14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 20:38

    Nature fragile

     Triste et étrange spectacle au matin du 1er février 2008. Des pompiers sortaient quelques  fauves, oiseaux et fossiles d'un magasin encore fumant.  Les spécimens naturalisés presque méconnaissables gisaient sur le trottoir de la rue du Bac à Paris. Dans la nuit, la célèbre galerie de taxidermie et d'entomologie ­Deyrolle avait brûlé. Du cabinet de curiosités unique en Europe il ne restait presque que des morceaux carbonisés et des cendres noyées d'eau.
Quelques papillons épinglés dans des boîtes ont étonnamment résisté à une fournaise d'environ mille degrés. Des alligators, un zèbre, une gazelle sud-africaine, un ours, un lion, toute une ménagerie a péri dans les flammes. Un vrai désastre!


Skull de Jan Fabre, crâne recouvert d'élytres de scarabées
tenant un furet en fourrure synthétique

Vente aux enchères au profit des "Amis de Deyrolle"

     Aussitôt accourus, les photographes ( Nan Goldin, Karen Knorr, Sophie Calle, Laurent Bochet) ont photographié le sacrifice des animaux morts une deuxième fois. Un peu plus tard, des plasticiens ont créé des oeuvres à partir des objets et débris récupérés dans les décombres. Parmi eux: Mark Dion, Jan Fabre, Yann Arthus-Bertrand, Jean-Michel Othoniel, Pierre Alechinsky, Claude et François-Xavier Lalanne, Stéphane Pencreac'h, Pascal Bernier, Bettina Reims, Charwei Tsai, Bernar Venet etc ....


La petite galerie de l'Evolution Deyrolle avant l'incendie

   Jeudi 13 novembre au soir, ces oeuvres constituant "Nature fragile, le cabinet Deyrolle" ont été mises en vente par la maison Christie's au profit du cabinet Deyrolle, à la Fondation de la maison de la chasse et de la nature à Paris. «Il nous faut 250 000 à 300 000 € pour reconstituer le mobilier du cabinet des papillons et des insectes qui a été détruit», expliquait hier, avant la vente, Louis-Albert de Broglie, PDG de Deyrolle. 1

     La vente organisée  a atteint 260 000 €. L'argent récolté ira à l'association "Les Amis de Deyrolle", créée après le sinistre, pour reconstituer les collections scientifiques parties en flamme.


Burnt trophies, Mark Dion 2008, détail tête de sanglier
Vente aux enchères au profit des "Amis de Deyrolle"

     L'oeuvre de Mark Dion "Burnt trophies" s'est vendue 26 000 €. Sur des boiseries noircies par le feu, sont accrochés des cornes de cervidés et un trophée de sanglier. Sur le dessus de la cheminée murée trônent trois oiseaux empaillés rescapés de l'incendie. Mark Dion s'inspire depuis longtemps des cabinets de curiosités ( History trash dig 1996, theatrum mundi: armarium 2001) et des vitrines de musée d'histoire naturelle. Ses oeuvres contiennent des animaux naturalisés ou des naturaliae présentés avec dérision, parodiant la démarche scientifique: Flamingo (2002) un flamand enduit de goudron posé sur une caisse; Polar Bear (1991) une peluche d'ours blanc aussi posé sur la caisse qui pourrait le transporter; Park: mobile Wilderness Unit (2001), un bison dans une vitrine roulante. Le cabinet de curiosités Deyrolle aurait pu l'inspirer et "Burnt trophies" est l'oeuvre la plus emblématique de la vente aux enchères.


Burnt trophies, Mark Dion 2008
Vente aux enchères au profit des "Amis de Deyrolle"

    Skull de Jan Fabre, un crâne mordant un furet en fourrure synthétique a aussi été adjugé à 26 000 €. Charwei Tsai a recouvert un crâne de minuscules caractères noirs, Stéphane Pencreac'h a crucifié une oie blanche. Vincent Beaurin a enveloppé une chèvre calcinée (Isabel) dans une couverture de survie couleur or; Pascal Bernier expose un ironique accident de chasse: un canard à la tête entourée de bandage qui rappelle les souffrances qu'endurent les animaux.


Accident de chasse, (flying duck), Pascal Bernier 2008
Canard naturalisé, bandage, acrylique
Vente aux enchères au profit des "Amis de Deyrolle"

    La taxidermie se nourrit de la mort. Les corps sans vie sont alors travaillés pour avoir l'air vivant mais ce n'est qu'une mort figée, un simulacre bizarre qui peut mettre mal à l'aise même si on admire la virtuosité du taxidermiste. Les oeuvres  mises aux enchères, exposées dans une salle du Musée de la Chasse et de la Nature, parlent toutes de la mort et de la fragilité de la vie, parfois crûment en montrant la photo d'une chèvre calcinée (Nan Goldin) par l'incendie, parfois avec humour avec le canard blessé et l'oiseau crucifié.


Croix sauvage, Stéphane Pencreac'h
Vente aux enchères au profit des "Amis de Deyrolle"

    Créée en 1861 par Jean-Baptiste Deyrolle, la maison était célèbre pour son cabinet de curiosités et ses animaux naturalisés. Elle est plus qu'un simple magasin, c'est une institution parisienne, un petit musée privé, un lieu de promenade apprécié des artistes, des décorateurs, des enfants et des curieux. Premier fournisseur de l’Instruction Publique dès 1866, Deyrolle a fourni pendant plus de cent ans, les écoles primaires, les collèges et les universités du monde entier en matériel pédagogique. Des générations d'enfants ont contemplé des planches animalières, des cartes géographiques et des leçons de choses du "Musée scolaire Deyrolle". sur les murs de leur classe. Aujourd'hui la maison Deyrolle édite de nouvelles planches pour sensibiliser les écoliers à l'écologie.


Portrait de Louis-Albert de Broglie devant Burnt trophies de Mark Dion
avant la vente aux enchères au profit des "Amis de Deyrolle"

     Le propriétaire Louis-Albert de Broglie a racheté Deyrolle en 2001. Il est aussi connu pour son conservatoire de la tomate du Château de La Bourdaisière, en Touraine, au bord de la Loire. On y trouve 650 variétés de ce légume-fruit aux goûts très divers.



Liens sur ce blog:

Pascal Bernier: le canard victime d'un accident de chasse: art et taxidermie

 

le diaporama de l'incendie, dans le New-York Times





Nature fragile, le cabinet Deyrolle
Vente aux enchères le jeudi 13 novembre 2008 à 19 heures
Musée de la Chasse et de la Nature, 62 rue des Archives, Paris 3è.


Maison Deyrolle, 46 rue du Bac, Paris 6è.
Christie's, 9 avenue Matignon, Paris 8è.
Catherine-Alice Palagret
novembre 2008
cabinet de curiosités


1 - in Le Parisien


Partager cet article
Repost0
26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 21:10

 

    Les portraits composés de Giuseppe Arcimboldo exaltent la puissance de l'empereur Maximilien II qui règne sur les hommes mais aussi sur les saisons et les éléments. Arcimboldo  crée  un lien symbolique entre le pouvoir temporel de l'empereur et ....
 
 
 
 
L'Eté d'Arcimboldo, 1573, détail, musée du Louvre
 
 
 
 
 
 
Catherine-Alice Palagret
maniérisme et illusion
septembre 2008
 
 
 
 
Source:
Catalogue de l'exposition "Arcimboldo" au Musée du Luxembourg
15 septembre 2007 - 13 janvier 2008
 
 
 

 

Partager cet article
Repost0
14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 12:58

 

Arcimboldo en 3D et cabinet de curiosités



voir Le cabinet de curiosités d'Aristide Sauveterre I

 

    Des originaux de grande valeur et des faux flagrants s'accumulent dans le Cabinet de Curiosités d'Aristide Sauveterre. Héritier d'une partie de la magnifique collection de Joseph Bonnier de la Mosson, Sauveterre s'intéresse au vrai et au faux avec la même délectation et il est oujours à la recherche de ...
 
 
 
 
 
Armoires du Cabinet de Curiosités de Bonnier de la Mosson.
Bibliothèque du Muséum national d’histoire naturelle de Paris
 
 
 
 
 
Arcimboldo le cuisinierLe cuisinier d'Arcimboldo, portrait illusionniste lisible dans les deux sens
 
 
 

 

Catherine-Alice Palagret

cabinet de curiosités

mai 2008

 

Partager cet article
Repost0
18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 12:34


 Des sculptures, des fossiles
et
des faux ...


    Depuis que Louise Bourgeois expose Maman, son araignée géante, dans le jardin des Tuileries, les araignées du cabinet de curiosités d'Aristide Sauveterre attirent les curieux.


Araignée géante de Louise Bourgeois aux Tuileries devant le Louvre


    Dans le jardin du collectionneur, trois inquiétantes araignées géantes s'affrontent en un combat immobile. Aristide dit les avoir acquises sur photo auprès de Dimitri Sergueï Kalnikov, un paléontologue amateur d'Oulan-Bator, en Mongolie. Non sans ironie, Aristide les a baptisées Euphrosyne, Thalie et Aglaé, les Trois Grâces, car pour lui ces silhouettes de cauchemar sont la personnification de l'allégresse, de l'abondance et de la beauté.

    Examinée de près, Euphrosyne laisse voir à travers sa carapace déchirée un squelette! Surprenant car les araignées n'ont pas de squelette! S'agirait-t-il d'une consolidation, un fossile de cette taille est très fragile. L'armature intérieure est en bois entouré de corde. L'enveloppe, quant à elle, est en cuir bourré de boue et de paille séchées. Il est évident qu'il ne s'agit pas de vraies arachnides dessèchées mais d'habiles reconstitutions. Admettant la supercherie, Aristide ne s'en émeut guère. Un cabinet de curiosités contient aussi bien d'authentiques pièces rares que des faux notoires. Pour le collectionneur, ces oeuvres fabriquées par un artisan anonyme et génial valent bien de vrais fossiles. Fabriquées avec des matières pauvres, cuir de yak, bois, chanvre et pigments naturels, elles datent selon lui des années vingt. S'agit-il d'une oeuvre d'art? Non, l'intention de l'artisan était de fabriquer des fossiles qu'il pourrait vendre aux amateurs crédules. Le faussaire a-t-il vraiment floué quelqu'un? Sur photos peut-être. Peu importe, même fausses, les araignées fossiles sont assez impressionnantes pour plaire à un collectionneur tel qu'Aristide.


    Il y a trente ans, les Trois Grâces d'Aristide Sauveterre ont fait la Une des journaux locaux quand il les a montées dans son jardin mais depuis plus personne ne s'y intéressait à part le Maire. Sa phobie des araignées est telle qu'il harcelait Aristide pour qu'il les enlève ou du moins les cache derrière une bâche.
- Vous voyez trop de film d'horreur, se défendait le collectionneur. Comme si une araignée allait renaître, poursuivre les villageois, attraper une frêle jeune fille et la tenant délicatement entre ses pattes chitineuses lui arracher voluptueusement la tête!

- Elles font peur aux enfants, assurait le Maire!
- Elles font plutôt peur aux adultes, répliquait Aristide. Les enfants sont fascinés par ces insectes géants: ils se perchent sur le mur pour mieux les voir. Qui sait si un enfant du village ne deviendra pas un entomologue ou un paléontologue célèbre à cause d'elles.

    Maintenant qu'un conseiller municipal a vu un reportage sur TF1 montrant une Maman, l'araignée géante de Louise Bourgeois dans le Jardin des Tuileries à Paris, le Maire ne voit plus les monstres d'Aristide du même oeil. Il voudrait mettre une photo d'Euphrosyne, Thalie et Aglaé dans la brochure touristique de la ville. Aristide refuse, ses trésors ne sont pas une attraction foraine. Le bouche à oreille a cependant fonctionné et chaque jour Aristide chasse des curieux qui cherchent à se faufiler dans sa propriété. Qu'ils se contentent de l'araignée des Tuileries, grommelle-t-il! Il soupçonne d'ailleurs la plasticienne Louise Bourgeois de s'être inspiré de ses Trois Grâces. Ne voit-elle pas, elle aussi, une figure féminine dans son monstre à huit pattes?



Les Trois Grâces. Groupe en bronze d'Aristide Maillol
jardin des Tuileries
    Autre coïncidence, Maman n'est pas loin des Trois Grâces d'Aristide Maillol, des grâces plus charnues que les Euphrosyne, Thalie et Aglaé du cabinet de curiosités.

    Le cabinet de curiosités d'Aristide Sauveterre contient d'autres fossiles, pas plus authentiques que ses araignées monumentales. Au moins, ils tiennent à l'intérieur du cabinet de curiosités. Il s'agit de minuscules squelettes de dinosaures, des faux du dix-neuvième siècle soigneusement fabriqués à partir d'os de tuco-tuco par un taxidermiste bolivien en exil à Paris. Aristide a acheté  ces petits animaux dans une boutique de livres anciens rue Dauphine, il y a trente ans.


Un dinosaure animé à Jurassic Park. Photo: TheCx

    Alors qu'il préparait Jurassic Park I, un assistant de Steven Spielberg, ayant entendu parler de ces dinosaures minuscules, est venu prendre des photos de l'ensemble.


T-Rex de Jurassix Park. Photo: wallyg



Aristide n'a pas vu le film de Spielberg mais il ne serait pas surpris d'y trouver des créatures inspirées de sa collection.


    Minuscules ou géants, vrais ou faux, les fossiles d'Aristide Sauveterre s'intègrent parfaitement à sa collection de naturaliae.



Liens:
Catherine-Alice Palagret
avril 2008
cabinet de curiosités




Partager cet article
Repost0
21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 02:55


Une malle aux trésors dérisoires

    Pierre-Etienne le narrateur tourne en rond dans son appartement, de la baignoire où, tout habillé, il médite à la cuisine où Kabrowinski, un peintre polonais, nettoie un poulpe dans l'évier. Indécis, il inventorie ses placards à la recherche d'un pull et découvre une vieille malle.


Page 37:

35) Des coquillages, pierres de collection, agates
en lamelles, timbales, coquetiers, napperons, mou-
choirs, dentelles, châles, huiliers, pendentifs, boîtes
laquées, tire-bouchons, outils anciens,couteaux de
berger, couteaux en argent, tabatière en ivoire,
assiettes, fourchettes, santons, netsukes. J'avais
réussi à déverrouiller une vieille malle en fer,
couverte de cadenas et de ficelles effilochées, et je
m'étonnais de trouver tout ce merdier à l'intérieur,
qui avait dû appartenir aux anciens locataires, des
sybarites à en juger par l'élégance des estampes.


    Une fois ouverte, la malle ne révèle que des objets hétéroclites qui n'évoquent rien pour le narrateur. Comme Georges Pérec dans "Les Choses", il dresse une liste. Témoignages d'une vie banale se mêlant à quelques touches d'exotisme: un netsuke, sorte de boucle de kimono  et des estampes.

    Cette "vieille malle en fer, couverte de cadenas et de ficelles effilochées" que dédaigne le narrateur est un trésor pour un collectionneur. Chargée de mémoire, c'est une histoire à déchiffrer, une invitation au voyage. Elle laisse entrevoir des goélettes voguant sur les mers du Sud, des aventures fantastiques dans la jungle d'Amazonie, des dangers inouïs sur des continents oubliés ou, tout simplement, une vie tranquille dans un appartement parisien. Une vie sans histoire en apparence, avec des secrets déjà oubliés, que quelques coquillages trouvés au fond d'une malle ne peuvent résumer.

         Le narrateur dédaigne cet appel au rêve. Même à Venise, où il est parti sans raison précise, il reste enfermé à l'hôtel, ignorant les splendeurs de la ville. Le narrateur a perdu sa capacité d'émerveillement. Il préfère jouer aux fléchettes dans sa chambre, se concentrant sur la cible et oubliant le reste du monde. S'il n'était pas totalement dénué de romantisme, il pourrait citer "le voyage" de Baudelaire:

Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

   
    A l'opposé du spleen baudelairien, sa dépression ne le porte pas aux envolées lyriques. Le monde est gris, opaque, dé-réalisé et le renvoie à sa propre vacuité. Il ne peut que décrire ce qu'il fait et ce qu'il voit sans aucune émotion. Cette écriture blanche, neutre, crée un effet comique mêlé d'angoisse. Comme celle de Buster Keaton, l'impassibilité du narrateur nous fait rire.



undefinedune ombre sur le pont, Venise

   L'énigme de la malle n'intéresse pas du tout le narrateur mais elle interpelle le lecteur de ce roman de Jean-Philippe Toussaint.



La Salle de bain, roman de Jean-Philippe Toussaint
1985, Les  Editions de minuit


Liens sur ce blog:
"Vertige de la liste" d'Umberto Eco et Jean-Philippe Toussaint
Les Iles Eparses de Pierre-Autin Grenier

Catherine-Alice Palagret
archéologie du quotidien
janvier 2008


Partager cet article
Repost0
6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 20:31

 

Dernières acquisitions d'Aristide Sauveterre pour son cabinet de curiosités

 

     Un morceau du moulage du linteau de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun. La main d'Eve s'apprête à cueillir le fruit défendu. La sculpture originale est attibuée à Gislebertus et daterait du début du douzième siécle...  voir la suite


Eve et la pomme, moulage du linteau d'Autun
---------------------------------------------------

         Un Arcimboldo en plastique: une sculpture faite de fruits et de légumes  dans l'esprit du portrait allégorique de l'été peint par Arcimboldo. Les éléments qui composent le portrait sont en plastique, de couleur vive. On discerne une aubergine, deux tomates, un épi de maïs, du blé, du raisin, des cerises etc ... Ils proviennent d'un caddy pour enfants. Auteur inconnu.
Section art modeste n° ACBD 2.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------
 
 La famille Simpson, six figurines de dix centimètres de haut, trouvées dans un vide grenier: 
 - Homer Simpson le père abruti, 
 - Marjorie Bouvier la mère, dite Marge. Elle porte le même nom de famille que Jacqueline Kennedy, née Bouvier.
 - Bart, un gamin impossible. 
 - Lisa Simpson, la plus intelligente de la famille
  - Maggie Simpson le bébé.
 - Le petit chat Boule de neige

    Les personnages de Matt Groening sont modelés en argile sur une structure de bambou. Des punaises de couleur dessinent les traits et les vêtements.
Le teint jaune est bien rendu. Seul le chat est maladroit sans doute parce que sa petite taille rend difficile l'implantation des punaises. Il aurait fallu utiliser des épingles à tête ronde. L'exceptionnelle choucroute bleue de Marge est particulièrement réussie. L'auteur est anonyme.
Section art modeste n° SP 3.

--------------------------------------------------------
   Trois tableaux au point de croix de 30 X 30 cm  :

-- De Gaulle à Colombey entouré de deux drapeaux de la France Libre.
-- Le cimetierre de Verdun
-- Le pêcheur de truite

 

Curiosit--s-Colombey--1-.jpg    Curiosit--s-verdun.jpg    Curiosit--s-truite.jpg 

Points de croix  réalisés par Mademoiselle Léonce Cabrerollis, vers 1960.
Section art modeste n° PCX 8


-----------------------------------------------------------

 

- un plateau d'offrandes jaïn de Palitana, Inde. Section exotica N° PLT 1

 - un livre de prière trouvé dans un cercueil suspendu à Long-ma au Yunan, Chine. Section exotica N° CSP 1

 - des photo de tournage (1965) du “Tigre se parfume à la dynamite”, film de Claude Chabrol, avec Roger Hanin et Margaret Lee.



Tigre.JPG

 

--------------------------------------------------------

 

- trois poteries berbères à décor géomètrique de Grande Kabylie. Section exotica N°GK  17

 - un plan relief de la forteresse de Salses le Chateau située sur l'ancienne frontière entre la Catalogne et la France. Construite sur l'ordre du roi d'Aragon Ferdinand V le Catholique par l'architecte Francisco Ramiro Lopez. Le traité des Pyrénées du 16 novembre 1659 donne la citadelle  à la France. L'ouvrage militaire, désaffecté, est réparé par Vauban au XVIIè siècle.

 


    Salses.jpegvue aérienne de Salses le chateau

 

 

-------------------------------------------------------------

 

- une demie tour Eiffel en allumettes coulée en bronze, d'après l'oeuvre de François Pignon

 - un plan des égouts de Londres qu'aurait utilisé Jack l'éventreur. On y voit les 1750 km de tunnels conçus par  l'ingénieur Joseph Bazalgette afin d'assainir la ville et de prévenir les épidémies de choléra. En 1849, la maladie fit des milliers de victimes dans les quartiers insalubres de la capitale.

 - deux rouleaux de tickets du cinéma “Midi-Minuit, années cinquante. Ce cinéma dédié aux films fantastiques se trouvait sur les grands boulevards à Paris.

 - un masque Fang (Gabon) rafistolé avec de petites bandes de vénilia à fleurs et des agraffes rouillées, daté du milieu du XIXè siècle. Fait de bois couvert de kaolin blanc, le visage est ovale, dépourvu de bouche. Le blanc symbolise le monde des morts. Les hommes de la société secrète Nfgil portaient le masque de “la jeune fille blanche” lors de danses rituelles qui protègeaient le village de la sorcellerie.

Section exotica n° FG n° 73.

 

- un carton d'invitation à une cérémonie d'intronisation du "Club des Argonautes du Futur", sis Impasse de l'Astrolabe à Paris, daté du 27 avril 1832, calligraphié sur papyrus.

 - un morceau de sarcophage romain en pierre. Décoré de cercles, venant de la nécropole de Termessos Section archeologia n° TMS 6.

  

 

Termessos-4--4-.jpgsarcophage de Termessos, Turquie
- Le mode d'emploi absurde du cadre-photo Philips 7FF1CMI.
 Il va rejoindre un gros classeur qui contient déjà des dizaines de modes d'emploi surréalistes, traduits de l'anglais en coréen, du coréen en tchèque et du tchèque au français ou l'inverse.
 Section archéologie n° MES 32.  Voir l'article.
 
Et toujours pas de petit canard jaune!



banderolle.jpg

Catherine-Alice Palagret
cabinet de curiosités
août 2007

   

Partager cet article
Repost0
17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 16:31


UN MAMMOUTH AUX ENCHERES


Le lundi 16 avril 2007 la maison Christie's, à Paris, a mis aux enchères une collection de fossiles et de squelettes préhistoriques dont un mammouth de Sibérie mesurant 3,80 m de haut et 4,80 m de long.



squelette de mammouth de Sibérie en vente chez Christie's


     Dans la tradition des cabinets de curiosités, Christie's expose des trésors hétéroclites mêlant des squelettes, fossiles, dents de dinosaures, météorites et papillons à de beaux meubles du XIX siècle.



collection de papillons et poisson fossile





    Aristide Sauveterre, bien qu'impressionné par le Mammuthus primigenius, dit "Président" (découvert en Sibérie sous Boris Eltsine en 1991), n'avait pas l'intention d'enchérir. Il n'a pas les moyens d'une telle folie. Il venait pour la collection d'objets d'histoire naturelle du Dr Jean Bouhanade. Des fossiles de reptiles ou d'oiseaux incroyablement délicats. Il espérait repartir avec la magnifique chauve-souris datant de l'oligocène.



lot 41: Fossiles de chauve-souris (oligocène, pays de Forcalquier)


fossile d'oiseau (oligocène)


    Dispersée devant une foule de collectionneurs et de curieux, ce bestiaire préhistorique a largement dépassé les estimations, les prix se sont envolés. Le mammouth de Sibérie, datant du quaternaire, était la pièce la plus médiatisée et la plus convoitée. Estimé à moins de 180.000 euros, il a été adjugé 260.000 euros à un amateur anonyme.


lot n° 83: squelette de rhinocéros laineux (pléistocène supérieur)


     Le squelette de rhinocéros laineux s'est vendu 120.000 euros et l'ours des cavernes 39.000.

     Un fossile de crabe estimé à 1.500 euros, adjugé à 28.000 euros.

     Un magnifique fossile de poisson-ange, vieux de 50 millions d'années s'est vendu à 100.000 euros.


lot n°16: Eoplatax papilio dit poisson-ange, éocène inférieur, Italie


    Les enchères sont montées trop haut pour Aristide Sauveterre. Un peu désabusé, il soulève un problème à propos de ces ventes: «Toutes ces pièces sont très belles mais leur authenticité peut être problématique. Certains squelettes sont assemblés avec des ossements de différentes provenances. Le remontage des os peut être fantaisiste. On peut se procurer des squelettes auprès d'une société russe mais quelle est la garantie scientifique?

    On y trouve de nombreux mammouths ainsi que des ours et des lions. Ils ressemblent beaucoup aux vertébrés mis en vente chez Christie's. Je ne dis pas que le mammouth de Christie's est un faux mais il faut être prudent. Si les ventes se multiplient, inévitablement, il y aura des problèmes. Il y a déjà des rumeurs. Certains musées ont eu des déconvenues et les scientifiques s'inquiètent.»



Crinoïdes et oursins tripneustes chez Christie's en 2009
Rhinocéros laineux, rhinocerus tichorinus, squelette fossile chez Christie's en 2007
Fossile d'éoplatax papilio dit poisson-ange
Une mâchoire de Carcharodon megalodon en vente chez Christie's en 2009
Le noël des dinosaures à la télévision, rigueur scientifique et mise en scène
Cabinet de curiosités: fossiles, bézoard et Sarcosuchus imperator



Catherine-Alice Palagret
Texte et photos
avril 2007


cc.gif

Partager cet article
Repost0
26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 20:09
 
 
Une tentative de collection universelle ...

 

    "curiosus, cupidus, studiosus" ainsi le dictionnaire de Trévoux, publié en 1771, définit-il la curiosité: ce qui se traduit par "l'attention, le désir, la passion du savoir". C'est la devise de tous les collectionneurs de curiosités et plus particulièrement celle d'Aristide Sauveterre.
 

 

Les ancêtres, statue de carnaval en papier mâché peint,
dignitaires chinois sur rouleau, statue de femme noire

 

    Selon la tradition, la collection se compose de naturalia (animaux empaillés, madrépores, météorites, monstres et merveilles de la nature ), d'artificialia (clepsydres, fioles lacrymales, astrolabes, automates) et de ...

 

  Suite ici

 

 
Curiosit--s-Mosson--011.jpg

 

 

 

Catherine-Alice Palagret

Texte et photos
août 2006
 

 

 

 


 

 

Partager cet article
Repost0
26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 20:08


   LE BUCHER DES TOTEMS



bartoli--portrait.jpgClaude-Henri Bartoli


    L'été de 1989, dans Vèbre, un ruisseau bétonné pour canaliser les violentes pluies de printemps et d'automne des monts d'Orb, Claude-Henri Bartoli met aux enchères ses Totems. Son ami le Professeur Pierre-Epaminondas Boncam lui parle d'un rituel d'Océanie qu'il a découvert dans un récit de voyage, écrit par Francisco Nobre da Costa, navigateur dans le Pacifique.


Exposition des Totems de Claude-Henri Bartoli avant la vente aux enchères



    Au dix-septième siècle, le navigateur raconte que dans un île de l'archipel de Nova-Esperanza la tribu des Malakura ont une étrange coutume: au solstice d'hiver, les hommes alignent de nouvelles idoles de paille et de boue face à la mer. Pendant trois jours ils leur apportent des offrandes pour s'assurer des bonnes grâces des dieux et de la bonne marche du monde. A la fin des cérémonies, l'idole qui a reçu le moins d'offrandes est abattue. Si l'idole n'attire pas les villageois, elle est mauvaise, elle doit être détruite. Les hommes construisent alors un grand bûcher, ils y plaçent l'idole déchue. A la tombée de la nuit, devant tout le village réuni, le mannequin est brûlé. La destruction de l'idole donne lieu à de plus grandes festivités que sa présentation. Les jeunes hommes marchent sur les braises et au matin, les femmes recueillent les cendres qu'elles dispersent dans l'océan.

 

    S'inspirant des coutumes décrites par le Professeur, Claude-Henri Bartoli décide que les totems qui n'auront pas reçu d'offre (ou d'offrandes) seront détruits par le feu.


                                      

Trois Totems de Claude Bartoli avant la vente aux enchères


    Un totem de Claude-Henri Bartoli sauvé du feu

     Après une heure d'enchères, trois totems n'ont pas eu la faveur du public. Suivant l'exemple des Malakura de Nova-Esperanza, Claude-Henri Bartoli met le feu aux totems dédaignés, clouant le bec à ceux qui doutaient de sa détermination à détruire ses propres oeuvres.



Le totem de claude-Henri Bartoli est détruit par le feu


   Les totems sont faits de matériaux pauvres: contre-plaqué, bois, bambou, plâtre et paille. Ils s'enflamment facilement. L'assistance, à la fois joyeuse, perplexe et un peu inquiète, observe silencieusement les flammes. La destruction par le feu renvoie à des autodafés moins joyeux. Est-ce un nouveau bûcher des vanités où l'artiste lui-même se punit ou un pied-de-nez à la société de consommation? Quelques photographes fixent cet instant magique. Pitoyable effort pour enrayer le temps. Les oeuvres sont éphémères. Un adolescent remue du pied des morceaux carbonisés puis il ramasse des cendres encore tièdes. Quand les dernières flammes s'éteignent, les acquéreurs emportent les encombrants Totems, satisfaits de les avoir sauvés du bûcher. La nuit tombe sur Vébre.



Le totem de Claude-Henri Bartoli brûle


 

 

   Quelques jours plus tard, Jane et Sylvestre de Pailhac installent leurs deux totems dans la propriété d'Aristide Sauveterre.

 

 



  Totem005.jpg

deux totems de Claude-Henri Bartoli sauvés du bûcher

    Totem006.jpg

 

 

                      

 
   Jane et Sylvestre de Pailhac posent les totems aux quatre points cardinaux avant de choisir leur place définitive, face à l'ouest. Les deux totems arrachés aux flammes resteront là, exposés à la pluie, au vent et au soleil. Cette cérémonie païenne à mi-chemin entre les rogations catholiques et les rituels océaniens  se termine par des libations!



   undefinedLes deux totems de Claude-Henri Bartoli sont orientés face au soleil



     En 1987, George Willie, un sculpteur écossais, brûla lui aussi son oeuvre. Il avait construit "straw locomotive", une locomotive grandeur nature en paille. Elle fut suspendue à une grue aux docks de Finnieston pendant le Glasgow Garden Festival. L'oeuvre fut ensuite livrée au bûcher  lors d'une cérémonie rappelant les rites vikings, pour protester contre la situation économique des docks. Les flammes dissipées, la cadre métallique apparut, laissant voir un point d'interrogation. C'était une oeuvre fragile et éphémère.




Liens sur ce blog:


  Les idoles de Nova-Esperanza

 

Les statues éphémères de Saraswati en Inde

 

Cabinet de curiosités d'Aristide Sauveterre: les petits canards en bois du Capitaine Cook




http://www.ambafrance-ma.org/archives/espacult/expo/bartoli/gal-bar1.htm

http://www.mdpublicite.com/bartoli.htm#

http://www.art-insolite.com/pageinsolites/insobartoli.htm






 

 

 

Texte et photos de Catherine-Alice Palagret

 

art contemporain et conservation

 

Août 2006

 


 


Partager cet article
Repost0