mike et Doug Starn

installation sur le toit du Metropolitan museum of art, New-York

Photo crol373


    Les artistes voient en Big Bambu un organisme qui se répare tout seul. Certains bambous s'abîmeront mais  la structure tiendra. La tour représente les concepts d'auto-organisation, d'adaptation et d'interconnection de toutes choses. 1


Big Bambu skyline by crol373 (1)«Big Bambu, You Can't, You Don't and You Won't Stop» de Mike et Doug Starn

installation sur le toit du Metropolitan museum of art, New-York

photo crol373


   "Cette oeuvre est ce que ça veut dire être vivant. Etre vivant c'est grandir et changer continuellement. " déclarent les jumeaux, l'un commençant une phrase que l'autre fini. "Et quand nous disons vivant, nous ne parlons pas seulement de l'être humain. Une ville est vivante. Une culture. Une société." 2

   

big bambu toit by andyhuey (1)

«Big Bambu, You Can't, You Don't and You Won't Stop» de Mike et Doug Starn

installation sur le toit du Metropolitan museum of art, New-York

photo andyhuey

 

     Jumeaux identiques, Mike et Doug Starn sont nés dans le New-Jersey en 1961. Ils travaillent ensemble sur des photographies, vidéos, peintures, sculptures et installations.


Construction de Big Bambu à New-York

Big Bambú - nytimes.com/video from The New York Times on Vimeo.

Interview de Mike et Doug Starn à propos de Big Bambu



«Big Bambu, You Can't, You Don't and You Won't Stop» de Mike et Doug Starn

Metropolitan museum of Art

1000 Fifth Avenue at 82nd Street New York, New York

Du 27 avril au 31 octobre 2010



Liens sur ce blog:

Kawamata, d'étranges nids accrochés à la façade de Beaubourg



Palagret


Sources:

New-York Times

1- Site de Mike et Doug Starn

2- culture.wnyc


Merci, thanks, à andyhuey, crol373, xbettyx et wka pour leurs photos publiées sur Flickr sous licence Creative Commons.


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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 11:16


    Les "drapeaux de pirates" de Yan Pei Ming flottent sur le Palais Royal à Paris. Bien que le peintre affectionnent les crânes, il n'y a ici ni tête de mort ni tibias croisés, seulement des visages d'enfant chinois. Selon le vent, les visages sérigraphiés en noir et blanc sont déployés ou au contraire déformés et cachés par les plis du tissu. Une métaphore de l'avenir incertain de ces enfants au visage sévères?


Palais Royal Yan Pei Ming drapeaux de pirates 2Pirates' flags, drapeaux de Yan Pei Ming, 2006

exposition collective "Le jardin partagé" au Palais Royal



   En 2009 à Pékin, au Centre d'art contemporain Ullens, Landscape of Childhood présentait 34 drapeaux à l'effigie de jeunes orphelins chinois. Les drapeaux, accrochés au plafond, flottaient grâce à une puissante soufflerie dans un immense hangar de 2500 m2 où les gardiens portaient un casque anti-bruit pour se protéger du vacarme.



Palais Royal Yan Pei Ming drapeaux de pirates 5

Pirates' flags, drapeaux de Yan Pei Ming, 2006

exposition collective "Le jardin partagé" au Palais Royal



   "Je m’intéresse à ce caractère invisible, absent de l’homme dans son comportement, au fil des contextes, des circonstances et des événements, à l’humanité qui lui échappe: l’homme invisible dans son humanité. Je me suis intéressé à l’homme en général. Mon travail peut être considéré comme une sorte de portrait universel. Ce que je peins, c’est en fait l’humanité. Cependant, plus je crée des têtes, moins je comprends ces gens."1



Yan Pei Ming Pékin by dawvon (1)Landscape of Childhood, drapeaux de Yan Pei Ming, Pékin 2009

 photo de dawvon



    Les 7 drapeaux pirates de Yan Pei Ming sont installés au sommet de la colonnade de la cour du Palais Royal. Les colonnes, longtemps consolidées par des étais, sont maintenant en réparation et enveloppées d'une bâche blanche qui met en valeur l'installation du plasticien chinois.


    Yan Pei-Ming est l’un des premiers artistes chinois de la génération Tiananmen à s’être installé en France. Il est connu pour ses portraits de personnages célèbres brossés à grands traits: Mao, Obama, McCain, Mona Lisa et aussi d'anonymes.

 


    Palais Royal Yan Pei Ming drapeaux de pirates 3

Pirates' flags, drapeaux de Yan Pei Ming, 2006

exposition collective "Le jardin partagé" au Palais Royal


 

   L'exposition "Le jardin emprunté", en écho à la foire internationale de Shanghai, présente des artistes chinois vivant ou travaillant en France: Huang Yong Ping, Shen Yuan, Yan Pei Ming, Wang Du, Yang Jiechang, Chen Zen.



Palais Royal Yan Pei Ming drapeaux de pirates 1Pirates' flags, drapeaux de Yan Pei Ming, 2006

exposition collective "Le jardin partagé" au Palais Royal





"Le jardin emprunté"Jardin du Palais Royal, Paris

Tous les jours de  7 heures à 23 heures

Du 13 mai au 27 juin 2010



 

Liens sur ce blog:

Wang Du, monumentaux journaux pliés au Palais Royal

Yan Pei-Ming: les larmes de Monna Lisa au Louvre

Huang Yong Ping: la caverne, calme bloc ici-bas ici-bas chu d'un désastre obscur

Huang Yong Ping: l'arche de Noé échoué dans la chapelle des Beaux-arts

C'est la vie! Vanités: quelques crânes dans l'art contemporain


Sweet dreams, les dollars de Yan Pei Ming, video


 



Palagret

 

1- in site de Yan Pei Ming

 


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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 23:15


    Sous la verrière, deux massives statues de Baselitz trônent dans la grande pièce aux murs blancs. Leur immobilité impressionne comme celle des colosses égyptiens qui gardent les temples ou les statues de l'île de Pâques. Assises sur un bloc de bois, le visage appuyé sur la main dans la posture traditionnelle de la mélancolie, écho lointain au Penseur de Rodin, les idoles semblent attendre des offrandes qui ne viendront pas.



Baselitz sculpture Volk Ding Zero 2 Sculpture monumentale de Baselitz

Volk Ding Zero, 2009. Bois, huile, papier, clous, 308 x 120 x 125 cm



    Les hommes de bois ont le sexe dressé comme une écharde monstrueuse et portent des chaussures à lourds talons haut. Leur visage est simplifié, sans traits marqués, surmonté d'une casquette blanche carrée où est inscrit Zero. Une référence à une fabrique de matériel pour peintres en bâtiment qui fit faillite. La casquette est semblable à celle que porte Baselitz dans son atelier mais aussi au bonnet carré que portaient les bébés allemands pendant la guerre.



Baselitz sculptures monumentalesSculptures monumentales de Baselitz à la galerie Thaddaeus Ropac



   Refusant le métier, le savoir-faire, le réalisme et toute finition, Baselitz sculpte grossièrement les blocs de bois, dégageant des formes brutalement ébauchées qui renvoient à la sculpture africaine que collectionne Baselitz. 



Baselitz sculpture Dunklung Nachlung 1

Sculpture monumentale de Baselitz

 Dunklung Nachtung Amung Ding, 2009. Bois, huile, papier. 308 x 120 x 125 cm


 

   Les corps sont déchiqueté, tailladés de multiples blessures faites à la scie électrique. Comme dans ses peintures, Bazelitz représente des hommes souffrants. On sent l'énergie, la rage du sculpteur se confrontant à la matière et la martyrisant.



Baselitz sculpture Volk Ding Zero Sculpture monumentale de Baselitz

Volk Ding Zero, 2009. Bois, huile, papier, clous, 308 x 120 x 125 cm


 

     Au sous-sol, sont exposées six peintures aux joyeuses couleurs roses, oranges, bleues, vertes et blanches. Abstrait au premier coup d'oeil, les formes se révèlent. Comme d'habitude, ces corps nus sont inversés, la tête en bas. Baselitz ne peint pas les corps à l'endroit pour ensuite retourner le chassis; il peint directement à l'envers comme le montrent les coulures de peinture.


 

Baselitz sculpture Volk Ding Zero 1 Sculpture monumentale de Baselitz

Volk Ding Zero, 2009. Bois, huile, papier, clous, 308 x 120 x 125 cm

 


    Au premier étage de la galerie sont exposés des aquarelles.

 

" Hans Georg Kern est né en 1938 à Deutschbaselitz. Cette ville de Saxe à laquelle il empruntera son nom d’artiste appartient alors à l’Allemagne de l’Est. Dès le début, ses œuvres expriment une réaction viscérale aux tragédies humaines en général et aux traumatismes de l’histoire allemande en particulier. Il est surtout influencé par l’Art brut, par les dessins et les écrits d’Antonin Artaud et par la sculpture africaine." 1

 




Georg Baselitz

Sculptures monumentales
Du 24 avril au 29 mai 2010

Du mardi au samedi, de 10h à 19h

 Galerie Thaddaeus Ropac

7, rue Debelleyme - 75003 Paris
01 42 72 99 00


Liens sur ce blog:

Jim Dine et Pinocchio, sculptures sur bois



Palagret

mai 2010

 

1- Dossier de presse


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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 12:06


     A la sortie de la station de métro "Palais-Royal" d'insolites guirlandes de boules multicolores attirent le regard. Le Kiosque des Noctambules, clinquant comme un manège forain immobile, est une oeuvre de Jean Michel Othoniel. Autour, le café restaurant le Nemours, l'Hôtel du Louvre et le théâtre de la Comédie Française borde la place Colette aujourd'hui piétonne.

 


Le kiosque des noctambules de Jean-Michel Othoniel
bouche du métro Palais-Royal


   Tous les ans en janvier, pour quelques jours, le Théâtre Français expose sur la place le fauteuil de Molière. Le reste du temps, le fauteuil est dans le foyer du théâtre auquel on accède librement.


 

Comédie française fauteuil Molière 2Le fauteuil de Molière exposé place Colette

16 janvier 2010

 

    De la place Colette, en passant sous les arcades, on accède aux cours du Palais Royal. Là se trouvent le sévère quadrillage des colonnes de Daniel Buren  qui semble vouloir contrôler l'espace. Les colonnes de Buren, dites "les deux plateaux", ont été rénovées et l'eau coule de nouveau sous les grilles.


 

Buren colonnes rénovées nuit Palais Royal 4Les deux plateaux de Daniel Buren, oeuvre in situ rénovée, Palais Royal, Paris


 

   Un peu plus loin, Sphérade, les deux fontaines de Pol Bury reflètent l'architecture sévère des bâtiments. En 2010, les colonnades de Victor Louis qui étaient consolidées par des étais sont enfin en réfection. Elles sont recouvertes de bâche de travaux blanches.

 

La fontaine-sculpture de Pol Bury
dans la cour du Palais-Royal à Paris.

 

 

     Avant d'être piétonne, la place Colette abritait la statue d'Alfred de Musset, juste devant le théâtre de la Comédie Française. Gênant le passage, elle a été déplacée au parc Monceau. Réclamons le retour de “La muse et le poète“ sculptée par Antonin Mercié en 1906. Quoi de mieux que de contempler la démonstrative souffrance du poète, en proie aux affres de la création, pour nous aider à apprécier les oeuvres des plasticiens contemporains!


   La place Colette s'ouvre sur l'avenue de l'Opéra. De là on gagne les guichets du Louvre puis la pyramide de Pei qui donne accès au Musée du Louvre. De l'autre côté de la place on débouche sur la place du Palais Royal bordée par le Conseil d'Etat, le Musée et le Louvre des Antiquaires.

    Un peu plus loin, le ministère de la Culture est enveloppé d'une résille métallique dessinée par Francis Soler.



Othoniel: lasso de perles, baroque et minimal à la fois, à la galerie Perrotin
Cercle de silence au Palais Royal, des manifestants immobiles et muets


Catherine-Alice Palagret
Texte et photos
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