13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 15:52

 

    La fausse façade verticale de Leandro Erlich modifie la perception des visiteurs; les enfants s'approprient vite le miroir trompe-l'oeil devant lequel ils exécutent d'improbables acrobaties nous faisant croire qu'ils escaladent le Bâtiment.

 

 

104 Erlich Bâtiment 104 juilletBâtiment de Leandro Erlich dans la grande halle Aubervilliers du 104

 

 

 

  L'installation devait être démontée en décembre; elle est toujours là, jusqu'en août. Le bâtiment miroir est aujourd'hui encadré de Connexions, un réseau d'élastiques colorés d'Anne-Flore Cabanis.

 

 


 


Bâtiment, Leandro Erlich au 104 par Palagret

 

 

104 Erlich Bâtiment 104 juillet 5Bâtiment de Leandro Erlich dans la grande halle Aubervilliers du 104

 

 

 

Voir l'article d'octobre

 

 

In-Perceptions

Bâtiment, Leandro Erlich

Du 24 septembre au 4 août 2012

Le 104 (Le Cent Quatre), 104 rue d'Aubervilliers 75019 Paris


 

 

104 Erlich Bâtiment Cabanis connexions 104Le miroir incliné crée l'illusion

Bâtiment de Leandro Erlich et élastiques tendus d'Anne-Flore Cabanis

grande halle Aubervilliers du 104

 

 

 

 

Billets sur les expositions du Cent-quatre:


Pistoletto, 20 miroirs brisés au 104 à Paris


Johan Lorbeer: vie tranquille, vie perchée au 104


 La villa Arpel reconstituée au 104, le terrain de jeu de JacquesTati 


 

Palagret

art contemporain

juillet 2012

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 23:08

 

 

   Installations éphémères d'écorces d'oranges pourrissantes, de purée de carotte, de nouilles de soja, de lentilles, de ketchup ou de mousse débordant de poubelles, Michel Blazy travaille avec le vivant, l'instable, l'éphémère.


 

 

Bernardins Blazy bouquet final 97Bouquet final, Michel Blazy, Collège des Bernardins


 

 

   Dans l'ancienne sacristie du Collège des Bernardins, Michel Blazy n'expérimente pas cette fois avec des matériaux organiques mais avec un banal produit artificiel, de la mousse de bain. A dix heures du matin, il y a très peu de mousse qui sort des bacs accrochés à l'échafaudage; peu à peu la mousse enfle, s'accumule et finit par tomber silencieusement. Le fragile drapé virevolte élégamment avant de se dissoudre lentement au sol. Ce matériau léger et translucide donne l'illusion de la vie en s'épandant et en se rétractant en d'imperceptibles évolutions.

 

 

 

Bernardins Blazy bouquet final 163Bouquet final, Michel Blazy, Collège des Bernardins


 

 

   Il faut longtemps contempler le mur pour voir enfin de gros nuages blancs se détacher. Le meilleur moment est vers cinq heures quand l'accumulation des bulles cède à la pesanteur. Le soir, les moteurs qui génèrent la mousse sont éteints et chaque matin la fontaine de mousse renaît, toujours différente, comme une métaphore de la naissance et de la mort, de la fragilité des choses.






MICHEL BLAZY, bouquet final au Collège des... par Palagret

 

 

 

Interview de Michel Blazy:

"Exponaute: Bouquet final est une sorte de bas-relief qui dialogue avec l'architecture majestueuse de l'ancienne sacristie du Collège des Bernardins. Comment avez-vous abordé cet espace et cet environnement mystique ?

Michel Blazy: C'est la pièce la plus importante que j'ai faite en mousse, elle mesure six mètres de haut sur huit de large. Ça fait une dizaine d'années que j'utilise ce matériau, mais c'est la première fois que je dépasse véritablement l'échelle humaine. Je suis parti de la sensation que l'on peut avoir dans les lieux de culte, où le corps est complètement dépassé par l'architecture, où l'on est dans une attitude de respect car on est dominé – ce qui peut même être inquiétant, oppressant. Je voulais rendre l'équivalent de cette sensation, mais avec un phénomène vivant.


 

 

Bernardins Blazy bouquet final 106Bouquet final, Michel Blazy, Collège des Bernardins


 

 

 

    Le drapé, la statuaire, le mouvement, le contraste entre le solide et le mou... : il y a dans l'œuvre quelque chose de baroque, de l'ordre de la démesure, du maniérisme. J'espérais que le côté mystique du lieu charge la pièce, grâce à cette matière mystérieuse, en apparence fixe, mais qui bouge, se déplace. C'est comme une plante que l'on ne voit pas pousser – même si c'est le cas, imperceptiblement.

 

 

 

Bernardins Blazy bouquet final 111Bouquet final, Michel Blazy, Collège des Bernardins

 

 

 

 

Exponaute: On y retrouve les notions de temps et de cycles, importantes dans votre travail. Ici l'œuvre est calée sur les heures du jour.

M.B: En effet elle meurt dans la nuit – les moteurs sont éteints, la mousse disparaît – et repousse le lendemain matin. Je suis parfois sur des cycles plus longs, parfois plus courts. ... Chaque pièce a son propre cycle. C'est la durée de vie de l'œuvre qui m'intéresse. Dans celle-ci, le meilleur a lieu à la fin de la journée, juste avant qu'on ne ferme les portes – d'où le titre de Bouquet final.

 

 

 

Bernardins Blazy bouquet final 99La mousse au sol éclate et meurt

 

Bouquet final, Michel Blazy, Collège des Bernardins


 

 

Exponaute: Il y a dans vos œuvres une part d'inconnu, de hasard , d'infini... 

M.B: J'ai la volonté de ne pas maîtriser les processus à 100 %, mais d'être simplement là pour les encourager, les accompagner. Un peu comme un jardinier qui plante une salade, mais ne sait pas exactement quelles seront les conditions météo, et ne peut pas savoir avec précision quelle sera la forme de sa salade... L'auteur dialogue avec les éléments et a un pouvoir limité. Il y a le désir que l'on projette sur les choses, et ce qui arrive : l'œuvre prend le chemin entre les deux. Ce qui m'intéresse, c'est toute cette incertitude."


 

 

Bernardins Blazy bouquet final 118Bouquet final, Michel Blazy, Collège des Bernardins




Extraits des propos recueillis par Magali Lesauvage pour Exponaute.


 

 

Bernardins Blazy bouquet final 121Bouquet final, Michel Blazy, ancienne sacristie du Collège des Bernardins


 

 

 

 

Bouquet final, Michel Blazy
Du 10/05/2012  au 15/07/2012
Collège des Bernardins, Paris

 

 

 

Bernardins Blazy bouquet final 98Bouquet final, Michel Blazy, Collège des Bernardins


 

 

Art contemporain au Collège des Bernardins:

L'art brut de Judith Scott: cocons multicolores et totems au Collège des Bernardins   

Claudio Parmiggiani au collège des Bernardins: le labyrinthe brisé

 

Michel Blazy, sculpcure, des oranges pourrissantes sur un Plateau

La grotte de Michel Blazy, coton et lentilles au Plateau

 

 

 

 

Palagret

art contemporain

photos Palagret en CC

juillet 2012

 

 

Sources:

Dossier de presse

Exponaute

 


 


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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 15:23

 

    Une station de métro rebaptisée Durock et des affiches sur le quai pour fêter les dix ans de Rock en Seine avec de la musique en fond, voilà de quoi changer la routine des voyageurs. Les affiches réalisées pour l'occasion sont des dessins.


 

affiche métro Duroc rock en scène Black Keys Marjane SatrAffiche de The Black Keys pour Rock en Seine

sur le quai du métro Duroc, Marianne Satrapi

 

   

 

    Marianne Satrapi a réalisé l'affiche du groupe The Black Keys. La dessinatrice et réalisatrice de Persepolis donne une image style bande-dessinée avec un bel aplat de rouge et noir.


 

 

affiche métro Duroc rock en scène Grimes Marguerite SauvaAffiche de Grimes pour Rock en Seine

sur le quai du métro Duroc, Marguerite Sauvage

 

 

 

     Pour Grimes, chanteuse canadienne, Marguerite Sauvage, une illustratrice au trait léger, dessine une jeune femme vaporeuse bleue sur fond rouge ... avec un crâne sur l'épaule.


 

 

affiche métro Duroc rock en scène quaiAffiche de Get well soon, Eagles of Death Metal, Dionysos, Sigur Ros

pour Rock en Seine sur le quai du métro Duroc

 

 

 

   Pour le groupe Get Well soon, Nicolas de Crecy, créateur de Léon la Came, dessine un étrange couple: un jeune homme sage et un ours décapité.



 

affiche métro Duroc rock en scène Eagles of feath metal KAffiche de Eagles of Death Metal pour Rock en Seine

sur le quai du métro Duroc, Kerozen

 

 

 

 

   Victor Marco réalise l'affiche de Deus, groupe belge de rock indépendant, Jean Lecointreréalisateur de la série d’animation Turkish Delights diffusée sur Canal +, celle de Grandaddy, groupe californien de nouveau réuni. 

 


 

affiche métro Duroc rock en scène Dandy Warhols JP DelhomThe Dandy Warhols pour Rock en Seine

sur le quai du métro Duroc, Jean-Philippe Delhomme

 

 

 

    Jean-Philippe Delhomme illustre le groupe The Dandy Warhols, rockers pop psychédéliques, avec un musicien aux cheveux blancs (comme Warhol) vêtu de noir et deux guitares en flamme sur un fond jaune.


 

 

affiche métro Duroc rock en scène DionysosDionysos à Rock en Seine, quai du métro Duroc


 

   Pour Mark Lanegan, flamboyant rescapé de la culture grunge, Thomas Ott dessine en noir et blanc un écorché au cerveau abritant un foetus au milieu de ses circonvolutions. Cet illustrateur allemand décline un univers fantastique souvent macabre.

 

 


affiche métro Duroc rock en scène Mark Lanegan Thomas OttMark Lanegan à Rock en Seine

quai du métro Duroc, Thomas Ott

 

 

 

   Baldo réalise l'affiche de Shins, groupe américain de rock indépendant.



 

affiche métro Duroc rock en scène the Shins BaldoThe Shins à Rock en Seine

sur le quai du métro Duroc, Baldo


 

 

   Le métro Duroc n'est resté Durock que pendant six jours mais les affiches sont toujours là. La musique rock n'est plus diffusée sur le quai. Les 63 affiches crées pour le festival seront exposées au Domaine de Saint-Cloud pendant les concerts.


 

 

 

métro durockLe métro Duroc rebaptisé en Durock à l'occasion des dix ans du festival Rock en Seine

 

 

 

Rock'art au métro Durock (Duroc) à Paris

(lignes 10 et 13) du 3 au 9 juillet 2012. 

 

 

Rock en Seine 2012:

Vendredi 24 août: Placebo, The Shins, Sigur Ros, Bloc Party, Frank Ocean, Dionysos, C2C, Lissie.

Samedi 25 août: The Black Keys, Noel Gallagher's High Flying Birds, Eagles of Death Metal, Mark Lanegan, Agoria, The Bewitched Hands, Caravan Palace.

Dimanche 26 août: Green Day, Grandaddy, The Dandy Warhols, Foster the People, Social Distorsion, Little Dragon, Friends, Stuck In The Sound.

3 jours, 4 scènes, 60 concerts

Domaine National de Saint-Cloud

Du 24 au 26 août 2012

 

 

 

Palagret

Les stations à thème du métro parisien

Photos du quai ligne 10

juillet 2012

 

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 19:49

 

   De loin, on ne voit voit que des tableaux classiques emblématiques de la peinture occidentale. Portrait des époux Arnolfini de Van Eyck, Joconde de Leonard de Vinci, Marie-Antoinette et l'autoportrait au chapeau de paille d'Elisabeth Vigée-Lebrun, la Fornarina ou la Madone aux oeillets de Raphaël. Vus de près, ces tableaux si connus ne sont que des photographies numériques et les visages si juvéniles sont couverts de rides.


 

 

NIcole Tran Ba Vang Vigée Le Brun 1 Art Paris 2012Autoportrait au chapeau de paille d'Elisabeth Vigée Le Brun

réinterprété par Nicole Tran Ba Vang

 

 

 

 

     "You will never die", la série de Nicole Tran Ba Vang met en scène les modèles qui auraient vieilli. La Fornarina aurait 497 ans aujourd'hui et si son teint craquelé correspond à un âge avancé, en fait, elle n'est que poussière, représentation que Tran Ba Vang a préféré ignorer.


 

 

NIcole Tran Ba Vang Fornarina Art Paris 12La Fornarina de Raphaël

réinterprétée par Nicole Tran Ba Vang

 

 

 

 

   La pose fière du tableau original fait ressortir le visage creusé, le cou ridé, les lèvres pincées, le corps avachi. Ode à la jeunesse et à la beauté, les portraits ne sont plus que de cruelles observations du temps qui passe.

 

 

 

NIcole Tran Ba Vang Joconde Art Paris 12La Joconde de Leonard de Vinci

réinterprétée par Nicole Tran Ba Vang

 

 

 

     L'oeuvre de Nicole Tran Ba Vang, photographe de mode à l'origine, est une réflexion sur le corps. Habituée à photographier des top-modèles parfaites, selon les codes de la mode, elle montre ici le désastre du temps sur des visages qui furent si lisses. Elle questionne l'immuabilité du tableau qui fige son modèle à un âge définitif. 

 

 

 

NIcole Tran Ba Vang Vigée Le Brun 2 Art Paris 12Marie-Antoinette d'Elisabeth Vigée Le Brun

réinterprétée par Nicole Tran Ba Vang

 

 

 

   Au contraire du portrait de Dorian Gray qui veillit et s'enlaidit alors que Dorian reste jeune et beau, ces femmes peintes se couvrent de rides mais leurs modèles aussi et ils sont morts. 

 

    D'origine viet-namienne, Nicole Tran Ba Vang est née en 1963. 

 

 

 

NIcole Tran Ba Vang Aphrodite Art Paris 12Aphrodite

réinterprétée par Nicole Tran Ba Vang

 

 

 

    A Art Paris 2012, comme Nicole Tran Ba Vang, plusieurs plasticiens jouent avec les oeuvres classiques: Sabine Pigalle avec Timequakes ou Vincent Corpet ré-interprétant des tableaux d'Andy Warhol ou de Rubens.

 

 

 

Art Paris 2012

 

 

 

Palagret

art Paris 2012

juin 2012

 

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 18:09

 

   Miroirs et tôles rouillées ornent la façade du musée Galliera fermé pour travaux. Broken bridge est l'oeuvre du ghanéen El Anatsui Brahim. La tôle découpée garde des traces de peinture. Ce serait des grattoirs à céréales rouillés. Les morceaux sont agrafés ensemble et forment une tapisserie métallique irrégulière avec des pliures, des creux et des bosses. Des bandes de métal semblent retenir les miroirs cabossés du milieu, rivière ou lac qui reflètent les nuages.


 

 

El Anatsui musée de la mode Galliera 7Broken Bridge, sculpture in situ d'El Anatsui sur la façade du musée Galliera


 

   Le sculpteur s'inspire des traditions africaines de recyclage et de détournement des objets usagés. Cependant les objets collectés sont ici transformés et non recyclés. Ils ne servent plus, sinon à l'oeuvre d'art. L'écrasement et le reformatage des matériaux sont des métaphores des bouleversements économiques et culturels subis par l'Afrique colonisée puis indépendante. Les miroirs renvoient aux colifichets offerts aux "indigènes" par les colonisateurs. Ces fragments trouvés parlent de la société de consommation dans un monde globalisé.

 


 

 

El Anatsui musée de la mode Galliera 5Broken Bridge, sculpture d'El Anatsui sur la façade du musée Galliera

 


 

El Anatsui musée de la mode Galliera 2 Broken Bridge, sculpture d'El Anatsui sur la façade du musée Galliera 

 

 

 

   Entre tissage géant et sculpture, Broken Bridge scintille dans la lumière comme un manteau de cour chatoyant. La nuit l'oeuvre est éclairée. La rouille brille comme de l'or et les miroirs reflètent l'obscurité du ciel. Un pont brisé entre quoi et quoi? L'Afrique et l'Occident, la tradition et la modernité, le matérialisme et l'art?



 

 

El Anatsui musée de la mode Galliera 1Broken Bridge, sculpture d'El Anatsui sur la façade du musée Galliera 

 

 

 

 

    La sculpture monumentale de 30 mètres sur dix cache en partie le palais Galliera et se confronte à son style néo-Renaissance du XIXè siècle. Matériau pauvre et riche ornementation, la tôle rouillée voisine avec les corniches sculptées de frises grecques et de végétaux stylisés.


 

 

 

El Anatsui musée de la mode Galliera 4Broken Bridge, sculpture d'El Anatsui sur la façade du musée Galliera

 

 

 

    Broken Bridge est visible de l'avenue du Président Wilson et du square Galliera. Comme un écho, le mur fait face à Intense Proximity, la triennale 2012 du Palais de Tokyo. El Anatsui expose une autre oeuvre à la triennale.


 

 

 

 

El Anatsui musée de la mode Galliera 3Broken Bridge, sculpture d'El Anatsui vue du square Galliera

 

 

  El Anatsui est l'un des artistes africains les plus connus. Il a exposé dans de nombreux musées et biennales internationales. Né au Ghana en 1944, il vit et travaille à Nsukka au Niger où il enseigne la sculpture.

 

 

Statues voilées au musée Galliera, en attente d'inauguration  

 

 

 

Liens:

El Anatsui à la biennale de Venise 2007

El Anatsui à Beaubourg

 

 

 

Palagret

art contemporain

juin 2012


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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 14:52

 

  Pascal Bernier présente une mygale posée sur une broderie tendue sur un tondo. Il associe la patiente activité des brodeuses à l'insecte qui tisse sa toile pour capturer des proies.

 


 

ArtParis 2012 Pascal Bernier séduction de l'araignée 2Spider seduction, Pascal Bernier, Art Paris 2012

 

 

   Sous le titre anglais "spider seduction", le contraste est fort entre la délicatesse de la broderie blanche et la menace noire incarnée par la mygale velue. Naturalisée, l'araignée est inerte mais elle provoque quand même un sursaut tant ces insectes génèrent de fantasme. La broderie évoque la séduction (parure des femmes en habit de fête, robes de mariée) et la domesticité (femme brodant au foyer, napperons brodés posés sous les bibelots). L'araignée évoque le danger et la mort. Cet oxymore visuel est une vanité.


 

 

ArtParis 2012 Pascal Bernier séduction de l'araignée 0Spider seduction, Pascal Bernier, Art Paris 2012

 

 

 

   Animaux écorchés, canard victime d'un accident de chasse pansé de bande velpeau, trophées maquillés et coiffés, les animaux sont nombreux chez Pascal Bernier qui se défend d'être un artiste animalier.

 

 

 

ArtParis 2012 Pascal Bernier séduction de l'araignée 1Spider seduction, Pascal Bernier, Art Paris 2012

 

 

 

    L'araignée est un sujet souvent traité par les plasticiens contemporains, de Louise Bourgeois à Calder. 


 

 

Lien sur ce blog:

Le canard de Pascal Bernier victime d'un accident de chasse: art et taxidermie

L'araignée géante de Louise Bourgeois aux Tuileries

Infinity, la toile d'araignée de Chiharu Shiota à la galerie Templon

Une attaque d'araignées venimeuses géantes crée la panique en Inde

 

 

 

Palagret

araignée

juin 2012

 



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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 18:13

 

   Associant un objet du quotidien, une banale bonbonne de gaz, et un décor de vase grec antique, symbole de notre héritage culturel, Wim Delvoye crée avec humour et dérision Gandagas en 1988.


 

Wim Delvoye gaz musée Rodin 3Bonbonne de gaz émaillée

Gandagas A78522, Wim Delvoye au musée Rodin

 

 

    Peintes en noir et ornées de motifs traditionnels grecs de la vie quotidienne et de la mythologie (hommes en toge, femmes drapées, guerriers et cavaliers, Thésée et le minotaure) les bonbonnes de gaz sont exposées face à de vraies amphores grecques collectionnées par Auguste Rodin. 

 

 

 

Wim Delvoye gaz musée Rodin 2Bonbonne de gaz émaillée. Gandagas A 78522, 1988, Wim Delvoye

dans la salle des vases grecs du musée Rodin



 

          La juxtaposition d'un objet industriel et d'un décor antique déclenche le sourire. Wim Delvoye a aussi décoré des bonbonnes de gaz de motifs de Delft bleus et blancs. Les bonbonnes portent des numéros embossés dans le métal probablement par le fabricant: A78522 etc ...

 

 

 

Wim Delvoye gaz musée Rodin 5Thésée et le minotaure, bonbonne de gaz émaillée. Gandagas 1988, Wim Delvoye

dans la salle des vases grecs du musée Rodin





Wim Delvoye gaz musée Rodin 4Bonbonne de gaz émaillée. Gandagas 1988, Wim Delvoye

dans la salle des vases grecs du musée Rodin



      Wim Delvoye gaz musée Rodin 7Hommes et femmes, bonbonne de gaz émaillée. Gandagas 1988, Wim Delvoye

dans la salle des vases grecs du musée Rodin

 

 

 

 

 

 

Wim Delvoye

Pendant l'exposition "Corps et décors, Rodin et les arts décoratifs"

Du 16 avril au 22 août 2010

Musée Rodin,

79 rue de Varennes, Paris

 

 

Wim Delvoye au Louvre Paris

Du 31 mai au 17 septembre 2012

 

 

 

 

L'art contemporain au musée Rodin:

 

Wim Delvoye, une tour gothique en acier découpé au laser au musée Rodin

Urs Fischer, Marguerite de Ponty, Zizi, Miss Satin, sculptures molles et lourdes au Musée Rodin

Etienne Bossut au Musée Rodin: Laocoon(s), le monstre sans la proie

Rodin et Mapplethorpe dialoguent au musée Rodin: le drapé en photo et modelage

Dewar et Gicquel chez Rodin, neuf jeunes sculptures de béton

 

Wim Delvoye: des cochons dans les salons Napoléon III du Louvre



 

 

 

 



 

Palagret

art contemporain

juin 2012

 

 


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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 15:54

 

   Roi de la provocation avec cloaca (2000), sa machine à fabriquer de la merde, et ses cochons tatoués, l'artiste flamand Wim Delvoye interroge la notion de bon goût et de culture.


 

Wim Delvoye tour Musée Rodin 5Tour en acier corten, Wim Delvoye, devant l'hôtel Biron, musée Rodin

 

 

     Dans la cour du musée Rodin, Wim Delvoye expose une tour gothique, ou mauresque, de 10 mètres de haut, une tour de métal découpée au laser et non une tour de dentelle de pierre comme celles des cathédrales. Le métal est plus associé aux constructions industrielles qu'aux édifices religieux. Un hommage peut-être à la Tour Eiffel, pas si loin de là.

 

   La Tour a déjà été exposée à Venise. Pour Paris, Wim Delvoye a ajouté un étage et il continuera à modifier sa tour sans plan prédéfini.



 

Wim Delvoye tour Musée Rodin 7Tour en acier corten, Wim Delvoye, devant l'hôtel Biron, musée Rodin

 

 

  

« Je pourrais d’abord définir le décoratif de façon péjorative comme quelque chose de superflu et d’inutile. Le décoratif, c’est ce qu’on ajoute à l’œuvre et qui occulte sa logique. Mais, en ce sens, mon art n’est pas décoratif. D’autre part, je considère l’ornement comme un art de l’effet, c’est ce qui est immédiatement lisible et qui plaît aux gens. Ce que je fais est donc décoratif, mais pas comme une mascarade bourgeoise. Plutôt comme une écriture visuelle primitive, un art primitif. La beauté de base. Le décoratif est un langage de masse. » Wim Delvoye

 


 

 

Wim Delvoye tour Musée Rodin 6Dentelle de métal oxydée par la pluie

Tour en acier corten, Wim Delvoye, devant l'hôtel Biron, musée Rodin

 

 


 

   Wim Delvoye détourne les matériaux et les objets. Il construit des camions-benne (2006), des camions-remorque en dentelle de fer (2007), des bétonneuses en bois précieux style Grand Siècle (1992) et orne des pelles de chantier et des tables à repasser d'armoiries (1989).


    Dans l'hôtel Biron, à côté des sculptures d'Auguste Rodin, mêlant art savant et culture populaire, Wim Delvoye expose des oeuvres ironiques:

- des bouteilles de gaz customisées en style antique (1988)

- une réplique du portail de son atelier qui s'ouvre et se referme en grinçant, lointain écho de la Porte de l'enfer de Rodin

- une accumulation de christs en croix collés sur une hélice rappelant la structure de l'ADN (Hélix)




Wim Delvoye tour Musée Rodin 4

Tour en acier corten, Wim Delvoye, devant l'hôtel Biron, musée Rodin

 

 

 

 

    Comme de nombreux plasticiens contemporains (Murakami, Jeff Koons, Damien Hirst), Wim Delvoye emploie une équipe de techniciens et d'assistants dans son atelier de Gand.

 



Wim Delvoye tour Musée Rodin 9Tour en acier corten, Wim Delvoye

au fond, la Porte de l'enfer de Rodin

 

 

 

Dossier de presse:

    "Né en 1965 en Belgique, Wim Delvoye, artiste aujourd’hui reconnu et exposé internationalement, propose une oeuvre qui, tout en puisant ses références dans une certaine tradition de l’art flamand, se développe selon les principes de l’économie actuelle mondialisée : entre local et global, de Gand – siège du "Studio Wim Delvoye" – à Pékin, où se trouve son "Art Farm". Teintée d’ironie et d’iconoclasme, sa pratique artistique mêle imagerie populaire et culture savante pour mieux faire ressortir les contradictions et mutations de notre environnement contemporain.

    Revisitant tous les genres, y compris les plus inconciliables, Wim Delvoye s’approprie la question du décoratif et la dynamite en rompant la cohérence supposée entre le motif ornemental et la fonction de l’objet, support de représentation. Un déplacement et un déclassement dont la surenchère met à mal et renverse toute notion de "bon" ou de "mauvais goût" dans les arts décoratifs.


 

 

Wim Delvoye tour Musée Rodin 0Tour en acier corten, Wim Delvoye

 

 

 

 

    Accueillant le visiteur dans la cour d’honneur de l’hôtel Biron, la sculpture monumentale Tour (2009-2010), s’inscrit dans les recherches menées par l’artiste sur l’architecture, dans sa dimension historique et sacrée, et la question du décor à l’ère industrielle. La présence de cette oeuvre néo-gothique de plus de dix mètres de haut, à la fois imposante et délicatement ouvragée, n’est pas sans effet sur le paysage visuel alentour, dont la ligne d’horizon croise le dôme des Invalides et le sommet de la Tour Eiffel toute proche. Réalisée en acier Corten découpé au laser, cette flèche flamboyante illustre la fascination de Wim Delvoye pour l’ère gothique, son architecture idéale et parfaitement symétrique.


 

 

Musée Rodin Delvoye Helix christHelix de Wim Delvoye au musée Rodin

 


 

   On retrouve cette interprétation de la forme parfaite dans la série des crucifixions présentées dans l’hôtel Biron : un crucifix anamorphosé reprend la trame et la forme elliptique d’une molécule organique (ADN).



 

 

Wim Delvoye Musée Rodin Helix christ 8

Crucifix de Wim Delvoye, détail d'Hélix

 

 


    En écho à la monumentale Porte de l’Enfer de Rodin, Gate (maquette) (2008) est la représentation en modèle réduit du portail de l’atelier de l’artiste. À l’instar de Rodin, Wim Delvoye décline dans cette oeuvre mécanisée les leitmotivs de son vocabulaire plastique, la figure de Monsieur Propre ou les logos des grands studios hollywoodiens.


 

 

Wim Delvoye grille musée RodinGate (portail), détail avec M. Propre, logo Warner Bros

et entrelacs de pellicule cinématographique. Acier, Wim Delvoye

 

 

 

   Le savoir-faire technique est ici contrebalancé par l’apparente légèreté du sujet ou du motif représenté. Entre sacré et profane, artisanat et industrie, science et religion, art et scatologie, Wim Delvoye opère par appropriation, détournement, mixage et assemblage."

 

 

 

 

Wim Delvoye

Pendant l'exposition "Corps et décors, Rodin et les arts décoratifs"

Du 16 avril au 22 août 2010

Musée Rodin,

79 rue de Varennes, Paris

 

 

Wim Delvoye au Louvre Paris

Du 31 mai au 17 septembre 2012

 

 

 

 

Liens sur ce blog:

Urs Fischer, Marguerite de Ponty, Zizi, Miss Satin, sculptures molles et lourdes au Musée Rodin

Etienne Bossut au Musée Rodin: Laocoon(s), le monstre sans la proie

 

 

Wimcity, le site de Wim Delvoye

 

 


 

 

 


 

Palagret

art contemporain

juin 2012

 

 

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 14:38

 

    En prenant l'escalator de Beaubourg, le visiteur est progressivement enveloppé d'une musique obsédante faite de chants tantriques des moines de Gyuto. Les chants sacrés recueillis dans un monastère thibétain exilé à Daramsalam sont retravaillé par Mickey Hart, musicologue et ancien batteur des Grateful Dead


 

 

soundwalk-Hart-Beaubourg.jpgL'escalier du centre Pompidou

 

 

 

     D'étage en étage, le chant enfle progressivement, partant d'une seule voix au rez-de-chaussée pour finir avec une centaine de voix au sixième étage. L'effet est impressionnant, le visiteur est immergé dans ces vibrations sacrés tandis qu'il s'élève vers le panorama parisien.


 


Soundwalk, Mickey Hart, escalator de Beaubourg par Palagret

 

 

 

 

   L'installation sonore a été créée spécialement pendant l'exposition Paris-Dehli-Bombay par Stephan Crasneanscki et le collectif Soundwalk, en collaboration avec Mickey Hart.

 

   En novembre 2011 Brian Mc Cormack réalisait une installation plastique et sonore dans la chenille du Centre Pompidou.

 


 

 

Soundwalk

du 25 mai au 19 septembre 2011

Paris-Delhi-Bombay

Escalator de Beaubourg

 

 

 

Liens sur ce blog:

Des préservatifs colorés et une chenille: installation éphémère de Bryan Mc Cormack à Beaubourg

Bryan Mc Cormack, les sons de ma vie, 80 000 préservatifs à Beaubourg, video

 

 

 

Palagret

juin 2011

art contemporain

 


 

 

 

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Published by Catherine-Alice Palagret - dans Art contemporain
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 23:10


   Un duo russe, Ilya et Emilia Kabakov, investira la nef du Grand Palais pour Monumenta 2013. Emilia Kabakov sera la première femme à occuper cet espace immense. Après les ronds colorés de Daniel Buren, le monstre boursoufflé d'Anish Kapoor, les vêtements usagés de Christian Boltanski, les stèles de Richard Serra, verrons nous des anges déchus sous la verrière?


 

104 Kabarov fallen angel 4984Illya and Emilia Kabakov, The Fallen Angel, 1997-2004, fibre de verre peinte et tissu


 

    Les Kabarov ont déjà exposé Angelology, une installation monumentale de peintures, sculptures et mixed media dans divers musées. En décembre 2010, Ilya et Emilia Kabakov exposaient "fallen angel" au 104. Un ange géant au corps disloqué, venu s'écraser sur terre. Un ange qui se serait trop approché du soleil comme Icare? Même les anges sont mortels. Une illustration de l'hybris humaine? Ou un ange déchu par Dieu pour ses péchés, Satan chassé du ciel?

 

   Un aile pointait vers le ciel, l'autre, cassée, gisait sur le sol. Du corps on ne voyait que des jambes et des pieds, des membres lourds fort peu angéliques. Le cadavre était recouvert d'un drap noir, comme sur une scène de crime ou d'accident quand on veut préserver les badauds d'un spectacle trop horrible. Des bandes et des poteaux rouges et blancs, signifiant danger, ne pas dépasser, entouraient la créature céleste. En Ireland, l'ange tombé était exposé entouré d'une palissade qui le dissimulait à la vue.

 

 

104 Kabarov fallen angel 5032Illya and Emilia Kabakov, The Fallen Angel, 1997-2004, fibre de verre peinte et tissu 

 

 

 

 

Dossier de presse du 104:

« Quand on rêve, on ne se réveille jamais » expliquent Ilya et Emilia Kabakov pour évoquer la place de la spiritualité dans leur travail. L’installation The Fallen Angel raconte un rêve, ou la réalité, ou encore deux moments fusionnés dans un présent éloigné du quotidien. Un présent qui laisse le spectateur sans défense devant cet ange gigantesque, maladroitement abandonné par terre, tombé on ne sait d’où. Les installations des époux Kabakov, artistes russes majeurs, portent aussi bien sur la période poststalinienne de leur pays d’origine que sur la condition humaine universelle.

 

 

104 Kabarov fallen angel 5166Illya and Emilia Kabakov, The Fallen Angel, 1997-2004, fibre de verre peinte et tissu

 

 

 

 

Communiqué de presse pour Monumenta 2013:

   Ilya Kabakov est né à Dnipropetrovsk, en Ukraine, en 1933. Il étudie à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou entre 1941 et 1951. Il obtient son diplôme à la V.A. Surikov State Art Academy, à Moscou, en 1957. À partir de 1950, il travaille en tant qu’illustrateur de livres pour enfants et rejoint un mouvement d’artistes conceptuels s’opposant à la ligne artistique soviétique officielle. Il réalise sa première exposition solo à la galerie Dina Vierny, à Paris, en 1985. Deux ans plus tard, il s’installe en Autriche dans le cadre d’une résidence de six mois.

   Emilia Kabakov est également née à Dnipropetrovsk, en Ukraine, en 1945. Sa formation artistique est moins conventionnelle ; elle étudie à l’École supérieure de musique d’Irkoutsk avant de s’installer à Moscou pour étudier la langue et la littérature espagnole. En 1973, elle quitte la Russie pour aller en Israël. Deux ans plus tard, elle s’installe à New York, où elle commence à travailler sur le marché de l’art aussi bien en tant que commissaire qu’en tant que marchande.

    Ilya et Emilia comment à travailler ensemble en 1988 et se marient en 1992. L’ensemble de leur travail est collaboratif et a pour but de critiquer les régimes politiques poststaliniens et les conditions sociales de l’Union soviétique dans laquelle ils ont été élevés. Ils sont désormais très célèbres, aussi bien en Russie (la première rétrospective consacrée à un artiste vivant au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg a été dédiée à Ilya en 2004) et à l’étranger avec de nombreux prix et expositions à travers le monde. Ils résident et travaillent actuellement à Long Island, aux États-Unis.

 

 

 

104 Kabarov fallen angel 4985Illya and Emilia Kabakov, The Fallen Angel, 1997-2004, fibre de verre peinte et tissu

 

 

 

 

    L’œuvre qu’ils planifient pour Monumenta explorera le thème de l’utopie. Apparemment, les conjoints ne sont nullement inquiétés par la taille de la nef du Grand Palais, cette dernière leur fournissant l’espace nécessaire pour une autre de leurs œuvres conceptuelles monumentales caractéristiques.

 

 

Ilya & Emilia Kabakov, The fallen angel
104 Centquatre, Paris
11 décembre 2010 - 31 mars 2011

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      Le monumenta d'Ilya et Emilia Kabakov est reporté en 2014. "L'étrange cité" se tiendre sous la verrière du Grand Palais du 10 Mai au 22 Juin 2014.

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Liens sur ce blog:

 

 

site des Kabakov

 

 

 

Photos Palagret

art contemporain

mai 2012

 


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