15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 16:52

 

    Même si la fin du monde n'aura pas lieu le 21 décembre 2012, l'eschatologie est dans l'air du temps. La publicité, les plasticiens et les street-artists s'en emparent. A la galerie Kamel MennourHuang Yong Ping expose Bugarach une installation avec un gros faux rocher, un hélicoptère miniature et des animaux empaillés décapités.

 

 

 

Huang Yong Ping Bugarach Mennour 4Les têtes coupées. Bugarach, Huang Yong Ping, galerie Kamel Mennour

 

 

 

 

    Dans la première salle presque vide, une sirène d'alerte au plafond reste silencieuse. Un serpent en descend, rappel de la tentation d'Eve. Au sol, une chèvre blanche. Dans le fond on aperçoit la montagne de Bugarach en miniature. 


 

 

 

Huang Yong Ping Bugarach Mennour sirène montagneSirène, serpent et montagne. Bugarach, Huang Yong Ping, galerie Kamel Mennour

 

 

 

 

   A gauche, une pièce avec seize animaux, tous décapités et principalement blancs. Le blanc est la couleur de l'innocence mais aussi de l'endoctrinement. De nombreux adeptes des sectes s'habillent de blanc. Le pelage du tigre et du faon ajoutent un peu de couleur à ce groupe condamné, innocent ou non.

 

 

 

Huang Yong Ping Bugarach Mennour tigreAnimaux blancs, rayés, tachetés. Bugarach, Huang Yong Ping, galerie Kamel Mennour

 

 

 

 

   Un carton rouge simule le cou sanglant des animaux. Les victimes semblent aller dans tous les sens comme des poulets qui continuent à courir alors qu'on leur a tranché la tête. 


 

 

Huang Yong Ping Bugarach Mennour soucoupeMontagne, soucoupe volante et trophées. Bugarach, Huang Yong Ping, galerie Kamel Mennour

 

 

 

 

   La troisième pièce contient un énorme faux rocher de neuf mètres de long représentant la montagne de Bugarach. Une soucoupe blanche semble en émerger ou y pénétrer. Les têtes des animaux sacrifiés sont posées dessus. Elles regardent vers le ciel, vers un hélicoptère, plus petit qu'eux. Il n'est pas là pour sauver les sacrifiés, trop tard, mais pour rendre compte du drame ou rassurer les survivants. 


    Un deuxième sol a été coulé dans la galerie pour pouvoir casser le béton et donner l'illusion du surgissement de la pointe du massif. Bugarach, l'installation de Huang Yong Ping met en scène nature et artifice, mouvement et stabilité, espoir et désespoir.


 

 

Huang Yong Ping Bugarach Mennour cerfAnimaux décapités. Bugarach, Huang Yong Ping, galerie Kamel Mennour

 

 

 

 

    Comme avec son Tatou ou Arche 2009, Huang Yong Ping aime bien découper les animaux en tranche, les brûler, les martyriser ... métaphoriquement.

 

    Bugarach n'est pas une installation in situ, elle peut être démontée et remontée ailleurs. L'oeuvre monumentale sera différente mais le concept reste le même. Actuellement Arche 2009 est exposée à Lille pour Fantastic 2012.

 


 

 

 

 

Communiqué de presse, Huang Yong Ping, Bugarach

    Bugarach est le nom d'un village des Pyrénées françaises et du pic montagneux qui le surplombe, nommé «la montagne renversée», en raison de sa particularité géologique qui en fait une curiosité naturelle: ses couches inférieures sont plus récentes que ses couches supérieures. Hameau d'à peine 200 habitants, Bugarach est depuis les années 1970 un lieu de pèlerinage pour de nombreux adeptes d'ésotérisme New Age. Ce site est récemment devenu une destination très prisée en raison de la croyance selon laquelle le pic serait le seul lieu épargné lors de la «fin du monde» qui, selon certaines lectures du calendrier Maya, devrait advenir le 21 décembre 2012. 

 

 

 

Huang Yong Ping Bugarach Mennour 1Montagne et hélicoptère. Bugarach, Huang Yong Ping, galerie Kamel Mennour

 

 

 

    Cette prophétie de l'apocalypse, ou plutôt les nombreuses théories de «grande transformation» ou de fin de cycle, avancées par les théoriciens ésotériques ou de fringe science («science marginale») est largement réfutée par les mayanistes. Elle se concrétise pourtant par l'afflux régulier de nouveaux habitants, pèlerins ou simples curieux venus du monde entier. Le pech de Bugarach est ainsi affublé de divers pouvoirs extraordinaires. Notamment considéré comme un haut lieu de présence extra-terrestre, il posséderait une cavité centrale, refuge des ovnis ou bien matrice d'un champ électromagnétique surnaturel qui empêcherait les avions de le survoler. Les différentes pratiques mystiques constatées récemment à Bugarach laissent entrevoir des syncrétismes de sagesses et de rituels orientaux, précolombiens ou amérindiens mâtinés de théories du complot. Les médias internationaux se pressent aujourd'hui à Bugarach en quête d'images folkloriques, et se font bruyamment l'écho de menaces de dérives sectaires, quitte à les alimenter en retour.

 

 

 

Huang Yong Ping Bugarach Mennour ratRat sans tête au pied de la montagne. Bugarach, Huang Yong Ping, galerie Kamel Mennour

 

 

 

    Dans notre société globalisée où la perte du sentiment religieux est contemporaine de l'essor de nouveaux extrémismes, la résurgence de ces spiritualités New Age à l'approche d'un cataclysme fantasmé n'est pas anodine. Il n'est pas étonnant que Huang Yong Ping s'empare de ce phénomène, lui qui depuis plusieurs années pointe avec justesse, dans ses installations monumentales, le rôle ambivalent de toute religion (Les Mains de Bouddha, 2006; Construction Site, 2007; Caverne 2009, 2009). La présente exposition est conçue en écho à une autre installation, Cirque, présentée simultanément à la galerie Barbara Gladstone à New York. Reliées dans le temps, elles sont également proches par leur thème: la fin des temps, ou plus précisément le temps de la fin.

 

 

 

Huang Yong Ping Bugarach Mennour 2Animaux et montagne. Bugarach, Huang Yong Ping, galerie Kamel Mennour

 

 

 

    L'ensemble de l'exposition esquisse une scène de chaos, où sont constamment déjoués les repères d'échelle, et où sont bouleversés les rapports de forces entre le naturel et l'artificiel, le sauvage et le social. Ici ce n'est pas la montagne qui est renversée, mais bien plutôt le socle sur lequel reposent, impuissantes, les créatures terrestres. Cette «soucoupe volante» prise au piège, figée dans son instabilité, nous invite à percevoir cette scène comme l'apogée du drame, l'instant paroxystique du basculement.

    De manière récurrente dans l'œuvre de Huang Yong Ping, les animaux jouent un rôle métaphorique pour les comportements humains. Ici les animaux sans tête ont sans doute le même rôle que les insectes vivants de Théâtre du monde (1993), à savoir de jouer le dernier acte d'une comédie de la cruauté dont nous sommes à la fois les sujets et les spectateurs.

 

 

 

 

Arche 2009, installation de Huang Yong Ping, Ecole des Beaux-Arts, Paris

 

 

 

 

    Dans Arche 2009 (2009), les animaux taxidermisés se trouvaient au cœur d'un dispositif où la notion de protection est seulement illusoire, comme l'explique l'artiste dans le catalogue édité à cette occasion: «dès que survient une crise, nous avons toujours l'illusion qu'il existe une «arche» c'est-à-dire un lieu de refuge intact, alors même que le danger vient précisément du cœur de la société, de sa part irréductible de chaos. Ainsi Huang Yong Ping, lors de ses recherches pour la présente exposition, notait-il logiquement: «Bug-arach / Bug-arche».

 

 

 

Huang-Yong-Ping-Bugarach-Mennour-oiseau.jpgCigogne, loup et chevreau. Bugarach, Huang Yong Ping, galerie Kamel Mennour

 

 

 

   Si les théories de «la fin des temps» et la croyance en un refuge à Bugarach peuvent sembler anecdotiques ou risibles, Huang Yong Ping nous rappelle ici que la réalité n'est pourtant pas stable. En érigeant ce fait d'actualité au rang de monument, il réduit les différences de temporalité inhérentes à l'événement politique et à l'œuvre d'art, et suggère ainsi que l'un et l'autre ne sont jamais très éloignés. En conférant une portée symbolique plus large à cette affaire, symptomatique d'une perte de sens généralisée, il semble nous indiquer que le monde tel que nous le connaissons est plus que jamais incertain, et que la déroute est bien réelle, tant au plan social qu'environnemental. Le mythe de la «fin du monde» résonne alors ici comme le symptôme, la partie émergée d'une entreprise destructrice dont on ne saurait déceler la cause ni le remède, du moins tant que resteront séparés le corps et la tête."

 

 

 

voir la video de Bugarach

 

 

 

Bugarach, Huang Yong Ping

Galerie Kamel Mennour - 47, rue Saint-André des Arts - 75006 Paris

Du 5 décembre 2012 au 26 janvier 2013

 

Circus, Huang Yong Ping

Gladstone Gallery 520 w 21st street. NY.

Jusqu'au 19 janvier

 

 

Huang Yong Ping

Lille3000 - Musée de l'Hospice Comtesse.

Jusqu'au 13 janvier 2013

 

Huang Yong Ping

MAC - Musée d'art contemporain de Lyon

du 22 février au 14 avril 2013.

 

 

 

Photos Palagret

fin du monde

décembre 2012

 

 

 

 

 

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 20:20

 

   Voilà un musée qui ne plaisante pas: Photo interdite, amende 1000 euros, annonce une affiche! Les médiateurs bénévoles vont-ils rançonner les visiteurs qui n'ont pas remarqué l'interdiction? Est-ce bien légal ou est-ce de l'humour dans un lieu habité de l'esprit de déraison?


 

 

museum of everything photo interditePhotographie interdite, amende 1000€, Museum of Everything

 

 

 

 

    Alors que le Museum of Everything se présente comme un contre-musée où sont exposés une ribambelle d'artistes non conventionnels, autodidactes, doux illuminés et obsédés, le Musée se comporte exactement comme les Grands Musées qui exposent des artistes "normaux". Comme le Musée d'Orsay qui interdit la photographie.

 

 

 

 

Museum of everything expo 1Entrée du Museum of Everything, boulevard Raspail 

 

 

 

   Il s'agit ici aussi de protéger la vente de cartes postales et de catalogues, de mugs, de sacs et autres objets estampillés Museum of Everything. Il est vrai que ce musée est une organisation sans grands moyens et a besoin d'argent. De là à menacer ses visiteurs! Heureusement internet n'est pas si avare et on trouve des images et des videos des nombreux artistes exposés ici boulevard Raspail.

 

 

 

 

 

Museum of everything expo 9Museum of Everything, poteau de signalisation loufoque

 

 

 

 

    Le Museum of Everything présente une histoire alternative de l'art pleine de poupées bizarres, d'épouvantail et de totems (Calvin Black, Hawkins Bolden, William Dawson, Nek Chand), de diatribes religieuses peintes sur des panneaux de bois (Revérand Jesse Howard, William Blayney) et de palais minuscules (ACM).

 

 

Museum of Everything Felipe Jesus Consalvoscollage de Felipe Jasus  Consalvos 1

 

 

 

 

Museum of Everything

14 boulevard Raspail, Paris 7ème

du mercredi au dimanche de 11h à 19h

jusqu'au 24 février puis prolongé jusqu'au 31 mars 2013

ouvert à Noël et Jour de l'An

www.chalet-society.fr

 

 

 


 

Museum of everything expo livre d'orMuseum of Everything, livre d'or

 

 

 

 

      1- Oeuvre non exposée trouvée sur le net

 

Palagret

art brut

décembre 2012

 


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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 19:32

 

      L'oeuvre de Vincent Ganivet, sculpture de parpaings bruts en équilibre précaire, cohabite avec la fresque narrative aux couleurs pastel de Raoul Dufy.

 

 

 

Raoul-Dufy-Vincent-Ganivet-MAM-Dynasty-8.jpgCaténaire de Vincent Ganivet et la Fée Electricité de Raoul Dufy, MAM

Parpaings, sangles, cales en bois

 

 

 

 

   Ode au génie humain, la fresque de la Fée Electricité de Raoul Dufy raconte les inventions de l'âge grec au 20è siècle à travers une multitude de savants et d'inventeurs. Lors de l'exposition Dynasty au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Vincent Ganivet exposait Caténaire dans la salle ovale décorée par Dufy. 


 

 

Raoul-Dufy-Vincent-Ganivet-MAM-Dynasty-9.jpgCaténaire de Vincent Ganivet et les savants de Raoul Dufy 

 

 

 

 

   Les arches auto-portantes de Caténaire sont composées de parpaings qui tiennent ensemble grâce au principe de la chaînette qui stabilise les forces, un système traditionnel utilisé par GaudiVincent Ganivet n'utilise pas de logiciel pour concevoir ses arcatures. Il étudie sur des maquettes les forces et contre-forces puis construit ensuite des gabarit clef de voute pour poser les blocs de béton qui tiendront alors en tension, sans colle. Par sécurité, des câbles maintiennent les constructions. En 2011, à la Kunsthalle de Karlsruhe, une de ses sculptures s'était effondrée peu de temps après son installation. Le sol avait légèrement bougé. La chute possible de ses oeuvres à la limite de la rupture fait partie des expérimentations de Vincent Ganivet.

 


 

Raoul-Dufy-Vincent-Ganivet-MAM-Dynasty-0.jpgCaténaire de Vincent Ganivet et les savants de Raoul Dufy 

 

 

 

    Vincent Ganivet détourne un objet banal, modeste, de son usage technique. Gris, rectangulaire, lourd, le bloc de béton n'a aucune qualité esthétique. Après les travaux, le parpaing des maisons est recouvert de crépi ou de peinture. Ici, Ganivet empile les parpaings nus et les contraint dans des courbes inédites, conférant une certaine grâce à ces élucubrations absurdes qui évoquent une araignée, un squelette de dinosaure, des arches romanes, un jeu de légo géant ou un chantier de construction.


 

 

 

Raoul-Dufy-Vincent-Ganivet-MAM-Dynasty-1.jpgLa Fée Electricité, les inventeurs de Raoul Dufy

 

 

 

 

    Se détachant sur la fresque de Raoul Dufy, les arabesques de Ganivet côtoient les portaits de LeibnizBernoulli et Huygens, des ingénieurs qui ont travaillé à écrire l'équation de la chaînette. La Fée électricité de Raoul Dufy peinte en1937 et Caténaire (2009) de Vincent Ganivet entrent ainsi en résonance sans que la présence d'une sculpture contemporaine en ce lieu soit incongrue. On peut cependant apprécier le contraste des styles et des techniques. Finesse et légèreté d'un côté et brutalité du matériau et défi à la pesanteur de l'autre.

 


 

Vincent-Ganivet-tripode-Tokyo-Dynasty-2.jpgTripode de Vincent Ganivet, Dynasty au Palais de Tokyo, 2010

 

 

 

 

    Pendant Dynasty, Caténaire se trouvait au Musée d'Art Moderne et Tripode au Palais de Tokyo. Après l'exposition, les oeuvres éphémères sont démontées. Les parpaings redeviennent de simples parpaings pour construire des murs ... ou d'autres sculptures.


 

 

 

Vincent-Ganivet-tripode-MAM-Tokyo-Dynasty-6.jpgTripode de Vincent Ganivet, Dynasty au Palais de Tokyo, 2010

 

 

 

 

Vincent Ganivet est né en 1976 à Suresnes (92), il vit et travaille à L’Île-Saint-Denis (93).

 

 

 

Dynasty

- Palais de Tokyo

- Musée d’Art moderne de la Ville de Paris / ARC

avenue du Président Wilson,  75116 Paris

Du 11 juin au 5 septembre 2010  

 

 

Palagret

novembre 2012

 


Explication du principe de la chaînette

Description de la Fée électricité de Raoul Dufy

 


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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 16:24

 

   La grotte de Michel Blazy est un cocon géant fait de coton ensemencé de graines de lentilles blondes. Aspergée de jus de lentille, l'installation prend une couleur beige marron. Les visiteurs pénètrent précautionneusement dans la grotte par une ouverture ovale, tendent le visage vers les rares ouvertures qui laissent filtrer la lumière, touchent les stalactites de coton qui pendent du plafond. Les conversations murmurées étouffent un peu le bruit des pas dans les flaques d'eau. 

 


 

Blazy grand restaurant grotte 50343grotte de Michel Blazy, détail des lentilles

 

 

 

 

      Les visiteurs ressortent assez vite de la grotte. Comme dans Leviathan, le ventre rouge d'Anish Kapoor, l'enfermement et la semi-obscurité sont oppressants, on y éprouvent un sentiment de malaise.


 

 

 

Blazy grand restaurant grotte 1grotte de Michel Blazy, structure de bois et de métal

enveloppée de feutre et de coton, graines de lentilles blondes

 

 

 

    La grotte de Michel Blazy est une oeuvre vivante, éphémère et périssable. Ici pas de pourriture comme dans sculpcure bar à orange, mais la lente germination des graines de lentilles régie par les lois de la biologie; le coton peu à peu verdit, suinte et se délite par endroit.



 

Blazy grand restaurant grotte entrée 6 grotte de Michel Blazy, ouverture

 

 

 

 

   L'exposition "le grand restaurant" de Michel Blazy est un parcours ludique et sensoriel. Fourmis et escargots, oranges et lentilles obéissent à un protocole de départ précis défini par le plasticien. Une fois mis en situation, les animaux et les végétaux évoluent dans le temps et l'espace suivant le hasard.


 

 

 

Blazy grand restaurant grotte intérieur 2grotte de Michel Blazy, vue de l'intérieur

 

 

 

 

      "Sculpture organique, la grotte évoque un habitat primitif ou archaïque, bien qu'elle soit réalisée uniquement à partir de produits de supermarché, amenés à trouver là une nouvelle vie. Si sa forme informe évoque celle d'un fruit percé, l'homme qui la pénètre s'apparente alors au parasite."



 

 

 

Blazy grand restaurant grotte 50367grotte de Michel Blazy, détail des lentilles

 

 

 

 

       "Sa silhouette monstrueuse peut aussi faire penser à une forme d'étron géant, de déchet. Grandiose et sale, cette sorte de peau est travaillée par d'énigmatiques fonctions corporelles: est-elle protectrice ou nuisible? Aux antipodes d'un monde véloce, l'observation de la pousse des lentilles, qui habitent peu à peu les parois, nécessite patience et entretien. L'espace de la grotte matérialise un parcours sensoriel, à la fois tactile visuel et olfactif." 1



 

 

Blazy grand restaurant grotte 50347grotte de Michel Blazy, détail des lentilles

 

 

 

Video à suivre

 

 

Michel Blazy est né en 1966 à Monaco. Ilvit et travaille à l'île Saint-Denis. 

 

 

Michel Blazy, le grand restaurant

Du 20 septembre au 18 novembre 2012

Le Plateau, place Hannah Arendt, 

 angle de la rue des Alouettes et de la rue Carducci

75019 Paris


 


 Blazy grand restaurant intérieur 0grotte de Michel Blazy, détail du plafond

 

 

 

 

Liens sur ce blog:

Michel Blazy, sculpcure, des oranges pourrissantes sur un Plateau, video

Michel Blazy, sculpcure, des oranges pourrissantes sur un Plateau

Michel Blazy, Bouquet final au collège des Bernardins, éloge de la lenteur

Robin Meier & Ali Momeni: fourmis, ordre et chaos, The tragedy of the Commons, vidéo

 

 

 

 

Blazy grand restaurant grotte intérieur 1grotte de Michel Blazy, vue de l'intérieur

 

 

 

 

 

Palagret

art contemporain

novembre 2012


 


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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 17:09

 

   Velours rouge, lustre à pampilles, luxueux tapis, lourdes tentures, miroirs dorés, plafonds richement ornés, voilà un environnement inhabituel pour des cochons. Certes les cochons de Wim Delvoye ne sont pas cette fois-ci vivants. Il s'agit de quatre sculptures en polyester recouvertes de tapis de soie, délicatement posées dans les appartements Napoléon III au décor impérial surchargé.

 

 

 

Wim Delvoye cochon grand salon Louvre 5Mughal Jail, Kashan, Mashed, cochons de Wim Delvoye, tapisdermie

Appartements Napoléon III du Louvre

 

 

    Mughal Jail, Kashan, Mashed, trois petits cochons bien proprets sont invités au salon et se tiennent tout à fait bien. Tabriz, un cochon solitaire se tient au pied de la table de la salle à manger, comme le chien qu'on voit souvent en premier plan dans les tableaux de la Renaissance.


 

 

Wim Delvoye cochon grand salon Louvre 9Cochon de Wim Delvoye, tapisdermie, appartements Napoléon III du Louvre

 

 

 

  Les aristocrates et les bourgeois du second empire qui fréquentaient ces lieux ne sont plus là depuis longtemps. Les animaux de Wim Delvoye les représentent-ils? Présentables à l'extérieur, cachant leurs noirs desseins, leur avidité et leur ambition à l'intérieur?

 

 

 

Wim Delvoye cochon grand salon Louvre 7Cochon de Wim Delvoye, tapisdermie, salon Napoléon III du Louvre

 

 

 

   Wim Delvoye est un artiste belge dont le fond de commerce est la provocation. On connait son cloaca, machine à fabriquer de la merde, et ses cochons vivants tatoués. Ici il expose des cochons qui font tapisserie, des tapisdermie. Loin de la porcherie, les cochons surprennent mais ne font pas scandale. Encore que des tapis persan sur des cochons?

 

   Les oeuvres de Jan Fabre en 2008 dans les salles des Ecoles du Nord étaient plus radicales. Un ver géant ou un cochon, quel est le plus dérangeant?


 

 

Wim Delvoye cochon grand salon Louvre 8Cochon de Wim Delvoye, tapisdermie, appartements Napoléon III du Louvre


 

 

 Tim, l'homme tatoué de Wim Delvoye ne posait pas le jour de la visite. A la mort de l'oeuvre vivante, sa peau sera vendu à un collectionneur.

 

 

 


 

Wim-Delvoye-Tabriz-salle-a--manger-cochon.jpgTabriz, cochon de Wim Delvoye, tapisdermie, crucifix sur la table

salle à manger Napoléon III du Louvre

 

 

 

     Wim Delvoye expose aussi des crucifix reliés en anneau de Moebius, des pneus sculptés et des camions en dentelle gothique. Plusieurs sculptures torturées mêlent anamorphose et influence des taches de Rorschach.


 

 

Wim-Delvoye-2-bacchantes-clockwise-Louvre.jpgDeux bacchantes, clockwise, Wim Delvoye, Louvre

 

 

 

    Ironiquement, Wim Delvoye montre dans une vitrine quatre lames de scie circulaire recouvertes de peinture émaillée dans le style de Delft. A côté une assiette en faïence d'Urbino de 1549. Les scies, l'assiette et les objets délicatement ouvragés exposés au-dessus sont tout aussi décoratifs. Wim Delvoye mêle tradition et technologie, arts décoratif et art, esprit de sérieux et plaisanterie.

 

 

 

Wim-Delvoye-sawblade-Louvre.jpgSawblades (x4) peinture émaillée sur scies circulaires, 1990, Wim Delvoye

assiette d'Urbino, faïence lustrée

 

 

 


Wim Delvoye

Du 31 mai au 17 septembre 2012

Louvre, appartements Napoléon III

 

 

 

 

 

 

L'art contemporain au Louvre sur ce blog:

Claude Lévêque sous la pyramide du Louvre: un zig-zag de néon

Ruines et reconstructions, Makom de Michal Rovner, d'Israël au Louvre

 Soulages au Louvre: outrenoir et maîtres italiens de la Renaissance

Kosuth au Louvre, néons, confusion et désorientation

Louvre: Umberto Eco, vertige de la liste, énumérations, catalogue etc ...





 

 

Palagret

novembre 2012

art contemporain au Louvre

 

 

 

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 17:57

 

    Légère odeur de moisi et mouches tournoyant autour de plateaux d'oranges en décomposition constituent l'installation de Michel Blazy, sculpcure, bar à orange, exposée au Plateau à Paris.


 

 

Blazy grand restaurant Plateau oranges 7sculpcure; bar à oranges, sculpture-installation de Michel Blazy

Le grand restaurant, Le Plateau

 

 

 

 

    Voici une video capturant un moment de l'oeuvre évolutive et éphémère de Michel Blazy:

 

 

 



MICHEL BLAZY, oranges pourrissantes sur un Plateau par Palagret

 

 

 

 

Blazy grand restaurant sculpcure Plateau 12sculpcure; bar à oranges, sculpture-installation de Michel Blazy

Le grand restaurant, Le Plateau

 

 

 

 

 

Michel Blazy, le grand restaurant

Du 20 septembre au 18 novembre 2012

Le Plateau, place Hannah Arendt, 

 angle de la rue des Alouettes et de la rue Carducci

75019 Paris

 


 

 

Liens sur ce blog:

Michel Blazy, sculpcure, des oranges pourrissantes sur un Plateau

La grotte de Michel Blazy, coton et lentilles au Plateau 

Michel Blazy, Bouquet final au collège des Bernardins, éloge de la lenteur


 

 

 

 

Palagret

art contemporain

novembre 2012

 

 

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 19:43

 

     Sculpcure, des piles d'oranges pourrissantes couvertes d'insectes et de filaments de moisissure, telle est l'installation de Michel Blazy présentée au Plateau. Le temps qui passe altère la couleur éclatante des oranges qui virent peu à peu au brun et au noir avec des tâches de vert et de blanc. Les mouches drosophiles, les araignées et d'autres minuscules bestioles non identifiées trouvent là un festin de roi.

 

 

 

Blazy grand restaurant sculpcure Plateau 5sculpcure; bar à oranges, sculpture-installation de Michel Blazy

Le grand restaurant, Le Plateau

 

 

 

     Sculpcure, bar à oranges, dégage une légère odeur de moisi qui ne décourage pas les visiteurs invités à se presser un jus d'orange puis à empiler les écorces vides sur un plateau qui rejoindra bientôt l'installation mouvante de Michel Blazy. Une cure de vitamines originale.

 

 

 

 

Blazy-grand-restaurant-sculpcure-Plateau-12.jpgsculpcure; bar à oranges, sculpture-installation de Michel Blazy

Le grand restaurant, Le Plateau



 

 

    Au contraire des déchets d'Arman ou de Spoerri, Michel Blazy ne les fige pas, il étudie leur evolution. Il travaille avec le vivant (plantes, escargots, insectes, moisissures, bactéries) qui génère des formes et des couleurs inattendues. L'écoulement du temps et la décomposition des oeuvres exposées sont au centre du protocole établi par le plasticien. 


 

 

 

Blazy grand restaurant sculpcure Plateau 3sculpcure; bar à oranges, sculpture-installation de Michel Blazy

Le grand restaurant, Le Plateau


 

 

 

    Les installations exposées au Plateau se contaminent les unes les autres:

"Les mouches du "Bar à oranges" vont pondre dans la Grotte, estime Michel Blazy, et comme elles sont attirées par la chaleur, elles se grilleront sûrement sur les lampes rouges au-dessus des Tables auto-nettoyantes où se trouvent les fourmis, leur fournissant ainsi des protéines." 1


 

 

Blazy grand restaurant tables auto-nettoyantesTables auto-nettoyantes, tableau crème dessert, au fond la Grotte

exposition de Michel Blazy au Plateau

 

 

    Fascinantes et répugnantes, les sculptures organiques de Michel Blazy sont des installations éphémères et aléatoires, des performances. Les oranges prises dans un filet de moisissure, la grotte de coton enserré de lentilles, la moquette aux traces d'escargot sont des vanités qui nous rappelle la fragilité de la vie. Les oeuvres disparaîtront à la fin de l'exposition et Michel Blazy installera un nouveau dispositif dans un nouveau lieu d'exposition. Certaines oranges cependant sont conservées; elles ont plus de dix ans.


 

 

Blazy grand restaurant lâcher d'escargots PlateauLâcher d'escargots, installation de Michel Blazy au Plateau

 

 

 

 

Dossier de presse

 
   Michel Blazy travaille avec des matériaux modestes, périssables, issus de notre quotidien et nous révèle la part d'étrange, de somptueux ou de monstrueux qu'ils peuvent contenir. La matière vivante qu'il choisit pour ses œuvres porte en elle les potentielles mutations et détériorations qui font de son art un art de l'éphémère, ou plus exactement du changement continuel. Michel Blazy a le goût de l'observation et laisse le temps faire son œuvre sur la matière. L'expérimentation ludique à laquelle il se livre, aussi bien sur des matériaux naturels qu'artificiels, compose un éloge de la décomposition, une ode à la capacité transformiste de la matière. Chacune de ses œuvres possède une temporalité qui lui est propre et les notions de lenteur et de hasard se retrouvent au cœur du processus de création artistique.


 

 

 

Blazy grand restaurant sculpcure Plateau 4sculpcure; bar à oranges, sculpture-installation de Michel Blazy

Le grand restaurant, Le Plateau


 


 

   Voir, mais aussi toucher et sentir, les installations de Michel Blazy nous proposent une approche sensorielle. Elles sont constituées de rencontres de matières, qui interagissent les unes avec les autres. Les produits manufacturés vont être contaminés par des composants organiques, s'ensauvager en quelque sorte. Notre perception des distinctions entre naturel et artificiel s'en trouve d'autant modifiée.

 

   Il ne peut y avoir ici d'œuvre appréhendée en tant qu'objet fini, elle est en transformation constante et est également reproductible. Michel Blazy propose des modes d'emploi pour ses pièces, telles les partitions d'un compositeur, qui laisse donc la liberté d'interprétation.


 

 

 

Blazy grand restaurant sculpcure Plateau 0sculpcure; bar à oranges, sculpture-installation de Michel Blazy

Le grand restaurant, Le Plateau


 


   Tout en ayant un caractère rétrospectif, l’exposition au Plateau sera conçue dans le sens d’une adaptation spécifique au lieu, en privilégiant notamment la dimension domestique du travail.

 


   Après plusieurs collaborations avec le Frac Ile-de-France – l'exposition Ralentir Vite en 2005, un projet d'artiste mené avec l’Antenne en 2007 et un ensemble de ses œuvres constitué au sein de la Collection – cette invitation qui est faite à Michel Blazy pour une exposition d’envergure vient à point nommé au moment de fêter les 10 ans du Plateau.


 

 

 

Blazy grand restaurant sculpcure Plateau 8sculpcure; bar à oranges, sculpture-installation de Michel Blazy

Le grand restaurant, Le Plateau

 

 

 

 

Michel Blazy, le grand restaurant

Du 20 septembre au 18 novembre 2012

Le Plateau, place Hannah Arendt, 

 angle de la rue des Alouettes et de la rue Carducci

75019 Paris

 


 

 

Lien sur ce blog:

La grotte de Michel Blazy, coton et lentilles au Plateau

Michel Blazy, Bouquet final au collège des Bernardins, éloge de la lenteur

Art et pédagogie: les ordures artistiques d'Arman, les ordures pédagogiques du Musée d'Histoire Naturelle

Gu Dexin, un tapis de pommes, Par nature, exposition au 104

 

 

 

 

Palagret

art contemporain

novembre 2012

 



 

 

 

 

 

 


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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 18:21

 

   Sacrifice barbare, carnage cynégétique, charnier d'animaux empaillés, massacre de civils, allégorie de la violence, ou ode à la nature menacée , Who's Afraid of the Big Bad Wolf ?, la composition funèbre d'Adel Abdessemed est frappante et dérangeante.

  

 

Adel Abdessemed who is afraid of the big bad wolf 6Who's Afraid of the Big Bad Wolf ?, tableau d'Adel Abdessemed, détail

 

 

 

   Au contraire des travaux taxidermiques traditionnels, les quelques 500 animaux de "Qui a peur du grand méchant loup" ne sont pas représentés dans une attitude paisible ou menaçante mais dans un spasme de terreur et de souffrance, la gueule ouverte. Les corps brûlés, martyrisés, mêlent dans une même mort les prédateurs et leurs proies aux corps recouverts d'huile de cèdre qui unifie la couleur noir rouge de la fresque morbide. 


 

 

Adel Abdessemed who is afraid of the big bad wolf 5  Who's Afraid of the Big Bad Wolf ?, tableau d'Adel Abdessemed

 

 

 

 

   Le titre "Who's Afraid of the Big Bad Wolf ?" vient d'une chanson d'un dessin animé Disney (1933) "The Three Little Pigs". Il se réfère aussi au tableau de Barnett Newman "who's afraid of yellow, red and blue" et à la tapisserie de poupées "More Love Hours Than Can Ever Be Repaid" (1987) de Mike Kelley.

 

   La composition d'Adel Abdessemed a les mêmes dimensions que Guernica (panneau de 363 cm de haut et 779 de long), le tableau de Pablo Picasso qui évoque le massacre des civils espagnols en 1937 par les forces franquiste. Une référence peut-être un peu audacieuse.


 

 

Adel Abdessemed who is afraid of the big bad wolf 8Who's Afraid of the Big Bad Wolf ?, tableau d'Adel Abdessemed, détail

 

 

 

   La majorité des cadavres empaillés– renards, lièvre, daims, chèvres, lapins... viennent de la campagne française. Pour des raisons juridiques, les loups viennent d'Amérique. 

 

 

Adel Abdessemed who is afraid of the big bad wolf 7Who's Afraid of the Big Bad Wolf ?, tableau d'Adel Abdessemed, détail

 

 

 

    Adel Abdessemed expose régulièrement Who's Afraid of the Big Bad Wolf ? mais ne le vend pas. Il le garde pour lui.


 

Adel Abdessemed who is afraid of the big bad wolf 4Who's Afraid of the Big Bad Wolf ?, tableau d'Adel Abdessemed, détail

 

 

 

    Who's Afraid of the Big Bad Wolf ? est le titre d'un solo show d'Abdessemed à la galerie David Swirner à New-York en février- mars 2012. Il y exposait, comme à Beaubourg, les trois christs en fil barbelé (Décor) inspirés de Grünewald, le bateau des immigrants lesté de sacs d'ordure noirs (Hope) et bien sur les animaux carbonisés (Who's Afraid of the Big Bad Wolf ?).

 

 

 

Adel Abdessemed who is afraid of the big bad wolf 2Who's Afraid of the Big Bad Wolf ?, tableau d'Adel Abdessemed, détail

 

 

 

Adel Abdessemed "Je suis innocent"

3 octobre 2012 - 7 janvier 2013

Galerie sud - Centre Pompidou



Abdessemed-NY.jpgVu de l'exposition Who's Afraid of the Big Bad Wolf ? Adel Abdessemed à New-York

Lire aussi:
Palagret
art contemporain
octobre 2012

 


 

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 19:38
L'automne d'Hyber

     Sur des étagères, Fabrice Hyber dispose des objets bizarres, des POF, Prototype d’Objets en Fonctionnement. Ils sont réalisés grâce à des modes d'emploi numérotés, absurdes et ironiques.



POF Shop, Fabrice Hyber, Grand Palais 2009



   
    On peut fabriquer des ballons carrés (n° 65), des lunettes réversibles (n° 43), une perruque radar (n° 61), une piste d'atterrissage pour Ovni (n° 62), un médicament pour rendre visible l'invisible (n° 63), le chemin le plus court (n° 85) etc ... . Le public sourit ou grogne en lisant les modes d'emploi de tous ces objets impossibles qui ne servent à rien sinon à mettre en question l'idée de rationalité.




affiche-Hyber-Mac-Val-ballon-carre.jpgBallon carré, POF de Fabrice Hyber, exposition au Mac/Val


   Les POFs de Fabrice Hyber commencés en 1991 sont des objets conçus pour induire et générer des comportements nouveaux.


 POF Shop, Fabrice Hyber, Grand Palais

    Ce déplacement de la fonction originelle d'objets familiers vise à brouiller notre perception des formes et du temps, à perturber notre conscience et à nous conduire à des gestes absurdes et gratuits. En les utilisant, nos façons de faire automatiques se transforment en chorégraphies.



Hyber-POF-baveur.jpgPOF n°140 le baveur, POF 146 arbre antenne, POF 85 le chemin le plus court


    "Cette automne Fabrice Hyber expose partout. Au MAC/VAL, dès le 20 octobre, Fabrice Hyber présente pour la première fois l’intégralité des POF (Prototypes d’Objets en Fonctionnement), réalisés entre 1991 et 2012, - comme le Ballon carré – POF 65 ou Oto, la voiture à double tranchant – POF 87, ou encore Ted Hyber – POF 51 -, soit plus de 150 œuvres et autant de façons de placer le visiteur au cœur du dispositif, en l’invitant à les manipuler.

     L’exposition monographique du MAC/VAL, entre en résonance avec celles proposées parallèlement par le Palais de Tokyo, la Fondation Maeght et l’institut Pasteur, pour éclairer l’œuvre de l’un des artistes français les plus bouillonnants et inventifs d’aujourd’hui." 1



Hyber-POF-TRRRR.jpgPOF 68 moucharabieh, POF 136 Trrrr



Hyber-POF-62-perruque.jpgPOF n° 61 Perruque radar radio-émetteur, POF 62 piste d'atterissage pour OVNI
POF 63 médicaments pour rendre visible l'invisible



Fabrice Hyber, Prototypes d'Objets en Fonctionnement (POF
Exposition monographique
Du 20 octobre 2012 au 20 janvier 2013

Fabrice Hyber Matières premières
Palais de Tokyo
Du 28/09/2012 au 07/01/2013

Fabrice Hyber Essentiels (peintures homéopathiques)
Du 6 octobre au 6 janvier 2013
Fondation Maegh
Saint-Paul de Vence
Fabrice Hyber, Sans gêne
fresque de céramique (18 mètres de hauteur sur 8,20)
Institut Pasteur, Paris


Lien sur ce blog:

Palagret
art contemporain
 La Force de l'Art 2009
octobre 2012

Source:1- in dossier de presse


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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 19:16

 

    Symbole d'une défaite, le coup de tête de Zidane par Adel Abdessemed, suscite bien des réactions. Les visiteurs sont attirés par ce bronze monumental de plus de cinq mètres de haut. Il représente Zinédine Zidane donnant un coup de tête à Marco Materazzi en finale de la coupe du monde de football 2006. Zidane avait écopé d'un carton rouge et été expulsé du terrain. L'Italie l'avait ensuite emporté sur la France aux tirs au but.

 

 

 

Zidane coup de boule Abdessemed Beaubourg 5"coup de tête" d' Adel Abdessemed sur le parvis de Beaubourg

 

 

 

 

   Adel Abdessemed représente deux moments de l'action simultanément: l'instant juste avant que la tête de Zidane touche la poitrine de Marco Materazzi et la souffrance de l'italien lorsqu'il est touché une seconde plus tard. Les corps des deux adversaires sont si précis avec les plis du tissu et les veines sur les bras qu'il s'agit sans doute d'un moulage. La sculpture hyper-réaliste est digne du réalisme soviétique sauf qu'elle ne célèbre pas l'exploit d'un travailleur méritant mais la violence d'un sportif adulé de ses supporters.  


 

 

Zidane coup de boule Abdessemed Beaubourg 4"coup de tête" d' Adel Abdessemed sur le parvis de Beaubourg

 

 

 

 

          "Cette statue s'oppose à la tradition qui consiste à faire des statues en l'honneur de certaines victoires. Elle est une ode à la défaite", explique Philippe Alain Michaud, le commissaire de l'exposition d'Adel Abdessemed "Je suis innocent". "L'œuvre d'Adel Abdessemed est souvent à double tiroir, fait-il valoir. Bien qu'elle reprenne un événement populaire connu de tous et immédiatement identifié, [elle] est aussi une allusion à la tradition réaliste et aux fresques de Masaccio. Le regard de Zidane vers le sol nous rappelle celui d'Adam, chassé du paradis." 1

 

 

 

 

 

Zidane coup de boule Abdessemed Beaubourg 7"coup de tête" d' Adel Abdessemed sur le parvis de Beaubourg

 

 

 

 

     «J'ai reçu la violence du geste de Zidane, depuis l'écran, en plein visage. J'ai voulu montrer le côté sombre du héros, le goût du destin inéluctable et l'immédiateté retentissante d'un geste», a confié Adel Abdessemed au Figaro.

 

 

 

Zidane coup de boule Abdessemed Beaubourg 8"coup de tête" d' Adel Abdessemed sur le parvis de Beaubourg

 

 

 

     Les présidents de districts de football français se disent choqués par la sculpture qui illustre un incident peu glorieux et donne une image négative de Zidane et du football. Ils demandent le retrait de l'ignominieuse statue.

 

    En effet, comment vanter les vertus du sport à nos chères têtes blondes quand une star perd son sang-froid et ne respecte pas l'adversaire. Adversaire qui n'aurait pas respecté Zidane en lui murmurant quelque chose d'incorrect sur sa soeur.

 


 

 

 

affiche-Abdessemed-Beaubourg-50180.jpgaffiche pour l'exposition "Je suis innocent" d' Adel Abdessemed sur la façade de Beaubourg 

 

 

 

 

   De son côté Alain Seban, président du Centre Pompidou, défend l'oeuvre et la liberté de créer. "Je suis choqué par cette demande... C'est ni plus ni moins un appel à la censure. ...L'art porte un autre regard sur le monde et mon rôle est d'être garant de la liberté de créer des artistes", a-t-il déclaré. 


     A l'occasion de l'exposition "Je suis innocent" d'Adel Abdessemed à Beaubourg, le parvis accueille la sculpture "coup de tête". De nombreux visiteurs de toutes nationalités se font un plaisir de se faire photographier devant le geste lamentable de Zidane dont un jour on ne se souviendra plus que pour ce coup de boule. 

 

 

 

Adel Abdessemed

 Je suis innocent

Du 3 octobre au 7 janvier 2013

Beaubourg

 

Adel Abdessemed, Coup de tête

Parvis de Beaubourg

Du 25 septembre 2012 au 7 janvier 2013

 

 

 

Autres oeuvres sur le parvis de Beaubourg:

Horizontal, un joyeux stabile-mobile d'Alexander Calder sur la piazza Beaubourg

Beaubourg: le monumental pot doré de Jean-Pierre Raynaud

 

 

 

Palagret

art en plein air

octobre 2012

 

 

 

Source:

1- in Le Monde du 26.09.12

 


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