26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 15:56


   A côté des armes recouvertes de smarties ou de bande Velpeau, ArtParis présente quelques ossements, un thème qui inspire beaucoup les artistes contemporains comme on peut le voir dans l'exposition Vanités au Musée Maillol.

Art-Paris-Agus-Suwage-squelette-dore.jpgLuxury crime, 2007-2009, Agus Suwage, acier doré et riz
 

   Sur le stand indonésien, Agus Suwage présente un squelette doré prenant son bain dans une bassine remplie de riz. Il s'agit d'un "crime luxueux" et le squelette n'a rien de terrifiant, il serait plutôt amusant et décoratif. Cette sculpture fait partie de l'ensemble « The Grass Looks Greener Where You Water it », l'herbe a l'air plus verte quand vous l'arrosez, collecté par Deddy Kusuma.


Art-Paris-Jan-Fabre-crane-et-tibias.jpgCrâne et tibias de Jan Fabre



   La Galerie Venice Project présente une oeuvre de Jan Fabre, une des vedettes de la scène artistique internationale. Sur huit tibias violets formant une grille repose une crâne de cristal translucide. Une variante de l'emblème des pirates "skull and bones". Le verre, matériau fragile, incarne les os eux aussi fragiles qui se désagrègent avec le temps.



Art Paris Bernier crâne confettiCrâne aux confetti de Pascal Bernier



    Tout aussi farceur, Pascal Bernier recouvre son crâne de confetti multicolores soigneusement collés, en en faisant un crâne de carnaval, un crâne pour rire.



Artcurial-Philippe-Pasqua-crane-papillon-sculpture.jpgCrâne aux papillons de Philippe Pasqua



   Un peu plus loin, au rond-point des Champs-Elysées, un monumental crâne de Philippe Pasqua est exposé dans la cour d'Artcurial.


    Toutes ces oeuvres sont des vanités, des memento mori, mais l'humour empêche de les prendre au sérieux. L'art contemporain manie la dérision et les ossements sont plus des clins d'oeil que des invitations à méditer sur la mort prochaine.




ArtParis

du 18 au 22 mars 2010

Grand Palais

Artcurial
Rond-point des Champs-Elysées
Paris VIIIè



Liens sur ce blog:
 

Philippe Pasqua: crâne aux papillons et autres vanités

Armes et violence dans l'art contemporain
Vanités: quelques crânes dans l'art contemporain


Palagret
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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 11:23

 

   Le salon ArtParis, par son éclectisme et sa profusion permet de voir comment les artistes abordent un thème. Ici le thème de la violence et des armes se retrouve sur plusieurs stands.

   Sous le titre "Feu à volonté" la galerie Sonia Zannettacci présente différentes représentations de la violence:

 Arman accumule des revolvers, une sculpture plus en hommage aux films noirs comme son titre l'indique qu'une dénonciation de la violence.

 

Art-Paris-Arman-Humphrey-Bogart-s-memorial.jpgHumphrey Bogart's mémorial, Arman 1979


   Avec son humour grinçant, Topor donne sa version de l'éducation et montre la violence inhérente à tout apprentissage en peignant un professeur tenant son arme sur la tête d'un élève qu'on imagine récalcitrant.



Art-Paris-Topor-Education-culturelle.jpgEducation culturelle, 1996, Topor


   Comme dans ses nombreux collages et peintures, Erro représente des armes. Ici un tank écrase un petit train de dessin animé. Au bas de l'image, une série de Donald Ducks s'inquiètent de la destruction qui les menace.



Art-Paris-Erro-Tank.jpgTank girl and Taquilla Hanover, 2009, Erro


   Comme dans un cartoon, le suédois Carl-Fredrik Reuterswärd tord le canon d'un calibre 45, le rendant inofensif. Il en existe plusieurs sculptures monumentales en plein air, une exposée à Malmo en Suède et l'autre devant les Nations-Unies à New-York. D'autres revolvers au canon noué, plus petits, se trouvent, entre autres, à Berlin, au mémorial de Caen, à Cape Town, à Miami etc ... Cette arme inutilisable est devenue le symbole de la non-violence.




Art-Paris-Reutersward-arme-nouee.jpgNon-violence, 2000, sculpture de Carl-Fredrik Reuterswärd
galerie Sonia Zannettacci


   On voit aussi une arme de poing de Maurice Henry, entourée de bandages. Le révolver qui tue est lui-même blessé. De bourreau il devient victime. Une tâche de sang affleure sur la crosse. Une image surréaliste d'une grande force.

Art-Paris-Henry-arme-bandage.jpgRévolver entouré de bandages, 1966-1975, Maurice Henry
galerie Sonia Zannettacci


   Dans la nouvelle génération, la hongroise Kata Legrady enrobe des armes de sucreries, des smarties multicolores qui transforment des objets mortels en jouets colorés. Les grenades customisées sont présentées sous un cube de plexiglas, comme des objets fragiles. De beaux oxymores visuels où la souffrance s'oppose à l'insouciance. La pensée magique suffit-elle à neutraliser le mal?



Art-Paris-Kata-Legrady-armes.jpgFusil-mitrailleur et smarties, Kata Legrady


Art-Paris-Kata-Legrady-armes-grenade.jpgGrenade et smarties, Kata Legrady, Galerie Rabouan Moussion


    Sur le stand Afriques, le globe de Gonçalo Mabunta posé sur des torpilles est fait d'armes neutralisées. Il est ironiquement appelé "Free world", monde libre.


Art-Paris-Afrique-Samba-Mabunta-arme-2256.jpg"Free world", 2008, Gonçalo Mabunta, 190 x 150 x 150 cm
Fer, armes neutralisées et matériaux de récupération



    Ici, toute ces représentations de la violence font appel à l'humour et à la dérision.

   

ArtParis 2010 sur ce blog:
ArtParis, crânes et squelettes, de bien joyeuses vanités
ArtParis: Chéri Samba et Arcimboldo, stupéfaction
Aurèle, le chien jaune perdu de Shanghai, projet abandonné

Erró à Beaubourg: découpage, collage et télescopage absurde et critique



Palagret
art contemporain et violence

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 19:04


   Reprenant un des tableaux les plus étranges de la peinture occidentale, le portrait composé de l'Hiver par Arcimboldo, Chéri Samba lui oppose un homme stupéfait. De légers traits de peinture autour de sa tête expriment une « tempête sous un crâne », un procédé venu de la bande-dessinée.



Art Paris Afrique Cheri Samba stupéfaction Arcimboldo 2Stupéfaction, 2009, Chéri Samba,

acrylique et paillettes sur toile, 135 x 200 cm



   Qu'est-ce qui stupéfie tant l'homme au costume bleu? Il y a dans la sculpture africaine traditionnelle beaucoup de masques tout aussi bizarres et terrifiants. Est-ce la virtuosité d'Arcimboldo qui avec un tronc tordu et des racines forme un visage raviné dont un champignon forme la bouche? Le citron et l'orange, seules taches lumineuses dans un sombre portrait? L'homme réfléchit-il à la vieillesse, à l'érosion que le temps fait subir aux visages?



Art Paris Afrique Cheri Samba stupéfaction ArcimboldoStupéfaction, 2009, Chéri Samba, détail

 



   Le texte inscrit à gauche ne nous éclaire pas beaucoup. C'est un mélange de mots africains et français. On y lit artiste, Arcimboldo, oeuvre, reproduire, une fois encore, stupéfiante. Une phrase entière énonce: « Marcher avec les grands pour cesser de demeurer un vieil enfant ». Il s'agit donc de la vieillesse.


   D'une fausse naïveté, les tableaux de Chéri Samba ont la même simplicité que les enseignes qu'il peignait au début de sa carrière. Il mêle des images proches de la peinture populaire et de la BD, ajoutant un texte dans une cartouche.


   Il y a toujours de la dérision dans ses tableaux: « le sirène » représentant un homme barbu, « Réfléchir avant d'agir » où un homme contemple un rocher, proche de Magritte, « Discours aux affamés » où un officier lit un discours à des morts de faim. De l'humour et de la critique, qu'il parle du sida, de la corruption, de la faim ou de l'évangélisme (les imitateurs en faux Jesus).


    De son vrai nom Samba wa Mbimba N’zingo Nuni Masi Ndo Mbasi est né en 1956 en République démocratique du Congo. Illustrateur pour le magazine Bilenge Info, il peint des oeuvres personnelles et commence à être connu.

    Chéri Samba est aujourd'hui l'un des artistes africains les plus célèbres après l'exposition « Les Magiciens de la terre » en 1989 au Centre Pompidou, une exposition en 2004 à la Fondation Cartier et sa participation à la 52e Biennale de Venise.


 

Art Paris Afrique Cheri Chérin mondialisationLes défis de la mondialisation, 2004, Chéri Cherin,

Acrylique sur toile, 11 x 232 cm



     Dans le stand Afriques, ArtParis présente plusieurs artistes africains contemporains qui manient l'ironie. « Les défis de la mondialisation » de Chéri Chérin montre la fuite éperdue de la faune africaine ... devant le progrès? « Free World » de Gonçalo Mabunda est une mappemonde faite d'armes. Les masques de Calixte Dakpodan sont fait de ressorts, ironique pastiche des masques traditionnels.

 


Art Paris Afrique Dakpogan masqueL'ancien combattant, 2009,  de Calixte Dakpodan



   La mondialisation, le métissage culturel, font émerger des artistes non seulement chinois ou indien mais de tous les continents. L'art africain n'appartient plus aux cabinets de curiosités ou aux musée des Arts Premiers mais aux foires internationales et aux collectionneurs d'art contemporain.



Art Paris Afrique"L'espoir fait vivre" de Chéri Samba, acrylique sur toile et "Free World" de Gonçalo Mabunda, fer, armes neutralisées et matériaux de récupération

Stand Afriques à ArtParis

 



ArtParis

du 18 au 22 mars 2010

Grand Palais


 

Liens sur ce blog:

ArtParis, crânes et squelettes, de bien joyeuses vanités

Armes et violence dans l'art contemporain

Arcimboldo, les quatre saisons

 

Oeuvres de Chéri Samba

 

Palagret

Texte et photos

 



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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 22:38

    Pour la foire de Shanghai 2010, le plasticien Aurèle avait proposé un immeuble en forme de chien, haut de 80 mètres. Le monumental fox-terrier jaune devait abriter le "musée provisoire des villes perdues et des cités englouties". Finalement l'architecte Jacques Ferrier a été choisi pour construire le Pavillon Français de l’Exposition Universelle. Les chinois l'ont échappé belle. Il y a un projet de Disneyland à Shanghaï, le kitchissime chien abandonné d'Aurèle, the yellow lost dog, pourrait y trouver refuge.


Art Paris Aurèle lost dog 2The yellow lost dog, le chien perdu d'Aurèle à Art Paris, Grand Palais


   Dans l'atrium du pavillon français, Aurèle présentera LostDogCo2 : un chien géant  haut de 4,5 mètres recouvert de plantes vertes dépolluantes. Un cousin du Puppy ou de Split-rocker de Jeff Koons?


Aurele-lost-dog-Shanghai.jpgSimulation du "musée provisoire des villes perdues et des cités englouties", le Lost dog d'Aurèle à Shanghaï, sur la rive du Huangpu


   On a pu voir à Art Paris 2010, la sculpture du chien jaune sur le stand de la Galerie Nathalie Gaillard. Aux côtés de sculptures canines plus petites, était projetée une vidéo de Lostdogconnection, une oeuvre virtuelle parlant de la perte et de l’errance. A la question « Et vous, qu’avez-vous perdu ?» répondent des anonymes et des gens connus, en écho au chien perdu d'Aurèle.


Art Paris Aurèle lost dog 1The lost dog, le chien perdu d'Aurèle à Art Paris, Grand Palais


   Sur le site lostdogconnection.com, les internautes peuvent déposer des photos, des videos, des textes. L'accumulation de ces messages formera un chien en 3D par un système de mappage.


Voir le projet abandonné d'Aurèle:
Le chien jaune perdu de Shanghai, kitsch et gigantisme

Split-rocker de Jeff Koons


Art Paris + Guests
Du 18 au 22 mars 2010
Grand Palais


Exposition Universelle de Shanghaï, Chine
Meilleure Ville, Meilleure Vie (Better City, Better Life)
Du 1er mai au 31 octobre 2010

Palagret
Mars 2010

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 18:20

   

   Depuis 1958, Erró collecte des réclames, des journaux, des bandes-dessinées, des images de propagande chinoise, russe ou cubaine, des images photo-mécaniques de toutes sortes qu'il découpe et agence en un fourmillement coloré. De la confrontation d'iconographies populaires ou savantes, d'origine géographique ou temporelle différente naissent des compositions ironiques.


 

Erro-Beaubourg-God-bless-Bagdad.jpgGod bless Bagdad, détail, Erró, vers 2001

Illustrations de magazines, épreuves aux encres et papiers de couleurs découpés rehaussés de feutre et collés


 

  Erró sature l'espace du cadre par une multitude d'images agressives ou grotesques qui n'ont rien à voir les unes avec les autres mais dont la rencontre fait naître un sens nouveau, raconte une histoire. Aussi incongru que « la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie » dont parle Isidore Ducasse dans les chants de Maldoror.



Erro-Beaubourg-King-Kong.jpgKing Kong, Erro, vers 1974

Illustrations de magazines et d'ouvrages imprimés, découpées et collées sur une affiche


 

   Dans King Kong (1974), Erró juxtapose le Grand Singe aux portraits de révolutionnaires cubains, dont Fidel Castro, à des avions abattus, un ours blanc, un guerrier africain et une rose rouge.

 



Erro-Beaubourg-Tears-for-two.jpgTears for two, Erró, 1963

Illustrations d'ouvrages imprimés, découpées et collées sur papier de couleur

 

 

 

   Tears for two, 1963, juxtapose un célèbre tableau de Pablo Picasso, "la femme en pleurs", 1937, à une petite voiture rouge elle aussi en pleurs, tirée d'un livre illustré pour enfant

 


 

Erro-Beaubourg-Space-problem.jpg"Don't bother helping us Lantern .., you've already done enough, Space problem, Erró, vers 1992

Epreuve aux encres découpée et collée


 

 

  Space problem mêle un cosmonaute et un héros de comic-book aux échafaudages d'un tableau de Fernand Léger. Erró utilise souvent des reproductions de tableaux classiques ou modernes (Picasso, Matisse, Léger etc).

   Mêlant surréalisme et pop-art, l'agencement des collages d'Erró obéit-il à une sorte d'écriture automatique ou à un choix délibéré longuement mûri? Probablement aux deux.




Erro-Beaubourg-Scienc-fiction-scape.jpgScience-fiction scape, Erro, 1986-1989

Illustrations de magazines et collages aux encres, découpés

rehaussés de feutre et collés sur bois

 

 

 

 

   L'exposition s'organise en cinq thèmes sur cinq décennies. Les «Mécacollages» mêlent des formes mécaniques à des figures féminines, mannequins stéréotypés de la société de consommation naissante.

 




 

Erro-Beaubourg-science-fiction-scape--detail.jpgScience-fiction scape, détail, Erró, 1986-1989


 

 

 

   "Politique" traite de la politique internationale à partir d'images de propagande.  «Conquêtes» parle de la violence et de la guerre. "Comics" puise dans la bande-dessinée américaine tout un répertoire de monstres et de super-héros. Dans "Arts", Erro utilise des reproductions de tableau de la même manière que des images publicitaires pour des produits de consommation auxquelles il les juxtapose. A l'âge de la reproductibilité technique, les oeuvres d'art sont  désacralisées.




Erro-Beaubourg-God-bless-Bagdad-2.jpgGod bless Bagdad, Erró, vers 2001
Illustrations de magazines, épreuves aux encres et papiers de couleurs découpés rehaussés de feutre et collés

 


   Les collages ont d'abord été des travaux préparatoires qu'Erro projetait sur la toile pour ses peintures. Peu à peu, les découpages-collages sont devenus autonomes.


Le Musée national d’art moderne a reçu de l’artiste 66 œuvres en donation. Gudmundur Gudmundsson, dit Erró, 76 ans, est un peintre islandais travaillant à Paris. Il appartient au mouvement de la figuration narrative, proche du pop art.


   Erró apprécie le street-art. « C'est un art populaire qui m'a toujours intéressé, un art aussi vivant que la bande dessinée ... Il y a une fraîcheur superbe, une gratuité du geste, aussi, puisque le street art naît hors circuit commercial. J'aime bien ce qui n'est pas commercial, l'idée du multiple accessible à tous. Fernand Léger et les artistes communistes vendaient très bon marché en leur temps 1.


   Armés de ciseaux et colle, des street-artists utilisent aussi les vieux journaux. A Paris, FKDL colle sur les murs de la ville des silhouettes dont le corps est empli de publicités des années cinquante.




Erró, cinquante ans de collage

15 février - 24 mai 2010

Galerie d'art graphique, Centre Pompidou, Paris

Tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h

 

 

Liens sur ce blog:

Erró, Femmes Fatales, appropriation et recontextualisation

Erró, l'expo à ciel ouvert au BHV Rivoli en 2008

Jeff Koons, "Fait d'Hiver", plagiat ou appropriation d'une image existante, deux manchots en plus

 

 

 

Palagret

mars 2010

figuration narrative et appropriation


Sources:

Dossier de presse

1- in Le Figaro


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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 00:37

   Gargouilles modernes, sentinelles ou espionnes, les sculptures d'Antony Gormley regardent le ballet incessant des new-yorkais dans la rue, quelques mètres ou centaines de mètres plus bas.

    Event horizon, le projet du sculpteur anglais, est constitué de sculptures  modelées sur son propre corps. 27 hommes nus en fibre de verre sont peu à peu installés sur les toits de Manhattan.

      Les grecs et les romains de l'Antiquité décoraient leurs toits avec des statues de dieux et de héros. A l'époque moderne, seuls les super-héros des comic-books rôdent sur les toits. Moins flamboyants que Superman, Bateman ou Spiderman, sans costume théâtral, les hommes nus de Gormley sont  bien démunis. Ils sont impuissants à sauver des demoiselles en détresse, encore plus à éradiquer le crime de Gotham City. Le regard baissé, immobiles, ils se tiennent juste au bord du vide comme des candidats au suicide.
 

Gormley-New-York-2.jpgStatue d'homme nu au bord du vide sur un toit de Manhattan
Antony Gormley, Event Horizon, 2010


   "Isolées près du ciel, ces sombres figures regardent l'espace devant eux et se demandent: comment l'humanité s'insère-t-elle dans ce schéma?" 1


Gormley-New-York-3.jpgStatue d'homme nu au bord du vide sur un toit de Manhattan
Antony Gormley, Event Horizon, 2010


   Pour éviter l'affolement des passants qui pourraient ne pas comprendre qu'il s'agit d'une installation d'art contemporain, une campagne d'explications permettra de rassurer les New-Yorkais. Si les gens téléphonent à la police pour signaler une épidémie de suicides, les standards de la police risquent de sauter.


Gormley-New-York-1.jpgStatues d'homme nu au bord du vide sur un toit de Manhattan
Antony Gormley, Event Horizon, 2010


    Antony Gormley veut faire réfléchir les citadins à leur place dans la ville, dans un paysage aussi minéral que Manhattan. Bâtiments bas et gratte-ciels, y compris l'Empire State Building à 380 mètres de haut, seront le théâtre éphémère de cette nouvelle intervention urbaine. Cinq statues seront aussi placées au sol.

    Antony Gormley a créé Event Horizon une première fois à Londres à la London’s Hayward Gallery, pendant l'exposition Blind Light de 2007. Les sculptures étaient installées sur les toits, les ponts et les rues le long de la rive sud de la Tamise. Il n'y a pas eu de panique alors.

   "A Londres, je me suis beaucoup amusé à voir des individus, ou des groupes, le doigt pointé vers le ciel reproduisant une pose de la sculpture classique. Le transfert de l'immobilité de la sculpture à l'observateur était très intéressante." 1


Gormley-Event-Horizon-Londres.jpgEvent Horizon, Antony Gormley, Londres
Photo Cristopher Hawkins

    Mais comment réagiront les new-yorkais en découvrant des silhouettes prêtes à sauter dans le vide? Le souvenir du 11 septembre où de nombreuses personnes, prises au piège du feu et des gaz toxiques dans les Twin towers, ont sauté dans le vide les empêchera peut-être d'apprécier l'installation artistique d'Antony Gormley. Ou alors ils s'amuseront à trouver les hommes nus dont certains seront difficilement visibles du sol.

   Comme un démiurge, Antony Gormley multiplie les statues à son image. En 1997, il investit la plage de Crosby en Angleterre avec cent statues moulées d'après son corps.




    En 2009, il organise One & Other, une performance très médiatisée où des anglais se tiennent pendant une heure sur un piédestal. Pendant cent jours, les londoniens, spectateurs et acteurs, se sont bien amusés avec les statues vivantes de Trafalgar square. Le défilé d'excentriques de toutes sortes a constitué un portrait de l'Angleterre.


Gormley-Steveplatt-London-ART.jpgBut is it art?
Steve pose des questions sur le quatrième piédestal
One & other, Antony Gormley, Londres



Event horizon, Antony Gormley
Du 26 mars au 15 août 2010
Autour de Madison Square Park
New-York, USA

Liens sur ce blog:

Antony Gormley: excentriques sculptures vivantes à Trafalgar square, Londres

Le quatrième piédestal d'Antony Gormley, zoo humain à Trafalgar square
Le site d'Antony Gormley


Palagret


1- in dossier de presse

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 15:20


   Dans son livre, Umberto Eco donne de nombreux exemples de listes dans la littérature. Dans la Théogonie, Hésiode fait une immense liste des dieux, des déesses et des créatures divines:
" Nuit enfanta Sarcasme et Détresse la douloureuse, et les Hespérides, qui, au-delà de l'illustre Océan, ont soin des belles pommes d'or et des arbres qui portent tels fruits."


Louvre-Eco-listes-Closky-marabout.jpgExtrait de Marabout bout de ficelle, liste de Claude Closky, 1996
Terre de feu, feu follet, lait de chèvre, chèvrefeuille, feuilleton, Tonton Jules, Jules César, z'haricot, Ricoré, résidu, du joli, lit de mort, mort aux vaches,vache qui pisse, peace and love, Love Burger ...



    Dans Macbeth, les sorcières énumèrent la liste des ingrédients de leur potion magique:

"Ecaille de dragon avec la dent de loup,
Momies de sorcellerie, estomac oesophage
du glouton requin dans la mer salée
et racine de cigüe dans l'obscurité ..."

   Rabelais, Victor Hugo, Italo Calvino, Jorgue Luis Borgès, Roland Barthes, Jacques Prévert, Georges Pérec, tous ont recours à la liste, à l'énumération dans une tentative illusoire de description du monde.


    Dans Vertige de la liste, Umberto Eco aurait pu citer Jean-Philippe Toussaint. Dans La télévision (1997), Toussaint raconte un été à Berlin où il a décidé d'arrêter de regarder la télévision. Chronique nonchalante et drôle, son livre fourmille de listes.

    "Partout c'était les mêmes images indifférenciées, sans marges et sans en-têtes, sans explications, brutes, incompréhensibles, bruyantes et colorées, laides, tristes, agressives et joviales, syncopées, équivalentes, c'était des séries américaines stéréotypées, c'était des clips et des chansons en anglais, c'était des jeux télévisés, c'était des documentaires, c'était des scènes de films sorties de leur contexte, des extraits, c'était des extraits, c'était de la chansonnette, c'était vivant, le public battait des mains en rythme, c'était des hommes politiques autour d'une table, c'était un débat, c'était du cirque, c'était des acrobaties, c'était un jeu télévisé, c'était le bonheur, des rires de stupéfaction incrédule, des embrassades et des larmes, c'était le gain d'une voiture en direct, des lèvres qui tremblaient d'émotion ... c'était une marche funèbre, c'était des colonnes de prisonniers allemands qui marchaient lentement sur le bord de la route, c'était la libération des camps, c'était des tas d'ossements sur la terre ..."


   La répétition du verbe "c'était" souligne le tourbillon télévisuel qui brasse le trivial et le tragique où le téléspectateur pourrait se noyer. L'accumulation des programmes cités témoigne de la fascination de l'auteur, de son vertige devant le petit écran, un écran qu'il n'allume plus ... sauf chez les autres!

   Un peu plus loin Toussaint fait la liste des plantes qu'il doit arroser pendant l'absence de ses voisins. Puis il décrit longuement les personnes dans le parc de Halensee.  Déambulant sans but dans la ville, Toussaint regarde autour de lui, spectateur indifférent, et énumère ce qu'il voit comme pour donner un sens à ce qui l'entoure dans une tentative d'épuisement du réel proche de celle de Georges Pérec.


   L'écriture blanche, minimaliste de Jean-Philippe Toussaint crée un effet comique tout à fait volontaire.



Eco au Louvre, vertige de la liste, énumérations, catalogue etc ...
Jean-Philippe Toussaint, une malle aux trésors dérisoires



Palagret
archéologie du quotidien
mars 2010

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 11:33


     L'oeuvre abstraite de Pierre Soulages se confronte à la peinture italienne du XIIIè au XVIè siècle. Le tableau noir strié de blanc, dont la couleur varie avec l'intensité de l'éclairage et la position du visiteur, est exposé à côté de La bataille de San Romano de Paolo Ucello, de la Vierge et l'enfant en majesté entourés de six anges de Cimabue, de la Vierge et l'enfant et du Portrait d'un jeune homme de Botticelli, de Saint Frediano de Filippo Lippi etc ...

    Louvre Soulages 2Peinture 300 x 236 cm, huile et acrylique sur toile, de Pierre Soulages
au milieu des maîtres italiens du Salon carré, Louvre



Propos de Pierre Soulages:

   "J’ai choisi le Salon Carré parce qu’il réunit des tableaux représentant un grand moment dans l’évolution de la peinture occidentale : il y a encore quelque chose de Byzance, et c’est déjà l’espace tridimensionnel. C’est un moment de l’histoire des rapports que la peinture a avec l’espace, ce qui est pour moi important.



Louvre-Soulages-Ucello-Lippi-copie-1.jpgPeinture de Pierre Soulages

à côté de "La bataille de San Romano" de Paolo Ucello.



   L’endroit de mon tableau sur le mur, c’est d’abord parce que je cherchais une place face aux fenêtres pour la peinture que j’ai choisi d’exposer, qui réunit deux lumières différentes sur une même toile : elle est divisée en deux parties, l’une utilisant la lumière venant du contraste noir/blanc et l’autre la lumière venant de sa réflexion par le noir, ce que j’appelle l’outrenoir. Il se trouve que c’est à côté d’un tableau que je trouve admirable, que j’ai toujours aimé, La bataille de San Romano de Paolo Ucello.



Louvre Soulages Ucello 1"La bataille de San Romano" de Paolo Ucello, vers 1456, détail



    J’ai accepté cette proximité parce que je pense qu’il n’y a pas de confrontation possible entre cette toile et la mienne, qui sont deux choses fondamentalement différentes. Ce sont deux œuvres tellement éloignées qu’elles ne se rencontrent pas. On pourrait dire en plaisantant qu’elles ne dialoguent pas parce que l’une est sourde (celle d’Ucello) et l’autre muette (la mienne)...



Louvre Soulages 1Peinture outrenoire de Pierre Soulages, détail



    Avec "La bataille de San Romano" on a une peinture qui renvoie à autre chose que ce qu’elle est : un événement particulier, d’une manière d’ailleurs qui n’est pas réaliste avec ce ciel noir, ce temps d’arrêt dans la bataille. Tandis que ma peinture ne renvoie qu’à elle-même : ce qui se passe a lieu entre le regardeur et la toile, sans intervention d’une réalité extérieure. D’où l’étanchéité entre les deux tableaux.



Louvre Soulages Cimabue 2"la Vierge et l'enfant en majesté entourés de six anges" dite Maesta de Cimabue, vers 1280



   Dans le Salon Carré il y a aussi la Maesta de Cimabue, que je place dans mon cœur encore au-dessus de la toile d’Ucello. J’y suis resté très attaché, depuis toujours. Et je me suis aperçu récemment que je n’avais pas vu autrefois les fonds d’or de Cimabue comme je les regarde maintenant, après mon expérience de la peinture outrenoire. Dans l’outrenoir, c’est la lumière réfléchie par le noir qui crée un espace devant la toile, et cela d’une manière très concrète, très réelle.



Louvre Soulages Cimabue 1Auréoles d'or

"la Vierge et l'enfant en majesté entourés de six anges" dite La Maesta de Cimabue



   Dans la Maesta l’or joue un peu le même rôle, c’est de la lumière qui vient de la toile vers celui qui la regarde mais, bien entendu, l’espace byzantin n’a rien à voir avec celui de ma peinture. Donc, on ne peut pas parler de parallélisme là non plus 1.



Louvre Soulages 3Peinture outrenoire de Pierre Soulages, détail



    J’aime l’autorité du noir, sa gravité, son évidence, sa radicalité. Son puissant pouvoir de contraste donne une présence intense à toutes les couleurs lorsqu’il illumine les plus obscures, il leur confère une grandeur sombre. Le noir a des possibilités insoupçonnées et, attentif à ce que j’ignore, je vais à leur rencontre."


Louvre-Soulages-4.jpgPeinture outrenoire de Pierre Soulages



   Les tableaux de Pierre Soulages sont tout sauf d'un noir monochrome. Avec leur texture, leurs stries et leurs reliefs qui capturent la lumière et les reflets, ils sont très difficiles à photographier. Ces clichés de mauvaise qualité donnent cependant une idée de ce qu'était l'exposition du Louvre.



Une peinture de Pierre Soulages dans le Salon Carré

Pour faire écho à la rétrospective Pierre Soulages du Centre Pompidou (14 octobre 2009 - 8 mars 2010), le musée du Louvre accueille jusqu'au 18 janvier 2010 une peinture de l’artiste dans le Salon Carré, aile Denon, à côté de La Bataille de San Romano de Paolo Uccello.



 



L'art contemporain face à l'art classique sur ce blog:


Monique Frydman au Louvre: le tryptyque Sassetta, oeuvre abstraite


Ruines et reconstructions, Makom de Michal Rovner, d'Israël au Louvre

 

Louvre: Kosuth, néons, confusion et désorientation

 

Louvre: Yan Pei-Ming, les larmes de Monna Lisa

Louvre: Umberto Eco, vertige de la liste, énumérations, catalogue etc ...


Versailles: Jeff Koons et le Roi-Soleil, démesure et ironie

 

Versailles: Xavier Veilhan, un carosse violet immobilisé en pleine course

 

Château de Fontainebleau: Daniel Firman, un éléphant équilibriste




Photos Palagret

art contemporain au Louvre

mars 2010

 


 

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1- in dossier de presse


 


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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 13:42

  

    Haut de six mètres, le bronze noir patiné de Paul McCarthy ressemble à un jouet gonflable, comme les sculptures de Jeff Koons, sans les séduisantes couleurs. Il représente Saint Nicolas, Santa Claus, le Père Noël pour les pays du Nord et les américains.

    Santa Claus tient d'une main une cloche et brandit de l'autre un curieux arbre de noël aux formes simplifiées, comme un Brancusi. Il s'agit plutôt d'un sex toy géant, un butt plug démesuré, objet du scandale.
 




   En occident, Santa Claus est un symbole consensuel de joie et de sentimentalité dégoulinante mais aussi le symbole du délire consumériste qui possède les consommateurs à l'approche des Fêtes. D'une manière  crue, assumant complètement le mauvais goût, Paul McCarthy fait voler en éclats ce contentement béat en dotant le Père Noël, personnage plutôt asexué, d'un jouet sexuel qui lui enlève toute innocence. L'innocence bafouée est un sujet récurrent chez Paul McCarthy et, pour l'artiste américain, l'obscénité est autant dans la société actuelle que dans ses oeuvres. Il montre ce que la société réprouve, les excréments, les fluides, la sexualité non traditionnelle dans un style souvent grand-guignolesque et trash. En comparaison d'autres oeuvres, ce Père Noël lubrique est assez sage.

 


 

   Croisement entre le Père Noël et un nain de jardin (de forme phallique), la provocante statue est aussi un clin d'oeil à la Statue de la Liberté. Ici à Rotterdam en Hollande, le Père Noël n'accueille pas les immigrants mais les passants de la place Eendrachtsplein, à l'intersection de la Nieuwe Binnenwegrue, une rue commerçante.

   Il va sans dire que depuis son achat par la municipalité en 2005, le monumental nain lubrique a causé pas mal de scandale et a dû être déplacé plusieurs fois avant de trouver sa place définitive en novembre 2008. Santa Claus attise le débat sur l'utilisation de l'argent public et la place de l'art contemporain dans la ville. A défaut de plaire, le gnome impudent choque et attire des visiteurs outragés avant de devenir, avec le temps, la sculpture la plus célèbre de Rotterdam.

    En attendant, on n'entend plus parler de l'exposition de Paul McCarthy au musée d'Orsay à Paris.




Liens sur ce blog:

 
Une merde s'envole: la sculpture gonflable de Paul McCarthy s'échappe


Art rigolo mais inquiétant: Paul McCarthy Louise Bourgeois, Yayoi Kusama, Damien Hirst


Palagret
février 2010


Source:
www.e-flux.com/shows/view/6119

 


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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 13:05


    Le paysage urbain est jalonné de palissades et de bâches de travaux décorées d'images vantant la marque qui se cache derrière. De grandes tailles, ces publicités disgracieuses plus ou moins licites saturent le champ visuel des promeneurs sans beaucoup de souci esthétique. Il y a quelques exceptions avec des bâches plus inventives où la marque n'apparaît pas comme le trompe-l'oeil dit surréaliste du 39 avenue Georges V, la parade de la Préfecture de Police sur l'île de la Cité ou la palissade noire incrustée de capsules Nespresso sur les champs-Elysées. Sur le trompe-l'oeil Nespresso CitiZ du Grand Magasin le Printemps on voyait clairement la marque mais la bâche créait une atmosphère intéressante.


 

palissade travaux Malek Cerruti Madeleine 2« Yellow Chevron Bâche » de David Malek, palissade de travaux devant Cerruti


    Cerruti a choisi de camoufler les travaux de son flagship (magasin) place de la Madeleine par une palissade où n'apparaît ni le nom de la marque, ni le nom de l'artiste. Choix malin puisque l'originalité et le buzz médiatique qu'elle génère suffit à faire connaître les deux.


L'américain David Malek habille le magasin Cerruti avec une peinture abstraite autour du symbole X. « Yellow Chevron Bâche » est une oeuvre optique dans la mouvance de l’abstraction géométrique américaine. Réalisée sur 7 mètres de haut et 31 de long, la peinture a nécessité plus de quarante couleurs différentes du jaune au gris foncé, travaillées en 1/2 teintes, mais aussi en 1/4 de teintes, en partant de l’intérieur vers l’extérieur. David Malek est proche des principaux courants abstraits qui ont marqué l’esthétique du XXème siècle, tel le Suprématisme, l’Abstraction Géométrique et l’Optical art. »


palissade travaux Malek Cerruti Madeleine 3« Yellow Chevron Bâche » de David Malek, palissade de travaux devant Cerruti



   Né en 77, David Malek est « féru d'épistémologie et de philosophie, il se définit comme un scientifique dont l'investigation passe par la couleur et la lumière ».


    David Malek explique que "la bâche a commencé à se développer depuis le scan d’une peinture originale. Transformer la peinture avec l’ordinateur donna des résultats inattendus. Les bandes semblaient « artificiellement » étirées. Peut-être cela aurait pu diriger plus loin nos expériences, notamment vers d’« impossibles » géométries. Aussi, dans le document créé pour la Bâche, il y a une étrange illusion anamorphique où l’extérieur le plus sombre apparait plus large et plus vaste. Cet effet d’illusion sera-t-il perçu dans la réalité ? Les deux côtés de la Bâche, qui seront éloignés à 90°, paraîtront-ils aplatis ou agrandis à cause de cette illusion ? Juste en voyant la réalité nous répondrons à cette question. J’aime la manière dont cette question scientifique jalonne ce projet."

 

palissade travaux Malek Cerruti Madeleine 1« Yellow Chevron Bâche » de David Malek, palissade de travaux devant Cerruti


    Selon le dossier de presse, "l’oeuvre de David Malek construite sur de subtiles gradations de teintes,  n’est pas sans rappeler les harmonies chromatiques propres au style Cerruti. Après le jeu d’ombres et de lumière de l’hiver, travaillé dans des duos de couleurs et des contrastes de matières, les teintes pures du printemps-été annoncent une fluidité raffinée, tant pour l’homme que la femme."

 

 

  « Yellow Chevron Bâche » de David Malek est une heureuse alternative à l'invasion publicitaire.

 



Yellow Chevron Bâche , David Malek

palissade de 350m2

Magasin Cerruti, place de la Madeleine, Paris

Du vendredi 15 janvier 2010 jusqu’en mai 2010


 

Liens sur ce blog:

Le trompe-l'oeil du "39 avenue George V" dispersé aux enchères

Trompe-l'oeil: une tablette de chocolat estampillée LCL
Place Vendôme: deux trompe-l'oeil provisoires
Sur l'île de la Cité à Paris, la parade de la Préfecture de Police, bâche de travaux
Nespresso CitiZ s'affiche: des gratte-ciels sur la façade du Printemps


 

Source: dossier de presse

 

 

Palagret

 

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