24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 00:06
  
   
Des morts-vivants grimés et déguisés, couverts de sang, hantent les rues, faisant semblant de dévorer les passants. Se déplaçant en groupe, les zombies rampent, grognent et dansent de manière saccadée, comme Michael Jackson dans le clip « Thriller ». C'est la Zombie attitude.

Groupe de zombies en quête de sang
La marche des Zombies à Varsovie
, Pologne
    Putréfiés, amputés, oeil arraché, c'est à qui portera le masque le plus gore, le plus sanguinolant et le costume le plus maculé de sang. La marche des Zombies, la Zombie Walk, est un phénomène urbain récent. Il débute aux Etats-Unis en 2001 à Sacramento, lors du Midnight Film Festival.


Cadavre momifié au costume déchiré
La marche des Zombies à Salem
, Massachusetts

    La marche des Zombies s'étend rapidement aux grandes villes américaines telles que San Francisco, Pittsburgh, Detroit, New-York, Austin etc... La marche d'horreur est bien sûr contagieuse et vampirise le monde occidental. Londres, Berlin, Varsovie, Melbourne, Winnipeg, Sao Paulo, et même New Delhi ou Séoul sont contaminés. Les monstres envahissent les grands centres urbains.

Les morts-vivants respectent les passages pour piétons
la marche des Zombies à
Detroit, Michigan
Photo Wigwam Jones

    Paris a connu sa première marche des zombies cette année le 26 octobre où une centaine de cadavres sortis de leur tombes ont envahi le quartier des Halles. La marche débutait à la Fontaine des Innocents là où se situait jadis un charnier. En 1780, le cimetière des Saints-Innocents fut fermé et nettoyé. En 2008, les morts-vivants sont de retour sur leur ancien territoire.

   Un nouveau rite urbain est né.

Une infirmière à l'oeil arraché,couverte de sang
la marche des Zombies à
Toronto

Photo wvs

    La marche des Zombies est inspiré des nombreux films de morts-vivants dont le plus célèbre est « La nuit des morts-vivants » (Night of the living dead) du réalisateur américain George Romero. Tourné en 1968 en noir et blanc, le film a terrifié et réjoui des générations d'adolescents. La scène où une petite fille zombie dévore ses propres parents est devenue culte.

Affiche de "La nuit des morts-vivants" de George Romero, 1968

    Certains films de morts-vivants sont une métaphore de la contagion du mal. La contagion du communisme, de l'impérialisme (le Viet-Nam) et aujourd'hui du terrorisme. Avant tout, la marche des Zombies est d'abord un divertissement, un travestissement. Comme
le Carnaval ou la Gay Pride c'est une fête d'excès où tout est permis. De manière humoristique, c'est un appel au respect de la différence.

    Cette fête macabre nous dit peut-être aussi que nous sommes des Zombies, des fantômes décérébrés, esclaves consentants de la société de consommation et aujourd'hui à la merci de la crise. Des morts-vivants qui pour survivre doivent dévorer ceux qui ne sont pas encore atteints.

Revenants sortant de terre,
la marche des Zombies à
Calgary, Canada
Photo thievierr

   
Depuis 2006, Pittsburgh la ville natale de George Romero, a décrété le 26 octobre journée internationale des zombies (World Zombie Day). Rendez-vous en 2009. Assoiffée de sang, la horde des morts-vivants sortira de nouveau de terre pour joyeusement contaminer les pauvres humains!

La marche des Zombies à Toronto
Photo wvs


Attention Zombies, fuyez, les panneaux d'affichage détournés d'Austin, Texas
Un squelette en vitrine, macabre publicité Eastpack


Photos de la marche des zombies à Paris

Palagret

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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Archéologie du quotidien
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